‹ Histoire de Sainte-Barbe (volume 3)Chapitre 70 sur 145 · Ci-dessus, p. 30 et · texte numérisé non relu

Ci-dessus, p. 30 et

3. Devis arrêté avec Nicolas Thiersault, M* maçon, et Jean Belley, charpentier, Archives de l'Empire, S. 6351 bis^ liasse 7. *

l'ancienne chapelle. Tout était dans un tel état de délabrement à sa mort que le premier soin de Fadminisl ration qui lui succéda fut d'acheter un coffre et un panneau de bois sculpté pour faire un autel à retable. Les parements eux-mêmes n'étaient plus présentables; on s'en procura d'autres en satin vert et blanc*.

L'autel ainsi rétabli conservait une apparence gothique qu'on ne put pas supporter dans le siècle suivant. On le remplaça par un autel à l'italienne, audessus duquel s'élevait un retable d'ordre ionique.

Depuis la désertion du collège, il n'y eut plus d'office solennel jusqu'au temps des Berthould. Alors la fête de sainte Barbe fut rétablie avec un luxe qu'elle n'avait jamais comporté. On loua pour ce jour des chantres et des acolytes; la chapelle fut tendue de tapisseriesy l'autel chargé d'argenterie empruntée, et la messe fut suivie d'un festin*.

Les visites du recteur peuvent compter aussi parmi les cérémonies religieuses dont notre modeste sanctuaire fut témoin en ce temps-là, car ces visites commençaient et finissaient par une prière du chef de l'Université et de tout son conseil agenouillés au pied de l'autel, et les délibérations avaient lieu en présence du Crucifix. ;

La chapelle, se trouvant dans l'un des bâtiments vendus à l'Université, fut détruite avec ce bâtiment en 1688, de sorte que pendant plusieurs années les dignitaires de Sainte-Barbe allèrent dans les collèges voisins

i. Comptes du collège pour iS68-1569, H. 2808». 2. Comptes du collège pour 4634-4638, i642-i644, etc., H. 2808 «.

accomplir les devoirs de la fondation. Si les idées eussent été sous Louis XIV ce qu'elles étaient sous Henri II, ce fait aurait paru monstrueux. Non-seulement il s'accomplit avec l'approbation des hommes les plus pieux, mais il est bien probable que, sans Simon Menassier, on n'y aurait jamais porté remède. L'activité de cet habile administrateur se révéla par la promptitude avec laquelle il trouva moyen de faire <« que ses collègues réputaient impossible. Une nouvelle chapelle s'éleva en moins de dix-huit mois sur une partie du terrain désigné par Robert Dugast. Si elle n'avait pas dix toises de long, selon le vœu du fondateur, elle en avait six. L'édifice existait encore il y a seize ans. Il régnait sur la rue des Chiens. Appuyé à l'origine sur les constructions de rarchitecle Delamer, il se prolongeait jusqu'au jardin de Montaigu. Messieurs du chapitre de Notre-Dame donnèrent pour la décoration de l'autel un tableau de Vignon, représentant le baptême de Saint-Philippe. On transporta de l'ancienne chapelle deux autres tableaux, de sainte Geneviève et de sainte Barbe, attribués également à Vignon. Les locataires de l'Université fournirent une vieille peinture à volets et le lutrin en bois de chêne ; enfin un crucifix d'argent, légué par Nicolas Vachot, fut posé sur le tabernacle ^

Edme Pirot, vicaire général de l'archevêque de Paris, M. de Harlay , et en même temps supérieur du collège,

1. Notes historiques de Simon Menassier, aux Archives de l'Université; Devis et plans de la reconstruction, aux Archives de l'Empire , S. 63M ; Inventaire des meubles et ornements de la chapelle le 1 1 août 1 721 , et Mémoire des dons £Edts à Sainte^Barbe, écrits de la main de Simon Menassier, ibid. M. 190.

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vint faire la coûsecration le 3 déceoibre 1695^^ de sorte que le lendemain, jour de la sainte Barbe, le service quotidien commença par une grande messe qui fut célébrée avec toute la pompe imaginable. C'est dans cette cérémonie que furent chantées pour la première fois les hymnes de Santeul en l'honneur de notre patronne. Elles avaient été' demandées par Fadministration du collège. Le poète victooîn, en barbiste reconnaissant, s'empressa de composer vingt-quatre sti'ophes, dont la copie de sa main, ainsi que la lettre d'envoi, existèrent longtemps dans les archives de la maison'.

Les hymnes à sainte-Barbe furent de celles dont Santeul retira le plus d'honneur. Il s'en faut cependant qu'elles soient des chefs-d^œuvre. Ménage les a critiquées de la façon la plus mesquine, en y relevant des fautes de ponctuatimi et des expressions douteuses'. Il fallait dire qu'elles ne sont ni d'une latinité irréprochable ni d'une inspiration lyrique assez soutenue, et qu'elles fatiguent par l'abus de l'antithèse. On en jugera par celle qui se chantait à laudes, et qui peut passer pour la plus poétique des trois :

Sunt virginales nuptiae Quas ipse Christus approbat :

Si proie non terras replent, Replent Olympum civibu^.

1 . Lebeuf , Histoire du <fLocè$e de Pans , l. II, p. 406 ; Notes historiques de Simon Menassier.

2. Inventaire des titres du c<^lége par Simon Menassier, Archives de TEmpire, s! 6â51 bis^

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