Introduction l'i la vie dn'ole,p. o, c. xv
Nous l'âvoiaons de bon cœur, dans la vie de cette sainte, que nous avons étudiée avec tant d'amour, rien ne n.o»iis semble plus touchant, plus dig-ne d'admiration et d'envie, que cette simplicité enfantine qui pourra appeler sur quelques lèvres le sourire du dédain. A nos yeux, ce naïf abandon à toutes ses impressions, ces sourires, ces pleurs si fréquents, ces joies et ces inquiétudes de petite fille, ces jeux innocents de l'âme qui se repose au sein de son Père céleste, mêlés à des sacrifices si pénibles, à des pensées si hautes, aune si fervente piété, à une charité si active, si dévouée, si ardente, ofï'rent le charme le plus doux et le plus puissant. Dans un temps comme le nôtre surtout, où les fleurs se flétrissent sans que les fruits puissent miûrir, où la simplicité est morte dans les cœurs etdansla vie privée tout autant que dans la vie sociale et publique, un chrétien ne sauraitétudier sans émotion etsans envie comment s'est développée et révélée l'âme de cette Elisabeth, dont la courte vie n'a été qu'une longue et céleste enfance, qu'une perpétuelle obéissance à la parole dite par le Seigneur, lorsque, prenantun petit enfant et l'ayant placé au milieu de ses disciples, il leur dit : « En vérité, Je vous le dis, si vous ne devenez com^me ces petits enfants, vous n'entrerez lias dans le royaume des deux ^ »
1 . Amen dico vobi?, nisi effîciamini sicut parvuli, non iatrabitisin remum cœlorum. S. Matth., xviii.