Weil sie gar jung von zarter Natur war
vingt-huit ans elle s'appliqua résolument à devenir, comme sa grand'tante sainte Elisabeth, une humble et vraie servante de Dieu. Elle passait la plupart de ses journées à filer avec les autres relig-ieuses, et travaillait avec tant d'ardeur, que ses doigts en gonflaient. La stricte observance de la règle lui coûtait un peu, surtout quant au silence, s'il faut en croire sa compagne; "mais l'humilité la sauvait et la soutenait. Quoiqu'on fût touché non seulementdans l'Ordre dominicain, mais encore à Zurich et dans les alentours, de voir ainsi confondue avec les religieuses issues des familles ordinaires du pays une fille de roi, dont les quatre bisaïeux étaient tous de race royale ', elle ne souffrait pas que son rang la dispensât d'aucune des obligations de son état, comme de servir la communauté àtable, de faire sa coulpe au chapitre, etc. Un jour, la veille d'une grande fête, un prêtre du dehors, fort grossier el ignorant -, étant venu confesser les religieuses, elle vint à son tour s'agenouiller devant lui et lui raconta non seulement ses péchés, mais ses chagrins. La confession faite, il lui demanda son nom. « Je m'appelle, dit- elle, sœur Elisabeth de Bude en Hongrie. — Y es-tu née? reprit le prêtre. — Oui. — Alors, dit-il, il faut que tu sois une bien misérable créature pour