‹ Histoire de Sainte Elisabeth de Hongrie, duchesse de Thuringe (volume 3)Chapitre 32 sur 63 · Puis dit après : Or s'en va cil · texte numérisé non relu

Puis dit après : Or s'en va cil

Parlons de Dieu et de son Fils; Ni parler pas ne vos anuit.

KUTliBELF, p. 40.

long-. » Vers minuit, son visage devint tellement resplendissant, qu'on pouvait à peine la reg-arder. Au premier cri du coq, elle dit : « Voici l'heure où la Vierg-e Marie mit au monde le Seig-neur, et le présenta aux assistants. Parlons de Dieu et de l'enfant Jésus ; car voici minuit ! voici l'heure où l'enfant Jésus naquit, où il fut couché dans la crèche, et où il créa une nouvelle étoile que nul n'avait encore vue : voici l'heure où il vint racheter le monde ; il me rachètera aussi; voici l'heure où il ressuscita les morts et où il délivra les âmes enchaînées ; il délivrera aussi la mienne de ce monde misérable '. » Sa joie et son bonheur croissaient à chaque instant. « Je suis faible », disaitelle, « mais je ne sens aucune douleur, pas plus que si je n'étais pas malade... Je vous recommande tous à Dieu. » Elle parla encore beaucoup, toute enflammée par l'Esprit-Saint ; mais ses paroles, qui respiraient le plus tendre amour de Dieu, ne sont pas venues jusqu'à nous-. Enfin elle dit : « 0 Marie 1 viens à mon secours!... Le moment arrive

1. Ecce instat hora iu qua Virgo peperit Dominum, et intulit ad prsesentes. Modo loquamur de Deo et puero Jesu, quia iastat média nox, quando... Dovamque stellam... creavit quam nunquam aliquis prius vidit. Theod.

2. Per totam diem illaiii et noctem... sacratissimis mentis affectionibus ioDeum elevata, divinissimis quoque eloquiis et colloquiis spiritu iullammata. Ttieod. — Sponsi sui adveotum prsestolans, cum eo iutratura ad nuptias. Cœsar., Mss. Bollaud.

OÙ Dieu appelle ses amis à ses noces. L'époux vient chercher son épouse... » Puis, à voix basse : « Silence!... silence! «En prononçant ces mots, elle baissa la tête comme dans un doux sommeil, et rendit en triomphe le dernier soupir '. Son éime s'envola au ciel au milieu des anges et des saints, qui étaient venus au-devant d'elle -. Un délicieux parfum se répandit aussitôt dans l'humble chaumière qui ne renfermait plus que sa dépouille mortelle, et l'on entendit dans les airs un chœur de voix célestes qui chantait avec une ineffable harmonie le célèbre verset de l'Ég-lise qui résumait toute sa vie ^ : Regnum muncli cont emp si pr opter amoreni Domini mei Jesu Christi, quem mdi, quem amavi, in quem credidi, quem, dilexi.

C'était dans lu nuit du 19 novembre de l'an-

1. Submissa voce omnibus qui circa ip?am crant sileutium iiulixit, et ita quasi suavissime obiJormien? expiravit. .Martène, p. l2ûo. Tandem jubilamia requievit... iucliuato capite expiravit, TheoJ.

2. Occurreutibus et comitautibus augeiis et ?auctorum choris, ad regaa evolavit siderea. Theod.

Des anges fut convoie Là sus en paradis celestre Quand du sicclu déguerpi l'ostre.

RCTEBEUF.

3. In aero quoque audita e.-t... suavissima melodia... In nocte cantus deprehensi sunt fuisse illius respousorii Kegnum mundi, etc., sœpius repctiti. Petr. île Satalibus t. 263, éd. lol't.

née 1231 ; la Sainte avait à peine accompli sa vingtquatrième année *.

2. Le manuscrit du prince de Solins, intitulé Antù/uitates monasterii Ale^ibergensis, raconte que la petite Gertrude, âgée de quatre ans, qui était alors à Aldenberg, dit ce même jour à ses compagnes : « J'entends sonner la cloche des morts à Marbourg; en ce moment même la chère dame ma mère sera morte! » Justi, Vorzeit, 1823. p. 800.

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