AC LAPIDEM HVKG CONSECRATIONIS
ANTIQTAE «VIYS EGCXBSIAX
S. GJ^CILIAE VIRG. «T H.
ANNO MCXXXI PIRACTAE TOSTEM
SVB EIYSDEH ARA UAXDIf A
ANNO MDIV RBPERTVM
BENEDICTVS XIII P. M. ORD. PRAEDIGAT.
ANNO HDGGXXIX
HVG TRANSFBRRI MANDAVIT*.
IJn fait dorieux à Cécile , et qui renfeiroe e;^ même temps im nommage français à la grande Majiyre, se rapporte à Tamiée 1741 . Nos lecteurs tfont pas oublié la tombe mystérieuse du Cimetière de Galixte, où Cécile reposa durant six siècles , jusqu'au jour oùb piété de Paschal l^'enleva pour la déposer dans la Basilique transtibérine. Cette humble alvéole, creusée horizontalement dans le tuf, «vaît eu pour revêtement intérieur quatre plaques de marbre blanc. En 1741 , il n'en restait plus qu'une seule, celle de la partie supérieure, solidement fixée au tuf par une épaisse oowdie de ehaux.
^ Benoît ;^I, #(HiveraiQ Pxwitiiie, « fait transpocter Id^tte anoieuQepeuridMre^lUQsi que /ceftte picMce jiHestattt]a<CQiifié«raUoD de cette antique Église de Sainte £écïJs , Vierge .«t Mailin, célébrée en l'année 1131 ; la pierre MxléoMiVjeiAe «a JfiO*, sous Tautel priB^eipaL
Paul Hippolyte de Bovilliers , 4uç» de Samt-Aignan , ^mtegsadeur du Roi de Fr^wce près h Saipt^SiégQ » dans
sQft ardente dévQtjPA envers ceinte Cécile, lalUoit^ 4u Pape PepQît XIV te faveur de pauvQir emBpï^p
en France et pl^er dans ^^ chapelle domeiîitique x Q^
m^bre sanctifié par te présence du carp* de te vieçg^. j^e Poutife accorda te demande 1 1^ marbre fut détaché respectueusement j, en présence des deux sav^ts archéologues romains PqldetU et Marangoni , et remis au duc de gaint-Aignan, Le Gardinal-Vicaire Guadagni y apposa son sceau S et ce précieux monument fut apporté ei^ France, et déposé dans la chapelle d'un obâteau appartenant h te famille de Bovilliers , où n(jus apprenons qu'il existe encore. Un diplôme du plwa haut mtéréjt et rédigé sous le nom du Cardinal Guadagni , nous fournit les teits que nous venons de raconter !, eH il nous est doux d'avoir à enregistrer ces témoignages de la piété française envers Cécile, à une époque oii le jansénisme triomphant tentait d'anéantir chea; nous jusqu'il sa mémoire*
A Tillemont avait succédé un nouvel et fougueux
adepte de cette téméraire critique dont le premier avait pour longtemps fondé l'empire, Adrien fiaillet , çlès l'année J7Q1 ^ par la publiqation de ses y'içs 4es Saints, atteignit les dernières limites du scandale.
* Le marbre était en deux morceaux, ayant été fracturé peqtétre dans l'opération qu'il fallut faire pour le détaclier, Il avait un peu plus de cinq pieds de long , et un peu plus de detu^ pieds en largeur.
s Voir le diplôme dans Ifarangoni, Cose gentileiehe ad uso dette Chiese, pages 426-429.
/i36 HISTOIBE
C'est ce même homme dont un écrivain aussi modéré que savant n'a pas craint de dire récenunent^ à propos de certaines insinuations dans lesquelles Baillet semble vouloir saper la réalité des faits évangéliques : « Ces h assertions suffiraient pour donner des doutes graves » sur l'orthodoxie de l'auteur, s'il n'était notoire quTl a » souvent sacrifié la vérité de l'histoire aux préjugés » de la secte à laquelle il avait voué sa plume , et par D ses manières de penser libres et nouvelles , il sevMe » avoir voulu lui frayer les voies vers 1* incrédulité*.» Ce n'est pas ici le lieu de tracer le caractère du génie de Baillet, tel qu'il résulte de l'ensemble de ses monographies sur Descartes ', sur Richer *, et sur les démêlés de Boniface Vm avec Philippe le Bel *, ni de parler de son livre sur la dévotion à la Sainte Fiergt et le culte qui lui est dû '^ ; mais on doit reconnaître que les P^ies des Saints , ouvrage qu'une érudition réelle n'a pas garanti d'innombraUes méprises, devait exercer et exerça par le fait une influence beaucoup plus grande que celle des Mémoires de Tillemont. Mdgré V Index romain, sur lequel tous les ouvrages de Baillel sont venus se ranger successivement, cet auteur est encore le premier hagiographe français , et la diminution de son influence n'est due qu'au succès obtenu
*■ Monuments inédits sur PApostolat de sainte Marie-Madeleine , tome II , page 154.
« 1691 , 2 vol. in-é".
• 1714,in-l2.
* I717,in-I2.
«ie94,in-12.
DE SAINTE CÉCILE. kZl
plus tard par la traduction des Fies des Saints d'Âlban Butler.
Sur la question qui nous occupe , Baillet se montra semblable à lui-même. Son article sur sainte Cécile^ au 22 Novembre, n'est qu'une diatribe violente, dans laquelle il reproduit, avec cette grossièreté qui lui est familière , les objections de Tillemont auxquelles nous avons répondu. Nous craindrions de souiller les pages de ce livre en y insérant ces phrases méprisantes , et toutes remplies d'un dédain superbe pour une Épouse et Martyre du Christ dont l'Église prononce chaque jour le nom à l'autel. Baillet parle cependant de la découverte du corps delà sainte parSfondrate; c'est là selon lui, le plus ancien document que nous ayons sur elle. Mais il rapporte les circonstances de cet événement d'une manière très-abrégée et souvent infidèle, comme s'il craignait d'y rencontrer en quelque chose la confirmation des Actes qu'il a voulu flétrir ^
* Le seul argument nouveau qa'il produise contre les Actes, et qui avait été négligé par Tillemont, consiste à dire que « le » Calendrier Romain dressé sous le Pape Libère , vers le milieu > du lY* siècle , ne fait point mention de sainte Cécile ; c'est ce qui » fait juger, ajoute-t-il, qu'elle n'avait point été martyrisée à 9 Rome. » n est aisé de faire voir que cette objection est de nulle valeur. Ce Calendrier ne représente point, tout précieux qu'il est, les Fastes complets de l'Église Romaine du iv siècle. Sainte Cécile n'y est pas mentionnée, il est vrai ; mais on n'y trouve pas davantage les saints Papes Lin, Clet, Ëvariste, Alexandre, Télesphore, Hygin, Anicet, Soter, Éleuthère, etc., ni les saints Martyrs Processe et Martinien , Nérée et Achillée , Prime et Félicien, Marcellin et Pierre, Boniface, Chrysogone, etc., ni les saintes Vierges Flavia Domitilla, Pétronille, Prisque, Praxède, Pudentienne, etc., ni les saintes Femmes Symphorose, Félicité, etc.
L'influence de tiltemoâl et d« Biallèt éUfil apfidléè I
produire un résultat plus fatal encore , et sur lè(|uel peuUéti^e il« ki'âVaient pfts dompté. Non^ëetileiiiem, grâce à leurs efforts ^ le flom dé sAiilte Cécile deVAh perdre oheÉ ndus cette auréole de gloire qui ju8c{tt'àk)M l'avait environnée; mais le moment était Vétiu ob IttU» turgie allait s'associer à oette étrftfige t:k)djumtit)& contre la sainte Martyre» Jusqu'alors les Irâdliltmê M* maines de l'Offloe divin avaient ^gné seules etl Pr^cé^ et par elles la gloire de Cécile était ftssui*éë dans ttot Ëglisebi Le «vm** «iècle entreprit le renouvellement deë livres liturgiques^ et> pourleé légendes dêë SaiiitA, ïillemont et baillet furent les âeuld orâdes ioU9 l'inépl- YRtion dësqUelé cette déplorable inâbVatiotls'acôomplit. En idiO, lorsque l'Arebevéque de Paris^ ]^rtmçbisde Harky 5 a¥ttit opéré la correction du Bréviaire de m Église^ la eommission qu'il avait nommée pôUr eé travail^ et au sein de laquelle l'Abbé Ghaâtelain et&!f0 la principale influence , maintint expressément la légende de sainte Céôile ^ aVec lès Antiennes et Répons extraits des Actes. On ne s^en étonnera pas si l'on se rappelle l'intimité qui existait entre Ghastelain et le P. Papebrok) tous deuic hardis critiques, mais fort éloignés de l*audace scandaleu&e que fit paraître l'école janséniste. Le Jésuite d'Anvers avait prononcé, comme nous l'avons vu^ en faveur de nos Actes ; il les avait reconnus trèÈ-ancienê et ttês-sifieêrë^ ; la Liturgie Parisienne dut donc subir la loi de ces deux hommes qile
Baillet tonTient éepefidant que tous ces saints appartietitieiit à VÊ%]ïsû de Aomei
DE SAmtË CÉCILE. /i39
nul n^Paxttàl osé Hùmà&f de 6t>édttfi(é m ^ignôtmcë K Mais htstfdê Côttê généf atioii de savmite ftlt descendue dans la tombe , et que l'Église de Parfs etrt été detndtider à &èê sectaires de vouloir bien rédiger le livre de ses prières , toutes les traditions Catholiques relatives à sainte Cécile furent sacrifiées par lés novateurs. Ainsi l'éldgeàient les instincts de la âecte^ et les (H^cles de Port-Royal. Le firéviairè Parisien de 1736 offiit, pour le 22 Novembre, une légende qui s^est introduite successivement dans la plupart des Diocèses de France, et dans laquelle les actions de la Sainte sont entièrement passées sous silence. On s'y étend un peu, dans la dernière partie , sUr TlnventiOn du corps de sainte Cécile par Sfondrate, mais selon la relation mutilée et infidèle de Baillet. Tout fut donc consommé pour Utt siècle au moins.
Dès lors, on césSa de rappeler amt fidèles ces scènes héroïques dont le livre du prétré Savait pas même conservé Utt sôUvènir; les F'iéB dèè Saints ùbféjées furent désormais rédigées sous la même inspiration , et si aujourd'hui nous UôuS levons pour veMgér tiîi outrage fait à la science historique autant qu*â l'Église Romaine, liOiis savons par avance que là surprise est le premier sentiment qu'éprouvera le plus grâiîd nottibrè de ttôâ lecteurs. Tel â été le fruit dé cette conspiration du silence, que la secte janséniste sut tôtyôurS
» Vers l'époqtiG de la publication du Ëfévialte de Mftrtây , Sail* teuil publia plusieurs hymnes pour roffice de saiiiU Cécile. EllM sont loin d'être du nombre de ses meilleures ; mais du moins elles célèbrent les vertus et les actions de la sainte martyre d'après les faits consignés dans les Actes.
si habilement exploiter^ et à laquelle elle a dû^ sur beaucoup de points y ses plus important* succès.
Le mauvais vouloir des moderne» liturgistes ne s'exerça pas seulement par la suppression du récit des actions et des vertus de Cédle dans les Bréviaires français; il s'efforça encore de ravir à l'innocente vierge jusqu'à cet hommage délicat que la chrétienté lui a décerné , en la proclamant depuis plus de trois siècles, patronne de la musique. Ge fut l'abbé Lebeuf, le lourd compositeur de tout le plain-chant de la nouvelle Liturgie parisienne^ qui se présenta pour enlever à Cécile la couronne de Tharmonie. Dans un mémoire , sous forme de lettre anonyme, inséré au Mercure de France ^^ cet académicien ^ dont il est juste de reconnaître d'ailleurs la vaste érudition ^ s'imposa la tâche assez facile de démontrer que rien ne prouve^ dans les monuments relatifs à sainte Cécile^ que cette illustre martyre ait fait usage des instruments de musique. La question , au reste , n'était pas là , et Ton a droit d'être surpris qu'un antiquaire comme Tabbé Lebeuf ait eu besoin de disserter longtemps ^ pour nous dire que les attributs symboliques assignés à nos saints par les artistes chrétiens^ n'ont pas toujours une origine positivement historique.
Résolu de ne chercher que des raisons matérielles d'un fait qui n'a d'autre source que le sentiment, l'abbé Lebeuf, après avoir parcouru les Actes de sainte Cécile qu'il traite avec le dernier mépris et en s'appropriant un à un les arguments de Tillemont,
* Janvier 1732, page 21-46.
DE SAINTE CÉCILE. UUi
arrive à cette conclusion que Vidée de donner à sainte Cécile le patronage de Li musique est venue uniquement à l'occasion d'une Antienne de son Ofiice qui commence par ces mots : Cantoniifcwsorjanis. Il s'en va donc chercher l'origine de cette Antienne dans les Actes dont il cite un passage , et tout ce qu'il en conclut en fait de mélodie , c'est qu'on exécuta des concerts de musique aux noces de Cécile et de Valérien. Ces touchantes paroles: aPendant ces accords, Cécile ckanlait aussi, n mais dans son cœur , et elle chantait au Seigneur ', o il ne les a pas comprises. H n'y a pas découvert cette musique de l'âme chrétienne qui s'élève vers la som'ce divine de toute harmonie, au milieu même d'un concert profane. 11 traduit ainsi sans daigner même regarder le texte : a Cécile , sans y faire attention , ne s'appliquait B intérieurement qu'à Dieu seul ; » et il prend en pili^ ceux qui ont eu la manie d'unir l'idée de sainte Cécile à ridée d'harmonie. Dans son zèle de réforme , il offre aux musiciens plusieurs patrons à choisir, après qu'ils auront répudié sainte Cécile, ce sont saint Arnold de Juliers , saint Dunslan , saint Odon , saint Niïier , saint Gai et saint Prix de Glermont, saint Germain de Paris et saint Aldvic du Mans. L'abbé Lebeuf n'oublie que saint Grégoire le Grand ; mais on ne doit pas s'étonner de celte omission de la part du destructeur de l'œu\Te musicale de ce grand Pape.
Nous n'insistons pas sur le ton de supériorité avec ' lequel le symphoniaste parisien critique et censure
} Eolt Domino de-
tout ee tié s'est fou ftvftrit loi; heowtiSëttieBl^ lé bu
sehâ ehi^tien a mailïtëâti Ce (jUë l^bM Lébeul^ ëte voulu anéantir ^ et tualgté sa pfétentltm de f^bVoytf sainte Céèxlê aucô tAonaiièrei de fAhê , avèé tê» AgMi^ Us Lucé» et les A^athei S la Viel*gé romaifië n'en esi pa6 môiûâ dethéiirée eh ^ôssesâton d'uDê de Aeâ plus touchante^ prérogative^. Son étrange endënli n'A pa^ été pluâ heureux quand il a voulu ftâiâi^er l'épo([ue première du patronage qu^il poursuit avëô tine si violente ardeur. Selon lui , sainte Cécile n'eût été en jouissance de cet honneur qïie depuis c^i (Hl àiA^n^ àm ^i 66 qui donnerait le commencement du ivn* ëièdéi Lebéuf ayant éôftt sa dissertation en 1?32. tJn cridqiié s^avisa de rappeler la sainte Cédle de Raphaël^ qui re^ monte à 1513^ et qui est représentée sur ce tableau tenant dans ses mains bn instrument de musique qu'elle abaisse pour écouter lès concerts célestes. Lebeuf se trouva un peu embarrassé J mais il se défendit ^ danâ une seconde lettre ^, en disant quMI connaissait le tableau comme tout le monde, et qu'il avait toôme prétendu l'indiquer, en insinuant que le patronage de sainte Cécile sur la musique avait commencé en Italie. Cette réplique produite avec beaucoup d'assurance n*enlevait cependant pas l'anachronisme dans lequel était tombé le savant académicien.
Au reste, parmi les peintres du xvi» siècle, Raphaël n'est pas le seul qui ait représenté sainte Cécile avec les attributs de la musique. A la même époque, le grand
* Page 43.
« Page 24.
* Mercure de France. Juin 1732. Pages 1081-1088.
âitbté fOléifiaûd Lue de h&yét la peignait accompa^êé d'tih Ahgé qui tiéût uu petit ofgué dôut elle Joue. Ce tableau eét à la galerie royale de Munich. Vers le mi~ lieu du même âièele , Garofolo donnait sou magnifique tableau où Ton voit sainte Cécile touchant un orgue > ëfi préiience de la sabite Vierge et de isaiût Antoine de Pâdoue *.
n UoU^ reste encote à etpoaer les faits qui earactè* risent le mouvement de la science hagiographique dans le cours du ivîn* siècle , relativement aux Actes de sainte Cécile. Nous commencerons par les BoUandistes. Papebrok n^était plus ; mais ses successeurs poursuivaient avec zèle et érudition le grand ceuvre auquel il a si glorieusement attaché son nom. Cependant , il y avait loin encore jusqu'au 55 Novembre, et le xvin* siècle devait achever son cours avant que ^occasion se ftit ofiferte aux continuateurs de BoUandus d^entrer dans la controverse sur laquelle Tillemont et Baillet semblaient avoir fixé à jamais l'opinion des caihoUques de France. On fût à même de voir que les tentatives passionnées de ces deui auteurs n^avaient pas été sans produk*e quel-»
1 L6 l^tMAËgd de Hdnté Cécile sat \k maêiqoe a ^ feeMifiti kmgCenipi avant la (b&daUoa dei Âftadémies de MdBkitte qui M sont placées sous la protection de la sainte Martyre. Néanmoins , on Toit dès l'année 1601 une célèbre confrérie musicale , à Rouen , porter le titre de Sainte Cécile sur ûA acte par lequel elle renouvelle «es i^tatûté intérieuts. (Ouin Laeroti. ËiÈtùiit des eorptttaHoni et des tonfi^es de Rouen, page 453.) À la tttéme époque, nous Toyons les musiciens de Rome former leur Académie de Sainte- Cécile. (Àlflert, J^ottjTt'é itûfiche sutla Congregazione ed Àccademià di Santa Ceeilia, et un exceUent article de tt. Morelot, dans la n»me de Wasiqitë religiè\ue de M. Danjôû. Novembre 1S45.)
que impression sur les hagiographes d'Anvers^ Icnrsque pour clore les Actes des saints du mois de Juin, le Père, du Sollier publia son édition du Martyrologe d'Usuard, accompagnée d'un savant commentaire^ dans les années ni5 et 1717. Uoccasion venait naturellem^t de parler des Actes de sainte Cécile^ à propos des saints Tiburce et Valérien , au 14 Avril, de saint Urbain au 25 Mai , et de sainte Cécile elle-même au 22 Novembre. Du Sollier procéda avec la modération que lui imposaient les égards qu'il devait à ses prédécesseurs Henschenius et Papebrok ; mais aussi avec une réserve qui sert à prouver l'influence que les hardieases de la critique française exerçaient à cette époqoe sur les meilleurs esprits.
Au Ift Avrils le docte Jésuite se borne à dédiarer que ce n'est pas le lieu^ et qu'il n'a pas le loisir d'entreprendre une discussion qui d'ailleurs viendra naturellement, dans les ^cta Sanctorumy à la fête de sainte Cécile ^ Il tient à peu près le même langage au 25 Mai *; mais au 22 Novembre , il croit devoir énoncer, sans toutefois l'approfondir^ la question de nos Actes. L'objection de Tillemont sur l'invraisemblance d'une persécution contre les Chrétiens, sous Alexandre Sévère , semble lui faire quelque impression * : a oqpen-
> Nec locus hic, nec otium est oontroversiam iUam expendere, de qua in Actis nostris disj^tari poterit xxii Novembris. 5o2iefius, Martyrologium Usuardi Ulustratum, tome i , page 210.
* Ne quid hic temere deflniamus , aut extra propositum evagemur , omnia tutius ad xxii Novembris , de integro examlnanda expiicandaque remittimus. Ihid. page 294.
* Prscipua qus a recentioribus objlcitur eaque capitalis cliflO-r
D£ SAINTE CÉCILE. kU^
» dant^ lyoute-i-il avec bonne foi^ le sentiment de Bax> romus^ de Florentini et des autres que j'ai cités ^ de » Funlvers catholique tout entier, militent en faveur x> des Actes de sainte Cécile ^ » Quant à la prétention qu'émet Tillemont de faire de notre sainte Martyre une vierge sicilienne^ à cause d'un hémistiche de Fortunat, du Sollier ose s'avancer jusqu'à la traiter de paradoxe '; mais, pour la troisième fois, désertant l'arène^ il renvoie la décision de cette controverse à lui-même ou à ses successeurs , lorsque la marche des ^cia Sanctarum permettra d'aborder le 22 Novembre '.
Plfià.oourageux et plus franc peut-être que du Sollier^ JMerchi prit énergiquement en main la cause des- Actdtde wnte Cécile, et leur consacra une dissertation dfuds l'ouvrage dont nous avons parlé ; mais tel était le crédit dont jouissaient, même en Italie, Tillemont et Baillet, qu'il n'osa livrer leurs noms, tout en traduisant textuellement leurs objections. Toutefois, il n'hésita pas à attribuer aux influences de la secte janséniste l'abandon que certains esprits forts professaient
cultas , in eo consistit potissimum quod ut alibi etiam insinuavii Âlexandri temporibus , tam acerba immanisque persecutio, qualis in Istis Actis descrlbitur , tam atrocia passim tormenta Christianls ill^ta, qimdrare prorsus non videantur. Martyrologxum Vsuardi tIJt»lr«4imi, tome ii , page 692.
1 Pràbis (Actis) cum Baronio^ Florentinio , aliisque certant laudati scriptores , certat totius crUs catholici pervulgata opinio. Ibid.
* Paradoxa multis œque ac mihi yidetur hujusmodi sententia. Ihid.
* Cœterum paucis opinamenta varia referre placuit quae sociis Tel. successoribus nostris mensem Novembrem Actorum illustraturis non parum negotii facessent. Ihid,
&ftH HlSTOlRB
à Vigfitd d'im mônunMt ilt^éVâfé^ él detflifida lA dé* fihitiyemént l'Églisâ et \A stAmoe hiitorique MaiMt {m^ sées sous son domaiiie S Fâtiçois fiiMdiini^ dans son commentaire sur Anastaâe h fiibIiothécairé> ne se mon-" tra pas moiils sincère ïA moins ferme > et ajouta le poidi de sob autorité et de Ba pmfonde érudition au» argu* ments de la cause antique ; il ^enâà^ lui atiMii qtte Foo pouvait^ Âttns se déshohoi^et* ^ c^iîe ateO Baronios, Bosio et PapebrOlit
En 4752 , un élément uouteMi Vint fortifldr les M»clusions favol^âbles à l'authèntieité dès ÂMM. Le » vant Ctianoine Moi^tti enn^prit d^écriri lldaiolrft du Pape daim Galixte et de la Basilique de Sidatai4[ari0 au delà du Tibre« C'était se jeter à traven lOui le» hasards de la gfandë couttôvefise dei^ MàHyn sottf Alexandre ; mais la scienôe du diai[\oiile était flU mè^ sure de faire avancer la question des Actei de saiotti Cécile, bien que cette question né fôt impliquée «fUe d'Une manière indirecte dans la ttièse qu'il avait à Soti' tenir. Le martyre de saint Calixte est incontestable; il ne Test pas moins que ce saint Pape a souffert sous
* Alltpios calYinistaé vel jâttséhiAtAS^ igitbf « lUidrandA ttrtUi expëctaVit (Ut de VidéfittniàniB et Mar^iiOttiâtiiTertulllanai ttiélMt) s ipsorumque tandem studiis ea lUifilua fefefri dd>eat AfeMpU^ quibus priofum temt»otum fabttlftrutb tenebr» dispeUerebtilr : interini vero toi sœculorutti eumeulo t)efpef am pr^dicau , ^ peram in Ecclesia recitata, perperam fuere tôt monumentis ifi* serta sanctœ hujus Virginia gesta? lUi plaUé, inquiunt» quod modo tantum a Yiris istis Clarissimis, et sœculorum omnium pi^iestantlsslmis , nostrique ë^Ti Gfiticis rigidiorUius , adulterata, ac eolrruptâ depi^eheUBA Bint. At our > inquam > modo tantum Pùa duobus saltem, vel tribus retto MtotiUs coi^pUo hflM non appi^
DE SAlfrtË CÉCILE. h%1
tÙbÊÈÊt^ ÉfiVèi^^ Amt il y à eu dè§ mn^ à RMhe, ïfifttlè «Ôûë 5e pl^incé favorable d'&iHëlifs aUx dirétltiti§< La déhlQhstrâtiôn du ikit particulier âtiietlftit aiflsl le ihèetè géiïé^Ie ; Môi'etti s'empafà dé 6ellè-ci , et èûl là coMUire j avec Uhé érudition Victorieuse, à Ufte id- Itttiôti cohfdrmé aU i^entimetit de Baronius. BâM did^ cnte^ en euxHtnèmés les Âcte^ dé ié\tAé Cécile ^ MO^ rettt av^t pAt cela seul fait faire Uii grâtid pfts h Itt cAusë de leur réhabilitation.
A Nftplëè, quelques atihéëà aUpârâVànt, eti ilU^ le» Aeteè de iaiûte Cécile avaient été direôtement âdumiê à tin eitttfaietl (sritique et littéraire par litl des premier!) hommes dé h âdetiee hagiographique , Alexis Maïjo>^ chi, et les cônelusions de cet érUdit étaient loitt de s'accorder avec celles qu'aVàiettt fait prévaloir Tille» mont et Baillet. Dans son précieux Commentaire sur le célèbre Câletidrier Napolitain du viii" siècle , Mazochi déclare rëcotttiattre et signale dânfe la diction des Actes de sainte Cécile éërtains latinismes qui TobHgent à faire reUiortter la rédaction du fond au iv* siècle. Le rédacteur du v*, dont le style est si négligé, a do^ travaillé sur Un texte antérieurement écrit > et dont 11 à laissé eertiuneô phrases toutes vives dans sa narration ; Il n*â donc pas inventé tout Ce quHl raconte.
ruit ? Cur non multo magis sseculis antiquioribus , ac œtati sanctse Gaecilise proxUnioribus , in quibus , prae aliis , quse ipsi acciderant perspecta habéri pôtuerant? 0 Christe , patientissime Domine, (utar ad rem, praefaU Tertulliani verbis), qui tôt annis inversionem prœdieationis tnclytœ Virginis Cœcil\(É , in Ëeclesia sustinuisti, donec scilicet tihi nostri sœculi {ctïiïci) subvenirent I Laderchi. Acta S. Cœciliœ, tome 1*% dans la Dédicace.
kUH HISTOIRE
Mazochi relève ensuite plusieurs des traits et des allusions qui caractérisent le récit ^ et fait voir comIneiL ils sont conformes aux mœurs et au langage de Tantiquité. n propose plusieurs moyens de rendre raison du nom d'Almachius , loin d'y voir, comme Tillemont, une circonstance qui puisse infirmer nos Actes. Il attaque ensuite avec vigueur le système par lequel Tillemont, sur la foi d'un simple hémistiche de Fortunat , voudrait ravir Cécile à la ville de Rome pour la donner à la Sicile. Il montre aisément comment tous les monuments s'accordent à désigner Rome comme le théâtre du martyre de l'illustre Vierge : a Nier, dit-S^ un fait ausd » attesté , c'est aller contre le sens commun , pour ne 0 rien dire de plus. Cependant , ajoute-t-il , Baillet et j» d'autres Français admirent encore le sentiment de j> Tillemont * ! »
Telle est l'appréciation des Actes de sainte Cécile par Mazochi. Le savant et courageux critique fait, il est vrai, quelques concessions aux adversaires relativement aux dialogues et aux discours qui pourraient, croit-il, avoir été l'objet d'interpolations ; mais en cela il oublie trop vite que ia partie des Actes où il a relevé des expressions qui sentent davantage l'antiquité est précisément celle des discours et des dialogues. Malgré ces restrictions, dont le lecteur est maintenant à même d'apprécier la portée, le jugement favorable de Mazochi sur
* Rem vero ita testatam negarc, id, ne quid gravius dicam, communi sensu plane caret. Et tamen TUlemontii sententiam Bailletus, aliique passim Gallorum, adhuc admirantur. Mazochi. In vêtus marmoreum S. Neapolitanœ Ecclesiœ Kàlendarium commentarius. Tome 1 , page 211.
D£ SAIINXE CÉCILE. /i&9
nos Actes n'en est pas moins remarquable par sa haute indépendance , dans un siècle où la réaction française contre les monuments de Thagiographie faisait le tour de l'Europe.
Mais l'auteur napolitain vient heurter aussi contre le préjugé que d'autres ont mis en avant. Une persécution contre les chrétiens lui paraissant difiScile à concilier avec le caractère d'Alexandre Sévère, et néanmoins Mazochi voulant maintenir une valeur sérieuse aux Actes de sainte Cécile , il attribue , sur la foi des Martyrologes d'Usuard et de saint Adon, au règne de Marc-Aurèle les événements que rapportent ces Actes. Maintenant reste à expliquer le rôle que remplit le Pape saint Urbain dans le récit. Mazochi pense résoudre le problème en supposant que saint Urbain étant encore simple prêtre dans l'Église Romaine, au temps du Pape saint Éleuthère, vers Tannée 4 78, aurait eu . avec sainte Cécile les relations que rappoii^nt les Actes, et qu'étant devenu lui-même souverain Pontife environ cinquante ans après, on aurait plus tard attribué à Urbain Pape les actions d'Urbain simple prêtre *.
Cette solution, plus ingénieuse que satisfaisante , est du mdns une preuve de la gravité avec laquelle Mazochi consâdérait notre histoire , et toute bizarre qu'elle puisse paiialU^e , elle ne l'est pas plus au fond que celle qui fut proposée peu après, par le savant jésuite Lesley, dans le commentaire qu'il publia en i755 sur le Missel Mozarabe. Ce critique voulant aussi placer le martyre de sainte Cécile sous Marc-Aurèle , après avoir rap-
1 Mazochi. Ibid, Pages 211 et 212.
U^ HI6TOIBS
pdrté \ë sjrMèmë dé Mdtôôb}^ proposéi le ii«». D misifltfefâit k Admettre qu'il y ataii des ÉvéquM ûmt» les Pagl qtië Ton rencoûiftiit mv le» voied utitmir de Rome.
Saint Urbain eût été Évoque d'un Pagus bvhP la Voie Appimtiëy au tetnps de Matc-'Atirëie > et toiit se ecnl^ilieralt^ Malheureusement on n'avait jàtnaid eMettdft parlef d'Ëvêques établie danë leâ Pagi de la bafifiedé de Rome^ et une explication qui repose mil* cette coq* jecture pal* trop gratuite manque absolumetit de bâte *. C'est aiiisi que^ faute d'avoir suffisamment I^mh fondi la narration des Actes de sainte Cécile ^ ôtl ne sa* vait pas y découvrir le caractère pourtant si visible d'une persécution telle qu'elle pouvait avoir liett sous Alexandre Sévère. Cette unité, Cette vraisemblance, ces îricidents, cet enchaînement naturel des faits, sous un prince tolérant pour les chrétiens, niais faible ei servi par des magistrats qui les avaient ert horreur; tout cela était au^dëssuâ de la portée d'un écrivain du V* siècle , aussi naïf que Test le rédacteur de noi Actes; le magnifique ensemble que nous présente sa narration atteste donc des mémoires antérieurs* Si nos Martyrs eussent souffert sous la persécution de Marc-Aurèle et de Commode, en vertu d'un édit de persécution^ qui ne voit que l'attitude du Préfet de Rome, se» moyens d'action, sa manière de procéder contre les inculpés, le supplice de Cécile, eussent présenté un tout autre caractère. Suppose» au contraire ce grand drame accompli àous le règne d'Alexandre Sévère : tout ce qui semble»
*■ Missale mixtum , dictum Mozarabes , prœfatione , notis et appendice ornatum , page 608.
2 Voir Rlccy. Pago Lemonio, page 104.
DE SAlNtÉ GÊtlILE. ftSl
rËglisë, devient explicable et tnêtne haturelj on setit ^ue les choses otit dû se passer de ôMfë manière.
Mais (MBttê feçôti d*âpptécier en lûi-rtièthê tin dôcU* meflt histdrîtîue était peu familière à l'éColé hâgiogm^ pliîqtiê dô ces tenips, et nous deVoiid étlcore Savoir gl^é à AfdSÉOchl et à Lesley d'avoir pris aU SéHetiX les Acteê de sainte Cécile, en m siècle otl Pott ne pouvait, sans titt véritable cotli^age, contester le moiridfè des nombre*! airôis que Tîllettiont avait lancés eotitré tant de ittoûuttients î*espeotés jusqu'alors. La gravité du récit> rassentimettt universel de tant dé siècles , leS feitS pal-» pables constatés dans les deux biventions , tout^ jusqu'à Mude philologique des Actes, avait èttipéché deS SàVànts hdnnuès de dédaignêi" un document dont le fond du moins leut semblait digne de tous les égafds^, leur seule étude avait été de fixer la daté des événements qui s'y ti»ôU*« Vttîent consignés * UoUs venottS de dire poUt quelle raison ils se méprirent sur l'époque à laquelle avait eU Heu rimmolàlion de Cécile. D*autreS, en ée même siècle, furent plus heureux; nous avons signalé les travaux dé Môretti poui* établir la réalité des Violences exefcées contre les chrétiens soUs Alexandre Sévétne J les princes de l'hagiOgl*aphie vinfent à leUr tour pottèi*
un ai'i'èt solennel.
La fin du ttm' siècle avait vu les successeui's de BoUandui errants et pei*séeutés, n'ayant pas où repo»
sef leur tétè, et emportant avec eux les dernîètes espérances de la selence hagiographique. L'Abbaye de Tongerlod^ de rOrdi»e de Prémontré, servit pendant quelques jourë d'asile à éêS nobles exilés ï ils y mai»-
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quèrent leur court et laborieux séjour par ia publication du sixième tome des Actes des Saints d'Octobre, qui parut ea ITâtlr. On avait à y traiter les Actes de saint Calixte, au 14 de ce mois. Ce travail échut à Jacques de Bue, Fun des sept rédacteurs de ce précieux volume. Il adopta hautement les conclusions de Moretti, et cette fameuse question qui avait tant inquiété du Sollier, fut enfin tranchée dans le sens de Baronius et de nos Actes.
De nos jours, en 1845, Tœuvre Boliandienne a repris son cours, aux applaudissements de l'Europe savante. Après cinquante ans de suspension, le septième et le huitiftne tome d'Octobre sont venus renouer glorieusement la chaîne dont le premier anneau se rattache à l'année 1643. Daigne le ciel accorder aux nouveaux continuateurs la vie et les forces pour atteindre le xiu* jour de Novembre; alors, le jugement de Papebrok sur les Actes de sainte Cécile sera vengé, nous en avons la confiance, par les armes victorieuses d'une érudition digne du sujet et de la piété de Tillustre Compagnie. Cécile rendra en protection à ses défenseurs ce qu'ils auront fait pour sa gloire.
Il nous reste à parler d'un hagiographe célèbre, l'Anglais Alban Butler, dont l'ouvrage n'est guère connu en France que sous le nom de Godescard, chanoine de Saint-Honoré, qui en a donné la traduction et le complément. Ce livre ne méritait ni la vogue qu'il a obtenue, ni les dédains dont il est souvent l'objet aujourd'hui de la part de cei'taines personnes assez incompétentes. Nous n'avons à nous en occuper ici que dans ses rapports avec sainte Cécile, et c'est pour signaler l'incroyable négligence avec laquelle la question y est
DE SAINTE CÉCILE. /l53
traitée^ Butler et Godescard, si empressés d^ordinaire à rechercher et à citer sur chaque saint les dÎTers ouvrages ou dissertations dont il a fourni le siqet, n'ont pas même daigné consulter Bosio et Laderchi^ En 1763^ la question était jugée pour eux sans appel : les Liturgies françaises ne Favaient-elles pas décidée? Ds se., bornent donc à déclarer que les Actes de sainte Gédle ont peu d'autorité, ce qu'ils essayent de justifier par un exposé succinct des assertions de Tillemont ; ils conviennent néanmoins qu'il a pu se rencontrer des Martyrs sous Alexandre Sévère.
Mais ce qui démontre par-dessus tout l'inconcevable légèreté avec laquelle cette notice a été rédigée, c'est la phrase suivante : « Nous apprenons des Actes de sainte » Cécile qu'en chantant les louanges du Seigneur , elle » joignait souvent la musique instrumentale à la mu- » sique vocale ^ » Ainsi il est démontré que Butler et Godescard, avant de rédiger la vie de sainte Cécile, ne s'étaient pas même donné la peine de lire ses Actes , puisqu'ils ne contiennent pas un seul mot duquel on puisse déduire cette assertion. Les peintres qui, par une licence très-légitime de leur art, représentent sainte Cécile jouant des instruments, pour exprimer , ainsi que nous l'avons dit plus haut , le patronage qui lui a été déféré sur la Musique, sont la seule autorité qu'auraient pu alléguer ces savants hommes en faveur du fait dont ils prennent la responsabilité. Il nous semble qu'ils auraient dû avoir au moins autant de déférence pour des Actes, écrits environ mille ans avant l'époque
> Vies des Pères et des Martyrs , tome xi , au 2? Novnnihrr»
pù la p^ipt^rp phrétiepnei a donné les instrumenta de musique pQur attributs à sainte Qécile S
Eu teTOwuant ce chapitre sur le§ événements retetife à)^ sainte Martyre 4ans le cours du xvin* siècle^ i\ nous
est don* de nous réfugier encore une fofe àTonobre de
notpe chère Pftsilique, dont rWstoire est toujours si intifuenient Uée à celle de Cécile, Puission§-npui| y ûUr blier quelques instants l^ légèreté coupable de cette école historique qui ne çpinpta presque jamais avec les
nionuments, et qui (lut peut-être à cette mcro|ftl>l§
négligence ses plus grands écartSt
Peudant que les érudit^ s'agitaient su^ tes questions savantes 4Qnt npus avons fait l'histoire, la piété, plu^ humble et aussi plus assurée, se pon^plaisait à multiplier ses homn^agea envers l'auguste Vierge, La Pasi-
lique transtibérine était toujours visitée avec ferveur par les pèlerins, et la dévotion romaine pour cet antique sanctuaire et pour le glorieux trésor qu'il renferme ne s'était pas ralentie. Mais entre tous les serviteurs de Cécile, vers la fin du xvm* siècle, le pieux Joseph Ma?;ïolari tenait le premier rang. Membre de la Compagnie de Jésus avant la suppression, il conserva toujours cette dévotion fervente dans laquelle il avait été nourri, Pumaniste distingué, il était plus ^élé encore pour la gloire de Marie et des saints. Sa religion envers la Reinç des Vierges lui avait fait prendre sur ses écrits le nom
* L'auteur de l'article de sainte Cécile dans la Biographie universelle y Tabaraud , n'a guère fait qu'abréger la notice de BuUer et Qodescard; mais il y reproduit fidèlement PasserUon de ces deux auteurs sur les habitudes musicales de sainte Cécile» comme étant formellement exprimées 4efi9 l^ea ^((tçs,
de MarianQ Panienio, et pi^pmi les ImrAngu^s m style cicéronien que Vaa trouve dams ses œuvres littéraires, celle qu'il a intitulée pro domo Lauretana * fut offerte par lui, gravée sur une lame d^argent, au sanctuaire tie Motfe-Daflie de Lorette.
^ Les saints Ma^yrs de Rome étaient l'objet pa^ticu*- Hep dé son culte, et il les a eus principalement en v^B dans 1-ouvrage de dévotion qu'il a publié sous le titre de IHaHo sagro *; mais, entre tous, la prédilection de Hazzolari était pour sainte Cédle. Par ses seins, on publia à Rome, en 1775, une i^aduetion italienne des Actes de Pillustre Martyre •; elle était précédée d'une préface, où l'on en soutenait l'authenticité.
En l'année 1785, Mazzolari fit détacher à ses frais du portique extérieur de la Basilique , la gracieuse fresque dont nous avons parlé * , et qui représente sur un de ses compartiments la sépulture de sainte Cécile, et sur l'autre son apparition à saint Paschal. 11 fit placer cette pré(5ie^^e peinture dans Tintérieur de la B,^silique, §ous le ppUatéral de 4FQHe, eii face de l'autel majeur, et l'accQiï^p^gftÉ^ çie i'ipspriptipn suiv^pte :
MONVMENTVM VETVSTISSIMVM INVENTIONIS ET DEPOSITIONIS
SACRAE GHRISTl SPONSAE ET IVGLTTâE MARTTRIS CAEGILIAE
ni; AERI3 INIV^A PRORSVS INTERIRET
fivq 1^ ?047fçy ip§EPHV^ haru^vi^ pa^TPNiys
I Uae 4^tiOf| in(ére§§^qtç 4Ç ^\ P^yTage parut à I^omç en 1805 (7 vol. in-lS), avec d'excellentes notes (l^ Tavoçat
» In-8% à^ WimfAi ^ Voir ci-dessus , pagis 293.
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