CHAPITRE XXI
ÉVÉNEMENTS RELATIFS A SAINTE CÉCILE ET A SA BASILIQUE , DANS LE COURS DES VII* ET VIII* SIÈCLES. — DÈS LE VII*, ON COMMENCE A LEVER LES CORPS DES MARTYRS, POUR LES TRANSPORTER DANS LES ÉGLISES DE ROME.
En 610, le pape saint Boniface IV obtint de l'Empereur Phocas le fameux temple connu sous le nom de Panthéon pour le transformer en Église. Nous n'avons point à nous étendre ici sur cet événement considéré en lui-même. Joseph de Maistre Ta célébré avec une telle magnificence qu'il semble interdire à tout autre jusqu'à ridée de s'essayer sur un pareil sujet *; mais l'inauguration chrétienne du Panthéon intéresse, par une de ses circonstances , les annales que nous consacrons à la Vierge Cécile , et nous devons nous y arrêter un instant.
Jusqu'à Tannée qui vit s'accomplir cette sublime apothéose du christianisme sur les trophées mêmes de la gentiiité , la piété des Romains n'avait pas songé encore à transporter leurs triomphales dépouilles dans les Églises dont le sol de la ville était couvert Longtemps les fidèles aimèrent à choisû* leur sépulture à
> Du Pape, tome ii, page 284-288.
2ik HISTOIHB
côté de ces vaillants protecteurs^ dans l'espoir de se lever avec plus de confiance, en leur compagnie, au jour de la résurrection générale. Les Papes eux-mêmes, quand la paix eut été rendue à TÉglise, voulurent aussi être ensevelis dans le voisinage des Martyrs. Nous avons entendu saint Damase exprimer son humble désir de reposer avec les saints de la Voie Appienne, et nous Tavons vu élever son propre tombeau à rentrée des Cryptes de TArdéatîne. Ses prédécesseurs , Marc» Jules et Libère , s'étaient montrés animés du même désir. Le premier avait choisi sa sépulture au cimetière de sainte Balbine, sur la même Voie Ardéatine; le second , au cimetière de Calépodius, sur la Voie Aurélia, et le troisième dans celui dePriscille, sur la Voie Salaria. Sirice et Célestin préparèrent aussi leur tombeau sur cette même Voie ; Anastase et Innocent au Cimetière appelé ad ursum pileatum; Zozimo dans celui de Cyriaque , inagro f^erano^ Bonifacedans celui de Sainte-Félicité, etc.
Tout semblait promettre un repos inaltérable à tant de corps vénérés, confiés à la foi de ces voûtes silencieuses que les païens eux-mêmes avaient rarement violées dans le cours des persécutions. Mais la Providence de Dieu sur son Ëglise destinait les Cryptes de la ville sainte à devenir l'inépuisable mine d'où seraient extraits , durant de longs siècles , les ossements des Saints qui doivent reposer sous Tautel du sacrifice, pour signifier l'union des membres à leur Chef divin.
Nous avons vu Jean III oocupé à restaurer les Cimetières, après les ravages des Goths; ces barbares avaient à peine disparu que les Lombards inaugurèrent leur
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puisMoce dams la péninsule italienne. Home fut souvent assiégée par leurs armes , et dans leurs campements autour de la ville ^ ils se jetèrent fréquemment dans les Cryptes , et y commirent de sacrilèges dévas* tations. Dès lors , les Papes se virent contraints d'opérer ces Translations successives qui dépeuplèrent à peu près les Cimetières; mais telle était^ selon la belle expression de Prudence, la fertilité sainte du sol romain S que si les plus nombreuses cohortes de Martyrs ^montèrent en triomphe à la clarté du jour^ dans le cours des yii*', vm* et ix* siècles^ il est encore possible auyourd'hui de glaner avec succès dans ces avenues désertes, où s'offrent de temps en temps des tombeaux de Martyrs oubliés, les uns désignés par leur iXMn gravé sur la pierre du sépulcre', les autres connus seulement du Christ pour lequel ils répandirent leur sang^
La première levée solennelle qui eut lieu dans les rangs de cette glorieuse phalange de héros s'accomplit par les ordres de saint Boniface IV, à l'occasion de la dédicace du Panthéon. Vingt-huit chariots remplis d'ossements des Martyrs, extraits des diverses CrypteS;
< Yix fama nota est , abditis
Qoani plena sanctis Roma ait , Quam dives iiibaûiim mlum Sacria sepulchris floreat.
Prudentiuê , péri sUphtmn, Bttvm, &. Lmrentu.
• rhirima littenilis sîgnata sepnlchra loqnnntur
Martyris aut nomen , aat «pigrainma aliqaod . md. Hymnus S, Bi^lyH.
^ Oaortim soltts habet eomperta vocabala Ghristui.
Ihid.
traversèrent Rome et vinrent déposer en sûreté sous le nouvel autel tant de corps mutilés dans les combats pour le Christ, mais réservés à un triomphe sans fin ^ Le temple de tous les Dieux reçut le nom de Sainte- Marie aux Martyrs (Sanctae Mariae ad Martyres), rappelant à la fois, sous ce nouveau titre, et la grande Reine du ciel et de la terre, et ceux auxquels l'Église chrétienne doit l'un des plus invincibles arguments de sa divinité. Mais parmi les vaillants athlètes transférés les premiers dans ce nouveau sanctuaire, Cécile ne se trouvait pas; deux siècles encore devaient s'écouler jusqu'au jour où s'ouvrirait enfin cette tombe auguste que les mains d'Urbain avaient scellée.
* Boldetti. Osservazioni sopra i Cimiterj de* santi Martiri, Page 666. Nous acceptons sans difficulté cette tradition, qui repose sur une ancienne relation manuscrite que Baronius ( Jfartyrol. Roman, ad diem xiii maii, ) trouva dans les archives de Sainte-Marie-aux-Martyrs, Les faits de cette nature s'inventent peu , et quoique les translations des saints Martyrs des Catacombes dans les églises de Rome aient eu lieu plus particulièrement dans le viii« siècle , il est naturel d'admettre que les dévastations opérées par les Goths au vi* , avaient pu mettre un grand nombre de galeries des Cimetières hors d'état d'être réparées. La piété du Pontife aura voulu assurer un asile plus sûr et plus convenable aux ossements des saints , et la circonstance de dédier au vrai Dieu un édifice comme le Panthéon , lui fournissait l'occasion de leur offrir un triomphe digne d'eux. Il est vrai que le Liber Pontijicalis ne détaille pas cette translation de Martyrs , et se borne à dire que Bonif ace IV , en dédiant le Panthéon , y plaça des reliques , et reliquias in ea collocavit; mais cette indication, qui seule ne suffirait pas , à raison du vague que présente le mot reliquias y se trouve éclaircie par le témoignage du manuscrit cité par Baronius , en même temps qu'elle est d'accord avec les conjectures historiques.
Nous ne ferons pas Ténumérâtion des diverses Translations qui s'accomplirent sous les successeurs de saint Boniface IV jusqu'à saint Paschal I", qui eut la gloire de déposer enfin le corps de sainte Cécile sous Tautel de sa Basilique. Ces imposantes émigrations continuèrent même après ce dernier Pontife, et jusque dans le xii* siècle*. Après cette époque, il y eut environ trois siècles durant lesquels la Rome souterraine demeura dans le silence de ses ténèbres sacrées. Les restes de l'armée des Martyrs sommeillaient dans l'attente, et leurs retraites ne furent pas même troublées par les ravages de ces autres barbares que commandait le Connétable de Bourbon 9 sous Charles-Quint. La terreur planait sur ces sombres asiles, et sauf les corridors qui s'ouvraient à côté des Basiliques et tout près de la lumière du jour, les immenses quartiers de la cité des Martyrs étaient rarement visités par les fidèles. Vers la fin du XVI* siècle, Rome recouvra la conscience des merveilles qu'elle gardait dans son sein, grâce au courageux dévouement d'Antoine Bosio , qui mit au service de cette colossale entreprise d'exploration tous les efforts d'une pieuse audace et toutes les ressources d'une érudition profonde. Dans le siècle suivant, le Siège Apostolique autorisa la recherche des corps des Martyrs, et détermina, avec une haute prudence, les seuls signes indubitables à l'aide desquels on pourrait les discerner. Nous ne tarderons pas à redescendre à l'ombre de ces arceaux mystérieux , mais ce sera pour en remonter avec le précieux dépôt trop longtemps enfoui dans les entrailles de la terre.
^ Boldetti. Ofservawni , etc., pages 96-99.
En attendant , la foi romaine se propageait dans le nord de l'Europe par la prédication infatigable des eof fants de saint Benoit. Depuis le jour où saint Gfégoifê avait fait partir de Rome le moine Augustin , chargé de replanter Tétendard de la Croix dans File des Bretons, une suite d'Apôtres, tous formés sous la discipline monastique ) ne cessa jusqu'au xii® siècle d'évau" géliser les peuples Saxons, Germains, Scandinaves, Slave», livoniens. Mais tous venaient visiter la ville dti Prince des Apôtres, les uns avant de commencer leur course, les autres dans le fort de leurs ccMnbato^ ]•• loux d'imiter T Apôtre des Gentils qui, descends dQ troisième ciel, dut aller néanmoins, ccHnme il lerqv> porte lui-même, visiter Pierre et comparer 8i»i Évangile avec celui du Pasteur suprême ^
En 696 ^ ce fut le tour de Fapôtre des Frisons, saM Willibrord. Le Pape saint Sergius voulut lui-même consacrer Évêque ce héraut de la parole divine, et ee fut dans la Basilique de Sainte-Cécile, au jour même où la fête de la glorieuse Martyre réunissait les fidèles, que le Pontife imposa les mains à Willibrord, auquel fl imposa le nom de Clément, comme un nouveau li^ avec l'Église Romaine tant illustrée par les mérites de cet admirable disciple de saint Pierre '. Ainsi FÉglise d'Utrecht , dont le nouvel Apôtre allait fonder le siège épiscopal, ouvrit ses destinées sous les au^ces delà Vierge Cécile.
Vers le même temps, pttnbsait dans Vile deâ Bre^
^ Gai. 1. 18.
* Yen. Beda. Histor» Eceles, Angle lib. v, cap. ta»
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tons^ devenue Vile des Saints, un livre merveilleux consacré à la gloire et au mérite de la Virginité chré» tienne I et digne de faire suite aux traités que nous ont laissés sur le même sujet saint Cyprieti^ saint Metbodius^ saint Ambroise et Saint Augustin* C'était Févêque des Saxons occidentaux ^ le moine saint Adhelme , qui celé-* brait dansdesverssi mélodieux et dans uneprose si suave la gloire et la félicité des épouses du Christ. Mais telle était la haute idée que le pieux évéque de Sherbum avait conçue des mérites de Cécile et des honneurs dont elle jouit dans les deux ^ que dans son double épitha^ lame > cwatoire et poétique , après avoir exalté Tincom*' peraUe prérogative de Marie > la Yiei^e des Yiefgés^ il fait ouvrir par Cécile le chœur de celles qui la suivent vers l'Époux céleste. Viennent ensuite Agathe, Lucie, Eugénie, Agnès, Dorothée> enfin toutes les autres dont il a entrepris de chanter les grandeurs. Ce saint Prélat qui mourut en 709, et composa, vers l'an 680, ce gracieux ouvrage qu'il intitula De laude fHrginitatiSy se sert constamment de nos Actes et leur emprunte tout ce qu'il dit de sainte Cécile ^
8 1 Nous donnons ici les vers de saint Adhelme, comme la plus ancienne pièce de poésie qui nous reste sur sainte Gédle, après lliymne du Bréviaire Gothique x
Porro Gscilis Yivaeem condere liudem , Qus Taleat digno ntôtroram pagina versu? Que sponsum proprinm coBfirtit dogmate saucto, Meliea caraalis contemiMAf lodiera Inxiis : Basia dnm potins dilexit dalcIiiCliristi , Gandida prspnlchris compleotens colla lacertis. Ottam^ harmûnlis prâBMHoit organa moHls , UattH fkAe MsdiKnti et carmiiui eatttu;
L'Awgleterre, cette fille de l'Église Romaine , avait donc reçu de son auguste Mère , avec le lait des saints Évangiles^ le récit touchant des vfertus et des triomr phes de Cécile, et nous en trouvons une nouvelle preuve dans le Martyrologe que Bède, le célèbre docteur et historien de TÉglise Anglo-Saxonne , composait, vers le même temps, dans son monastère de Vearmouth. L'éloge qu'il a consacré à sainte Cécile, le X des Kalendes de Décembre , malgré sa brièveté, renferme une analyse des Actes. Il y est dit que la Sainte convertit à la foi de Jésus-Christ Valérien son époux et Tiburce son frère, qu'elle les prépara au martyre, ei qu'elle-même, après avoir vaincu le feu, fut immolée par le glaive, sous le Préfet de Rome, Almachius ^.
Non tamea inflexitf allai praecordia mentis Pompa prophanorum^ qus nectit retia sanctis. Ne forte properet paradis! ad gaudia miles. Taliter interea compellans vocibns , infit , Dum sécréta petunt , concessa lege thororum : Angélus en, inquit, superis tranavit ab astris : Hic me, patronns , cœlesti fœdere fulcit. Ut nequeam prorsus quidqnam carnalis amare; Namque meum jugiter conservât corpus in aevum , Ut nnllus valeat spnrco siiccensus amore Contrectare mea probroso crimine membra : Sed moi Angelicis ulciscens vindicat armis. Qui me pollutis nituntur prendere palmis. Sic devota Deo convertit fœmina sponsum , Nec non , et levirum solvens errore vetusto, Donec credentes sumpsissent dona lavacri , Facti municipes in summis arcibus , ambo Martyres effecti , carnis tormenta luentes.
Bihlioth. VetL Pat., tome xin, page 14.
^ X, Kal. Natale S Gicciliœ Yirginis, quœ et sponsum suum Valerianum et fratrem ejus Tiburtiup ad credendum Ghristo ac
DE SAINTE GÊGiLË . 221
A Rome; vers 731, saint Grégoire IIÏ entreprit la réparation des Basiliques du cimetière de Prétextât. La voûte de celle des saints Tiburce et Valérien menaçait ruine ^ il la refit à neuf. Ses soins se portèrent aussi sur la Basilique de saint Urbain et de saint Januarius qui, comme la 'précédente, dut à ce Pontife les dernières réparations dont elle ait été Fobjet. Dans la suite des siècles, ces édifices vénérables , toujours plus négligés, parce que les corps des Martyrs qu'ils protégeaient avaient été transportés dans la ville, s'écroulèrent, les uns. en partie, les autres en totalité, et couvrirent le solde leurs débris.
Dans Rome, l'Église de Sainte-Cécile continuait d'obtenir l'hommage de la piété des fidèles. Sous le Pontificat de saint Grégoire III , elle reçut la sépulture du diacre Moscus, dont l'épitaphe conservée jusqu'aujourd'hui , respire l'amour et la confiance que ce pieux serviteur avait voués à la sainte Martyre. Elle est placée à droite , sous le portique de la Basilique , et est ainsi conçue :
Sepvlchrvm qvod in hanc muEn venerandje christi mar-
TYRIS CLKCILI^ SITVM EST IN QVO ET QVIESCIT IN PACK MOSCVS HViaUS DIACONVS S. SEDIS APOSTOLIC^ OMNES EXPOSCENS VT PRO HE DOUINVM EXORETIS QVATENYS EJVSDEH SAGRATISSIM/E VIRGINIS INTERVENIENTIBYS MERITIS CVNCTORVM CONSEQVI ME- RRAR INDVL6ENTIAM DELIGTORYM ^
martyrium perdocuit : et ipsa deinde martyrizavit, ignem quidem superans , sed ferro occisa , sub Almachio Urbis Praefecto. Martyfologium Bedœ. Aeta SS. Mœrtii, tome ii , page xxxix. ^ Selon |le sentiment dn savant Gaetano Marini, ce diacre
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Quatre autres sanctuaires s'élevaient enocnre en rhonneur de Cécile^ soit hors la ville ^ soit dans scm enceinte. Hors la ville, sur la Voie Appienne, celle dite ad Sanctam Cœeiliam, que nos lecteurs connaissent; puis une autre, sur la Voie Tiburtlne, qu| n'a pas laissé de traces. Vers le milieu du viii* siède , le Pape jBaint Zacbarie entreprit la restauration de cette d^ nière, Torna de peintures, la dot& et la soumit à l'Église de Saint-Pierre ^ Dans l'intérieur de la ville, l'Église de Sainte-Cécile d!« Domoy dont nous avmis parlée et une autre appelée Bainte-Gécile de lupo Pëchoy et ailleurs de Turre Campi. Plus tard, on la désigna sous le nom de Santa Ceeilia a Monte Giordano, parpe que le quartier dans lequel elle était située avait appartenu à Qiordano Orsini '. Nous aurons à parlor encore de ces deux Églises.
L'année 768 vit pour la seconde fois le Cardinal titulaire de la Basilique de Sainte-rCécile monter sur la ChairQ Apostolique. Ce fut Etienne, quatrième du nom, qui avait été pourvu de ce Titre par saint Zacharie. L'élection eut lieu par le clergé et par le peuple , dans l'enceinte même de la Basilique.
Deux ans après, en 770, la pieuse abbesse de Mon-
Mo^cus p^t le même que rarchidiacre afo^chu» qui flgutfl suy la célèbre inscription trouvée dans les Cryptes Vatiçaiies , lugu^e contient d'importants fragments des actes d'un concile tenu par saint Grégoire III, près de la Confession de saint Pierre, contre Terreur des iconoclastes. Vid. Maii. Script, VetU Tome v» page 466.
*■ Anastas. In Zaeharia.
* Voirie Dipltoie d'Urbain III , dans Fonseea, de BatilUa S. Lmufentii in î)amaso , page 252.
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tmûl, i»mte 0{9)0rtim6^ montait au eiei è la suite d'une vmm dans laquelle Cécile lui était apparue. Le dixième jour d'avril , au poiat du jour, Opportune vit tout à coup sa is^Uule illuminé^ d'une i^plendeur éblouigftante , et embaumée de$ plus délicieux parfuma. Deux vierges célestes descendaient vers elle, dans un rayon de gloire. C'étaient Cécile et Lucie, toutes resplendissantes de lumière et de beauté. La sainte abb^ase les reconnut par un instinct divin, et leur adressa ces paroles : « Salut , ô mes sœurs, Cécile et Lucie ! Que ré- » clame de son humble servante , la glorieuse Vierge » Marie, la Reine du Ciel, la maîtresse de toutes les » vierges? » Les deux messagères de la Mère de Dieu répondirent : « Glorieuse épouse du Christ, Opportune, » la très-pure Vierge Marie attend ton arrivée. Le mo- » ment est venu où, dans le ciel , tu seras unie à son » Fils que tu as aimé en ce monde de toute la puissance » de ton amour. Ceins ta couronne de gloire , allume » ta lampe; Finstant approche d^aller au-devant de » rÉpoux et de FÉpouse. » Douze jours s'étaient à peine écoulés, et la vierge exhalait son dernier soupir entre les bras de la Reine des Anges descendue vers elle à son tour dans une apparition céleste ^
Saint Léon III, qui termina le viii* siècle avec tant de gloire , en posant , le jour de Noël de Tan 800, la couronne impériale sur la tête de Charlemagne, se distingua par ses largesses envers les principales Églises de Rome. Il n'eut garde d'oublier sainte Cécile, et il offrit
1 Mabillon. Acta SS, Ordinis S. BenedicH, saec. m, part, ii, page 230.
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à sa Basilique un parement d'autel de cette étoffe brochée d'or et semée de croix qu'on appelait stauracitty et une de ces couronnes d'argent que l'on suspendait devant l'autel et sur lesquelles on plaçait des cierges. Cette pièce d'argenterie était du poids de dix livres et une once *.
^ Ânastas. In Leone III,