‹ Histoire de Sainte CécileChapitre 3 sur 65 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

à la situation commune , nous sommes prêt à reprendre avec une nouvelle ardeur nos labeurs ordinaires ; mais en attendant, nous nous flattons qu'on verra dans ce livre un nouveau mémoire en faveur de la Liturgie Romaine , un incident favorable à la thèse générale dont nous avons embrassé la défense.

Nous le répétons , c'est aux catholiques que nous offrons V Histoire de sainte Cécile; ceux qui n'ont pas le bonheur de l'être trouveraient sans doute peu d'agrément à cette lecture qui retrace un monde trop en dehors de celui qu'ils ont conçu. Préalablement aux détails que nous donnerons tout à l'heure sur le genre et la nature de ce livre, c'est à nos frères dans la foi que nous signalerons en quelques mots sa portée et son intention. Au reste , elles se font assez sentir d'elles-mêmes; simple narrateur, nous ne sommes que l'interprète de nos héros. C'est la foi chrétienne toute seule qui s'explique par leurs paroles et par leurs actions , et il n'est pas besoin , sans doute , de rappeler aux membres de l'Église Catholique qu'ils sont les enfants des Saints *.

L'Église reconnaît et honore dans sainte Cécile trois caractères dont la réunion la distingue souverainement, au sein de cette admirable famille des Bienheureux qui resplendit au ciel , et en fait descendre les grâces et les exemples. Ces trois caractères sont : la virginité, le zèle apostolique, le courage surhumain qui lui a fait braver la mort et les supplices; triple enseignement que nous apporte cette seule histoire chrétienne.

Dans ce siècle aveuglément asservi au culte du sensualisme , n'est-il pas temps de protester par les fortes leçons de notre foi contre un entraînement auquel échappent à peine les enfants de la promesse ? Depuis la chute de

* Tobie. II. 18.

PBÊFAGE. V

TEmpire Romain , vit-on jamais les mœurs aussi gravement menacées? On s'étonne des théories sociales qui se produisent de nos jours ; on en est même à redouter leur application violente. Mais qu'on y réfléchisse donc enfin : au milieu de ces cris menaçants qui retentissent de toutes parts , invoquant la loi agraire et par elle le massacre , il en est un plus ardent enco)*e , quoique souvent moins discerné y tant est profonde la distraction du cœur de l'homme, lorsqu'il craint pour les biens de ce monde qu'on parle de lui ravir; ce cri, c'est celui qui réclame, comme ils disent, l'affranchissement de la chair. La propriété a contre elle l'appât universel du gain ; la famille est plus menacée encore par l'instinct effréné du plaisir. Où donc s'est développée cette effrayante tendance qui , si Dieu, dans sa compassion, ne lui imposait un frein, dévorerait bientôt l'espèce humaine tout entière?

Qu'on ne l'oublie pas, il y a à peine quelques mois, dès les premiers jours de leur essai d'application , les théories dusocialismeavaientappelé pour complémentla reconnaissance légale; disons mieux, Tencouragement du divorce. Leur dernier mot va plus loin, et quiconque se plaît à en douter n'a rien compris au mouvement que tant de bras mal assurés s'efforcent d'enrayer à chaque heure. Humiliante situation pour une nation civilisée , mais légitime salaire de tant d'efforts employés pour amollir et énerver cette nation, au sein de laquelle tout conspire à pervertir les impressions de l'homme à peine sorti de l'enfance. La littérature , les arts , le luxe , ont-ils un autre but , depuis longues années, que de proposer la jouissance physique comme Tunique terme de la destinée de Thomme? Où senties productions accueillies avec faveur, qui rappellent l'homme au devoir, et tendent à ranimer l'estime et l'attrait du sacrifice? Ne se joue-t-on pas, au contraire, de tout cela, tantôt avec les ressources du plus noble talent

d'écrire, tantôt à i*âldé d'Utt Stjrie éft-àyâlit qul sâît tfâduire, sans termes obsôèneS , ce que, dats d'âiitféS tëirips , la langue du libértiù eût été Impuissante à exprittiei*f ta société compté déjà Un notnbfe immense d^hommeg qui ne vivent plus qtlë par les ëêûs * mais aUsâi niàlhetif àtl jour où , potif être sadvéô , éîlô ct*oii»âit potiVoif domptèf sur leur énergie! L^EmpIré ttomalh essaya aUSsl , et à plil= sieurs reprisés , dé soUlevët» le fardeau de Wtivasioû } U retomba sur lùî-mème et ne sé rëleVa plus.

Oui , là famille est ménâdée , autant et plu§ qtié là pl*(](=' prîété , et tout homme digne de ce ùotii doit ôotlVÔhif qUë la famille est lifi bien d'un bî*di*ë plus élevé que là pi*6^ priété ; il est doiic teiiips qu'elle sotige à sa défëllsê. Elle n'y arrivera qùé par un seul inoyen i en Sô réfbMàilt elle-même , éû Se t-égénêt*atit d'ât)rès la loi dé biéli , ëil redevenant sérieuse et ëhî^étienne. Ouë lé ittiafla^è i^bit éH horihëUr, aVeÔ toutes \éé Cliàstes éonséquénceâ qu'il entraîné ; qu'il cesse d'étfe iiii jeu ou Utië spècJulâtioh } quô la paternité et là maternité ne sôleilt plus un calcul, lïiâlé un devoir sévère ; bieiitôt, par la famille, la cité et la ri*' tiôii aui^bnt f epws leur dignité et leur vigueur*.

Mais le marlâë:e ne rétnbtitera â Cette élévation qU'àtltant que les faôtiliiies âppi*écîerdnt l'élément supêrteûf saiis lequel la nature humaltie n'est iotit etittère qu*uriè ignoble rUlnë; cet élémfeiit Céleste est la ôdhtîrieriëé; SaiiS doute , tous he sont pàS appelés à Tënibrassei* daiis sa ribtiDh absolue; Mis tôUs lui dolverit hommage) sèilë liëitië d*êti»e livrés aU s^m t'éprdUvê, eôliitnê l)aflfe l'Apô" trè *. û*ëst la ëbntîtieUcë qUl révèle â l'hottifiié le Sëëfôt de sa digriitê , qUi trempe sôii âme poUf tous les geni*ëà de dévouémetit , qui assainit Son cœut*, et k^ëlèvô son ôtw toUt éritiet*. Elle est le point culminant de la beauté mo-

^ ftbm. i. !!!S.

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