‹ Histoire de Sainte CécileChapitre 37 sur 65 · S HIST01R · texte numérisé non relu

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que les deux reliques gardées à Saitit-Maritti de Toufs et à Saint-Lucien de Beauvais n'aient été que deux portions d^une même relique, sous le nom de Chef de sainte Cécile.

Si nous venons maintenant aux reliques de tfulde que Rhaban Maur^ contemporain de saint Paschal , dit expressément être , les unes de la grande Martyl^ romaine, les autres des saints Tiburce et Valérien , nous aurons toujours la même fin de non-recevoir à alléguer. En 1599 , le corps de sainte Cécile a été trouvé entier; les reliques de Fulde ne peuvent donc s'expliquer que par une innocente confusion provenant de l'identité des noms. Le corps d'une autre sainte Cécile aura fourni les ossements qu'a célébrés Rhaban , et qui auront été assez nombreux ou assez considérables pour qu'il ait pu les distribuer par fragments entre nnuf autels de son Église Abbatiale.

Pour ce qui est des prétentions de cette Église à posséder des ossements de saint Valérien et de sidnt Tiburce y nous y verrions moins de difficulté. D'abord, il est certain que saint Paschal, en 822, sépara le chef de saint Tiburce du reste du corps , et le plaça dans le trésor de la Basilique. Les corps des deux Martyrs ne furent point trouvés, en 4559, dans le même état de conservation que présentait celui de la Vierge. U est donc possible, à tout prendre, que saint Paschal en ftit distrait quelques ossements, à la distribution de6^ quels Rhaban aurait eu part.

Toutefois nous n'oserions l'affirmer, parce que les corps des deux frères ont semblé complets, sauf l'absence du chef de saint Tiburce , à la dernière ouverturt

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du tombeau 9 et nous inclinons plutôt à croire que les rèliqueà de Fulde appartenaient aussi à d'autres Martyrs de même nom. Les fastes de PÉglise de Rome nous présentent un saint Tiburce, au 11 Août ; on en fait même encore actuellement mémoire dans l'office de ce jour.Un saint Valérien souffrit aussi à Rome, avec plusieurs autres Martyrs, vers Tan 16t ; enfin les Martyrologes de rOccident ont conservé le souvenir de divers autres saints Tiburce et Valérien, dont les reliques ont pu^ selon Tusage ordinaire, changer delieujc et accroître encore la confusion.

Nous ajouterons un mot sur les reliques de sainte Cécile qui existaient au vt* siècle dans TËglisè de Satiii- André de Ravenne. A cette époque et longtemps encore après, on fut dans Tusage de considérer comme reliques d'un saint, non - seulement les linges qui avaient touché son tombeau , mais encore les nappés et les tapis de son autel , et jusqu'à l'huile deâ lampes qui brûlaient devant son corps» Les reliques dont parle saint VenaUce Fortunat devaient avoir Une origine de cette nature , puisque > au temps de cet Évéque , sainte Cécile reposait encore , pour deux siècles entiers , dans une tombe scellée du Cimetière de Calixte-

Le lecteur nous pardonnera cette digression; elle nous a semblé nécessaû'e dans ce livre où nous avons voulu réunir tous les faits relatifs à notre sainte Martyre. On nous saura peut-être quelque gré d'avoir éclairci la question des reliques honorées sous son nom. La solution en était facile, sans doute, en ce qui touche notre histoire; mais la matière demandait d'être traitée avec de grands égards , puisqu'elle inté-

resse rhonnenr des Églises. Trop souvent, en effet, des hommes légers ou passionnés ont attribué à la fraude de simples méprises qui n'étaient que le résultat d'une innocente erreur, produite par Tidentité du nom sous lequel plusieurs des amis de Dieu ont été connus sur la terre.

Nous avons été heureux , et nous Tavouons volontiers, de proclamer à cette occasion un nouveau privilège de Cécile jusque dans sa tombe. Enseveli par les mains d'un Pape Martyr, gardé dans son sépulcre par la vigilance de la Mère «de Dieu , révélé au Pontife suprême dans une apparition céleste, retrouvé au milieu des signes éloquents de son martyre, ce corps, que le sépulcre avait laissé intact, la piété de Pascbal en a protégé rintégrité , afin d'associer les âges futurs à la joie ineffable qu'il éprouva lui-même de contempler, dans son repos sublime, la fidèle Épouse du Christ. De nouvelles merveilles nous attendent; mais laissons, quelc[ue$ siècles encore, Cécile dormir son sonmieil de gloû*e, non plus sous les voûtes croulantes du Cimetière de Calixte, mais au sein des splendeurs de sa propre demeure.

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