Selon d'autres, de chanoines réguliers de Saint-Augustin
i. Tels sont Diessen, sur les bords de l'Ammersee, fondée par sainte Malhilde, de la maison de Méran; Wessobrunn, célèbre par les manuscrits qu'on a trouvés dans sa bibliothèque ; Steirgadeu, Polting, Rottenbuch, etc.
au sein des forêts antiques, les autres se mirant dans l'onde pure et calme des lacs de cette contrée ; tous foyers de la civilisation chrétienne du pays, et qui devaient pendant bien des siècles encore offrir un inviolable sanctuaire à la science, un asile doux et sûr aux âmes avides de repos et de prière, et une hospitalité sans bornes aux nombreux pèlerins qui suivaient cette grande route des royaumes du Nord aux tombeaux des apôtres. Que de fois aussi lesreg^ards de notre Elisabeth durent s'arrêter sur cette majestueuse chaîne des monts du Tyrol, derrière laquelle tout cœur catholique devine en tressaillant Rome et l'Italie! Elle venait accroître, à son insu, la vénération dont ces beaux lieux ont été entourés. Au pied du mont elle fit naître, par ses prières, une source si abondante qu'elle ne tarit jamais, même dans les années de la plus grande sécheresse, et en outre douée de plusieurs qualités salutaires. La pieuse princesse apportait encore avec elle, à ce lieu qui allait passer de la protection de sa famille à celle du Dieu toutpuissant, un doux et touchant souvenir de sa vie conjugale, qu'elle venait offrir dans sa simplicité au nouvel é[)oux de son âme. C'était sa robe de noces, la robe qu'elle avait portée le jour de son mariage avec son bien-aimé Louis. Elle la déposa sur l'autel, et donna en même temps aux religieux une petite croix d'argent contenant des reliques des instruments de la Passion, sa pax ou le reli-
quaire qu'elle avait toujours porté sur elle, et plusieurs autres objets qui lui étaient chers.
Peu d'années s'écouleront, et le nom de cette jeune veuve qu'on avait vue venir en humble pèlerine faire son offrande à ce sanctuaire naissant remplira le monde chrétien de sa gloire, et la main du vicaire de Dieu l'inscrira dans le ciel. Faut-il s'étonner si dès lors les présents de cette sainte, qui appartenait à tant de titres à ces lieux sacrés, devinrent d'inappréciables reliques ; et si même aujourd'hui, malg-ré les orages et les ténèbres des temps, le peuple simple et fidèle vient encore les vénérer et les baiser avec un respectueux amour * ?
1. Le monastère d'Aadechs, lors de la sécularisation de tous les bieus religieux par le roi Maximilien de Bavière, en 1806, fut vendu à un juif. Cependant l'église et le trésor des reliques ont été conservés : la robe de noces de sainte Elisabeth y sert d'enveloppe à trois hosties miraculeuses. Aux principales fêtes de l'année, de nombreux pèlerins s'y rendent; les villages voisins y viennent processionnellement en chantant des litanies. Andechs est à huit lieues environ de Munich, près du beau lac deStaremberg : de la hauteur oii est située l'église, la vue embrasse toute la chaîne des Alpes du Tyrol. Peu d'endroits en Allemagne sont plus dignes de la visite du voyageur catholique. Ceux qui pourraient s'y rendre sont priés de s'y souvenir devant Dieu de l'auteur de ce livre.