‹ Histoire de Sainte-Barbe (volume 3)Chapitre 44 sur 145 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Pensionnats à Sainte-Barhe. — Fréquentation an collège de» Jésuites par les élèves» — Démêlés à ce sujet avec rUniversité. — Prospérité du collège de Glermont. — > Irlandais, libraires, menuisiers, logeur en garni domicilies à Sainte-Barbe. — Efforts inutiles de Jean Berthould pour rétablir le plein exercice. — Condition des élèves boursiers. — Séjour au collège de Santeul, de César d'Ëstrées et de Mézeray.

Ce n'est pas assez d'avoir signalé dans les chapitres précédents l'existence de plusieurs pensionnats établis dans les bâtiments de Sainte-Barbe. Il faut revenir sur ce point intéressant, autour duquel se placeront naturellement les détails relatifs aux études et à l'esprit intérieur de la maison, depuis que François Gaultier y eut rappelé la vie.

On se souvient qu'entre 161 7 et 1633 Sainte-Barbe se trouva livrée par nominations successives au gouvernement de trois maîtres de pension. Ces pensions, comme toutes celles de ce temps-là, n'étaient pas considérables; néanmoins celle de Blondel passe pour avoir joui d'une certaine célébrité, et nous avons la certitude que Constantin Vachot fit de belles affaires avec la sienne*. Pour l'instruction, les choses se passaient comme aujourd'hui : les élèves allaient la chercher dans les collèges de plein exercice. Ils n'avaient

1 . Notes historiques sur Sainte-^Barfae , Archives de l'Uuiversité, çarfioiir ââ.

point autre cliose à faire à rintérieur qu'apprendre leurs leçons et composer les devoirs qu'on leur donnait en classe.

Bien entendu, les collèges de plein exercice, où devaient se rendre les pensionnaires logés dans les petits, étaient ceux de l'Université, Envoyer ces élèves aux Jésuites eût entraîné pour le délinquant la perte des privilèges académiques, et les principaux, chacun dans son petit empire, étaient tenus de veiller à ce que cette infraction n'eût pas lieu*. Mais les parents se inoquaient des privilèges académiques et de la responsabilité des principaux. Beaucoup ne livraient leurs enfants aux maîtres de pension qu'à la condition expresse de leur faire suivre les classes du collège de Clermont ; et les maîtres, n'ayant pas la vertu de refuser, prenaient ces élèves, qu'ils envoyaient furtivement et par des détours au collège de la rue Saint- Jacques, tandis que les autres gagnaient bravement le collège de l'Université le plus voisin.

Il y a bien de l'apparence que Constantin Vachot se livra à ce manège, et que, si la guerre que lui fit François Gaultier fut si âpre, c'est qu'il y eut entre eux cette question de principe. En effet, parmi les articles que le principal fit libeller contre son chapelain parles Supérieurs, nous en trouvons un qui défendait à ce dernier de recevoir ni entretenir chez lui aucun élève sans l'agrément du principal.

i. a Praefecti coUegiorum incelebriuin minorurave tam alumnos suos quam hospites ad scholas ab Academia probatasitare curanto. . . Quod qiiis horum decretorum migrassit, ex academicorum albo expungitor, deque consorlio honorum et privilegioriim Universitatis dejicitor. » Décret de TUniversité du 13 novembre 1626.

DE SAINTE-BARBE. Ul

Le fait devient plus clair sous Henri Berlhould. D'abord nous pouvons affirmer que, lorsque ce généreux docteur faisait de si beaux cadeaux à l'Université, c'était pour que la tendre mère fermât les yeux, comme il les fermait lui-même, sur l'envoi aux Jésuites de certains élèves de sa maison. Sainte-Barbe reçut en 1638

et 1 639 deux visites du recteur, dont le rapport fut qu'il n'y aurait que des éloges à faire du collège, si son cbef s'employait de tout son pouvoir, ainsi qu'il l'avait promis, à rendre aux classes de l'Université la totalité des élèves qu'il avait sou5 sa gardée Lequel de Vachot ou de Blondel se trouvait atteint par cette déclaration? Vachot assurément, car Blondel devait partager les sentiments de Gaultier, celui-ci l'ayant choisi comme le plus digne de porter les armes qin tombaient des ses mains défaillantes.

Mais ce qui n'est qu'une forte présomption contre Vachot l'oncle est un fait prouvé pour Vachot le neveu. Dans une autre visite qui eut lieu le 21 août 1665, Jean Berthould, sans prendre de circonlocution, déclara au recteur qu'il y avait plusieurs pensionnats à Sainte-Barbe, et que parmi les élèves de ces pensionnats, les uns allaient aux Jésuites, les autres aux collèges de l'Université. Nicolas Vachot, Jean Melleville, alors chapelain, et un maître es arts nommé Lesueur, locataire du principal, étaient coupables de cette contravention. Mandés par le chef de l'Université, ils reçurent une verte remontrance, à laquelle ils répondirent par de très-humbles excuses, rejetant la faute sur les parents qui leur forçaient la main, et promettant

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