‹ Histoire de Sainte CécileChapitre 57 sur 65 · CHAPITRE XXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVII

éyÉNEMENTS RELATIFS A SAINTE CÉCILE ET A SA BASILIQUE , DANS

LE COURS DU XVIIl* SIÈCLE.

^U retour (le cette excursion dans le champ d^une poléfnique fastidieuse, il nous est doux de rentrer dans Rpme , et de nous y î'eposer quelques instants à l'ou}bre de notre chère Basilique, toujours heureuse et fière dq son noble dépôt. La première moit;ié du xvin' siècle la vit aux mains de deux Cardinaux Titulaires qui se firent gloire de marcher sur les traces de Paul-Emile ^fondrate, par la munificence qu'ils signalèrent envers elle.

Le prpmier fut François Acquaviva ^ d'une illustre famille Napolitaine. Avant de recevoir la pourpre, il avait rempli avec distinction plusieurs oflSçes importants de la Cour Rppiaine. Envoyé Nonce en Espagne, on l'avait vu fidèle à tous les devoirs de cette haute mission qui a une importai^pe toute particulière dans Ip royaume Catholique. Il se trouvait dans ce pays , au milieu de la crise qu'amena !a guerre de la Succession. 11 embrassa le parti dçt Pl^ilippe V, c$^ telle était la confiance du rai dans Je; dévouement et la fermeté du Nonce , quUl remit à sa gai^e la Reine so|i

épouse^ Marie-Louise de Savoie, dans un de ces moments difSciles où il eut à craindre pour sa couronne. Avec une escorte de cinq cents cavaliers , Acquaviva traversa un parti ennemi, et ne quitta pas la princesse qu'il ne Teûtmise en sûreté, loin du bruit des armes ^ Créé Cardinal par Qément XI, le 17 Mai 1706, il eut d'abord le Titre de Saint-Barthélémy en Pile; mais trois ans après il le permuta pour celui de Sainte-Cécile, que sa dévotion envers la sainte Martyre lui faisait ambitionner. La Basilique à cette époque avait besoin d'une restauration. Acquaviva la conçut et Texécuta selon le goût de son temps. On se rappeUe que ^ondrate n'avait pas donné suite à Tidée qu'il avait eue d'abord de voiler la charpente de la nef par un riche soffitOj orné de caissons dorés et de peintures^ il craignit d'imposer aux colonnes un fardeau qu'elles n'auraient pu supporter. Acquaviva voulut tenter l'entreprise et en vint heureusement à bout. Ce soffitOy qui existe encore aujourd'hui, fut peint et décoré par Sébastien Conca*. Malheureusement, on ne put mettre ce plan à exécution sans détruire en grande partie l'aspect antique et vénérable qu'avait jusqu'alors conservé la Basilique. Les colonnes reçurent un épais revêtement en maçonnerie qui les fit totalement dispanaître , et la nef ne présenta plus qu'une suite d'arcades. L'arc triomphal fut sacrifié avec sa mosaïque ; et les peintures que Sfondrate avait fait rafraîchir et qui of-

^ Guarnacci , tome ii , page 73.

2 C'est à tort que Platner et Bunsen attribuent la ruine des peintures du portique et renlèvement des ambons aux deux Cardinaux Acquaviva.

DE SAINTE GÊGIL£. &29

fraient la succession des Papes , peinte par ordre de saint Paschal y et au-dessus, les histoires de TAncien et du Nouveau Testament, furent anéanties sans retour, a non sans un vif regret des amateurs de la vénérable » antiquité , » dit Marangoni, qui fut témoin de cette déplorable ruine ^ Cet auteur nous apprend aussi que les inscriptions antiques dont l'ancien pavé était formé, et parmi lesquelles il y en avait un grand nombre de chrétiennes , furent dispersées sans pitié*.

Toute cette restauration, dont Texécution eût pu être plus intelligente, était d'ailleurs inspirée au Cardinal par sa tendre dévotion envers sainte Cécile. Assidu à venir prier au tombeau de la Martyre , il eut la consolation de compter parmi les religieuses qui desservent ce sanctuaire, sa propre mère et sa nièce, qui y laissèrent une haute réputation de vertu. La renommée de sa piété envers Tillustre Vierge était si répandue que le reine d'Espagne , désirant lui offrir un présent comme marque d'estime et de reconnaissance , lui adressa un tableau de sainte Cécile qu'elle avait peint elle-même, peu avant sa mort, qui arriva le 14 Février 1714*.

Les grandes œuvres entreprises dans la Basilique par Paul-Émile Sfondrate avaient inspiré à Bosio Tidée de donner sa précieuse édition des Actes de sainte Cécile; les travaux de François Acquaviva suggérèrent à Jacques Laderchi , de FOratoire de Rome , second

^ Non senza dolore degli amanti délia venerabile antichità. Marangonù Gose gentilesche ad uso délie chiese, page 311.

s Ibid. Page 432.

8 Voir, sur ce fait, Laderchi , dans son £pttrQ dé4icatQir9 d9i Actes de fwinte Cécile, au même Cardinal.

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eentinuftteiif (ie Sftypni^s, la peosée d'offrir m daidinil

IIP omms^ plu» 0omp}^t mv h mni^ Martyi^, Le plan (}^ ^ autoui^ ét^H d'insérer^ #ela par sièda, UHAfs$ qii'oA a écrit aur mainte CépUid. I/puvpage devait avoii troia volumaa {b-A<> ; tes dauf pvamiers seulement ont pwru, Da portant 00 titn» : 4^» CapîHœ Firginis $t Ma9i^ m ^rla it iranstihmna PaHliett , ^œtmlorum singulor mm tmmfnmtif as$firm fit illustrata. 4733- L'autaur y reproduit littévalernant tout le travail de Bosio, et insèie dapa l'ordre chronologique tous lea passages ei toutes

lea pièees qpi ae rapportent h son sujet. Q^i ouvraga devenu fort rare , même en Italie ^ est remai^quable pat son luxe typographique ; mais il est à regretta que les deui^ premières parties données au public s-arrMent avant rinvention du corps de sainte Cécile , en 1599. l^ pateisf que le collecteur a jointes m% textes quTl irepToduit^ sont malheureusement en petit nombre; mais }e troisième volume aurait offert des détails pré-^ o\^\x% , dont nous avops vivement regretté l'absepee. Quoi quil en spit, J^a^lerchi n'en mérite paa moin», par cette împoptantfi compilation , upe place dîstingaée entre les auteurs qui opt voué leurs effopta ^ 1% glQÎre de sainte Cécile.

Beux ans ne s'étaient pas encore écoulés depuis te publifiation du premier volume de cet ouvrage , lorsque François Aequaviva mourut , âgé de cinquanterueuf ans, le 8 Janvier 1725. Tl avait été élevé à l'Évêché Suburbieaire de Sabine ; mais Benoît XIII, en récompense du zèle que le pieux Cardinal avait montré envers la Basilique, hiipermit, à l'exemple de Paul-Émile Sfondrafe» de retenir* en commenfje iiisqu's s^ mort> |e Tif|«

DE SAI0IÏË CËGILE. hti

Pi^bytét^l de Sainte-Cécile. Acquavira fut enterré dans cette ËgUse pë& de son Oflclef y le Cdi^Mal OctayhOf quim dt^ait été mm Tittilaire m éiè(M pffêêé- MdA i «( Y M p\P^ eem ép)iô|»Iië Éuf éc^ mtihe&Û 5

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t^rojano Acquavîva^ neveu de François y fût promu au Cardinalat, le 1" Octobre 1732, par Clément XII, et reçut aussi le Titre de Sainte-Cécile *r II paraît avoir continué les travaux que son oncle avait entrepris dans la Basilique; mais il est certain que le portique extérieur qui fut construit sur les plans de Ferdinand Fuga, est dû à la munificence de Trojano'. L'ordonnance de ce portique est entièrement moderne; mais elle ne manque pas d'une certaine grandeur. On doit du moin»

^ Il mourut le 21 mars 1 747 , et fut enterré dans TÉgUse de Sainte-Cécile.

* Pkitaët et Buftiséft , toïhe' ïii , pafe^ Cfa».

savoir Mvé aux divers restaurateurs f)e la Basilicpie, d'avoîr*,||p»pecté le vieux campanile en briques iqui s'élève inMlessus de toutes leurs constructions modo^ nisées^ comme un vigoureux souvenir de la piété da moyen âge envers Cécile, et d'avoir fidèlement maintenu la disposition intérieure de Tédifice qui, même après Tenlèvement des ambons et la substitution des arcades aux colonnes, retrace encore en beaucoup de choses l'Église chrétienne des premiers siècles.

En Tannée 1729, le sanctuaire de sainte Cécile an Champ de Mars avait attiré l'attention du Pontife Romain. Cette petite église menaçait ruine ; il s'agissait de la rebâtir. Benoît Xni, dont la piété envers les Saints a laissé tant de moi^unents dans Rome , ne voulut céder à personne Thonneur de poser la première pierre du nouvel édifice. En rendant cet hommage à Tancienne tradition qui vénère en ce lieu Tasile où Cécile passa ses premières années, il crut devoir favoriser en même temps la dévotion d'une confrérie qui s'était établie en Thonneur de saint Biaise à un des autels de cette Église. Le Pontife ordonna que dans la dédicace du nouveau temple on le placerait conjointement sous rinvocation de sainte Cécile et de saint Biaise j mais comme pour couvrir ce que cette mesure semblait présenter de moins favorable au culte de la grande Martyre, puisqu'un autre saint était admis à partager ses honneurs , Benoît XIII voulut que TÉglise portât aussi le nom de Marie , reine des Vierges. Depuis lors, on rappelle Santa Maria del divino amore.

Une inscription placée dans la nef de cette Église

DE SAINTE CÉCILE. i^33

rappelle les intentions du Pontife. Elle est aix^si conçue : "* .

BENEDtCTO XHI. PONT. OPT. MAX.

QVOD

PATERNAM DIVAE GAEGIIIAE DOSIVH

IN EIYBDEH VIRGINIS ET HARTTRIS HONOREM

ET DIVI BLASn BIGATAH

INIVRU TBHPORVM PENE GOLLAPSAM

lAGTO SOLEMNITER PRIMO LAPIDE

DIE XXV. IVUI. ANNO MDGGXXIX.

A FVNDAMENTIS RESTITVERIT

ET DEIPARAE MARIAE SACRAM QVOQVE

IN POSTERVM ESSE IVSSERIT *.

. Le Pontife fit transporter dans la sacristie la charmante fresque du xv® siècle dont nous avons parlé plus haut', ainsi qu'un marbre découvert en 1504, dans une réédification de Tautel principal de cet antique sanctuaire, et qui attestait une consécration de l'Église de Sainte-Cécile de domo , au Champ de Mars , se rapportant à Tannée 1131, époque à laquelle elle aura été rebâtie. Le zèle des pieux confrères qui se réu-

* A Benoît XIII, Pontife très-grand et très-bon, pour avoir rebàU complètement la maison paternelle de sainte Cécile, consacrée en rhonneur de cette vierge et martyre, et de saint Biaise; pour avoir, le 25 juillet t729, posé solennellement la première pierre , Vancien édifice étant presque renversé par Vinjure du temps ; et pour avoir décrété que cette Église serait désormais dédiée à Marie , Mère de Dieu.

* Voir ci-dessus, page 294.

ïment, àmfi cett9 lÈ^B Les ^ 9QrM# à perp#ii8r la mémoire de ces faits :

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