‹ Histoire de Sainte Elisabeth de Hongrie, duchesse de Thuringe (volume 2)Chapitre 68 sur 74 · CHAPITRE Xni · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xni

COMMENT UNE GBANDE DISETTE DÉVASTA. LA TIIU- RINGE, ET COMMENT LA CHÈRE SAINTE ELISABETH PRATIQUA TOUTES LES ŒUVRES DE MISÉRICORDE.

Esurivi, et deiistis raihi manducare :

sitivi, et dedistis inihi bibere : hospes erain et collegistis me : nudus, et cooperaistis me : infirmas, et visitastis me : in carcere eram, et venistis ad me .

S. Matth., XXV 34-36.

A peine le duc fut-il parti pour aller se rang^er sous la bannière impériale, qu'une aiïreuse disette se déclara dans toute rAUetnagne, etravag-ea surtout la Thuring-e. Le peuple affamé fut réduit aux plus dures extrémités : on voyait les pauvres se répandre dans les bois et sur les chemins pour arracher les racines et les fruits sauvag'es qui servaient ordinairement à la nourriture des animaux. Ils dévoraient les chevaux et les ânes morts, et les bêtes les plus immondes. Mais malg^ré ces tristes ressources, un grand nombre de ces malheureux moururent de faim, et les routes étaient jonchées de leurs cadavres.

A la vue de tant de misères, le cœur d'Elisabeth s'émut d'une pitié immense. Désormais son unique

pensée, son unique occupation, nuit et jour, fut le soulag-ement de ses infortunés sujets. Le château de Wartbourg", où son mari l'avait laissée, devint comme le foyer d'une charité sans bornes, d'où découlaient sans cesse d'inépuisables bienfaits sur les populations voisines.

Elle commença par distribuer aux indigents du duché tout ce qu'il y avait d'argent comptant dans le trésor ducal, ce qui se montait à une somme énorme, pour cette époque, de soixantequatre mille florins dor, lesquels provenaient de la vente récente de certains domaines. Puis elle fit ouvrir tous les greniers de son mari, et, malgré l'opposition des officiers de sa maison, elle en fit distribuer tout le contenu au pauvre peuple, sans en rien réserver. Il y en avait tant, que, selon les récits contemporains, pour racheter seulement le blé qu'elle abandonna aux pauvres, il aurait fallu mettre en gage les deux plus grands châteaux du duché et plusieurs villes. Elle sut cependant unir la prudence à cette générosité sans bornes. Au lieu de donner le blé par grandes quantités, qui auraient pu être inconsidérément employées, elle faisait distribuer chaque jour à chaque pauvre la portion qui pouvait lui être nécessaire. Pour leur éviter toute dépense quelconque, elle faisait cuire dans les fours du château autant de farine qu'ils en pouvaient contenir, et servait elle-même le pain tout chaud aux malheureux. Neuf cents pauvres

venaient ainsi chaque jour lui demander leur nourriture et s'en retournaient ainsi chargés de ses bienfaits.

Mais il y en avait encore un plus grand nombre que la faiblesse, la maladie ou les infirmités empêchaient de gravir la montagne où était située la résidence ducale; et ce fut surtout pour ceux-ci qu'Elisabeth redoubla de sollicitude et de compassion pendant cette crise douloureuse. Elle portait elle-même au bas de la montagne, à quelquesuns qu'elle avait choisis parmi les plus infirmes , les restes de ses repas et de ceux de ses suivantes, auxquels elles n'osaient presque plus toucher, de peur de diminuer la part des pauvres. Dans l'hôpital de vingt-huit lits dont nous avons parlé, qu'elle avait fondé ù mi-côte de la montée du château, elle plaça les malades qui réclamaient des secours particuliers, et elle l'organisa de telle sorte qu'à peine un des malades était-il mort, son lit était sur-le-champ occupé par un autre venu du dehors. Elle institua ensuite de nouveaux hos pices dans la ville même d'Eisenach, l'un sous l'invocation du Saint-Esprit, près la porte Saint - Georges, pour les pauvres femmes *■ et lautre , sous celle de Sainte-Anne, pour tous les malades

1. Selon quelques auteurs, la fondation de cet hôpital remonte à la première croisade; mais dans tous les cas il tut agrandi par Élisabetli.

en g-énéral. Ce dernier existe encore ^ Tous les i ours sans exception, et deux fois le matin et le soir, la jeune duchesse descendait et remontait la longue et rude côte qui conduit de la Wartbourgà ces hospices, malgré la fatig'ue qu'elle en ressentait, pour y visiter ses pauvres et leur apporter ce qui leur était nécessaire ou agréable. Arrivée dans ces asiles de la misère, elle allait de lit en lit, demandait aux malades ce qu'ils désiraient, et leur rendait les services les plus rebutants avec un zèle et une tendresse que l'amour de Dieu et sa grâce spéciale pouvaient seuls lui inspirer. Elle nourrissait de ses propres mains ceux dont les maladies étaient les plus dégoûtantes, faisait ellemême leur lits, les soulevait et les portait sur le dos ou entre les bras sur d'autres lits, essuyait leur visage, leur nez et leur bouche avec le voile qu'elle portait sur la tête ; et tout cela avec une gaîté et une aménité que rien ne pouvait altérer. Bien qu'elle eût une répugnance naturelle pour le mauvais air et qu'il lui fût ordinairement impossible de l'endurer, elle restait cependant au milieu de l'atmosphère méphitique des salles de malades, parles plus grandes chaleurs de l'été, sans exprimer la moindre répugnance, tandis que ses suivantes en étaient accablées et murmuraient hautement.

1. L'iuscriplioD qu'en lit aujourd'hui sur la porte d'entrée dit qu'il a été fondé par sainte Elisabeth en 1229; c'est probablement une erreur de date.

« Pendant que le cœur bondissait d'horreur à toute sa suite, » dit à ce sujet un bon relig-ieuxdu dix-septième siècle, « elle, cette princesse du paradis, se souriant, disait : « Quand je viendrai au jugement de mon Dieu, et qu'on me demandera si j'ai servi les pauvres : Oui, mon Seigneur, dii^aije, aux enseignes que mes filles et servantes en ont eu souvent mal au cœur '. »

Elle avait fondé dans un de ces hospices un asile particulier pour les pauvres enfants malades, abandonnés ou orphelins; ils étaient l'objet spécial de sa tendresse ; elle les entourait des soins les plus doux et les plus affectueux. Leurs petits cœurs comprirent bientôt quelle douce mère le Seigneur avait daigné leur donner dans la misère. Toutes 1 es fois quelle venait au milieu d'eux, comme les petits oiseaux qui se cachent sous les ailes de leur mère ^ tous couraient au-devant d'elle, et s'attachaient à ses vêtements, en criant : Maman, r/iaman! Elle les faisait asseoir autour d'elle, leur distribuait de petits présents, examinait 1 état de chacun d'eux ; elle témoignait surtout son atlection et sa pitié à ceux d'entre eux dont les maux fai-

1. Les Apancujes d'un cavalier Chrclien, décrits eu faveur de Heruianu-Philippe de Mérode, marquis de Trélon, etc. par le P. Matthieu Martiu, religieux Miuiuie. Mous, 1628.

2. Quemadmoduiu pulli tougregautur sub aiis galinte, ita -ub alis luateruitatis ejus parvuli illi pauperes requiesceates fovebautur. Theod., I. c.

saient le plus horreur, en les prenant sur ses genoux et en les accablant de caresses '.

Elle était non seulement la bienfaitrice de tous ces infortunés, mais encore leur amie et leur confidente. Un pauvre malade ayant un jour raconté secrètement qu'il avait la conscience chargée du souvenir d'une dette qu'il n'avait point acquittée, elle le tranquillisa en lui promettant de s'en charger en son lieu, et accomplit aussitôt sa promesse. Le temps qu'elle pouvait dérober à la surveillance des hospices, elle le consacrait à parcourir les environs de la Wartbourg, à distribuer des vivres et des secours aux pauvres qui ne pouvaient monter jusqu'au château, à visiter les moindres chaumières, à y rendre les services les plus bas et les plus étrangers à son rang. Un jour qu'elle entra dans la cabane d'un pauvre malade qui était tout seul, illui demanda plaintivement du lait, en disant qu'il n'avait pas la force d'aller traire sa vache : aussitôt l'humble princesse entra dans l'étable, et se mit en devoir de traire de ses propres mains la vache du pauvre : mais l'animal, peu habitué à être manié par des mains aussi délicates, ne lui permit pas d'accomplir sa bienfaisante intention. Elle s'efTorçait de se trouver auprès du lit de mort des agonisants, afin d'adoucir leur dernière

\. Sibi filialiter assidendo... scabiosos, infirmos, débiles, magis sordidos et déformes specialiterdilexit, capitaeorum manibus attrectans et iu sinu suo collocaas. Theod, 1. c.

lutte, recueillait leur dernier soupir dans un baiser de fraternelle charité, et priait Dieu avec ferveur, et pendant des heures entières, de sanctiiier la fin de ces infortunés, et de les recevoir dans sa gloire. Plus que jamais elle était fidèle à son habitude de veiller aux obsèques des pauvres, et malgré l'accroissement de la mortalité, on la voyait toujours accompagner leur dépouille au tombeau, après les avoir ensevelis de ses propres mains dans la toile qu'elle avait elle-même tissée à cet effet, ou bien qu'elle prenait parmi ses vêtements. Elle découpa pour cet usag'e un g'rand voile blanc qu'elle portait habituellement. Mais elle ne pouvait souffrir qu'on employât à ensevelir les riches des étoffes neuves ou précieuses, et exig'eait qu'on en substituât de vieilles, en donnant aux pauvres la valeur des étoffes neuves.

Les pauvres prisonniers n'échappèrent pas non plus à sa sollicitude; elle allait les visiter partout où elle savait qu'il y en eût, délivrait à prix d'argent autant qu'elle pouvait de ceux qui étaient détenus pour dettes, pansait et soig'nait les blessures que leurs chaînes avaient produites, puis se mettait à g'enoux à leur côté, et demandait avec eux à Dieu de veiller sur eux et de les préserver de toute peine ou de tout châtiment.

Toutes ces occupations, si propres à faire naître dans l'âme humaine la fatig-ue, le dég'oùt et l'irapatience, produisaient en elle une paix et une joie

céleste. Tandis qu'elle répandait sur tant de ses pauvres frères les trésors de sa charité, elle avait le cœur et la pensée toujours élevés vers le Seigneur et interrompait souvent ses bienfaisantes occupations pour lui dire à haute voix : « 0 Seigneur! je ne peux pas assez vous remercier de ce que vous me donnez l'occasion de recueillir ces pauvres gens qui sont vos plus chers amis, et de ce que vous me permettez de les servir ainsi moi-même. » Et un jour, comme elle faisait dans l'hôpital cette oraison jaculatoire, les pauvres crurent voir un ange qui lui apparaissait et qui lui disait : « Réjouis-toi, Elisabeth; car toi aussi tu es l'amie du Dieu tout-puissant, et tu brilles devant ses yeux comme la lune. »

D'autres signes merveilleux semblèrent prouver • aux âmes simples et fidèles combien étaient agréables à Dieu la charité et l'humilité de cette princesse. Un jour qu'elle avait été acheter à la ville quelques vases en poterie et plusieurs sortes d'anneaux et de jouets en verre pour les petits enfants pauvres qu'elle avait recueillis ; comme elle rentrait au château dans un chariot, tenant dans un pan de son manteau ces divers objets, la maladresse du conducteur fit verser la voiture, qui tomba, du haut d'un rocher, sur un amas de pierres. Cependant Elisabeth ne fut pas blessée, et même aucun des jouets qu'elle portait ne fut brisé. Elle alla aussitôt les distribuer à ses pauvres pour les réjouir.

Une autre fois, comme elle portait dans son tablier des vivres à un groupe de malheureux, elle vit avec inquiétude qu'elle n'en avcùt pas une quantité suffisante pour en donner à chacun; car il survenait à tout instant d'autres mendiants. Elle se mit alors à prier intérieurement, tout en distribuant ce qu'elle avait dans sa robe ; et, à mesure qu'elle en retirait des morceaux, elle les trouvait toujours remplacés par d'autres, et il lai en restait encore après avoir donné à chaque pauvre sa portion. Elle s'en retourna au château en chantant avec ses compagnes les louanges du Dieu qui avait daigné lui communiquer sa vertu toute-puissante, conformément à sa promesse formelle : En vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais, et en fera encore de plus grandes.

Ce n'était pas seulement aux populations voisines de sa résidence qu'elle réservait ses soins, et son amour : les habitants de toutes les parties, même les plus éloignées, des États de son mari, lurent également l'objet de sa souveraine et maternelle sollicitude. Elle donna des ordres exprès pour que tous les revenus des quatre principautés que possédait le duc Louis ' fussent exclusivement consacrés au soulagement et à l'entretien des pauvres habitants que la disette laissait sans res-

1. La Thuringe, la Mespe, le Palatinat, la Saxe et l'Osterlaud.

sources, et veilla strictement à l'exécution de cet ordre, malgré l'opposition de la plupart des officiers du duc. De plus, et pour tenir lieu des secours et des soins personnels que l'éloignement l'empêchait de donner elle-même à cette portion de ses sujets, elle fit vendre toutes ses pierreries, ses bijoux et autres objets précieux, et leur en lit distribuer le prix.

Ces dispositions furent continuées jusqu'à la moisson de 1226; alors la duchesse réunit tous les pauvres en état de travailler, hommes et femmes ; leur donna des faux, des chemises neuves, des souliers pour que leurs pieds ne fussent pas meurtris ou déchirés par le chaume resté dans les champs, et les envoya à l'ouvrage. A tous ceux qui n'étaient pas assez forts pour travailler, elle distribua des vêtements qu'elle avait fait fabriquer ou acheter au marché à cet effet. Elle faisait toutes ces distributions de ses propres mains. A chaque pauvre qui s'en allait, elle faisait des adieux pleins d'affection, en lui donnant une petite somme ; et lorsque l'argent lui manqua, elle prit ses voiles et ses robes de riche étoffe, et les partagea en leur disant : « Je ne veux pas que vous vous serviez de ces objets comme d'une parure, mais que vous les fassiez vendre pour subvenir à vos besoins et que vous travailliez selon vos forces; car il est écrit : « Que celui qui ne travaille point ne mange point. » Une pauvre vieille femme à qui la duchesse avait

donné des chemises, des souliers et un manteau, en eut un. tel saisissement de joie, qu'après s'être écriée qu'elle n'avait jamais de sa vie éprouvé un tel bonheur, elle tomba par terre comme une morte. La bonne Elisabeth, tout effrayée, s'empressa de la relever, et se reprocha comme un péché d'avoir compromis par son imprudence la vie de cette femme.

Nous avons visité avec un tendre respect et un soin scrupuleux les lieux qui furent le théâtre d'une charité si inépuisable, d'un dévouement si céleste. Nous avons suivi tous ces sentiers escarpés que foulait le pied de l'infatigable amie des pauvres; longtemps nous avons promené nos reg-ards sur le mag^nifique paysage que l'on contemple du haut de la Wartbourg, en songeant que les yeux bénis d'Elisabeth avaient aussi, pendant la plus grande partie de sa vie, contemplé cette vaste étendue de pays, et l'avaient embrassé tout entier d'un seul regard de cet amour qui n'a ni sa source ni sa récompense sur la terre. Hélas ! les monuments fondés par la royale aumônière ont tous péri ; le peuple l'a oubliée en même temps que la foi de ses pères ; quelques noms seuls ont résisté, et conservent pour le pèlerin catholique la trace de la samte bien-aimée. Au château même de la Wartbourg-, le souvenir de Luther ', de l'orgueil

1. Il y fut retenu secrètement par l'électeur de Saxe, son protecteur, à son retour de la diète de Worms, pour le

rebelle et victorieux, a détrôné celui de l'humilité et de la charité d Elisabeth; dans Tantique chapelle où elle a si souvent prié, c'est la chaire du célèbre hérésiarque que l'on montre aux voyageurs. Mais le site de cet hôpital qu'elle avait élevé à la porte de sa résidence ducale, comme pour ne jamais perdre de vue le comble des misères humaines au milieu des splendeurs de son rang-, ce site modeste et caché lui a été laissé, et a conservé son nom. Cent ans après sa mort, en 1331, l'hôpital lut remplacé par un couvent de Franciscains fondé en son honneur par le landgrave Frédéric le Sérieux. A la réformation il fut supprimé, alors que dix-sept autres couvents et églises, .dans la seule ville d'Eisenach, lurent ruinés et pillés en un seul jour, et que les moines et les prêtres s'en allèrent deux à deux en chantant le Te Beum, au milieu des huées de la populace \ Le monument de la bienfaitrice du pays ne fut pas plus respecté que les autres, et les pierres en furent employées à réparer les fortifications du château. Mais il y est resté une fontaine, une source d'eau pure et fraîche, qui s'écoule dans un simple bassin de pierre voûté, sans ornement quelconque, si ce

mettre à l'abri de la sentence prononcée contre lui. Il nommait modestement cette retraite sou île de Patmos.

1. En 1524. Voyez la touchante description qu'eu fait l'historien protestant : Berichi von der Stadt Eisenack, p. 189 et 299.

DE SAIiSTE ELISABETH DE HONGRIE 339

n'est les nombreuses fleurs et les frais herbages qui l'entourent. C'était là que la duchesse lavait elle-même le ling-e des pauvres ', et cela s'appelle encore la Fontaine d'Elisabeth. Tout autour se trouve une plantation toufïue qui cache ce lieu à la plupart des passants ; puis quelques faibles débris d'un mur d'enceinte; c'est ce ([ue le peuple a nommé le Jardin d'Elisabeth.

Plus loin, ù l'orient, au bas de la montag-ne que domine la Wartbourg-, et entre cette montagne et l'ancienne chartreuse consacrée à la sainte en lo9i -, on voit se déployer une vallée charmante arrosée par un paisible ruisseau qui coule au milieu de prairies pleines de roses et de lis : les lianes en sont ombragés par de vénérables chênes, débris des antiques forêts de la Germanie. Dans un de ses détours, cette forêt forme une gorge secrète et solitaire, où s'élève une pauvre chaumière qui était autrefois une chapelle. C'était là qu'Elisabeth donnait rendez-vous à ses pauvres, les amis de Dieu et les siens : c'était là qu'elle descendait, tendre, ingénieuse et infatigable, par des sentiers cachés, à travers les bois, chargée de vivres et

1. Ou, selon quelques-uns, les pauvres eux-mêmes. Limperg, das in Jahr 1702 lehende und schiceOende Eisenach, p. 220.

2. Cette chartreuse, qui portait le nom d'Elisabethentiausj a aussi été complètement rasée. Il n'en reste qu'une seule pierre, qui est un tombeau. Le site est occupé aujourd'hui par une maison de correction et le jardin botanique.

d'autres secours, pour leur éviter la montée pénible du château, et aussi pour se dérober aux regards des autres hommes. Cette gorg-e solitaire s'appelle encore aujourd'hui le Champ des Lis; cette humble chaumière, le Repos des pauvres \ et toute la vallée portait naguère encore le doux nom de Vallée d'Elisabeth.

1. Elisabethenthat, Liliengnind, Armenruh. Thon, Schloss Wariburg, etrenseignemeuts pris sur les lieux eu juia 1834, Aujourd'hui la vallée a été débapt'sée et s'appelle Marienthal, en l'honneur d'une grande duchesse de Saxe Weimar.

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