‹ Histoire de Sainte-Barbe (volume 3)Chapitre 59 sur 145 · Archives.de l'Empire, S · texte numérisé non relu

Archives.de l'Empire, S

sur la cour. Une fois abattue, elle ne fut pas remplacée. L'Université s'arrêta, effrayée de ce qu'elle avait dépensé pour rebâtir le resle. Elle s'endetta d'au moins 1 00 000 livres*, sans compter ce qu'elle perdit pendant cinq années qui s'écoulèrent à préparer l'opération, et deux autres années employées à l'accomplir.

Lorsque les nouveaux édifices furent en état, elle les loua pour presque rien au pensionnat célèbre, dit la Communauté de Sainte- Barbe, dont l'histoire remplira une partie du présent volume.

Elle s'attira en outre un procès dispendieux avec les religieux de Sainte-Geneviève, à raison des lods et ventes que ceux-ci réclamèrent comme seigneuis du fonds. Suivant l'Université, tout collège étant une partie d'elle-même, il n'y avait pas eu de mutation à la vente du nôtre, et ainsi elle n'avait pas de redevance à payer. C'était un point de droit intéressant, qui donna lieu à de savantes consultations, et qui fut vidé par un arrangement singulier. Le corps académique, tout en payant, obtint de ses adversaires qu'un arrêt du parlement lui donnerait les apparences du droit. Cette feinte avait pour but d'échapper au droit d'amortissement dont on avait à s'acquitter envers le fisc; mais le traitant qui avail la ferme des amortissements ne se laissa pas si facilement éconduire. H plaida aussi. Il appela de la jurisprudence du parlement au Conseil d'État. Il fallut tout le crédit de

1 . Emprunts contractés en vertu d'un arrêt du parlement du 6 février 4685, Archives de l'Université, carton 22; ibid, Reg. 37, fol. 71), et Archives de l'Empire, S. 6184.

Rollin et des universitaires les plus respectes pour obtenir du Conseil 4'Élat une décision favorable^

Terminons ce récit par quelques détails dignes de mémoire, qui se rapportent à la reconstruction de Sainte-Barbe.

11 était dit dans le contrat que l'Université se mettrait chez elle en joignant par un mur l'extrémilé des deux retours d'équerre qui terminaient son lot au nord et au midi. Comme les bâtiments reconstruits ne pouvaient -servir qu'à loger des étudiants, on réfléchit qu'il valait mieux ne pas faire de séparation, afin que les locataires qui viendraient fussent sous la surveillance d'un membre de l'Université, comme serait toujours^ le principal de Sainte-Barbe. De là l'idée d'une porte commune aux gens du collège et à ceux de la partie aliénée ; et cette porte fut établie dans le bâtiment qui faisait face à la rue Chartière, pour que le principal, habitant le corps de logis du perron, pût voir de sa chambre les entrées et les sorties.

L'architecte employé par l'Université fut Delamer. Ses honoraires lui furent payés par une concession de terrain, prise sur les parties non encore bâties du Pré-

i. Archives de l'Empire, L. 14^5, fol. 408 ; Archives de TUniversité, Re^'. 11 bis, fol. 290; Faclum pour les recteur, doyens, procureurs et supposts de FUniversilé de Paris, défendeurs, contre les religieux, abbé, prieur et couvent de Sainte-Geneviève du Mont, (demandeurs, sur la question de savoir si l'indemnilé est tellement persfinnelle qu'un seigneur puisse prétendre de nouveaux droits lorsque les héritages de sa mouvance, qui ont esté amortis, ne sortent point du mesme corps, mais qu'ils sont seulement distraits de la manse particulière d'un membre dépendant, pour les unir à la manse générale du corps dont il dépend. In-4% signé» Mareschaulx, avocat.

iM HISTOIRE

aux-Glercs*. Ce Delamer est un. grand artiste , dont on ne sait rien, sinon qu'il est l'auteur du portique construit devant l'hôtel Soubise (Palais des Archives); mais ce titre suffît à sa célébrité. Âpres le vieux Louvre, Paris ne renferme rien de plus beau que ce monument. Bien des personnes n'y ont jamais fait attention, qui le citeraient comme un chef-a œuvre, si, au lieu d'être situé au Marais, il fallait faire quatre cents lieues pour l'aller voir en Italie.

L'ouvrage de Delamer à Sainte-Barbe fut exécuté en 1688 et 1689. Il porta sur les deux ailes de la rue des Chiens et de la rue de Reims. Il n'en reste absolument rien« Les bâtiments de la rue des Chiens tombèrent à la fin du siècle dernier ;: ceux de la roe de Reims ont disparu en i852.

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