‹ Histoire de Sainte-Barbe (volume 3)Chapitre 92 sur 145 · Dictionnaire de Moreri, art. Gobinet · texte numérisé non relu

Dictionnaire de Moreri, art. Gobinet

aux exercices de ses Communautés ; car le soin des Communautés resta son œuvre de prëdilection^ ou, pour parler plus exactement, il travailla de tout sod pouvoir à incorporer Tun à Tautre les deux établis^ sements, de telle sorte que les Communautés fussent la pépinière des professeurs du Plessis, et que les économies amassées par le principal dans la direction du Plessis contribuassent à Tentretien des Communautés ^

L'Université rendit à ses efforts un éclatant hommage. A la suite des inspections de 1709, où nous avons vu traiter avec tant de rigueur le chef de Sainte- Barbe, le recteur Uebacq s'exprima en ces termes sur celui du Plessis :

« Il résulte des renseignements donnés par le principal que les finances du collège sont administrées avec un ordre parfait. Ce fonctionnaire a ajouté qu'il n'a qu'à se louer des pensionnaires, des boursiers et des externes fréquentant le collège, que leur ardeur au travail est l'ouvrage des professeurs, que ceux-ci brûlent d'un feu véritable pour l'accomplissement de leurs devoirs, et qu'ils vivent entre eux dans une con* corde fraternelle. En ce qui le concerne lui-même, il s'est exprimé si modestement qu'il semblerait qu'il ve contribue en rien à cet état prospère ; mais le propre de la vertu est de briller en raison des efforts quelle fait pour se soustraire aux regards. On connaissait déjà M. Durieux de réputation ; le témoignage empressé de ses élèves et de ses maîtres nous a appris ce qu'il faut penser d'un tel homme, ce que sont sa

i . Nouvelles ecclésiastiques du 24 avril 1775.

piété, son humilité sans fard, la candeur de ses mœurs, TincVoyable austérité avec laquelle il se livre aux plus rudes travaux, ses veilles continuelles, sa sobriété , sa ctiarité envers les pauvres , son aménité avec tout le monde. Si l'Université n*a pas trouvé une seule chose à reprendre au collège du Plessis, si cette maison se conserve florissante en ces temps de tribulation, si elle brille par la piété autant que par les études, si elle attire en foule les enfants des grandes familles, nous déclarons que ij'est à M. Durieux lui seul que le mérite de tout cela doit revenir.

a Et afin de terminer ce rapport par un hommage solennel accordé à la vertu, TAmplissime Recteur a proposé à l'Université de voter des remercîments à M. Durieux, principal, et aux professeurs qui coopèrent si dignement avec lui à l'honneur du corps enseignant et à l'utilité de l'État*. »

Nous ne doutons pas que la modestie de M. Durieux ne se soit mieux accommodée d'une autre marque d'estime qui lui fut accordée l'année d'après, et dont tout l'avanlage retomba sur les Communautés.

Le royaume était en proie à la misère et à la famine. Dans la plupart des provinces, les paysans vivaient de bêtes mortes, d'herbes ou de racines. La charité seule soutenait la population pauvre des villes. Les Gilotins, grâce à la sollicitude de leur chef, trouvèrent pendant cette calamité le pain de tous les jours. C'était un pain grossier : afin de le leur faire trouver excellent, leurs supérieurs se condamnèrent à en

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