CHAPITRE XXVI
Reprise du principalat par Jacques de GouTéa rancien. -^ ËfForls de Martîmbos pour Pabrégemeiit du cours de philosophie. -* Duel phi« losophique d'Antoine de Gouvéa et de Ramus,
Après dix ans de retraite, Jacques de Gouvéa Tan** cien reprit la charge de principal , quoiqu'il eût assez d'autres occupations sans cela; car depuis que Thérésie se propagea dans le royaume, il fut investi d'uue sorte de délégation permanente pour remplacer dans les conseils de T Université le doyen de la Faculté de théologie, celui-ci n'étant plus guère occupé que de pour-^ suites judiciaires. Mais, comme une horloge va d'ellemême lorsqu'elle est montée, un collège n'a pas besoin de sentir à tout moment la main qui le dirige, une fois qu'il a été mis en bon chemin et qu'on l'a pourvu de maîtres éprouvés.
Tout d'abord la Faculté des arts voulut marquer sa salisfacliôn du règne qui recommençait à Sainte-
i, Diogo Barbosa, Bibliotheca lusitanoy t. I, p. 657.
Barbe, en y dressant de nouveau le siège rectoral. Ce fut en faveur de « cet homme excellent et philosophe très-illustre*, » Nicolas Martimbois, qui sut faire preuve, -pendant sa magistrature, d'activité et de décision, quoiqu'il eut passé Tâge où Ton choisissait d'ordinaire les recteurs. Un coup d'autorité , par lequel il vint à bout d'un tumulte qui entravait l'élection de son successeur, acheva de le poser dans l'opinion comme un homme de tête'. Pourtant l'administration était moins son fait que le gouvernement des études. Les menaces des théologiens contre le nouvel enseignement philosophique l'appelèrent sur un champ de bataille qui convenait mieux à ses moyens.
La méthode allemande s'était implantée dans les collèges par le fait, sans qu'on eût rien mis dans les programmes pour en autoriser l'introduction. La teneur des statuts académiques était toujours celle des siècles passés. Ils n'avaient pas cessé de prescrire les disputes sans fin, les exercices sur les sophismata et les quodlibetUy l'étude diurne et nocturne des queestiona-riïj c'est-à-dire des scolastiques qui avaient réduit le texte d'Aristote en théorèmes'. Il y avait donc un désaccord complet entre ce qui s'enseignait et ce qui aurait dû s'enseigner. De là les lamentations continuelles des partisans de la vieille méthode. S'ils allaient aux