‹ Histoire de Sainte Elisabeth de Hongrie, duchesse de Thuringe (volume 3)Chapitre 45 sur 63 · Canonisé par Célestin III en · texte numérisé non relu

Canonisé par Célestin III en

3. L'original de cette pièce se trouve dans Pray. Dissert, prfcvia, § 10.

Ssiiat-François, et enterrer dans l'église que les Franciscains avaient fondée à Gran sous l'invocation de sainte Elisabeth, malgré l'opposition de ceux qui lui recommandaient de ne pas abandonner l'ancienne sépulture des rois. Le second frère de notre Sainte, Goloman, semble avoir été encore plus enivré par le parfum de la perfection qui s'exhalait de la vie de sa sœur. Ayant épousé une princesse polonaise d'une grande beauté, Salomée, fille du duc de Gracovie, qui lui avait été fiancée et élevée avec lui dès l'àg-e de trois ans, il fit avec elle dès le premier jour de ses noces !e vœu de chasteté perpétuelle, qu'il observa avec la plus courageuse fidélité. Elu roi de Galicie, il défendit contre les Tartares cette partie de la Pologne, et mourut glorieusement en combattant contre eux pour sa patrie et son Dieu. Sa veuve fonda un couvent de Franciscains et un autre de sœurs Glarisses et prit elle-même le voile chez ces dernières, où elle vécut jusqu'à la fin de ses jours dans l'exercice des plus héroïques vertus et honorée par des faveurs toutes particulières de ,1a miséricorde divine. Le jour de sa mort (1268), on entendit dans les airs une douce harmonie et des voix qui chantaient ces paroles : Frondait, floruit virgula Aaron. Une reUgieuse ayant remarqué que sa figure exprimait une joie extrême et qu'elle souriait avec complaisance, lui dit : « Quoil madame, voyez-vous quelque chose d'agréable qui puisse

VOUS réjouir au milieu de tant de douleurs? — Otil oui, » répondit la bienheureuse, « je vois madame la très sainte Vierg-e, la mère de mon Seig"neur qui me réjouit outre mesure. » Au moment où elle rendit le dernier soupir, l'on vit comme une petite étoile sortir de ses lèvres, et monter vers le ciel '.

Mais les filles de Bêla IV, nièces par conséquent d'Elisabeth, plus rapprochées que leur père par le sexe, de celle qui était l'honneur de leur famille, voulurent aussi rivaliser avec par elle l'austérité et la sainteté de leur vie. L'une d'elles, connue dans l'Églisesous le nom de la bienheureuseMarguerite de Hongrie -, fut sans cesse préoccupée, à ce que nous dit son historien, de l'exemple que lui avait laissé sa glorieuse tante ■' ; et tout dans sa vie devait justifier en elle cette tendance.

Rien de plus touchant que sa naissance. Son père Bêla IV, du vivant de son père le roi André II, avaitépousé par ordre de son père, Marie Lascaris, princesse du sang des empereurs de Gonstantinople ; ce père lui ayant ensuite ordonné de la répudier, il obéit d'abord, mais il se repen-

1. Video Doininam meam, Virginem saucti?simaai, luatrem Dumiai, quai ultra captuui laetiQcat, etc. "Waddiug, t. V, p. 285.

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