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Archives de l'Université, reg. 19, fol

2. L'intrant de Picardie se faisant attendre, Tassistance exigea que réiection eut lieu sans lui. Alors Martimbos se retira pour aller, chercher l'électeur absent, et comme à son retour un recteur était déjà nommé, il fit improviser de nouveaux intrants pour recommencer l'opération. Hist. Univ. y t. VI, p. â62.

3. Statut de 4 534, renouvelé en 4542^ dans Dubàuky, Hûl^ Um.^ t. VI, p. 247 et 37-8.5 , , ,

examens de la rue du Fouarre et qu'ils essayassent de glisser dans les argumentations publiques quelque chose de l'ergotage de leur jeune temps, accueillis par les rîsëes des concurrents et des examinateurs, ils en étaient pour leur courte honte et revenaient la mort dans l'âme, publiant sur tous les tons que le sens d'Aristofe était perdu, que de là bien certainement dérivait la peste de l'hérésie*

C'est surtout dans le sein de la faculté de théologie que ces choses-là , redites à satiété, produisirent leur effet. La Sorbonne ne dormit plus que les anciens statuts n'eussent été remis en vigueur par un décret spécial qui défendrait aux humanistes de toucher à quoi que ce fût de la dialectique, qui astreindrait les régents de philosophie à prêter serment comme quoi ils exerceraient leurs élèves sur les bons questionnaires.

Martimbos, qui comptait parmi les novateurs, n'eut garde de laisser passer cela sans réplique. II alla à rass*emblée de l'Université demander ce qu'on entendait par les bons questionnaires. Il ajouta qu'il se soumettrait si on pouvait lui indiquer un de ces auteurs qui eût le sens commun ; qu'il protestait si l'on voulait parler de ceux par lesquels il avait commencé jadis son instruction, ou plutôt dépensé en pure perte le temps de sa verte jeunesse. Il osa dire cela devant le doyen de la feiculté de théologie , qui était venu en personne pour soutenir une thèse oii l'on savait que Jacques de Gouvéa n'aurait pas déployé assez de fermeté, professant à cet égard une opinion contraire à celle du corps. La seule réponse qu'on fit à Martimbos fut Tapologie de l'ancien enseignement,

auquel ni ses collègues ni lui ne voulaient plus se f onformer *.

Le professeur barbiste songea alors à couper court aux récriminations en poussant TUniversité à réduire d'un an le cours de philosophie. C'était une idée des Gouvéa. Nous avons vu qu'André l'avait déjà mise à ' exécution dans son collège de Guyenne, et que Jacques le jeune l'avait couchée par écrit dans son projet de réforme académique. Il est certain qu'en portant à deux ans le cours qui en durait trois, tout le temps se trouvant absorbé par l'exposition des matières indispensables, il n'y aurait plus eu de place pour les ques* lions et quolibets.

Ce projet réunit un si grand nombre d'adhésions, que la faculté de théologie, certaine de le voir passer d'emblée à la discussion publique, y mit opposition d'avance par un appel au parlement. Nonobstant l'appel, la délibération eut lieu. Martimbos prononça un discours plein de sens et de force, où il réclamait d'a-^ bord pour la faculté des arts le droit de retoucher ses règlements et programmes sans l'intervention des autres facultés : c'était de toute justice, puisque les autres facultés n'avaient pas à consulter celle des arts pour modifier, comme elles l'entendaient, leurs statuts respectifs, il démontra ensuite la possibilité d'exposer en deux ans la totalité des matières philosophiques» attendu que le cours ne durait guère plus dans les couvents où l'on enseignait : pourquoi donc déniaiton aux régents en toge ce qu'on accordait aux régents

1 . séance du 28 nov. 1 54â, dans le reg. 20 des archives de l'Université.

en coule'? Il termina en faisant ressortir de quelle importance est une année dans Tàge de la vie où Ton a à se choisir une carrière.

La discussion, reprise à rassemblée suivante, fut close par une critique fort vive du recteur (c'était alors Pierre Gallatid ) au sujet de la connexUé qu'on avait établie entre le salut de la religion et le mode d'enseignement d'une science qui ne s'accordait pas avec la religion sur plusieurs points essentiels. £.<es théologiens, suivant l'orateur, trouveraient des armes bieu.plus à leur avantage dans l'étude de la rhétorique et des langues, et ils n'avaient que faire de tant s'inquiéter au sujet d'Aristote*.

Cela n'empêcha pas les théologiens de persister dans leur opposition. Ils cherchèrent à y entraîner les dé-* crétistes au moment du vote ; mais ceux«ci, autrement inspirés par le barbiste Jean Quintin, qui était alors leur doyen, tinrent bon pour la réforme. li fut dit que l'Université, toutes les facultés assemblées^ par décret rendu à k majorité des voix, réduisait d'un an la du* rée du cours de philosophie. Il ne restait plus que la difficulté de l'appel au parlement, qu'on avait la presque certitude de surmonter en faisant intervenir l'autorité du roi®.

Comme les choses étaient en si bon train, elles furent brusquement arrêtées par un incident auquel personne ne se serait attendu. Pierre Ramus fit paraître à la fois deux traités où il déniait toute valeur à

4 . « Non posse minus régentes in toga qaani in cucuUo » Duboulay, Hist, unh.^t. VI, p. 381.

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