‹ Histoire de Sainte CécileChapitre 17 sur 65 · TU HISTOIRE · texte numérisé non relu

TU HISTOIRE

D à la désirer , de même qu'il a gagné ton cœur par Ce- 0 cile sa servante, ainsi toi-^méme tu gagneras le cœur » de ton frère, et tous deuK vous arriverez à la palme » du martyre ^ »

L'Ange remonta aux cieux, et laissa les deux époux dans la plénitude de leur bonheur. Cécile glorifiait le mfdtre des cœurs qui avait déployé avec tant d'éclat les richesses de sa miséricorde ; elle tressaillait à la vue des roses mêlées aux lis sur la couronne de Yalérien comme sur la sienne, pour annoncer que lui aussi aurait part aux honneurs du martyre. Tiburce partagerait la palme avec son frère; mais la prédiction fortunée ne s'était pas étendue jusqu'à elle. La vierge devait donc survivre aux deux frères , et les assister dans le combat; jusquelà , le ciel n'avait point manifesté plus avant ses décrets. Les deux époux s'épanchèrent dans un entretien que l'amour du Christ rendait semblable à un festin délicieux , et ils s'encouragèrent à mériter toujours la couronne dont l'Ange avait ceint leurs fronts. Le néophyte, rempli du feu divin qu'avaient allumé dans son cœur les mystères auxquels Urbain l'avait fait participer, savourait à longs traits cette vie nouvelle révélée tout à coup à son àme. Cécile, initiée dès l'enfance à la doctrine du salut, parlait avec l'expérience et l'autorité d'une chrétienne éprouvée.

Leur conversation sainte durait encore, lorsque

i Audiens hœc angélus Istissimo vuUu dixit ad eum : Qaoniam hoc petisti , quod melius quam te Christum implere deleotat, sicut te per famulam suam GaBciliam lueratiis est Christus) ita per te quoque tuuiii lucrabitur fratrem , et cam eodem ad martyr! i palmam pervenies. Acta S. Cmcilim,

TibiiTce, impatient de revoir son frère , entra et vint suspendre ce colloque digne des Anges. Épouse de son frère chéri ^ Cécile était devenue sa sœur; Tiburce Taborda par un baiser fraternel*; mais quelle fut sa surprise de sentir âonan^ des cheveux de la vierge un parfîim qui rappelait celui des fleurs les plus fraîches du printemps? On était dans le mois où lliiver tempère ses rigueurs, sans permettre encore à la nature de reprendre sa vie et son éclat. «D'où vient ^ Cécile^ » cette odeur de roses et de lis^ en la saison où nous » sommes? s'écrie Tiburce. Quand je tiendrais en ce » moment dam mes mains le plus odorant faisceau de B cesfleurs, il ne répandrait pas un parfum égal à celui » que je respire. Cette merveilleuse senteur me trans- » porte; il me semble qu'elle renouvelle tout mon être*. » —C'est moi, ô Tiburce! répond Valérien, c'est m moi qui ai obtenu pour toi la faveur de sentir cette » suave odeur; si tu veux croire^ tu mériteras même » de voir les fleurs dont elle émane. C'est alors que tu » connÉttras celui dont le sang est vermeil conmie les » roses, et dont la chair est blanche comme le lis '.

1 nUs q>alantîbu6 in Ghristo, atque in sdiûcatione sancta sermoeinaiitibaft, TiburUus ValeriaDi frater adYenit , et ingressus est qaasi ad cognatam suam, osculatus est caput sanctœ Cœcilis, et ait, etc. Àeta 5« CœciUœ.

* Miror hoc tempore roseus hic odor et liliorum onde respiret ; nam si tenerem ipsas rosas, aut ipsa lilla in manibus meis, nec sic potaenmt odoramenta mihi tants suayitatis infondere; confiteor vdMS , ita sum relectus, nt patem me totum sobito reno- ▼atom. Ibid,

> Il est inutile, sans doute, de faire observer que Valérien désigne, sous ce langage figuré, le mystère de rEucbaristie que

» Cécile et moi nous portons des oouronnes que tes » yeux ne peuvent voir encore; les fleurs qui les com- » posent ont Téclat de la pourpre, et la pureté de la » neige ^

» — Est-ce un songe , ô Valérien ! s'écria Tiburce , ou » parles-tu selon la vérité? — Jusqu'ici, répond Té- » poux de Cécile, notre vie n'a été qu'un songe; main- » tenant, nous sommes dans la vérité, et il n'y a point » en nous de mensonge; car les dieux que nous ado- » rions ne sont que des démons.

» — Comment le sais-tu? répondit Tiburce. » — Valérien répondit : «L'Ange de Dieu m'a instruit, et tu » pourras voir toi-même cet Esprit bienfaisant, si tu » veux te purifier de la souillure des idoles. — Et com- »bien de temps, répliqua Tiburce, devrai-je attendre » cette purification qui me rendra digne de voir l'Ange » de Dieu? — Elle sera prompte, reprit Valérien; » jure-moi seulement que tu rehonces aux Idoles, et » qu'il n'est qu'un seul Dieu dans les deux. —!• Je ne » comprends pas, dit Tiburce, à quelle fin tu exiges de » moi cette promesse. »

les premiers chrétiens ne révélaient point aux infidèles, et qui n'était manifesté aux catéchumènes que peu de jours avant leur baptême.

*■ Odorem quidem meruisti, me interpellante, suscipere, modo te credente promereberis etiam ipso roseo aspectu gaudere, et intelligere cujus in rosis sanguis florescit , et in liliis cujus corpus albescit ; coronas enim hd)emus, quas tui oculi videra non praevalent, floreo rubore, et niveo candore vemantes. Àcta S. Cœciliœ,

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