PASCHAL
Mais le moment était venu où la Voie Appienne allait rendre son trésor, où la Vierge elle-même allait rentrer dans Rome, et confirmer par sa présence la vérité des récits que non-seulement la Ville sainte, mais rOccident tout entier, redisaient depuis tant de siècles, avec un enthousiasme toujours croissant.
En 817, le moine Paschal était monté sur le Siège Apostolique, et il sembla, plus qu'aucun de ses prédécesseurs, avoir reçu la mission de peupler de Martyrs les Églises de Rome. Le temps pressait d'enlever aux ténèbres tant de saintes reliques qui ne devaient pas rester plus longtemps exposées à l'injure des honunes et des éléments , au fond de ces grottes dont les voûtes menaçaient de s'écrouler en mille endroits et que la piété des fidèles , il faut bien le dire, ne visitait plus avec le même empressement.
Déjà , en 761 , le saint Pape Paul l" avait ouvert un nombre immense de tombeaux dans les Cryptes les plus menacées , et distribué les ossements des Martyrs entre les Titres, les Diaconies, les Monastères et les
821 msTOiRB
autres Église^ ^ La Chronique Papale désigne en particulier rÉglise du monastère de Saint-Silvestre , au Champ de Mars, fondé par le Pontife lui-même, conmie ayant été plus favorisée que toutes les autres. Dans un diplôme relatif à ce monastère, Paul rend compte des motifs qui Tavaient porté ^ troubjer ainsi ces cendres vénérées. « Par le laps des siècles, dit-il, divers Gime- » tières des saints Martyrs et Cojfifesseurs du Christ » avaient été négligés et dépérissaient. Vint ensuite » rinvasion impie des Lombards qui les ruinèrent de » fond en comble. Ces barbares étaient allés jusqu'à D fouiller les sépulcres des Martyrs , et au milieu de ces a dévastations , ils avaient osé dépober plusieurs de ces » corps glorieux. A partir de cette époque désastreuse, p ces lieu}^ n'avaient plus été traités avec le môme » honneur, et 1^ négligence des fidèles à leur en- )) droit avait remplacé la piété antique. On était allé, » faut-il le dire ? jusqu'à en laisser l'entrée libre aux D animaux, jusqu'à y- parquer des troupeaux*. »^
Néanmoins , dans le cours des vm? et ix* siècles , les npmbr^ux pèlerins que la chrétienté tout entière en-» voys^it à Rome . chaque année , se fi^isaient un devoir de descendre dans les Cimetières des Martyrs , de visi? ter les Basiliques qui y donnaient entrée , et la divine Providence ^ voulu que quelques-uns des Itinéraires qu'ils rédigeaient sur les lieux , pour fixer leurs pieux souvenirs lorsqu'ils seraient de retour dans leur patrie, soient parvenus jusqu'à nos temps. Ces docu-
^ Anastas. In Paulo,
t Voir un long passage de cette charte de saint Paul !«*, daoi Soldetti , iMig9 9$.
DE SAIHTE dCGILE. 327
mants^ rédigés $m$ art^ quelquefois mèm§ ^9m% m^ cornects, nous donnent entre autres la topographie des Cimetières sur les diverses Voien, 1q détail d§a Basiliques qui les accompagnaient Ja situation plus ou moins précise des tombeaux des Martyrs dans une même Crypte ; en un mot , il» sqnt Mimique flambeau à Taide duquel qn puisse aujourd'hui éclairer les ténè^ bres séculaires des Catacombes. Faute de les avoir OOUnusou employés , tous les auteurs qui ont traité jusqu'iei de Rome souterraine, sont tombés dans des erreurs aussi nombreuses qu'inévitables; avec le secours de ces documents, beaucoup d'obscurités s'éclairdssenti et des données positives viennent se substituer m% assertions erronées, que des homn^es savants d'aile leurs avaient puisées, soit dans des monuments rér digés à une époque où les traditions sur les Catacombes avaient péri, soit dans des conjectures totalement dé«pourvues de fondement. C'est avec bonheur que, à l'aide de ces précieux secours , nous prenons notre humble part aux travaux de rénovation qui seront opér rés plus tard dans les antiquités de Home chrétienne , et nous Élisons des vœux ardents pour que notre illustre ami, auquel le ciel semble avoir départi si évidemment cette belle mission , accomplisse heureux sèment la tâche que son génie a conçue , que sa vaste science peut embrasser tout entière , et dont sa piété romaine comprend toute l'importance.
La série des Itinéraires dont nous parlons eoHimenee à la dernière année du vi? siècle , par la liste des huiles saintes envoyées de Rome à Théodejinde; elle se eon^ tinue par les d^ux documents desmnpUfs tirés d^un
manuscrit de Saint-Pierre de Saltzbourg, et dont le premier appartient évidemment au vu* siècle ; ces deux Itinéraires sont les plus détaillés de tous, et redressent déjà bien des erreurs. Vient ensuite celui que Guillaume de Malmesbury a inséré dans son histoire , et qui est également rempli des plus précieux renseignements topographiques. Il doit être antérieur à 818 , puisqu^il signale comme reposant encore dans les diverses Catacombes ks corps d^un grand nombre de Martyrs que le Pape saint Paschal transféra dans les Églises de Rome , en cette même année. Enfin le dernier Itinéraire est celui que dom Mabillon tira de la Bibliothèque d'Einsiedeln ^ et qui , d'après les détails topographiques qu'il renferme, ne saurait être reporté beaucoup au delà du ix* siècle. Il est vrai qu'il n'entre pas dans le détail sur les corps des Martyrs , et qu'il se borne pour l'ordinaire à signaler les Basiliques qui s'élevaient sur les Voies Cémétériales; mais on sait que ces Basiliques , après l'enlèvement des saintes reliques, furent l'objet d'une négligence déplorable et cessèrent peu à peu d'être visitées , jusqu'à ce que bientôt elles croulèrent de vétusté.
Ainsi que nous venons de le voir, dans le diplôme de saint Paul I", la négligence des Romains envers les Cimetières sacrés en amenait déjà l'abandon , dès le VIII* siècle. Au commencement du ix*, l'inconvénient de cet état de choses se faisait sentir davantage , et la piété désirait qu'on y mit enfin un terme. Les Cimetières de la Voie Appienne s'étaient généralement maintenus dans un état plus décent, soit à cause des restaurations qu'on y avait faites à diverses époques, soit à cause de la vénération spéciale dont ils
étaient Tobjet; mais l'état dans lequel ils étaient tombés^ par suite des dévastations des Lombards^ joints aux autres causes que nous avons signalées ^ appelait impérieusement une grande mesure de la part du Pontife Romain.
Dès la seconde année de son Pontificat , Paschal se mit en devoir de préparer une sépulture plus convenable aux Martyrs du Christ , et il commença le cours des solennelles translations qui ont marqué son règne d'un caractère particulier. Nous pouvons nous faire ridée de Timportance des levées qui furent faites à cette époque dans les Cimetières par Paschal, en lisant la vaste inscription contemporaine, exposée dans la Crypte de TÉglise de Sainte-Praxède. On y mentionne deux mille trois cents corps de Martyrs , ensevelis par le Pontife, tant sous Tautel principal que dans un autre lieu de la Basilique, situé à droite en entrant , et enfin dans une chapelle dédiée à sainte Agnès.
Ce précieux marbre nous apprend que le Pontife avait demandé à la Voie Appienne les plus illustres des Martyrs qu'il déposa à Sainte-Praxède. Dans cette Translation figurait une partie des Pontifes du Cimetière de Sixte; d'abord Sixte lui-même; ensuite, Pontien, Anteros, Fabien, Lucius, Etienne et Melchiade. Urbain avait été apporté du Cimetière de Prétextât et réuni à ses collègues. D'autres corps de Pontifes, enlevés aux divers Cimetières, complétaient cet ensemble imposant ^ Il y avait ensuite une légion de simples
^ C'étaient les saints Papes Alexandre, Félix, Jules, Sirice, Anastase et GélesUn.
SIQ BISTOIBE
Martyrs y les uns désignés par leur nom^ les auU«s par leur nmsibre total dans disque seoiion. De saintes femmes^ ornement de Rome Chrétienne, achevaient de représenter la cour céleste dans cette assanbléedes élus. Les plus illustres étaient Praxède et Pudentienne , Symphorose, Feliculay Zoé , Darie et Emerentlenne ^ Mais Cécile ne se trouvait point parmi elles.
Un jour de l'année 8^1 , Paschal était allé prier dans la Basilique da Fillustre Vierge. Il fut frappé de Tétat de délabrement dans lequel était tombé cet auguste sanctuaire. Ces murs vénérables, restaurés par saint Grégoire plus de deux siècles auparavant , avaient grandement souffert , et il était, à craindre que si l'on n'apportait un secours prompt et efficace, l'antique Église, avec ses grands souvenirs , pe fût bientôt plus qu- un monoeau de ruines. Paschal forma sur-le^^han^ la résolution de relever, depuis les fondements , une Basilique si chère à la piété romaine, et de la rebâtir avec une magnificence plus grande encore que celle qui avait paru dans sa première construction '.
Mais un Pontife aussi zélé que Tétait Paschal pour
* Voir rinscription donnée pour la première fois en son en- Uer par S. Ë. le cardinal Mai. Scriptorum veierum nova colleeHe, tome y, pages 38-40.
Quai^t aux corps des saints Martyrs qui fpnt l'objet de cette ior scription, sauf le petit nombre de ceux qui ont é^ transférés ^1leurs , ils continuent de reposer derrière de vastes tabler de marbre que l'on pourra lever un jour pour extraire ces sacrés ossements, lorsque les dernières galeries des Catacombes seront enfin épuisées de martyrs.
' Anastas. In Paschali,
DE SAINTE CÉCILE* SSt
im^ à la lumière les pestes des saints Martyrs ^ m faiivait concevoir un tel projet sans désirer en niémo teQ9P3 retrouver aussi le corps de Cécile ^ afin do le transférer solennellement dans cette maison qu'elle ^ftit sanctifiée par m présence et consacrée par son sang, Dèp ^vant le Pontificat de Paschal, on avait cba?ch^ 09 s^int corps dans toutes les cryptes de la Voie Al^ienne et toujours inutilement. Plusieurs raisons ^vt^ient rendu ces tentatives infructueuses. Sans 4oi|te on pouvait pénétrer au tombeau de Cécile par la Basilique qui portait 3Qn nom et celui de Bixte i mais }a galerie qui recelait ce glorieux sépulcre se trouvait à iin^ assez grande distance de l'entrée de la Basilique. Le tûml)eau lui-môme n'avait rien dans sa forme qui attirât }§s regards. Upe embrasure étroite placée à une 0ffl^j( grande hauteur^ et fermée d'un marbre sans inl^l^iption avait pu facilement être oubliée^ au milieu dea innombrables tombeaux superposés qui remplis* silÎ0nt )e^ galeries croisées en tous sens. Quoique voisine des sépultures papales , la tombe de Cécile avait fieçu une forme entièrement dissemblable^ et avant qu'on en eut fait Touverture, il eût été impossible de comprendre la raison qui avait pu porter Urbain à choisir pptir Ift Vierge une sépulture h la fois si honorable et si p^u a{q[>aFente.
Nous ftvons vu que les Gotbs, dès le vi» siècle, avaient fy\\ d^ grands ravages dans les Catacombes , détruit des sépulcres et brisé des marbres d'inscriptions; ces violences et l'abandon dans lequel tombèrent peu à peu 1^ Cryptes sacrées expliquent la disparition de l'épitaphe, PiDMtr^ oQUectivOi que saint Damase ou ses successeurs
23^ HISTOIBE
avaient dft eonsaoBqp^à Cécile, et qui^ dans tous les cas, n'a jamais pu éfre^tiâhérente à son tombeau , à raison de la fonne particulière de celui-ci. Quoi qu'il en soit^ les Itinéraires de Saltzbourg nous apprennent que Ton connaissait encore le tombeau de Cécile au vn* siècle, et qu'il n'était pas éloigné des sépultures des saints Papes Fabien, Sixte et Denys. D'un autracèté, l'Itinéraire de Maimesbury, qui est antérieur à l'année 8i8, puisqu'il signale comme reposant encore dans le Cimetière ad sanctam Cœciliamy les corps des saints Pontifes Sixte et Denys qui en furent levés cette année même par saint Paschal , ne dit rien de celui de la Vierge; la trace de celui-ci doit donc s'être perdue dans l'espace de temps qui s'est écoulé de la fin du vu" au commencement du ix® siècle; ce qui nous donne précisément l'époque à laquelle les Cimetières sacrés commencèrent à être moins fréquentés et les traditions à s'obscurcir. Mais Dieu voulut que cet oubli même dans lequel avait fini par tomber le lieu de la sépulture de Cécile , fût cela même qui préserva cette tombe sacrée, dans une circonstance où elle eût couru le risque de se voir enlever son dépôt.
Les Lombards, sous la conduite de Luitprand, et plus tard conduits par Astolphe , firent plusieurs fois le siège de Rome, dans le cours du \iif siècle. Ils pénétrèrent dans les Cimetières sacrés , et en enlevèrent un grand nombre de reliques de saints martyrs. Ils avaient surtout le désir de ravir le corps de sainte Cécile , et le cherchèrent avec persévérance sans pouvoir le découvrir. Un tel zèle , dans ces barbares devenus chrétiens, étonnera moins , quand on se rappellera que Luitprand
avait eu la dévotion de racheter àr"]^ d'or, 4e8 mains des Sarrasins, le corps de saint Augustin qui} fit transporter de Sardaigne à Pavie. Mais Dieu ne permit pas que Rome se trouvât frustrée d'un trésor dont peutêtre, un moment, elle n'avait pas senti tout le prix; toutefois, gp avait fini par croire dans la ville sainte que le corps m la Vierge était du nombre de ceux qu'avaient enlevés les Lombards.
Paschal ne se découragea pas cependant, et jaloux d'inaugurer la Basilique restaurée , en plaçant l'illustre patronne sous son autel, il ordonna de recommencer les fouilles. Il descendit en personne dans les Cryptes , mais aucune des tombes qu'il fit ouvrir ne rendit le corps de la Vierge. Trop crédule envers la rumeur populaire , il crut devoir renoncer à pousser plus avant ses recherches. L'heure cependant était arrivée où Cécile allait reparaître et rentrer dans Rome.
Un matin, Paschal (c'est lui-même qui le rapporte dans un de ses diplômes) assistait à l'office divin dans la Basilique de Saint-Pierre, près de la Confession. Les clercs psalmodiaient mélodieusement l'office des Laudes matutinales, et le Pontife écoutait avec délices l'harmonie des cantiques que l'Église fait monter vers le Seigneur, au lever du jour. Un assoupissement produit par la fatigue des veilles saintes, vient le saisir, sur le siège même où il présidait dans la majesté apostolique^ Les
t Undetamen, Domini annuente clementia, quadam die dum ante Gonfessionem Beati Pétri Âpostoli , psallentium matutinali Ineescente Dominica résidentes observaremus harmoniam, sopore in aliqno corporis fragiUtatem aggravante. Paschalis Papœ dipUymtL
33ft HZSTOIRI
chaato sacrés ne réfl(mnent plus à son oreille que comme un concert lointain; mais son œil, fermé aux objets extérieurs, est soudain frappé d'une apparition lumi* neuse. Une jeune vierge de grande beauté , et parée comme les épouses du Christ , est devant lui. Elle lance sur le Pontife un regard pénétrant, et lui dit d'un ton fiBfme : « Nous avons des actions de grâces à te pendre. » Sur les simples récits du vulgaire, sur de faux bruits, )) aHu donc abandonné les tentatives que tu ftiisais >i pour me retrouver ? Dans le cours de tes recherches, » )} y a eepandant eu un instant où tu t'es rencontré si >> près dô moi , que nous eussions pu discourb» ensem^
— » Mais, reprit le Pontife vivement ému, qui es- 9 tu donc toi qui me parles avec tant de hardiesse! a "■ Puisque tu veux savoir mon nom , dit la Viwge, je » m'appelle Cécile , servante du Christ •. ji Paschal, qui savait que les apparitions ne sont pas toujours un indice de la volonté du ciel, répartit : a Mais comment » pourrlon&'nous le croire? C'est un bruit répandu de- » puis longtemps que le corps de cette sainte Martyre )>a été enlevé parles Lombards. -« En effet, dit la
* Astltlt nobis puella pulcherrima virginali aspecti; j vel habita deeorata , taliaque nobis , intuens , ait : Multas tibi graUas referimus : cert&men quod in me diu appOBueras , frustatoriis relatlonibus pervulgaUs, sine causa reliquisti? Qui tanto pênes me fuisti , quod ove j^oprlo loqui communiter yalebamus. Pasehdlii Papœ diploma,
*• Et dqm a polijp <iiHgenter Int^ogute fui«set ; Tu tpiiê m» Vel quod est nomen tuum, qui talia me praesumendo OMUKi|t
DE SAINTE CiCILB. 285
» Yï^fge, ils m'ont cherchée longtemps »i avec insis- B tance ; mais la faveur de ma puissante Dame^ la Mère » de Dieu toujours Vierge, m'a {wotégée. Elle n'a pas » permis que Fon m'emportât au loin, et je suis de- » noeurée au môme lieu où j'ai toujours reposé. Tu » avajg commencé des recherches , continue-les ; car il » a plu an Dieu toui^puissant, pour l'amour et pour «l'honneur duquel j'ai souffert, de me révéler à toi. ji Tu enlèveras donc mon corps avec les autres ccw^ps «saints qui sont près de moi, et tu nous déposeras » dans le Titre que récemment tu as feit restaurer*. » Après ce^ paroles, la vision disparut.
Le Pontife, frappé de cet avertissement surnaturel, fit reprendre incontinent les fouilles dans le Cimetière de Sixte. Le nom de ce saint Pontife réuni à celui de Cécile pour désigner la même Basilique d'entrée, guidait naturellement les recherches. On avait perdu beaucoup de temps à explorer le Cimetière de Pré-
Si e nomine quœris, Cœcilia, inquit, famula Christi vocor.
» C^i sulyuDg^qs dUit : Quomodo )iqjq cred^ra possmnt», quia Qlim ipia jrelftta eet, qiiPd çjpsdem mifdXmmm VartyriS cprpm a Loqgobardis inde fuiss^t al)}atum? Qpae it^ fes]pon46li$ di^U ; Veritas est, quod multum me desideranter quœsierunt , sed gjratia DominsB meas sempei^ue Virginis Dei GenUrieis affuit, quod qn^Utar quptidîQ presto cum » imUatanus me loBgius abire per- I^l^it; ^ed »ifiut pqppiiti per&pe, etm^t operfirlii ûid^iin^Ptw
operare , quja pra»ipptei|s Dm& tj^i ine plgcuit î§vel«rç , et w« pus meum cum aliis corporibui^ sancti^ , qu$ sunt juxt% me , ï§^ èonditiB, in Titulo quem nuper reparari mandasti, recondere stude Infra muros urbis. Et hsec dicens abcessit. Paschalis Papœ diploma.
256 mSTOIRE
textat, et toujours en vain; car à cette époque^ on confondait déjà les cryptes de Calixte avec celles de Prétextât, dans la partie où elles se réunissaient vers la Basilique de Saint-Sébastien. C'est ce qu'il est aisé de voir par le texte d'Anastase, historien contemporain , qui raconte d'ailleurs la découverte du corps de sainte Cécile dans un parfait accord avec le diplôme de Paschal *.
Le Pontife, mieux inspiré, n'alla pas demander au côté gauche de la Voie Appienne un tombeau que la Basilique ad sanctam Cœciliam l'assurait devoir se trouver sur la droite. Il descendit les degrés, et s'enfonça encore une fois dans les détours du labyrinthe sacré. Ses recherches le conduisirent jusqu'aux souterr rains qui avoisinent la Basilique de Saint-Sébastien. Au point d'intersection de deux sentiers , un tombeau encore inexploré et pratiqué sur l'angle même dont la saillie avait été adoucie , frappa ses regards. La simplicité de ce sépulcre Favait fait négliger jusqu'alors , mais la forme particulière qu'on lui avait donnée et le souvenir des paroles de la vision, ne permirent pas à Pasr chai de passer outre, sans avoir interrogé ce mystérieux asile. Par ses ordres, le marbre qui le fermait est enlevé , et la joie du Pontife est à son comble, lorsqu'il reconnait enfin, dans cette étroite et profonde alvéole, le tombeau même qui avait été l'objet de tant de recherches et de travaux. Cécile y reposait dans son arche de cyprès. Elle était encore revêtue de la robe tissue d'or avec laquelle Urbain l'avait ensevelie, et
^ KnsAieae. In Paschalû
les linges qui avaient servi à essuyer ses blessures étaient roulés ensemble et déposés à ses pieds. Paschal atteste, dans son diplôme, avoir touché de ses propres mains les restes augustes de la fille des Csecilius *. Les corps de Valérien, de Tiburce et de Maxime étaient à peu de distance * ; il ne restait plus qu'à lever ensemble cette grande famille de Martyrs, qu'à rendre à Rome ses illustres citoyens.
Mais Urbain devait partager avec la noble fille de son zèle le triomphe que Ton préparait pour elle. Déjà Paschal avait, comme nous Tavons vu , transféré le
*■ Tune etenim pro hujus revelationis manifestatione, omni postposita difiicultate , incunctanter et absque ambigu itate ipsius venerabilis Virginis corpus inquirendum decrevimus ; qui etiam annuenteDeo, ejusque solito juvamine properantes , in Cœmeterio sancti Sixtl situm foris portam Appiam , slcut in sacratissima iUlus Passione manifeste narratur , inter collegas episcopos , in aureis indumentis , cum venerabili sponso reperimus , ubi etiam linteamina , cum quibus sacratissimus sanguis ejus abstersus est de plagis , quas spiculator trina percussione crudeliter ingesserat, ad pedes beatissimse Virginis in unum revoluta, plenaque cruore invenimus ; quœ omnia nostris manibus pertractantes , cum venerabili corpore honeste infra muros hujus Romans Urbis induximus. Paschalis Papœ Diploma.
s On ne doit pas prendre à la lettre ce que dit Paschal dans son diplôme, qu'il a trouvé Cécile avec son époux. W est évident que les deux corps n'étaient pas dans un même tombeau ; mais les sépultures étaient voisines. Ce sont les paroles mêmes de sainte Cécile, dans la vision , paroles rapportées plus haut par Paschal lui-même. En outre , il est hors de doute que si ce Pontife eût trouvé ensevelis ensemble Cécile et Valérien , il ne les eût pas séparés dans la nouvelle sépulture qu'il leur donna solennellement dans la Basilique transtibérine.
corps de ce saint Pontife dans TËglise de Sainte- Praxède ; après avoir retrouvé Cécile ^ il fonna le pfo^ jet de réunir les restes de ion prédécesseur martyr^ sous un même autel ^ à ceux de Cécile et de ses catn*' {Menons ^ et prépara toutes choses afin de donner à la solennité l'éclat que réclamaient et la dignité de ces ce» .l&bres Martyrs^ et la vénération dont ils étaient l^objet dans Rome et dans toutes les Églises de la du^étienté occidentale.
DE SAINTE GiCILE. 2S9