CHAPITRE XXXII
NOUVELLE CONnBMATIOll DES ACTES DE SAINTE CdCIUC PAK LB CmCONSTANCES DE LA SECONDE DÉCOUVERTE DE SON TOMBEAU. — TRAVAUX DE SFONDRATE POUR l'ORNEMENT DE LA BASIUQUB.
Si nous avons été à même de recueillir^ sur les drconstances de la première Invention du corps de sainte Cécile^ quelque abrégé que soit le rapport de saint Paschal^ plusieurs traits confirmatifs de la vérité dé nos Actes , Tabondance des détails qui nous restent sur la seconde découverte nous met à portée de signaler encore de nouveaux indices de la sincérité de réorivain du v' siècle.
D'abord , il est évident que la pose insolite du corps de Cécile dans son tombeau contraste avec celle qu'on a été à même de reconnaître dans tous les martyrs , dont les corps ont été découverts à Rome et partout ailleurs. Mais si l'on se rappelle le genre et les circonstances de la mort de Cécile^ selon le rapport des Actes, tout s'explique de soi-même ; c'est bien là cette Martyre expirant sur les dalles ou les mosaïques d'une salle de son palais, s'enveloppant de sa modestie comme d'un voile, et dérobant son visage aux regards des hommes qui s'empressent pour contempler la Vierge immolée.
Le ciliée constaté sous les vêtements de Is^ sainte par
Sfondrate vient ajouter une nouvelle preuve de Texactitude du narrateur, jusque dans les faits d'une importance secondaire. Nous n'insistons pas sur la robe brochée d'or et sur les linges ensanglantés, détails certifiés déjà sur le diplôme de Paschal , et que nous avons relevés en leur temps.
Un nouveau fait vient encore à Tappui de nos Actes; c'est la stature même du corps de Cécile, que Ton reconnut, en i599, avoir été fort peu élevée. Selon le récit de Bosio, témoin oculaire, ce corps présentait im peu moins de quatre pieds de longueur, dans le cercueil de cyprès*. Sans doute, la contraction générale produite par l'effort de la soufirance, le retrait de la poitrine, le rapprochement et la saillie des genoux, enfin la dessiccation des membres , ont dû enlever quelque chose aux dimensions du corps dans sa longueur ; mais il n'en fiiut pas moins reconnaître que la stature de Cécile, pendant sa vie, n'a guère pu excéder la plus médiocre dans les personnes de son sexe. Cette observation semble confirmer deux passages des Actes : celui où il est raconté que Cécile s'adressant aux envoyés d'Almachius, qui étaient venus pour l'engager à sacrifier aux Dieux, monta sur un marbre qui se trouvait près d'elle , afin de se faire entendre de tous; et le début de l'interrogatoire du préfet, si extraordinaire à moins d'y reconnaître une allusion ; lorsc[ue l'épouse de Valérien se présentant à sa barre, il commence par cette question : « Qui es-tu, jeune fille, « jmella ? &
Kelatio inventioni» et rcpositionis 1>. Cuîciliaî, page 157.
3pO fti^Tpiiiii;
N Maiii cç n'est p^ seulement dm^ les fait^ relatifii jk Cécile eUô^m^nie que les indice» recpaouft en 1590 se réunissent pour attester h minutieuse fidélité dQ% A(St^- S'il y est raconté que Valérien et Tibuwî^ QurQRt la tête tranchée, on trouve dans leur oqnmun sépulcre deux corps décapités. Si Âlmachius, dans Vinterroga'* toire, hésite sur Tâge des deux frères, treize çi^es après, leurs ossements offrent encore UQO telle resr semblance que Ton serait tenté de les confondre , ù chacun des deux corps n^eût été enveloppé dans son linceul particulier* l'es Actes racontent que M^me ne fut pas décapité , mais assommé avec des fouets garnis de balles de plomb ; on trouve, en 1599 , la téta de œ Martyr encore adhérante au tronc, et son çrftœ frsir cassé , ses cheveux collés de sang attestant encore la genre du supplice par lequel te greffier d'Almacbius remporta la couronne céleste.
n nous reste à faire ressortir un dernier trait d'une plus liante importance encore dans cette démonstra* tion de la vérité des Actes de sainte Cécile par les détails archéologiquest On n'a pas oublié cet oratoire ouvrant sur une des nefs latérales de la Basilique, à droite en entrant, et désigné sous le nom de Baûi de Sainte- Cécile. Ce sanctuaire , reconnu de temps immémorial pour un appendice de TÉglise elle-même, et honoré d'un autel particulier, était un monument du genre de Martyre qu'avait souffert la sainte, d'après ses Actes, et il appuyait leur récit duquel nous apprenons que Cécile mourante remit sa propre maison au Pape saipt Urbain , afin qu'il l'crigeât en Église. Nous remai*quons en effet qu'il ne s'agit pas ici d'un de ces bains établis
BE SAmiE CÉCILE. 351
auprès de quelques Églises^ à Rome et ailleurs^ et qui servaieilt aux fidèles pour certaines Idtiôils mygtérieuses* C'est ici un véritable stdatùHurh polir les tmins à vapeur^ qui n'ont rien de commun avec Ceux que les chrétiens des premiers siècles venaient prendre dwis les Themies âacrés des Églises*. I^dutre part^ cette salle a reçu constamment un hommage spécial de la piété des fidèles. Avec les Actes , tout s'explique^ et oe fait eftkaotdinaire n'est plus qu'une côUtimiation de révénetnent quMl rappelle.
Par le laps du temps , comme nous l'àtons raconté ^ les diverses restaurations de cet oratôil*e lui avaient eiilevé son caractère primitif^ et nous avons vu, peu d'aUnées avant la découverte du tombeau de Cécil6 , tm archéologue chrétien qui écrivait à Honlé^ émettre ufle sorte de doute sur la tradition qui plaçait en cet endroit le caldarium où la Vierge avait été couronnée. 11 appartenait à Sfondrate de restituer à ce lieu vénérable son antique forme et ses honneurs. Pendant qu'il dirigeait les tra\au)c de réparation et d'embellissement auxquels il voulait faire participer la Basilique tout entière, il ordonna des fouilles sous le pavé de cette chapelle, et l'on vît bientôt qu'elle portait sur une voûte. Les abords ayant été sondés ^ on ne tarda pas à reconnaître Thypocauste d'une salle de bains. Les soupiraux qui avaient été interceptés furent fkcllement ouverts , et Ton reconnut encore une des chaudières, avec les restes des tuyaux de plomb par lesquels la vapeur montait dans le oaldarium»
1 Paciaudi. De Sacris Christianorum balneis.
Sfondrale disposa rorneraentation de la cliapelle do manière à rendre impossible désormais la destruction d^un souvenir si cher à sa piété. Il fit garnir de grilles en fer les ouvertures par lesquelles Tœil du pèlerin pénètre jusque dans les ombres de l'hypocauste, et découvre la chaudière que le temps a épargnée. Il dégagea les tuyaux en terre cuite qui donnaient passage à la vapeur^ ainsi qu'un autre tuyau en plomb qui s'élève comme les premiers au-dessus du niveau de la salle; les uns et les autres furent protégés par des plaques de cm\Te fixées à la muraille. Rien enfin ne manqua à la restitution de ce vénérable monument qui reparut ce qu'il avait été dans l'origine ^ un sudatorium dont les dimensions^ très-inférieures à celles qu'on remarque dans les anciens thermes destinés à l'usage public^ étaient en rapport avec l'habitation particulière dont cette salle avait formé un appendice *.
En repassant toutes ces cbconstances , reconnues et constatées tant de siècles après les événements auxquels elles se rapportent , n'est-il pas évident qu'elles
^ Platner et Bunsen ne font aucune difficulté de reconnaître dans cette pièce l'antique salle de bain, lieu du martyre de Cécile. {Beschreihung der stadt Rom. Tome ni, 3« partie, page 643-644.^ Quant à ce qu'ils disent n'avoir pas discerné la chaudière dans l'hypocauste , on ne peut l'expliquer que par une méprise qu'il leur eût été facile d'éviter. La salle communique avec rhypocauste par deux soupiraux; la chaudière , qui s'est con* servée , n'est visible que par le soupirail qui s'ouvre à droite de la salle. Probablement que nos savants aUemands auront inte^ rogé celui qui est à gauche, et n'apercevant rien , ils auront borné 1^ leurs recherches^
forment à elles seules la plus imposante démonstration en faveur des Actes de sainte Cécile? Quel est le récit d'un auteur ancien, eût-il été jusqu'alors considéré comme douteux , qui ne se trouvât confirmé à jamais par des découvertes archéologiques de cette importance ? Y aurait-il assez d'académiciens, dans toutes les sociétés savantes de TEurope, pour proclamer la réhabilitation de l'écrivain, pour venger sa probité contre la négligence et la préoccupation des siècles antérieurs ? C'est ainsi que la divine Providence a pourvu à la justification de l'histoire de Cécile , en &isant éclater au (prand jour tant de preuves irréfragables de la sincérité de ses récits.
Nous donnerons maintenant ime idée des travaux que Sfondrate fit exécuter dans sa chère Basilique, pour la rendre plus digne encore de servir de demeure à l'auguste patronne. Il songea d'abord à l'autel de la Confession. Les colonnes du Ciborium , polies de nouveau, reprirent leur ancienne beauté, et l'on établit sur l'autel un tabernacle de petite dimension , en bronze doré et enrichi de pierres précieuses. Quant à l'autel lui-même, Sfondrate avait voulu le dégager totalement du côté de la nef, afin d'y établir un monument digne de transmettre à la postérité les merveilles dont ses yeux avaient été témoins. Ce fut là , au-dessous de l'œuvre d'Arnolfo di Lapo, qu'il fit pratiquer une niche oblongue dont tous les abords sont incrustés d'onix , d'agates, de lapis-lazuli et des marbres les plus rares, et au centre de laquelle repose la statue si expressive que le Cardinal avait confiée au ciseau d'Etienne Mademo. L'inscription suivante explique au pèlerin saisi
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de respect et d'émotion la scène inattendue qui frappe âes regards e
nviVs fr. â. tîAÉcalAfi.
EN tM SAHmsâtftJlÈ VlRlSIl^ «ÀÉCILtAft lÉiUlNÊt
t^tAiÉ iP^ mntiiLkà wtPivittM lACfetrtkit ifùL
Sdd «tÀRltdllÈ E!ltl^tlfiSSI ^
Uâë rflîhe bftluétradë, à bqnëile étaieht âu^MItfttM t}uatré-vifigt-^dil lampësi t}iii jour et nuit dèvÉdeht brûler ^> défend TApprodiè de ce lieu dacré dtnû reileelnté est pavée d'albfltre oriental et d'ttUtifëé piêim précieuses. Le centre de cette élégante thUlPtidëtei^d
pré^nte uhe plaque eil marbi^ fioif ^Uf M«t«ellè isù lit
m lei^m d'tif :
tlTB AdC AlTAlit REQYISSGVNT CGAPORA I96< itARTTRTM GAÉQltlAÉ ▼mGtNI& VALEàlARt TIBVRTn MAUMl BOGIOft. ttCII «T UtlBAiri BISDEM BAffGTlil MAUtTRlBVS COlffifiORAÏd *.
^ Voici IMmage delà très-sainte Vierge Cécile ((ne, moi Ptoi, du Titre de sainte Cécile , j'ai vue ainsi étendue dans son sépulcre, j'ai voulu que ce marbre exprimât jusqu'à la pose qu'il di^a ëté donne de reconnaitte.
s Les spoliations successives qu'ont eues à âtibir la ^ailique et le inonastère ne permettent plus aujourd'hui de maintenir les quatre-vingt-dix lampes fondées par Sfondrate. Elles sont présentement réduites à quarante-deux qui brûlent tout le jour ; quatre Seulement sont tenues allumées durant la nuit.
* Sons cet àntél qui leur est C()nâa(nié, fâpôèènt ieè (iotpsdès Martyrs Cécile, vierge, Valérien, Tibufce et MâtUne ses cofdtttgnons ; Lucius et Urbain»
Sur les marbres qui supportent la balusUnde^ s*étend à âeur de terre cette inscription S
Q0RPORA SAHdToiiyai
HIQ m PAGB MPYLTA fltMT
ST Homift EORVU YiYflirr m «lËAUtiiS
Sfcmdrate porta aussi sistf soins stif Ift erymê ellemême^ au centre de laquelle repose Ift ^tldé Mimyi^. n j à*igea quatre autels ; le pi*emiei*^ diréetemeilt âous rmltel^majeui', et dédié à tiaiiitë Cécile | deux ailtltéis^ à droite et à gauche > consaoi^ Tim à ëainte AgtièS et Fautre à sainte Catherine ; enfin un cjuatrièine^ en rapport avec celui de sainte Gédlë , Sôus l'iiitocatldU dès saints Yaiérieni Tiburoe^ Maxime^ UfbaiU et LUtôus. Le tableau de Fautel de sainte Cécile était du pinceAU de Yanni , et représentait la Vierge mourante.
D'antiques peintures représentant diverses f^cènes de l'Ancien et du Nouveau Testament duës au pinceau de GavalliniS s'étendaient suf les mufs de Ift grande nef; on remarquait aussi les portraits des PapeS t)èints au-dessus des colonnes par ordre de Sâtnt Paschal. Sfondrate respecta ces précieux monuments de Fart chrétien ^ et se contenta de fkire rafi*aichir les couleUï*s des fresques dont une partie remontait à la première Invention du corps de sainte Cécile. Il fut moins heureux dans son idée de faire disparaître de la nef les
1 Les corps des saints sont ici ensevelis dans la paix , et leurs noms vivent à janiais.
' Vasari. tome ii. Vita di Pietro Catallini » page 1S7.
ambons qu'elle avait conservés ^^ mais il voulait que l'œil du pèlerin ne fût arrêté par aucun obstacle ^ et quMl pût se porter , dès rentrée de la Basilique , sur Fautel qui couvre le tombeau de la Viei^e et sur la statue qui la représente avec tant de vérité. Plusieurs fenêtres interceptées juscpi'alors^ du côté du monastère, furent débouchées par les ordres de Sfondrate , et versèrent sur tout l'édiôod' une éblouissante lumière qui en fait ressortir Tharmonieux ensemble.
Les colonnes de la grande nef étaient en simple pierre, et avaient été endommagées par le temps. Cette considération détourna Sfondrate du projet qu'il avait eu d'abord de leur imposer le poids d'un soffiio avec peintures et caissons dorés. Il laissa donc à découvert l'antique charpente qu'elles soutenaient depuis Pascbal, et il se contenta de les faire restaurer et de leur donner de nouvelles bases et de nouveaux chapiteaux en travertin. Les chapelles des nefs latérales furent décorées d'autels formés des marbres les plus rares , et reçurent toutes des tableaux remarquables. L'une d'elles , celle de la famille Ponziani , si touchante par les souvenirs de sainte Françoise Romaine, et si renwupquable par les peintures de la voûte qui rappellent la manière de Pinturicchio, fut destinée à servir désormais de sacristie. La Chapelle du Bain reçut une décoration noble et sévère. L'autel, consacré, en i073, par Ubalde, évêque de Sabine, fut restauré avec soin, et on y plaça une copie du martyre de sainte Cécile , par
^ Ces ambons ont été transportés dans l'intérieur du monastère de Sainte-Cécile ; l'un sert de chaire pour la lectrice au réfwtoire, Vautre est dans le jardin des religieuses.
Guide Reui. Le vestibule de cette chapelle fut orné de fresques à paysages représentant les Pères des déserts , de la main de Paul Brill.
Les offrandes de Sfondrate en argenterie pour les vases sacrés et les lampes furent d'une magnificence digne d'un prince ; mais ce que le pieux Cardinal ofirit de plus précieux fut le ridie frésor de reliques qu'il avait amassé , et qui avait été , comme nous l'avons vu, l'occasion de la découverte du corps de la sainte Martyre. Nous n'entreprendrons point l'énumération de toutes ces châsses qui remplissent le trésor de la Basilique ; mais nous devons donner quelques détails sur les reliquaires dans lesquels sont conservées les dépouilles de nos martyrs.
Nous avons dit que Sfondrate avait conservé toute sa vie le petit fragment d'ossement qui s'était trouvé adhérent aux linges sur lesquels fut reçu le sang qui coulait des plaies de Cécile, n le légua à sa chère Basilique j et nous avons eu le bonheur de tenir entre nos mains ce précieux gage de la reconnaissance de la sainte Martyre envers son dévot serviteur. Il est contenu dans un petit reliquaire fort élégant , en bronze doré, en forme de tourelle, garni de cristaux, et portant sur un pied.
Nous avons constaté, sur les titres de la Basilique, l'existence d'un autre reliquaire contenant un morceau de la robe brochée d'or, et une partie des linges imbibés^ du sang de la Vierge. Ce reliquaire n'existe plus dans le trésor de la Basilique. Peut-être a-t-il disparu dans les spoliations dont nous parlerons plus loin; peut-être en a-t-on disposé; à une époque plus ou xmm
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éloignée. Ces précieux souvenirs de Cécile éteietit Mtifermés danls un tube de (^iilftl ; il M reste phis aujourd'hui que quelques débris ded litiges sacrés dont nous parlons. Une partie est efl toile fine, et le reste est un tissu clair, en manière de érèpe blanc< Des dons, faits à des particuliers^ ont-presqtiô épuisé ce toaciUttit dépôts qui n'était plus gtùmtiii conia*e une pieuse avidité par le reliquaire qui Vivait longtemps pô^servé.
Une autre châsse, de bronze doré et ciselé en arabesques , montée sur un pied et ayant la forme d'une coupe très*évasée , munie d'un couvercle sôellé et pareillement ciselé , est désignée par une inscription grstée sur la coupe même, comme contenant, avéfc un os de saint Biaise , le voile de sainte Cécile. C'est sans dottte ce voile dont Maderno a entoiu'é la tête de la sainte, sur la statue de la Confession, et qui aura été trouvé dafls l'arche de cyprès autour de la tôte de Cécile, fl y a d'autant moins lieu d'en douter que le beau reliquaire qui contient ce voile est du nombre de ceux que Sfondrate fit faire pour la Basilique.
Le trésor renferme encore plusieurs autres châsses moins importantes et moins riches de forme, et qtle leur inscription indique comme contenant des ossements de sainte Cécile. Ces ossements, qui tt'ôflt p*8 appartenu à notre sainte Martyre, mais à une antre de mémo nom, proviennent sans doute des anciens auteb de la Basilique, dans lesquels ôh les avait placés, comme nous l'avons dit , à Tépoque où l'on ignorait que le Pape saint Paschal, lors de la prendêfe AéêCmverte , avait laissé le corps de la grande sainte Cécile dans toute son intégrité.
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li fSfpHicU^ fit ÙLÎto trois châsses d'argent pour laa chefs d^§ tpois sduts M«?tyrs^ YaléBifin, Tiburoa et Maxime : pouft <liroQ6 plus loin ce que sont devenues ces châsses. PrésdntfMiient^ ces pieuses reliques sont contenues ciian cuM dans un simple cylindre en cuivre ÎBrmé d'un cristal que retient un cercle en arg^t. Le crâne de saint Tiburce est ferme et intact ; celui de saint Valérien est plus tendre et un peu fracturé j quant à celui de saint Maxime y il est topi^KUPs remarqu^te par ses cheveux bruns et collés de sang.
Bosio , que nous avons suivi fidèlement jusquMci, en ajoutant les particularités qu'il a omises , et que nous avons recueillies soit dans les archives de la Basilique et dans celles du Vatican, soit par nos propres observations, termine sa relation par le récit des actes de piété qui s'accomplirent dans la Basilique de sainte Cécile, le 22 Novembre 1600, anniversaire de la Translation. Le concours des fidèles fut immense ; le Sénateur de Rome vint offrir un caUce d*or au tombeau de la Martyre, au nom de la ville éternelle. Clément VIII se rendit en personne à la Basilique , pour offrir à Cécile les hommages du chef de la chrétienté. Après avoir célébré le saint Sacrifice, et baisé humblement la terre près de l'endroit où, l'année précédente, il avait déposé le corps de la Vierge , il laissa en offrande les ornements précieux dont il s'était servi. Ce jour-là, on ne chanta pas de messe conventuelle, par respect pour Fautel sur lequel le Pontife avait célébré ; on se contenta d'exécuter divers motets; mais les Vêpres furent célébrées avec la plus grande solennité K
1 Bosio. Uclatio invctitioiiis S. Cœciiiœ» page 183. Groiûchcdel vcocrabilc m^nâ5«}ro dt B, GecUla, page 63.
Sfondrate sollicita et obtint un décret du sénat et du peuple romain par lequel ils s'engageaient à offrir tous les ans à la Basilique un calice d'argent du prix de trente écus S le jour de la fête de sainte Cécile. Ce décret est du 9 Décembre 4600 *, et reçoit chaque année son fidèle accomplissement.
* Environ 160 francs.
> Archives de Santa Gecilîa. Dossier 56 , n* 27*
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