Die liebende geliebte Gattiuû
propitiatoire, afin d'obtenir du Ciel quelque soulagement aux angoisses de la patrie. Ce vœu fut agréé par Dieu. A peine Marguerite fut-elle née que la fortune changea. Des secours imprévus arrivèrent au couple royal.
Les Mongols vinrent assiéger Spalatro ; le roi, la reine et la nouvelle-née furent cachés dans une des îles de la côté, à Veglia. Tout à coup les hordes barbares se retirent et disparaissent au fond de l'Asie. Bêla retourna dans son royaume, qui n'était plus guère habité que par les loups : il consacra trente ans d'un règne admirable à réparer les maux inénarrables de l'invasion.
Aussi ses pieux parents, fidèles à leur promesse, la firent entrer à trois ans et demi dans un couvent de dominicaines Douée d'une intelligence et d'une ardeur très précoces, elle y prit le voile à douze ans, quoique son angélique beauté ', et sa haute naissance l'eussent fait rechercher en mariage par plusieurs princes puissants, et en premier lieu par Ottocar, roi de Bohême, le plus redoutable ennemi de la Hongrie : elle y passa tout le reste de sa vie, qui ne fut que de vingtquatre années. Ce temps si court en apparence fut tout entier employé par elle à des œuvres de charité, à des actes de la plus fervente piété et à des austérités surnaturelles, en un mot à tout ce
1. Era qiiesta sauta Margarita di gratia e di bellezza corporale coui'un augelo. lôid.
qui peut à la fois développer dans un cœur pur l'amour de Dieu et le manifester au dehors. Marie et la Croix étaient les voies par où elle élevait surtout cet amour vers celui qui en était lobjet. Elle ne pouvait jamais nommer la sainte Vierge sans ajouter aussitôt : mère de Dieu et mon eS2)érmice. Ce fut à l'àg-e de quatre ans qu'elle vit pour la première fois une croix, et qu'elle demanda aux relig'ieuses : <■ Qu'est ce que ce bois ? — C'est sur un bois pareil, » lui répondit-on, « que le fils de Dieu a versé son sang- pour le salut du monde. » A ces mots, l'enfant s'élança vers la croix, et la baisa avec passion K Depuis lors elle ne vit jamais une croix sans se jeter à genoux pour l'adorer, et, avant de s'endormir, elle posait un crucifix surses paupières, afin qu'en ouvrant les yeux ce lût le premier objet qui frappât ses regards. Dieu lui accorda à la fois le don des miracles et de prophétie, et la grâce de régner sur le cœur de ses compatriotes, sans jamais sortir de son couvent: elle mettait, dans les soins qu'elle donnait aux pauvres et aux malades qui venaient la trouver, tant de grâce, de charme et d'adresse, que longtemps après sa mort, pour désigner quelque chose de maladroit ou de désagréable, le peuple hongrois disait, en guise de proverbe : « On voit bien
1 . Si laocio subito verso quel leguo, baciandolo moite volte cou le ginochie iu terra. làid.
que ce n'est pas à la façon de sœur Marguerite ' . » Elle n'avait que ving-t-huit ans lorsque Dieu la ravit à sa famille, à sa patrie et à l'Ordre qui s'en enorg-ueillissait, pour la réunir à sainte Elisabeth dans le ciel -. Après sa mort on vénéra comme relique son voile : son neveu, le roi Ladislas IV, ayant été atteint d'une maladie que l'on croyait mortelle, la sœur du jeune roi, Elisabeth, quiavait suivi l'exemple de sa tante en se faisant relig"ieuse et habitait le même couvent, envoya ce voile précieux à son frère mourant. On lui en enveloppa la tête : il g'uérit et s'en vint aussitôt en pèlerinage et à pied au tombeau de sa royale et sainte protectrice, dont il poursuivit avec ardeur la canonisation ^.
Sa sœur, Gunég"onde ou Kinga, mariée en 12:39 à Boleslas le Pudique, duc de Pologne, erig-ugea
1. Era tauto la pulitezza, lauianiera, e la.^'eatilezza sua.. . Dicevauo b en pare che cio aou stato fatto secuado il libro di suora .Margarita. Ibid.
2. Saiutc Marguerite est encore l'objet de la vêuératlou populaire en Ilougrie ; une île du Danube, un peu au-des^su-s de l'antique capitale de Bude, et très fréquentée par les habitants de Peslh, porte sou nom, et l'on y montre les ruines du couvent qu'elle y habitait. L'auteur de ce livre ue peut se refuser le plaisir de témoigner ici sa recoiuiaissauce pour l'accueil aussi courtois que magnifique qui lui a été fait dans cette île môme, par les prélats et Les magnats du beau royaume où est née sainte Elisabeth. {Note de la 0' édition).