CHAPITRE XXIII
TRANSLATION DU CORPS DE SAINTE CÉCILE, ET DE CÉlJX DES SAINTS VALÊRIEN, tffitiRGË, IfAxiME, URBAIN Et LUGIUS. — MUNIFICENCE DE SAINT f ASCHAii ENVERS LA BASILIQUE DE SAINTE-^ÉGILE.
Cécile venait donc de renaître pour la ville sainte, et elle allait reprendre possession de ceâ lieux que sa présence avait honorés tant de siècles auparavant. Cette maison témoin de ses vertus, arrosée de son sang, transmise par elle au Pontife Urbain pour être un temple au Seigneur, elle allait la revoir restaurée par les soîna d^un autre Pontife , et gardant fidèlement la destination qu'elle lui avait donnée au moment de monter au ciel.
Plusieurs mois s'étaient écoulés depuis le jour où Paschal, dans une visite à la Basilique, avait résolu de consacrer ses soins au renouvellement de ce sanctuaire. On était au huit des Ides de Mai (8 mai) de Tannée 822. Le Pontife célébra solennellement la dédicace de rÉglise de Sainte-Cécile *, et ce fut sans doute ce même jour qu'il déposa les saintes reliques sous la Confession.
A VotfrOrddd6lftMIM4t(»deMâte<}édleaiiTitlMai,et titref publiés par Laderchi f tome ii , pages 10 et soiv. ^■•!^*-
Il avait fait préparer un sarcophage d|^ lôlM^bre blanc pour la Vierge à laquelle étaient dus les {HModers honneurs d'un si magnifique triomphe. Elle devait y reposer seule dans le coflre de cyprès qui contenait ses pestes glorieux. Paschal respecta comme Tavait fait Urbain l'attitude de la Vierge; mais il fit garnir les "parois intérieures du cercueil d'une étofiTe de soie à franges , appelée quadrapulum , et étendit sur tout le corps un tissu léger, aussi à franges, et formé de Tétoflfe qu'on nommait stauracin ^ Quand tout fut disposé , on scella une table de marbre sur le tombeau , qui ne devait revoir la lumière qu'après huit siècles.
Un second sarcophage reçut les trois corps de Valérien , de Tiburce et de Maxime ; Tépoux de Cécile fut placé entre les deux autres martyrs , et chacun d'eux fiit enveloppé dans un linceul particulier. Avant de clore ce second sépulcre , Paschal enleva le chef de Tiburce , que le glaive avait détaché du tronc, et plaça cette précieuse relique du frère de Cécile dans une châsse d'argent du poids de huit livres , voulant que les fidèles eussent constanmient sous les yeux ce témoignage éloquent du courage de nos Martyrs'.
* Fecit etiam in arceUa ad corpus jam dictae Virginis vestem de quadrapulo cum periclysi. Item et aliam vestem de stauraci cum periclysi de olovero. Anastas. In Paschali.
* Dans la notice sur Paschal , Anastase , ou son copiste , s'est trompé en donnant pour le chef de sainte Cécile , celui dont nous parlons ici. A la seconde ouverture du tombeau de la Vierge , on trouva la tête avec le reste du corps , et la tradition de la Basilique qui attribuait à saint Tiburce le chef dont nous venons de décrire la châsse , fut confirmée par Touverture du tombeau de ce dernier.
DE SAINTE CÉCILE. 2k\
Restait kt<Sf((P^ vénérable d'Urbain qui devait partager la sépiAure de ses enfants spirituels. Paschal avait préparé un troisième sarcophage, et afin que le saint Pape n'y reposât pas seul, il fit apporter aussi de rÉglise de Sainte- Praxède le corps de Lucius, l'un, des successeurs d'Urbain et Martyr comme lui, qu'il y avait déposé récemment. Urbain et Lucius furent aussi enveloppés chacun d*un linceul particulier, et Paschal ayant fermé ce troisième sépulcre, fit élever Tépais mur circulaire qui devait enclore le lieu où reposaient les Martyrs.
Un marbre portant une croix en mosaïque avec une inscription fut placé dans Fintérieur du souterrain, près des tombeaux , pour attester à la postérité la valeur du dépôt que Paschal avait enfoui sous ces ombres impénétrables. On y lisait gravés ces vers :
HANC FIDEI ZELO PASCHALIS PRIMVS AB IMG ECCLESIAM RENOVANS, DVM CORPORA SACRA REQVIRIT, ELEVAT INVENTVM VENERANDAE MARTYRIS ALMAE CAECIUAE CORPVS, HOC ILLVD MARMORE CONDENS. LUCIVS, VRBANVS, HVIC PONTIFICES SOCIANTVR; VOSQVE DEI TESTES, TIBVRTI , VALERIANE, UAXIME, CVAI DICTIS CONSORTU DIGNA TENETIS. HOS COLIT EGREGIOS DEVOTE ROMA PATRONOS \
L'autel principal de la Basilique s'élevait au-dessus
^ Lorsque, parle zèle de la foi, Paschal rebâtissait cette Église depuis les fondements , s'étant mis à la recherche des saintes reliques, il découvrit et leva le corps de Tauguste martyre Cécile; c'est sous ce marbre qu'il Va, déposé. Les Pontifes Lucius et Ur-
2ki âidrOlftË
de Tenceinte des tombeaux; on avait ^ soloti l'usage, pratiqué dans sa masse une Ouverture munie d'uno grille mobiléTy et appelée feneêtelk. Dans l'intérieur^ et à tmve^s les marbre*, s'ouvrait un conduit tei^ iï(A\ , m moyen duquel on M^it parvenir jttôqu'à la tombe de Cécile leâ linges appelés hrandea y qpë Ton f>emontait eusuite sanctifiés par ce contact sâêré pour être distribués comme de précieuses relique**
Paschal fit couvrir de lames d^argent tout l'autel et rintérieur même du soupirait dont nous venons de parler^ et il plaça au-<lessus un somptueux eib&fiuui de même métal ^ et du poids de cinq œnts livre*. Il orna la Confession d'une statue de sainte Cécile, ausri d'argent^ pesant quatre^ngt^inze livrés. Trois autres statue^^ sans doute celles de Yalérien^ de TibuK» et de Maxime ^ accompagnaient Feffigie de la Yietrge. La matière était la même; mais elles étaient dorées, et le poids des trois efisemble s'élevait à quarante-huit livres. Cent livres d'ai*gent furent employées à décorer les abords de Tmitel, d'un ouvrage byzantin, consistant en deux cdonneS qui supportaient une atcade. Enfin, le fond de cette arcade adhérente au mur derrière lequel étaient les tombeaux et qui setvait de soubassement à l'autel , reçut un revêtement complet de btfnes d'argent *.
La chronique papale nous a conservé aussi l'inven-
bain sont avec elle, et vous aussi, témoins de Dieu, Tiburce, Valéfien , Maxime i vong y occupez une place digne de Toas. Ici reposent cent cpié Rome révère comme ses paissants internes-
taire d$fi> vasos et autres pièces (Je mobilier sacré que Pa^dial offrit h la Basilique. Nous insérons ces détails comme autant de témoignages de la vénération du Pontife envers la sainte Martyre , et pour donner une Î4é^ # }a richesse des Eglises da Rome au ix^ siècle. Û9S ofitendes furent entre autres : vingt^siît calices gl'iFgent pour les divers autels, et pesant ensemble cent neuf livres; demt lampes aussi d^argent, chacune du poids de deux livres ; un bassin d*or pm de trois livras; un encensoir d'argent d'une livre; un parement 4-autel de pourpre , ayant au centre un champ àê bro- Oftrt d'or, sur lequel était brodé un ange distribuant (^s couronnes à Cécile, à Valérien et h Tiburce, le tout entouré d'une frange d'or d'un môrveilleuH travail j des voiles et des tentures précieuses , U§, uns destinés pour )a Confession , les autres pour les divers autels de la Pasîlique et pour le PrBshykrium, sans compter la grande et riebe courtine drapée à l'entrée de l'Église K Js description de ces étoffes, toutes variées et des plus rares tissus, nous retiendrait trop longtemps; nous mentionnerons cependant encore un parement d'autel que Pasciî^l offrit peu avant $a mort, il était de brocart
4'or , et enrichi d'un ouvrage en broderie représentant
]fL résun?ecti9n du Sauveur S la Basilique que le Ppntife avait (^nép et pourvue
av^p tant 4e muniftpeupe était disposée i^elon Ja forme que l'on gardaiji alors d^us toutes le§ Égli&eç de Ron^f yne cour environnée d'un portique , avee une fontaine
.1 Aiui§t9Sr in J*asfihali,
2tiU HISTOIRE
au centre, précédait l'édifice qui s'étendait sur trois nefs. A droite en entrant dans la Basilique, maïs en dehors du collatéral , on trouvait la salle du bain où Cécile rendit le dernier soupir, et dont nous i>arlerons plus tard. Au-dessus des colonnes de la grande nef, Paschal avait fait peindre la série des Pontifes Romains depuis saint Pierre jusqu'à lui, en la manière qu'on les voyait dans les Basiliques de Saint-Pierre et de Saint-Paul *.
Entre l'abside et la grande nef, s'élevait, selon la coutume, l'arc triomphal couvert d'une mosaïque étincelante. Au centre brillait la Mère de Dieu sur un trône , tenant l'Enfant divin assis sur ses genoux ; deux anges debout l'accompagnaient, l'un adroite, l'autre à gauche. De chaque côté, cinq vierges , séparées chacune par un palmier, s'avançaient vers le trône du Fils et de la Mère, présentant chacune une couronne. Plus bas, à la naissance du cintre, les vingt-quatre vieillards de l'Apocalypse, douze à droite et douze à gauche, élevaient leurs couronnes vers le Christ, à la gloire duquel cet arc de triomphe était consacré *.
La mosaïque de Tabside ne fut exécutée qu'après la Translation des saints Martyrs, et Paschal voulut en faire un monument de cet événement si glorieux pour la Basilique. Conservée jusqu'à nos jours , elle a vu pâlir l'éclat de ses riches émaux, sans en être pour cela moins vénérable. Au centre paraît la figure du Christ, debout, revêtu d'un manteau tout éclatant d'or. De sa
1 Marangoni. Gose gentilesche ad uso délia chiese. Page 311. s Voir le dessin de cette mosaïque , qui n'existe plus aujourd'hui, dans Giampini, Vetera ^ommento , tome ii , page 157.
droite^ il bénit à la manière grecque, et tient de la gauche le rouleau des Évangiles. Le mosaïste byzantin a représenté saint Pierre à la gauche du Sauveur, parce que la gauche était le côté d'honneur chez les Grecs. Le Prince des Apôtres est couvert d'un manteau d'argent, et tient les deux clefs , symbole de sa puissance. Après lui paraissent Valérien et Cécile ; le premier revêtu aussi d'un manteau d'argent, et tenant dans ses mains une couronne dentelée ; la Vierge, les cheveux ceints d'une bandelette , le cou orné d'un collier de perles à trois rangs. Le manteau et la robe de Cécile sont d'or, et elle tient une couronne formée de deux rangs de perles. Un palmier chargé de fruits est près d'elle , et arrête la scène de ce côté.
A la droite du Sauveur est saint Paul, enveloppé dans un manteau d'or, et portant le livre des Évangiles richement relié. Après lui paraît sainte Agathe, couronnée d'un diadème et vêtue d'une robe d'or, rehaussée d'une riche parure de perles. Elle appuie la main droite sur l'épaule de Paschal qui est revêtu de la chasuble antique et du Palliurriy et qui tient dans ses mains un petit édifice représentant l'Église de Sainte-Cécile , dans la dédicace de laquelle il associa le nom de sainte Agathe à celui de la Vierge romaine. Un palmier chargé de fruits borne aussi la scène de ce côté ; mais un phénix pose sur une de ses branches supérieures, comme pour rappeler l'oiseau symbolique que Cécile fit gmver sur la tombe de Maxime.
La bordure inférieure de la mosaïque offre l'Agneau de Dieu sous les pieds duquel coulent cinq fleuves, antiques symboles des fontaines vivifiantes qui émanent
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diP^ plai^$ du H^fOQptduB. Ite o^que Pâté» «x ayiia«w rtipré^antant l^i 4quz^ Apâtrag , i'avanû^t v^rs FAr gneau fUvîQ *. Att commet de 1-absjd^ an ap^romt «cQv^ le monogr^mm^ de Fasehftl, at dans I4 part^ iiiférieure de cet iijipiea^e tableau, on Ut tonjoiin
Fin^piption en verg par laquelle il dédie ^ Gécite ^ somptueux lUQnujnent de Tart byzantin, Bile ept ain^i conçue 5
HAEC D0MV8 AMPLA MIGAT VARIIS FABRICA9A MEf ALUS OUM QVJE PVERAT CONPRACTA SVB TEMPORE PRISGO. GONDIDIT IN MEUYS PASGHALIS PRiSSVL OPIMVS. HANC AVLAH DOHINT FIRMANS FVNDAMINE GLARO. AVREA GEMMATIS RESONANT H£G PTNDIMA TEHPLI. LfiTVS AMORE BEI mO GONIVNXIT CORPORA SANCTA GAEGILIAB ET SOGTÎS RVTILAT HIC FLORE IWENTVS, QVAE PRIDEM IN 6RTPTI3 PAVSABANT MEMBRA BEATA. ROMA RESVLTAT OVANS SEMPER ORNATA PER AEWM '.
Tels furent les témoignages de la piét§ de Pa^ch^ envers Cécile , et les splende|irs dqnt jl prna sa Basili-
I Voir aussi cette mosaïque dans Giampini , Vetera mommêf^t page 160.
? Ce vaste temple où l)i:|Ue aujoHr4'hui rémajl 4e tpnt de ip^ taux précieux , tombait en ruines naguère sous les coups du temps. Le Pontife Paschal , dans sa munificence, Ta relevé pjus beau. Il a assis cette maison de Dieu sur les plus riches fondetnents , mais le sanctuaire, tout éclatant d'or, étincelle du mélange harmonieux (les pierres précieuses. C'e^t ici qu^, pleia d'^légre^g, Paschal a réuni, pour l'amour du Seigneu|[, Ip^ çpcp^ saçré^ d^ Cécile et de ses compagnons. Cette famille, brillante 4e jeunesse , dont l'heureuse dépouille fut si longtemps cachée à tous les regards, sous l'ombre des Cryptes, repose maintenant ici. Rome en tressaille 4e m , et la ^{pife m §p ^mWlt lOr @He r^çateUlfc ft jamai»,
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quo. & na pûiivait pas FouMiep dtns la distribution qttil fit aux diverses figlinâs , des saintes leliques que lui ppocprait aveo tant d^abondanoe l^exploitation des firyptes sacrées ^ à laquelle il ne cessait d^ donner ses soins. Neuf cent^ coips de Madyvs forent confiés à la Baailique de S^nte«£écile ^y ccnxinie pour former la aoup 4^ la glorieuse Ëpousa duQbriQt, et pour accroître ^nc(H!e la haute dignité dont devait jouio à janmis cette aug[ust^ Ég^se.
Mais it ne suffisait pas à Faschal d^avoir relevé )a deipeure de Qéoile , il voulpt encove assurer d'une mar nière permanente le tribut d^hommages qui^ jour et nuit 5 monterait de ce saint Heu vers le C|hrist e\ sa fidèle Ëpouse. Far ses largesses ^ un ohœur de moines Ifil installé près de l'Église, pour y chanter les louanges divines. Il fit bâtir le moqastère au lieu appelé CaUes ioûtniUj et la dota des biens 4'un hospice que sonpré^déce$seur saint Léon Œ avait fondé près de la Basilique de Saint-Pierre, sur un emplacement occupé autrefois par une Naumachie. Cet hospice n^avait pas prospéré longtemps^ et était déjà abandonné.
Après avoir consacré tant d'efforts à glorifier la vierge Cécile, Paschal termina heureuseypeat spn Pon-
^ Sixte-Qiiiiit. Bref ^^Voçl^ot no$^« L^d^l^cl)} , tome )i , p9ge 410. Cependant, il serait p08sib}6 4q contester p^t^ tradition, qui semble , au premier abord , avoir cm pour origine un texte du Martyrologe Romain, an 4 Mars, où il est parlé de 900 Martyrs ensevelis ad sanctam Cœçiliam , ^est-à-dirg dans le Cimetière de Sainte Cécile ou de Sixte ; maïs, comme Iç j^èmafque Laderchi, il n'est pas impossible tpip ^^n^ Pfi^^t ^\\ U^^Hl^ (^^ Martyrs dans le Titre de la ^^pfç ^pii^ l^, -ï^^làUfltf^ 4§ ficU^i ; par là tont se concUierait |i|^|i^ts
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tificat^ qui brille entre tous les autres par les actes <te piété dont il est rempli à l'égard des saints Martjfrs. Le Pontife avait acquitté la reconnaissance de l'Église envers ceux qui l'ont cimentée de leur sang, et si le triomphe qu'il réserva à Cécile l'emporte en magnificence sur tous les autres qu'il célébra, c^est que Paschal, comme son prédécesseur Urbain^ savait que s'il est plusieurs demeures dans la maison du Père céleste S la fille des Caecilius est montée d'un vd héroïque jusqu'à celles qui sont réservées aux âmes les plus magnanimes. Ce fut l'an 824 que notre Pontife alla jouir de la possession de Dieu, et célébrer avec Cécile le Seigneur qui est admirable dans ses saints '.
Au siècle suivant, Flodoard, chanoine de TÉglise de Reims, l'un des premiers historiens de la nation française, célébra dans un poëme les gestes des Pontifes Romains. Il fit l'éloge des vertus de Paschal; mais il chanta surtout l'apparition de Cécile au Pontife, et sa tombe glorieuse où elle reposait dans ses riches vêtements, entourée des témoignages sanglants de son martyre ^.
* Joan. XIV. 2.
* Psalm. Lxxvn. 36.
' Nous donnerons ici le passage du poème de Flodoard , où il célèbre les événements que nous avons rapportés.
Gscilis cemens incnmbere casihus sdem In meliora levât restructis culmina septis. Defessum precibus, qnem Caecilia visere Virgo Affariçpie probat digniun : tamen increpat, ut quid Liquerit Incertum quaerendi membra laborem , Qns sublata pntat popularis credolus aurs? Ut se res habeat referais, nomenqne roganti
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Ainsi Pévénement qui venait de s'accomplir à Rome intéressait jusqu'aux Églises étrangères à Tltalie, et la gloire de Cécile était un bien commun pour la chrétienté. La mémoire d'Alexandre Sévère s'enfonçait toujours plus profondément dans le lointain de l'histoire, et les siècles n'avaient fait que grandir la renommée de cette jeune romaine qui avait péri de mort violente sous son règne. Saint Jean Ghrysostome semble avoir écrit pour nous les lignes éloquentes que nous allons citer, lorsque voulant relever aux yeux de son peuple la gloire toujours croissante des Martyrs, il la rapproche de celle des Césars , entre lesquels il va choisir précisément Alexandre Sévère.
a Le sénat romain, dit cet éloquent Évêque, décréta la divinité d'Alexandre Sévère , et il en fit le treizième des grands dieux ^ ; car cette assemblée avait le pou-
Âdnotat, hortatnrqiie piis persistere cœptis; Gaudeat inyento dum mnnere : nam placet , iaquit ^temo Domino , cujns splendoris amore Me passam constat , noviter quo me ipse repertam A te constructi templi manimine condas. • Hic dictis céleri repetit cœlestia saltu. Papa revelato Istns tam liicis aperte Indicio , indagans thesauri celsa talenta Reperit, eximiis pretiosa monilia gemmis. Anrea yirgineum celabant tegmina pignus : Garbasa Martyrii ratilabant sanguine clari; Qna pater almificns manibos pia mnnera tractans GoUigit, inducens Urbi instrumenta salutis; Atque locat thalamo candentia membra decoro.
D. MabUlon, Acta SS. Ord, S, Ben. sœc. m, part. n. p. 587.
1 Ce que dit ici saint Jean Ghrysostome n'est pas entièrement exact. Il n'y a pas de preuve certaine que le Sénat ait mis, par un décret spécial , Alexandre Sévère au rang des dieux; mais Lam*
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ypir d@ créer ^ da dik^lapav d^p di9ii^. Si on d^mnde
à ces païoQs : a Golpnient Ate^^ndre p^i^ (j^ un » dieu? e^t-ce qu'il n'63t pa^ mort? n'a-t-ril p^ m(^ )) péri miiérablemeat? p ils répondeiat : « Afeïtapdw, » pendant qu'il vivait, a fait de graf^^g $^ofi^, M en j) grand nombre. Il ^ assujetti à son empir^ des villes » et des nations ; dans beaucoup de guerre» et de osmïi bats, il at remporta la yiptoire; il a érigé d'innonir » brable^ trophées. »
D Qu'un bprnine pendant sa vie ait fait hei|rm$emeot la guerre et remporté des victoires , parc^ qu'il ^t roi et qu'il pvait 4e§ années , je n'y ypig riep dQ nour veau ni d'étonnant; mais qu'un hon^mPj après ftycôr passé par la proi?^ et le sépulcre , fasse tou^ lep jours de si grandes choses par toute la terre et jusque sur Igs mers , c'egt ce qui me remplit d'un étounem^nt m^ mense, c'est ce qui atteste une puissance secrète et divine. L'empire d- Alexandre, après sa m(M?t, a été démembré et anéanti; il ne l'a pas restauré} qu'aurait pu faire cet Ifomme mort? le Gbrist au contraire a fondé un empire à son tour, mais cette œuvre, ce n'est qu'après être mort qu'il l'a réalisée.
» Mais que parl4-j§ du Christ, lorsqu'il a accordé à ses disciples eux-mêmes d'être à leur tour si glorieux après leur trépas? Qù e?t, dites-le-moi , le tombeau d'Alexandre ? Enseignez^moi le jour de sa mort ? Ce que je sais , c'est que les tombeau^ dçs geryjteurs du Christ s'élèyent mQ m.agPiftc#nc^, p'eit qu'ils sont
pridius (oap* t) dit eipve^sément qu'on 4rigea un temple à eet eroperear , 4^ son vivant.
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l'ornement de la cité royale, c'est que le jour qui leur est consacré n'est ignoré de personne, qu'il est glorieux, qu'il est fêté dans Tunivers entier. Le tombeau d'Alexandre 5 les gentils eux-mêmes Fignorent; ceux des Martyrs, les barbares les connaissent. Les tombeaux de ceux qui ont servi te Crucifié surpassent en éclat la demeure, des Empereurs, et ce n'est pas seulement par la grandeur et la beauté des édifices} mais > ce qui est bien plus ^ ils remportent par le concours de ceux qui les fréquentent. Que dlâ-je , celui-là même qui revêt la pourpre, se rend à ces tombmit et ô*y prosterné} abjurant son faste, il s'y tient en suppliant , il conjttte le« Saints de lui venir en aide aufirès dé INèu. Lé faiseur de tentes, le pêcheur, sont matié l'ufi et Tautre, et celui qui ceint le diadème invoque humblement leur patfonnage \ »
< Itt S^t H. àd (jotitsùiié ËOfuil. tt\u ri« 4 et 5.
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