‹ Histoire de Sainte CécileChapitre 39 sur 65 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

ÉTÉMEM EMTS REUTIFS A SAINTE CÉCILE ET A SA BASIUQUE , DAR8 LE COURS DES XI*, XII*, XIII' ET XIY* SIÈCLES. — HOMKAOIS M l'église de FRANCE A LA VIERGE ROMAINE.

Le XI* siècle, si grand entre les siècles chrétiens, doit sa principale gloire à saint Grégoire Vn. Ce sublime Pontife ne pouvait manquer de vénérer d'un culte fervent la Vierge généreuse qui avait ravi l'admiration d'Urbain, dans les temps héroïques de notre foi. Grégoire, le Martyr delà liberté chrétienne, dont Pâme énergique et tendre suffisait sans effort à toutes les luttes contre l'Empire, et en même temps s'épanchait avec tant de suavité dans ses lettres à la pieuse Comtesse Mathilde, aima d'un amour suprême la gloire de Cécile, et sollicita humblement son patronage.

n renouvela l'autel de la Basilique Transtibérine, l'orna d'une statue de la sainte, en argent, du poids de quinze livres, et le dédia solennellement, en 1075, troisième année de son pontificat. L'inscription qui rappelle ce grand souvenir fut descendue dans la crypte où on la voit encore , lorsque Ton renouvela l'autel, au xiu* siècle. Elle est conçue en ces termes :

f DEDICATVM EST HOC ALTARE DIE m. MENSIS IVNII PER DNVM GREGORIVM PP. VII. ANNO DNI MLXXV.

Lorsque ce géant du Seigneur eut achevé sa course^ et tracé le sillon à ses successeurs^ il expira à Salerne^ en prononçant ces fortes paroles qui retentiront dans tous les siècles : « J'ai aimé la justice et j'ai haï l'ini- » quité; c'est pour cela que je meurs en exil. » On était au 25 Mai, jour de la fête de saint Urbain, et ces deux grands Papes unirent leurs palmes sur le Cycle chrétien, comme ils avaient uni leurs affections dans la Vierge Cécile qui, du haut du ciel, assistait l'Église Romaine, auxi« siècle, avec plus de puissance encore qu'elle ne le fit aux jours de la tyrannie d'Almachius ^

A cette époque, les divers autels de la Basilique furent reconstruits et consacrés de nouveau, et les Cardinaux-Évéques ne laissèrent point à d'autres prélats l'honneur d'en faire la dédicace , jaloux qu'ils étaient

^ Ce rapprochement des deux noms de saint Urbain et de saint Gr^oire VU, au 25 mai , fut remarqué dès le xi' siècle , par le biographe contemporain de ce dernier Pontife , et nous ne pouvons résister au plaisir de citer ses éloquentes paroles, sur Théroîque trépas de Grégoire :

^ Itaque.septiformi gratîa plenus Septimi Gregorii spiritus , qui mnndnm et principes ejus arguehat de peccato, et de injustitia et de judido , in fortitudine cœlestis cibi nuper accepti , cœlestem Tiam anipiens , meritoque divini zeli , velut igneo curru instar Eli8B subvectus, Urhani prœdecessoris sut cujus ea die festivitas extitit, omniumque beatorum laetitiam in cœlesti gloria cum Ghristo gaudentium excellenter ampliavit. Pauhu Bernrieden. S. Gregorii VII vita, Gap. xii. Àeta SS. Maii. Tome vi, page 102.

de mériter la faveur de l'Épouse du Christ. Un ancien titre conservé dans les archives de la Basilique nous apprend que Tautel du Sauveur, situé à gauche de cdui de la Confession, fut dédié le 22 Mai 1060, par Humbert, Évêque de 6ainte-Rufine, le même qui servit avec tant de zèle la cause du Siège Apostolique dans sa légation de Constantinople , au moment où Byiance se préparait à consommer le schisme , et dans cette autre mission qu'il remplit en France > où son zèle éteignit rhérésie de Bérenger.

Jean, Évêque de Porto y qui eut une si puissante influence sur l'élection de Grégoire YII, et lui demeura toujours inviolablement fidèle^ consacra, le 25 Mai i071, l'autel de la Mère de Dieu, et le 3 Janvier 1073, celui de saint Jean ad fontem. La salle du bain où CécUe fat couronnée martyre, était, comme nous l'ayons dit, transformée en chapelle; Ubalde, Évêque de Sabine, célébra la dédicace de son autel, le 17 Septembre 1073^ Enfin, l'autel de saint Mammès, situé à gauche dé l'autel majeur, fut consacré le 24 Février 1098, sous le pontificat d'Urbain H, par Maurice, évêque de Porto*.

C'est aitisi que dans la seconde moitié du xf siècle, la Basilique de Sainte-Cécile , semblait prendre part au renouvellement universel qui se faisait senth* dans toute l'Église de Jésus-Christ. 4

Grégoire VIÏ, en mourant, avait désigné son successeur, et ce fut à l'Abbé du Mont-Cassin , Didier, Cardinal du Titre de Sainte-Cécile, qu'il légua le sublime et

* Âltare sanctse Ceclliae , quod est In Balneo ejus.

* Voir le titre qui relate la dédicace de tous ces autels , dam Lftderchi, tomd ti, p&ges 10-15.

DE sAnrtË t:Ê€iiE. i1\

périlleux héritage q^e sa grande âtne laissait ati plus digne^ en montant au ciel. Après neuf mois d^un refus que rien ne pouvait vaincre, Thumble moine se soumit enfin 9 et sous le nom de Victor lïï, prit les rênes du char de FÉglise. Il le conduisait avéô gloire depuis environ dix-huit mois, lorsque le Seigneur Fappela tout à coup à la récompense des élus. Victor III, ert quittant la terre, laissa son nom sur les fastes des Bienheureux, et la Basilique Transtibérine compta en lui le troisième Pontife qu'elle avait donné à TÉglise universelle. .

Le ui* siècle nous offre en rhonUem* de sainte Cécile les gracieuses strophes d'une longue Séquence sur la Virginité chrétienne, que Ton a attribuée au vénérable Âelrède, moine cistercien dans l'Abbaye de Rieval , en Angleterre * , et un discours du savant et pieux Honorius d'Autun.

Les trois siècles suivants nous présentent de nombreux

Istos Hores Tirtntis géminé > Transplantayit ia mente Yirgine Filins hominis.

Ouos diyersos facit nativitas , Non disjimgît nlla diyersiias

In caput Yirginis.

ff Rosa florlB oornitcat libefe, Flos lilii non minni piosp^m

Gandet interius.

0uo8 attnllt Sancue Gseilië , De secreto divins patti£ Gœlestis auncius.

Ne flagraret camis concubiiu , Conflagrata diVino spirltii CàrblJttelîtil*.'

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Sennons à la gloire de la ssdnte Martyre , et les plus grands noms du moyen âge se lisent en tète de ces compositions. Guillaume de Paris ^ Albert le Grand , saint Thomas d'Âquin, saint Bonaventure^ saint Vincent Ferrier; tels sont les panégyristes de Cécile. Nous regrettons que le genre trop aride qu^ils ont adopté ne nous permette pas de citer ici quelques traits ; mais ces harangues^ plus scolastiques qu'oratoires , n'^ sont pas moins autant de précieux anneaux dans^ la chaîne non interrompue des hommages qui accompagnent la mémoire de Tinvincible Martyre à trav^*s les âges.

La même période nous montre aussi ses historiens non moins empressés à célébrer les mérites de GécSe; Vincent de Beauvais^ dans son Miroir historial, Jacques de Voragine^ dans sa Légende dorée, Pierre de Natalibusy dans son recueil des Vies des Saints^ enfin saint Antonin^ dans sa Chronique^ se distinguent entre les autres par la fidélité avec laquelle ils reproduisent la substance des Actes primitifs.

L'Église brillait alors de l'éclat que répandaient sur elle les vertus et les prodiges des saints qui illustrèrent

Nec timeret ensem sanguineuml Vel catasts stridorem ferream Corpus juyenculs.

Mancipata divino cultui , Gonsecravit Saucto Spiritiii Saom conjugiom.

Spiritali rore refrigerans ^stus camis , mundique temperans Omne Indibrinm.

Bibliothm vetU Patrum, tome xxin, page 168.

DE SAIMT£ GÊGILH. 273

les trois derniers siècles du moyen âge. Le nom de Cécile et sa gloire étaient chers à tous ces amis de Dieu^ et souvent cette radieuse Epouse du Christ s'inclinait vers eux pour récompenser leur amour. Saint Dominique voyait descendre la Mère de Dieu dans le dortoir où reposaient ses disciples ^ et Cécile accompagnait la Reine du ciel dans cette maternelle visite ^ Marie apparaissait-elle au Bienheureux Réginald pour lui révéler sa vocation à Tordre des Frères Prêcheurs? Cécile assistait encore la Reine des Anges *. Le ciel envoyait-il à saint Pierre de Vérone quelques-uns de ses plus glorieux hôtes, pour le consoler pai' de pieux colloques? le futur Martyr voyait arriver près de lui , dans le splendide éclat de sa félicité , Cécile accompagnée d'Agnès et de Catherine '.

La Bienheureuse Oringa, vierge florentine, déjouait sans effort toutes les embûches tendues à sa pudeur, et Tenfer interrogé par un séducteur lassé de tant de vaines poursuites, répondait que la servante de Dieu était sous la garde du même Ange qui protégea la vû»ginité de Cécile *. La prophétesse romaine du xv* siècle, sainte Françoise, avant de fonder son célèbre monastère de la Tour des Miroirs ^ avait choisi pour le lieu de sa prédilection la Basilique de sainte Cécile, située non loin du palais Ponziani qu'elle habitait. C'est là, près du tombeau de la Vierge, qu'elle aimait à venir participer au mystère de l'Agneau ; c'est là que

1 Àeta SS. Augusti , tome i.

* Theodoric. de Àppoldiaf lib. ii, cap. xni.

* ÀetaSS. ÀpriliSj tome m.

^ Àcta SS. Januarii, tome i.

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souvent ravie au-dessus des sens^ elle entendait ei voyait les secrets célestes; c'est là enfin qu'elle voulut ensevelir les deux aimables en&nts que le Seigneur loi redemanda si promptement : Évangéliste^ qui avait déjà atteint sa neuvième année y et Agnès, qui n'avait encore vécu que cinq ans ^

La France s'associait à ces honmiages que rendait à Cécile tout ce qu'il y avait de plus élevé au monde par le génie et la sainteté. Bernard de Ghatenet, évéque d'Alby, posa, le 45 Août 1282, la première pierre de sa magnitique cathédrale , l'une des plus étonnantes productions de Farchitecture ogivale en France, et le plus imposant des monuments élevés à la gloire de Cécile. Cet admirable édifice fut successivement repris parles évéques Bérald de Fargues , Jean de Sayo , Guillaume de la Youlte, et enfin Louis d'Amboise qui en célébra la dédicace le 23 Avril 1480; mais il ne fut complètement achevé qu'en 1512, sous Charles de Robertet.

Construite en briques et noircie par le temps, ter-

* Acta SS. Martii, tome ii. Nous regrettons que la place nous man que pour insérer ici, parmi les communications qae les serviteurs et servantes de Dieu ont eues avec sainte Cécile, daas le cours des siècles , plusieurs traits admirables de la vie de I4 vénérable Mère Agnès de Jésus , prieure du couvent des Domini* caines de Langeac. Cette puissante coopératrice des grandes œu« vreè du pieux Olier , professait pour la sainte Martyre un culte de prédilection , et fut souvent honorée de sa visite. On peut lire le détail des entretiens que la Vierge glorifiée eut avec la Vierge militante, dans la Vie de la Mère Agnès de Jésus ^ par l'AMbé de Lantages, pages 230, 60S et 611. Tout y respire la tendresse et la vigueur que présente si admirablement dans tout son caractère , la Vierge romaine , telle que nous la dépeignent ses Actes.

minée à Fextrémité occidentale par une immense tour qui s'élève sur quatre galeries , à 400 pieds au-dessus du niveau des eaux du Tarn^ Sainte-Cécile d'Âlby^ avec son aspect sévère^ ses lignes sans agrément^ et ses murs qui montent à 115 pieds de hauteiu', semble d^abord une forteresse redoutable^ plutôt qu'un temple consacré à la gracieuse Vierge dont elle porte le nom. Mids dès qu'on a franchi le seuil ^ cette noble demeure ne pardt point au-dessous de Tbonneur auquel elle a été appelée d'être le radieux sanctuaire de la Reme de l'harmonie. Cette vaste nef sans piliers ^ qui lance l'ogive de ses voûtes à la hauteur de 92 pieds au-dessus du pavé y et autour de laquelle rayonnept vingt-neuf chapelles^ semble s'animer aux yeux du pèlerin^ nonseulement par le jeu élégant et grandiose de ses arcs et de ses voûtes , mais encore par la concentration dans son enceinte des deux grands moyens de la statuaire et de la peinture, dont l'emploi, combiné avec la construction même, fait de cet édifice l'Église la plus complète qui s'élève en deçà des Alpes.

Sous le point de vue architectonique , on ne saurait trop admirer l'art merveilleux avec lequel sont fondus dans un même œuvre les développements qu'a subis le style ogival , du xni' siècle au xv% sans que la moindre incorrection , une transition heurtée, viennent offenser le goût en altérant la grâce et la pureté des lignes^ Un admh*able jubé arrête la vue aux deux tiers de la nef, et ménage, poiu* une seconde surprise, la magnificence imprévue d'un chœur digne de terminer un tel édifice. Ce chœur, objet des complaisances de Louis d'AisitKÛse , qui a placé pour veiller à ses deux portes

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latérales les eiiigies de Constantin et de Gharlemagne , est peuplé à rintérleur et au pourtour d'un nombre prodigieux de statues pleines de grâce et d'élégance, et formant corps avec Tédifice par le luxe fantastique des niches en pierre qui les encadrent.

Puis^ afin que rien ne manque à la sublime cathédrale , la peinture s'emparant de Tédifice entier, monte le long des pilastres et des murs, parcourt l'Église dans tous les sens, fait invasion jusque dans les chapelles, distribuant partout, avec une abondance sans exemple , les scènes du Vieux et du Nouveau Testament , de la Vie des Saints et de THistoire de TÉglise, du Jugement dernier et des supplices infernaux , jusqu'à œ quil lui plaise de s'aller perdre dans l'azur splendide des voûtes , sur lequel elle reparaît encore, plus brillante et plus légère , projetant avec une élégance inouïe cette harmonieuse profusion d'arabesques capricieux, de rinceaux d'acanthe, d'enroulements inépuisables, d'écussons et de médaillons sans nombre , partout étincelante d'un or aussi frais que l'outremer qui sert de fond à ces jeux d'un pinceau toujours neuf et toujours infatigable.

Tel est , en quelques mots , le superbe sanctuaire que la piété française a bâti et décoré pour Cécile; mais ce n'est pas seulement dans notre patrie qu'elle s'est«montrée empressée à vénérer la mémoire de l'héroïque Vierge; jusque dans Rome même, cette piété éclate par les plus touchants témoignages. Un Archevêque de Bourges , Guillaume de Bois-Ratier, dans son zèle pour la gloire de Cécile , descend dans les Cryptes de la Voie Âppienne, et trouvant sans honneurs la

tombe qui garda durant six siècles le corps de iagmnde Martyre ; il liait décorer à ses frais ce sépulcre déserta Le temps a détruit le monument qu'avait élevé Guillamne; mais Tinscription qu'il y plaça est demeurée jusqu'à nos jours ^ et nous y avons lu avec attendrissèment ces paroles :

me QVONDAH RECONDITVM

FVIT CORPVS BEAT£ CMCUAM

VIRGINIS ET UARTTRIS.

HOC OPVS FECIT FIERI REVERENDISSIMVS

PATER DOUINVS GVU.LELHVS ARCIEPS

BITVRICENSIS ANNO DOBOia HGCCG NONO*.

La Basilique elle-même, si fière de posséder le corps de sa noble patronne , vit plus d'une fois des Cardinaux français présider, en qualité de Titulaires, sur la chaire de marbre qui s'élève au centre de son abside. Le plus illustre de tous, sans contredit, est Simon de Brie, créé Cardinal par Urbain IV, en 1262, et placé sm* la Chaire Apostolique, sous le nom de Martin IV, en l^i. C'était le quatrième Pape que la Basilique de sainte Cécile donnait à l'Église. Ce Pontife, qui gouverna la ciirétienté avec honneur, durant le court intervalle de quatre ans, signala son amour envers la Basilique par deux largesses qu'il lui fit : la première fut le don d'une statue d'argent, ornée de pierres pré-

* Labbe. Bihlioth. HSS., tome ii, page 130.

* Ici reposa autrefois le corps de la bienheureuse Cécile^ vierge . et martyre. Ce monument a été érigé par ordre du Révérendis-

sime Père , le Seigneur Guillaume , Archevêque de Bourges , Tau dn Seigneur 1409.

cieuses ^ ; la seconde, qui était d'un prix pluç élevé qih core^ fut la promotion de Jean Choleti é?éque de Beauvais^ au Cardinalat^ avec le Titre presbytéral de Sainte-Cécile. Ce prélat fut employé avec succès dam des légations inip(û*tantes , en France et en Ânigon, et il fonda à Paris le collège qui porta longtemps am nom*.

En 1:2839 il fit reconstruire avec magnificence l'autel de la Confession qui avait été consacré deux siècles auparavant par saint Grégoire YO. Sauf les décorations qu'il reçut au commencement du xvii» sièele , et dont nous parlerons bientôt, cet autel est celui qui existe encore aujourd'hui. On y lit toujours l'inscription que Tarchitecte employé par Jean Cholet y plaça à la fin du xni® siècle. Elle est ainsi conçue :

HOC OPVS FECIT ARNVLFVS ANNO MCCLXXXni.

Vasari pense que cet Arnulphe est le célèbre déco» rateur Arnolfo di Lapo. L'ornementation de Tautel consiste en un riche travail de mosaïque , qui a pour centre une vaste plaque de ce beau marbre vioitt connu sous le nom de paonazzetto. L'œuvre d' Arnolfo se complète par un ciborium formé de quatre colonnes du marbre noir tacheté de blanc , que les Ita« liens appellent preconmo.

Sous Clément Y^ en 1312, nous voyons enooM l'Église de Sainte-Cécile entre les mains d'un Car-

i Ciacccmius. Vitcs et res gestm Pontifiçwn JEtomcmoruf» $t & * Ciacconius. Ibid, page 239.

DE SAItrrfi CÉCILE. 279

dinal fl*aA^iâ^ Guillaume Godin, de l'ordre des Frère* Prêcheurs, qui fut plus tard Évoque de Sabine *. Elle fut ensuite conférée par Clément Vï, en 4342, à Gui de Boulogne , Archevêque de Lyon , qui renonça à ce siège la même année , et devint dans la suite Évêque de Porto*.

Au siècle suivant, nous trouvons honoré du Titre de Sainte-Cécile, par Martin V, en 1420, le dernier Évêque français mis au nombre des Bienheureux, Louis d^411eman , Archevêque d'Arles, fameux par ses torts envers le Siège Apostolique, au conciliabule de Bâle , mais plus heureusement célèbre par le généreux repentir dont il expia sa faute aux pieds de Nicolas V, qui lui restitua le Titre dont il avait été privé par£ugène IV'. Louis d'Alleman eut pour successeur dans TÉglise de Sainte-Cécile un autre prélat français qui Tavait suivi dans ses égarements , et qui Fimita dans la sincérité de son retour, Louis de la Palu , dont le rôle avait commencé dès le Concile de Constance. Ce Cardinal était de la création de Nicolas Y, en 1449 \

Le XVI* siècle présente encore un plus grand nombre de Cardinaux français du Titre de Sainte-Cécile. Le premier est Gabriel de Grandmont, Évêque de Tarbes, promu aux honneurs de la pourpre par Clément VII. Il meurt en 1534, après avoir occupé les sièges d6 Poi-

1 Ciacconius , tome ii , page 384.

s Ciacconias. Ibid, page 493. GûXlia Christiana, tome iv. page 1G5.

* Ciacconius. Ihid, page 841.

^ Ciacconius, tome ii, page 977.

tiers, de Bordeaux et de Toulouse ^ Vient ensuite, sous Paul m , Jean du Bellay, Évêque de Paris , qui posséda simultanément les Églises de Limoges, dn Mans ) et enfin de Bordeaux ; mais il garda fort peu de temps le Titre de Sainte-Cécile, et devenu Évoque d'Ostie, il mourut en 1360 ^ Robert de Lénoncourt, Ëvéque de Châlons-sur-Marne , créé Cardinal par Paul ÏU, obtint à son tour l'Église de Sainte-Cécile*. Ce Prélat, qui eut aussi le tort de posséder à la fois plusieurs Évêchés, selon Tabus qui n'était pas extirpé encOTe , est le même qui fît ériger, dans l'Église Abbatiale de Saint-Remy de Reims, le magnifique tombeau de TApôtre des Francs. Enfin , le dernier Cardinal français qui ait tenu le Titre de Sainte-Cécile est Charles de Guise, de la maison de Lorraine, Archevêque de Reims, qui reçut le chapeau en 1547, ayant été promu par Paul III, comme les deux précédents*. Tout le monde connaît Tinfluence de ce prélat dans les affeires générales de TÉglise de son temps, et particulièrement au Concile de Trente.

Nous ne devons pas terminer ce chapitre sans mentionner encore un illustre Cardinal qui posséda , au xiv siècle, le titre de Sainte-Cécile. 11 n'appartient pas, il est vrai, à la nation française, comme ceux que nous venons de mentionner ; mais il est une des globes litté- Tdifes de l'Angleterre et de TOrdre de Saint-Benoît. , iÀsm Eston , profès de Tabbaye de Norwik, fut le plus

*■ Glacconius , tome m , page 519.

* Aid, page 568.

» Ibid, page 646.

^ Ihid, tome m , page 724.

savant hébraïsant de son temps ^ et le catalogue de ses écrits sufSrait seul pour le mettre à la tête des érudits de cette époque. Urbain VI récompensa un si haut mérite par les honneurs de la pourpre. La carrière dTEston fut néanmoins orageuse, et depuis qu'il eut été élevé à cette éminente dignité, il ne jouit guère du repos, jusqu'au jour où ayant rendu son âme à Dieu, sa dépouille mortelle fut déposée dans la Basilique de Sainte-Cécile. On plaça sur «on tombeau cette ^itaphe :

ARTIBYS ISTE PATER FAMOSVS IN OMNIBVS ADAM

THEOLOGVS SUBIMVS CARDI-QUE-NALIS ERAT.

ANGLIA CVI PATRIAH TITVLVM DEDIT ISTA BEATJS

£DES CMCUAM HORSQVE BEATA POLVU ^ .

« Giaoconius. Ihid. Tome ii , page 649. ZiegeU>auer. HitU rei lUterar, O. S* B. Tome m , pages 185 et seq.

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