‹ Histoire de Sainte Elisabeth de Hongrie, duchesse de Thuringe (volume 3)Chapitre 17 sur 63 · DU GLORIEUX SAINT FRANÇOIS · texte numérisé non relu

DU GLORIEUX SAINT FRANÇOIS

ITnara petii a Domino, hanc requiram, ut inhabitam in domo Domini omnibus diebus vitae mese : ut videam voluptatem Domiui... Quoniam abscondit me in taberuaculo suc...

Ps. sxxvi, 4, 5.

Pro Francisci chordula, Mantello, tunicula, Purpuram déposait.

Ancienne prose de S. Elisabeth.

Missel franciscain.

Le duc Henri fut fidèle à sa parole ; et pendant tout le temps qu'Elisabeth resta près de lui, il chercha, par une conduite pleine d'affection et d'égards, à lui faire oublier les injures qu'il lui avait auparavant inflig-ées. Il lui fit rendre tous les honneurs dus à son rang, et lui laissa pleine liberté pour tous ses exercices de piété et ses œuvres de charité. Elle les reprit avec son ancienne ardeur. C'est à cette époque qu'on rapporte la fondation de l'hospice de Sainte-Marie-Madeleine, à Gotha,

dont elle s'était déjà occupée du vivant de son mari, et qu'elle accomplit lors de son retour dans ses États '. Comme autrefois, son amour pour les pauvres remplissait dans sa vie toute la place que n'occupaient pas déjà la prière et la contemplation. Affranchie par son veuvag-e de l'oblig-ation de paraître dans les fêtes et les cérémonies publiques, elle évitait ég"alement toutes les occasions de se trouver dans les assemblées des seigneurs et dans les réjouissances de la cour, qu'elle savait être trop souvent le fruit de l'oppression et des durs labeurs des malheureux. Elle préférait au faste des puissants du siècle l'humiliation du pauvre peuple de Dieu, et cherchait à s'associer à lui autant que possible par une pauvreté volontaire. Le spectacle d'une vie pareille offrait aux âmes mondaines une leçon trop sévère pour ne pas rallumer bientôt l'animosité des courtisans et de ces indig'nes chevaliers qui avaient déjà rempli de tant d'amertume son enfance et les premiers temps de son veuvag^e. Pour se venger de son mépris pour les richesses et les plaisirs, qu'ils estimaient au-dessus de tout, ils affectaient de la mépriser elle-même. Ils dédaignaient de lui rendre visite ou de lui parler; et, si par hasard ils la rencontraient, c'était pour eux une occasion de l'insulter, en l'appelant à haute voix sotie et folle. Elle souffrait avec tant de bon-

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