‹ Histoire de Sainte CécileChapitre 2 sur 65 · U PRÉFACE · texte numérisé non relu

U PRÉFACE

aurait-elle glacé tous les cœurs, et fermé toutes les bouches? Il n'en peut être ainsi. Les chrétiens des trois premiers siècles avaient moins que nous encore cet avenir personnel dont on est aujourd'hui si avide; cependant ils ne se turent pas au bruit que faisait le char de l'Empire , se ruant sur eux, jusqu'à dix fois , pour les écraser. Lorsque les barbares fondjiiei^it ^ Jqijf tour sur cet Empire enivré du sang des Martyrs , lorsque la société romaine s'affaissait dans l'abîme qu'avait creusé la corruption de ses mœurs, 1^ hrmt (juç fit le polossç en ^'écroulant ne couvrit pas plus la voix des chrétiens qu'il n'étonna leur courage.

C'était alors que saint Augustin déroulait tranquillement les destinées du monde dans la Cité de Dieu^ que saint Jérôme traduisait et expliquait les saintes Écritures aux fugitifs de Rome, que Vincent de Lérins forgeait un bouclier de diamant contre toutes les erreurs , que Salvien prQclam^y; le gouvernement de la providence, sur les riwaes d'un monde entier dopt elle ne pouvait plus châtier les cf injes qu'en l'anéantissant

Où serait donc aujourd'hui le calme du cœur et de la pensée, s'il n'était resté chez les catholiques, qui seuls, dans les oracles de leur foi, possèdent la clef des événements, seuls connaissent le remède à tant de maux? Cependant, avouons-le avec sincérité, l'état des sociétés européennes, à quelque degré de l'échelle sociale qu'on l'envisage , atteste que les catholiques d'aujourd'hui ont besoin de retremper leur énergie aux sources mêmes d'où est émané le principe de vie indestructible qui existe toujours chez eux.

Cette régénération devenue nécessaire, cette direction dont le besoin se fait sentir, nous les trouverons dans l'étude Mtentive de notre passé. Aux jours où s'ouvrit la prédIcaticijQ évanj^élique, le monde était plus malade en-

PïiÉrACE. m

çore qu'il ne Test aujourd'hui ; la parole de vie descendue 4u ciel , mais cependant confiée à des hommes , le sauva de la jnort Cette parolq est restéç, et elle ne s'éteindra désormais qu'avec le moQde luî-paêrne. Songeons donc à maîtriser nos terreurs qui ne spnt si vives quei parce que l'illusion les a précédées. Ayons un peu moins de confiçince daii3 les plans de notre vie individuelle qui , dans tout état çle cause, ira Weptôt se perdre dans l'éternité. Si la société ejle-même venait à nous manquer, l'Église impaortelle nç nous resteraît-ejle pas? Et ne savons- nous pas que quand bien même la terrç fondrait sous nos pieds, le ciel est ]à pour nous recevoir, si nous l'avons mérité ?

Ce passé du christianisme qui nous offre de si utiles enseignements sufjit à nous expliquer ce que nous voyons aujourd'ljui; mais il est surtout fécond en motifs d'encour^enient, c'est là que nous apprenons à connaître et à aimer ceux de nos frères qui dominèrent par leur grand cœur des crises plus terribles encore que celles qui se passent squs nos yeux. U ne tient qu'à nous d'apprendre comment le disciple du Christ sait ne pas désespérer de l'avenir, et marcher vers son but, sans que rien n'arrête ni n'entrave sa marche. Revenons donc sur les siècles écoulés, et pour savoir ce que nous devons être, voyons un peu ce qu'ont été nos ancêtres.

Le livre que nous présentons aux catholiques dans le but de leur offrir un secours de plus, en ramenant leurs pensées vers ces pures et saintes traditions de famille qui ravivent le courage , est le fruit des loisirs de cette longue et rude ^nnée , durant laquelle il était facile de prévoir que des travaux d'un autre genre obtiendraient difficilement l'attention. Du moins les lecteurs de nos Institutions liturgicjues reconnaîtront que nous n'avons pas déserté l'arène dans laquelle leur bienveillance nous a soutenu jusqu'ici. Après avoir payé ce tribut, si faible qu'il soit,

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