‹ Histoire de Sainte CécileChapitre 27 sur 65 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

SM^ilËISdfeMKNT DES POitTIFES ROMAINS A RECUEILLIR LES ACTES DES lURttlIâ. -» LA HlÎMomË DE SAmtË CECILE SE CONSERVE DANS L'iOUiE tttt ROMM. «^ ftA IIASlLlQtlK.

 pmne monté sur le trôné Impérial , Maximin fit paraître à l'égard du Christianisme des dispositions tout opposées à celles de son prédécesseur. La persécution suspendue depuis le règne de Septime» Sévère reprit son oours avec violence 3 le nouvel Empereur la dirigea plus particulièrement contre les chefi» des Églises ^ Le Pontife de Rome devait être frappé le premier. Masdmin envoya l'ordre de mettre à mort, dans rile même où Alexandre Tavait exilé ^ le pasteur courageux dont l'Église Romaine ressentait si cruellement Fabsenoe. Pontien avait siégé cinq ans , deux mois et sept Jour4. Son aorps fut plus tard rapporté à Rome et enseveli au Cimetière de Calixte '.

Antérôs succéda immédiatement à Pontien ^ sur la Chaire Apostolique» mais à peine avait-il tenu le gouvernail de l'Église un mois entier^ qu'il fut atteint par le glaive dé Maximin^ et obtint la couronne du martyre.

1 Euaeb. Higt ficdes. lib* vi» «ap« xx¥ni. ' Anastas. in P^niieiwi.

Un fait du Pontificat si rapide d'Antéros n'est pas sans importance pour la mémoire de l'illustre Vierge dont nous écrivons l'histoire.

Dès le premier siècle, sous la persécution de Donatien , le grand Pontife saint Clément voulant conserver aux âges futurs le récit des triomphes des Martyrs, avait établi sept Notaires dont la fonction était de recueillir par écrit les circonstances qui accompagnaient le sacrifice généreux de ces athlètes de la foi. Chacun de ces Notâmes était préposé à deux des quatorze Régions de Rome *.

Les mémoires glorieux qu'ils avaient la charge de rédiger devaient s'être considérablement accrus en nombre et en importance, sous les persécutions de Trajan, d'Antonin, de Marc Aurèle et de Sévère; nous avons vu quelles pages sublimes la tyrannie de Turcius Almachius, sous Alexandre, leur donna occasion d'y ajouter. Le saint Pape Antéros s'occupa de réumrtous ces Actes dont il se fit rendre compte par les Notaires de rËglise, afin de les recueillir dans les Archives du Siège Apostolique.

L^ne fresque peinte au plafond d'un cubiculum du Cimetière des saints Nérée et Achillée, qui est proche de celui de Calixte , semblerait avoir eu pour objet de conserver à la postérité le souvenir de cette mesure prévoyante d'Antéros. On y voit un personnage vénérable assis sur une estrade, entre deux ministres debout à ses côtés. Ses deux mains sont étendues pour

^ Hic fecit septem Regiones dividi Notariis fidelibus Ecclesiœ , qui gesta tnartyrum sollicite et curiose unusquisque per Regionem suam diligenter perquirerent. Anaxtas. in Clémente.

bénir trois autres personnages^ dont l'un est à genoux ^ et les deux autres dans l'attitude d'une profonde vénération. Ils viennent de déposer à ses pieds une caisse de forme ronde remplie de livres en rouleau dont ils semblent lui faire hommage. Cette forme de livres ainsi réunis dans une caisse se retrouve plusieurs fois sur les peintures murales des Cimetières de Rome. Le savant archéologue F. Bianchini^ dont le sentiment est d'un si grand poids ^ pense que cette scène est relative au fait dont nous parlons ^ ; quoi qu'il en soit, le caractère de ce plafond tout entier est d'un style élégant et correct qui permet d'en rapporter l'exécution au m* siècle.

Les chrétiens de cette époque^ qui mettaient un si grand intérêt à la conservation des titres de leur foi y devaient avoir d'autant plus à cœur de garder la mémoh*e de ce fait^ que le Pontife qui se montra si zélé pour recueUlh* les Actes des Martyrs obtint lui-même la palme ^ pour prix de cette ardeur à préparer les Pastes du Christianisme. Antéros fut dénoncé au Pré- Tet Maxime comme affectant d'honorer la mémoire des Bunemis de FEmpire et des Dieux , et il paya de son sang ce généreux attentat contre la politique des Césars *. Son corps fut enseveli au Cimetière de Calixte.

Le pieux Fabien, successeur d'Antéros, ne se montra pas moins empressé pour la gloire des amis de

* Anastasii Bibliothecarii de vitis Pontificum, in Antero, notœ hittoricœ. Tom. i, p. 184.

* Hic gesta Martyrnm diligenter a Notarils exquisivit, et in Ecdesia recondidit. Propter quod a Maximo Prœfecto martyrio coronatus est. Anastas, in Antero.

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Dieu, n ordoima que les sept Notaires seraient assistés chacun d'un Sous-Diacrê qui les aidérmt dans la rédaction des Actes des Martyrs ^ La même pensée de rexh dre hommage à ces nobles victimes , parmi lesquelles Fabien mérita d'être compté lui-même , après un pontificat de quatorze ans, le porta à entreprendre de grands travaux dans les Cimetières ' ; sans doute en faisant creuser de nouvelles galeries, et peindre de nouvelles fresques, sur Tune desquelles il aura voulu signaler à la reconnaissance des fidèles le zèle que montra son prédécesseur pour transmettre à la pos* térité le récit des épreuves quVvaient endurées les héros qui, par milliers, reposaient dans ces augustes souterrains»

Ainsi r^poque à laquelle se rapportent la vie et les combats de Cécile ne manquait pas d'historiens fidèles et garantis pour recueillir de si admirables souvenirs , et la majesté du Pontife suprême ne pensait pa3 s'abaisser en veillant sur la rédaction des moindres circonstances qui avaient signalé la victoire des Martyrs. C^était, au reste, une discipline établie dans toute l'Église, dès les premières persécutions, de consigner par écrit le récit de leurs combats, et malgré les pertes immenses que nous avons éprouvées par Ti^jure du temps et les destructions violentes, les Actes authentiques des Martyrs qui nous sont restés, et qui se rattachent à toutes les parties de PËglise, tant de Porient que de l'occident , suffisent à démontrer jusqu'à l'évi-

« Fecit septem subdiaconos qui septem NotarUs UDmio^reBl, at gesta Martyrum in intsgro coUlgereat. Ànastas^ in Fabian/^. * Multâs fabricas per cœmeteria fleri prsecQpit. Ibid^

DE SAINTE G£GItE. 1S9

denoe que la pensée des ssuntB Papes Clément, Ant&^s et Fabien , avait été comprise et appliquée dans }es diverses chrétientés.

Nous citerons en particulier pour l'Eglise d'Afrique, ces paroles du diacre Pontius , dans la vie de son Ëvécpie saint Cyprien , qui fut écrite à la mort de ce grand Martyr^ vingt-huit ans après Timmolation de Cécile : « TeUe a été, dit cet auteur, la vénération de nos an- » cétres pour les Martyrs, tant baptisés que catéchu- » mènes, qu'ils ont mis par écrit une foule de détails, » Je pourrais même dire presque tout, sur les soufi&an- » ces et passions qu'ils ont endurées, en sorte que ces » récits sont arrivés jusqu'à nous qui n'étions pas même D nés alors ^ d

S'il en était ainsi , dans une simple province de l'Église! les mesures organisées par les souverains Pontifes, au centre même du Christianisme, devaient avoir produit sur les Martyrs de Rome un ensemble de mémoires bien autrement imposant pour le nombre et l'autorité des récits. Ajoutons encore que les Actes qui sont venus jusqu'à nous ont souvent pour objet des personnages d'une importance secondaire, et dont cependant le martyre s'y trouve raconté avec les circonstances les plus précises, les interrogations, les réponses, les tourments, les miracles, la sépulture. La

« Gum majores nostri pleb^Us et catecbumenis martyrium consecutls tantum honoris pro martyrii ipsius yeneratione dederint, dé passiolilbus eomm miiltâ, sut propé dixerim pêne cuncta ottniitlpsertint, vt ad nottram quoqne tMtitiam qui nondum nati fttiiBva p^rveoiront» PqiiIhm àùmmut in pita CtfHUi Cypriant, page|.

condition de Cécile, de Valérien et de Titiiirce^ l'impression que dut produire , chez les gentils autant que chez les chrétiens^ le drame qui s'est déroulé sous nos yeux , rendaient bien plus aisée encore la rédaction des Actes de notre sainte Martyre. Au dé&ut des Notaires de l'Église^ la mémoh*e des fidèles suffisait seule pour conserver longtemps le fond et la plus grande partie des détails. On ne peut donc pas douter que les Actes de sainte Cécile n'aient été recueillis dans un temps où il était encore facile de constater les faits qui en devaient former la teneur. La divine Providence» qui avait voulu donner à Rome une Cécile chrétieipe pour tenir la place de l'ancienne qui ne devait pas siirsvivre au Capitole^ veillait à ce que la mémoire de la nouvelle ne s'éteignît pas y mais devint au contraire plus glorieuse de siècle en siècle, comme fil suite des événements nous le fera voir.

Après la persécution de Maximin , l'Église eut à subir celles de Decius, de Valérien , de Gallien , d'Aurélien, et enfin la plus épouvantable de toutes, celle de Dioclétien. Le nombre des Martyrs monta dans une proportion immense; cependant, au milieu de tant de noms nouveaux et illustres , celui de Cécile brilla toujours d'un éclat que rien ne fit pâlir. Au iv* siècle, à la paix de l'Église, lorsqu'il fut temps de clore le sacré Diptyque du Canon de la Messe, qui ne devait plus se rouvrir qu'une seule fois, Cécile fut maintenue en possession du plus grand des honneurs , pour toute la suite des siècles jusqu'à la fin des temps. Du sein de réternelle félicité, elle entend chaque jour prononcer son nom ^ dans les silencieuses prières qui accompa-

gnent la célébration du Sacrifice^ et ton sang répandu pour le Christ est présenté au trône de Dieu avec le sang même de TAgneau sans tache ^ auquel elle est unie à jamaiS; au milieu des lis et des roses du ciel.

Ainsi ^ le lendemain des persécutions^ l'Église Romaine distingua le nom de Cécile entre tant d'autres qui firent sa gloire^ dans ces jours d'épreuve. De trente Papes martyrs^ six seulement furent admis sur le Diptyque immortel ; la fille des Csecilius fut préférée à tant ôê héros. La vierge Agnès, son émule dans l'amour du Cfafîgt^ la précède sur cette liste triomphale; la pieuse Tèuve Anastasie la suit : toutes trois filles de l'Église de Rome. Jki| ti* siècle^ saint Grégoire leur donna pour ocmipagneA^ks deux grandes Vierges Martyres de Catane et de -Syracuse^ Agathe et Lucie; mais par une courtoisie liturgique , il donna le pas aux deux illustres Sidliennes sur les deux vierges de Rome ^

Le X des Kalendes de Décembre (^ Novembre) fut le jour fixé pour la Fête de sainte Cécile, dès la plus

* Plusieiirs llturgistes ont cru qne saint Grégoire avait en même temps Inséré an Canon toutes les Saintes dont on y lit les noms. Le seul auteur qui parle de Taccroissement donné par ce saint Pape au Diptyque contenu dans l'oraison Nohis quoque peccatorUmSy est saint Adhelme de Sherbum, dont le texte est trèsclair, et ne parle que des Saintes Agathe et Lucie comme ayant été i^utées aux autres. Vid. S. Adhelmi Episcopi Saxonum ocddttUaUum, de Virginitate, cap. xxni. Biblioth. veU Pa^ trwm, tome xiu, page 44. L'auteur traite , dans des chapitres spéciaux, de sainte Cécile et de sainte Agnès, et il ne dit pas un seul mot à leur propos qui donne lieu de penser que leur insertion eât été léeente; ce qu'il fait au contraire pour les deux martyres deSicUe.

in mBiùom

Imsi» «itHimté^ «omme on iêvtià àéik pitk MaityiPloga iîi' (k mni Jfii'ôfnô ^ La mànoire de» saints Valérien , TibufC0 e( Ifexime cteweiiro au xwm des i(ak)»Ele« de Mai (i4 Avril), Scelle da saiot Vtbmn, m vm des K^ndi^ de Jiim (89 Mai); iours nimiymiairas de leur martyre. C^lui d# C^te ayidt leepeiodaiit mi Iteu diNns l'ioterv^He qui f -écoute entre ces d^il^ ^^QQiied ^ iqais la sotenuité quç VÉglise Ronmme con^acr^t chaque apDé^ à l^tt^ gnmd# Martyre ^ût pu ^e trmvei? euiocm* curr^doe fivee )§s F^t^ dQ rAse^nsûm du 3eigQeur et de te Pentecôte) ou te reporte h uœ autr» aateon , afin qu'elle ^le perdH aucun d^ 9^ bonneuiSt QnftPt h U raison qui lui fit a#0igU0r te fH Novembre» j^ntôi que tout ft^t^# Joi^» de r^uuée, il fi&mi m^omViê do te déterminer ftvec certitude ftujaur4'buif Peut^^tre la réédîfication de la maison de Cécite sous une fonna plus ap^ propriée à sa destination d'ÉgUsai te dédinace qii'i^ en aura cétekrée , h cette occasion , dans le ir* oa le i^ siècle^ auront fourni^ comme il est arrivé d'autres fois^ l'oocasion de reporter la fête de la sainte Patrpnne loin du jour qu'elle avait occupé d'abord*.

L'iwportence et te solennité de la Fête de sainte Cé-

1 F)oientl9li BUrtyrplPSiQni S, Hieronymlt X Xoif Deeembfis» s l\ est r6iQiMrqua(>l# q.ue }e M«irtyrologfi Romain, au 32 noTembre, n'annoDiee en eff^t ni la mort [Natalis) ni la sépulture (JDejpihsitio) de saintjB Cécile, On y lit simplement Romœ, amcM» Çmein lia, Yirgimf »t Jiartyrû, quœ sponsum suum Valerianumt stc. Le lendemain» 93» au contrfdre, la fête de saint Clément eit ainsi formulée : Natolis $ancti Clementi^ Fapœ, Au U avril, les saints Tiburca, Yalérien et Mai^imf SPnt i^nonfiés par le Jfatalit, ainsi que saint Urbain, au 25 mai.

DE SAIMTE GiCILE. 163

oiàtir k 1UÊm,iBm te f* sîèoley $oiH ^Vmiém par le Baemmaiitaii^ de /lamtGélase^ qui fut rédigé h cette époque, ÏA Fêta y est {H^écédée d'une yigile de préparation' . Seii^ Cédte pç^tage avec saint Laur^t cet iaonneur qœ ffmt I8éba«tiep et ts$inte Affm y »i fiimeux eepeoémit 9Wf le« Fa^ie§ de TIËglise^Mère, ne pemsaent pas av£^ jamais oM^fi- U eat vrpi que b^ Pète de ^nte Cécile n'e p^i^ eoH^ertré cette di^tinctkH) dans la suite dei ^èele^» rneis il ««liStde ce lémoigiiage de Tantique véo^tion f^en |# Vierge pm^ démontrer eoipbien sa ïoà^(^ 4t^ vjrai^te chez le^ chrétieps de {lome^ en-r (X^h le fin du v^ Mècle^ époqoe de la dernière rédacijoa de ses Âct^f

l/Èf^lm qui i&'élevait dans la Région au delà du Tibip , sofij^îe pom de sainte Cécile, attestait aussi dès lof3 les magnifiques sourenirs que nou^ ^vons retracés. On seit que les Églises érigées en Thonneur des Martyrs de Roioe» d^u^^ eette capitale de la chrétienté) quand elles ne renfennipieDt pa^ leurs reliques^ ou encore lorsqu'elles n'éffiieiit pae bâties à l'entrée des (Cimetières o<i ils r^^a9aient , servaient à marquer les liam mêmes qo'ilii avaient sanctifiés par leur babitetion ou par leurs soufirances. Cet usage n'était pe$ seuleiuent observé dans l'Église de Rome; on le retrouve établi comme un ppint de discipline, dan» l'Église d'Afrique, par le quatofïième Canon du IV^ Concile de Carthage , en 30ê ^, et ce Canon est lui-nWtoe iméré au Corps du

1 Moratorl. liturgia Romana v^tus^ (om f* SQ^m'^entari^m Gelaiiamuf^^ pa^e 672.

t Et eranino imUa memoria Martyrom probabUiter acceptetiir, nisi aut ibi corpus, aut Blïqaaà cert» reliquls sint, aat ubi origo

166 HISTOIBE

Droit ^ Plus tard y cette discipline s'est modifiée ; mais elle n'en a pas moins régné à Rome pendant de longs siècles. C'est pom* cette raison que les Églises en Vhofùr neur de saint Pierre y sont si rares , quoique ce saint Apôtre soit le patron de la ville. Quatre Églises seulement lui sont dédiées ^ et toutes les quatre s(mt autant de monuments de son histoire : la Basilique Yaticane^ qui conserve son corps; la Basilique Eudoxienne ou Saint-Pierre ad Fîncula , parce qu'on y conserve ses chaînes; la Prison Mamertine, ou Saint-Pierre m Carcere , qui s'élève sur le cachot où il fut enfermé avec saint Paul; enfin ^ Saint-Pierre in Mùniorio , sur remplacement où Ton présume qu'il fut crucifié.

Le corps de notre glorieuse Martyre reposait pour des siècles encore au Cimetière de Calixte^ hors la ville, sur la Voie Appienne. Pour expliquer l'origine de la Basilique transtibérine qui portait le nom de Sainte-Cécile , on devait donc se reporter tout naturellement à cette maison que la Vierge expirante avait consignée aux mains du Pontife Urbain. Le bain où elle avait souffert était toujours visible , et la mémoire de Cécile unie indissolublement à cette Église ne pouvait s'éteindre dans Rome '.

alicujus habitattonis, vel possessionis, vel passionis, fldellssima origine traditur. Làbhe. Concilia, tome ii, page 1218.

1 De consecratione. Distinct, i. can. xxvi. Placuit ut altaria.

> Parmi les Ëglises de Rome bâties, comme celle de Sainte-Cécile, snr remplacement de la maison de leur saint Patron, nous citerons Sainte-Praxède , Saint-Boniface , aujourd'hui Saint- Alexis, sur rAventin; les Saint-Jean-et-Paul , Saint-Eusèbe Sainte-Prisque, Sainte-Bibiane, etc.

La première mention que Fon trouve de la Basilique de Sainte-Cécile, sur les documents officiels qui sont arrivés jusqu'à nous^ se rapporte à l'an 499. Parmi les souscriptions d'un concile tenu cette année même à Rome j sous le Pape saint Synunaqne , on lit celles de Boniface et de Marcien , qui signent Prêtres du Titre de Sainte-CécUe K

Mais avant cette époque^ plusieurs monuments épigraphiques témoignent déjà de l'existence de cette Église et du culte qu'on y rendait à la Vierge romaine. Une inscription tumulaire^ malheureusement mutilée ^ que l'on voyait encore au siècle dernier dans le pavé de la Basilique , offrait une date consulaire que l'on ne peut reculer au delà de l'année 464. Voici cette inscription^ dont nous devons la restitution à la science et à l'amitié de M. le chevalier de Rossi :

jépoluOmKE H. p. BONITATIS EXIMIAE

et mirae verecuriDUE et yltra aetatis annos

filiae (n. n. ) ciibtcvLARis sanctae martyris cae

dliae q, vix, ann, xii. uense. i. dieb. xiii.

de sœcvlo recEssii xvuii kal sept.

RIO coss.

parentes miseri fvwsms acervitate pergvlsi

titulum CI IVSSERYNT '.

Nous apprenons de cette épitaphe qu'un particulier exerçant les fonctions de cubicularisy ou gardien, de

* Labbe. Goncil. Tome iv, page 1316.

» Cette inscription a été déjà donnée, mais d'une manière inexacte, par Maffei, Muscmm Veronense^ page 291, n» 6.

i§6 HISTOIRE

la Basilique de 8aioie-€édie9 avait enseveli sa fille en celieu^ sooc la dftfte d'mk Cmsxû dont ielioiiise terminait fàxûbê deux syHalm^ nivs. D'autre fMoif ^ ¥éochture de l'inaeriptkm ëteil.évHtenanentjdu iréMB^ et le vi« ioe pêéeentaot anomi iïûDsiil dcttt le doqi iifire cette déttnencè^ il faut. donc cheicbétt^ ^daâs te v^ le personnage ici désigné. Or nous trouvons dai» oe siècle plusieurs consulats quioSre^oMe particBlarité. iiC plus récent est celifi de RustiGUs>èt d'Ol^flirîiis^ qui se râfiparte à Faniiée 464. En lé cAioiéissant de jnpéférentie à ceux qui sosit plus ancieiiis daâs œ toèaie ttiècle^ nous établksoils que dès T^méè é6é> ^us le pontàfioat de saint Hilarus^ aucioclêlseur inîtJDéâiai de saint hé&ù ^ la Basilique de SaiiitêHQéciie éta^ assez imqporiante dans Home pioiir av<aâr à èon service un et ces officiers qu'on appelait enbicularesé

Au siècle dernier, il existait encore dans le pavé de la Basilique m gl^nd nombre dinseripticms , soit entières, soH en finigments, qui seraient aujourtfhtti trèsutiles pour rhistoire de ce vénéi^ble sam^tuaire^ Nous raconter ons plus tard en quelle circonstance ces précieux témoignages de Fantiquité disparurent. Mais nous devons menlionner un marbre qui se trouvait dans le pavé du portique , et dont l'inscription , i^latîve à une jeune fille nommée Teela, pourrait^ ati jugement de notre savant ami , se rapporter au iv® siècle.

DE sàorut ciau. li7

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