‹ Histoire de Sainte Elisabeth de Hongrie, duchesse de Thuringe (volume 3)Chapitre 9 sur 63 · Instantissimc cum lacrj-mis rogare cœpit... Ut pro · texte numérisé non relu

Instantissimc cum lacrj-mis rogare cœpit... Ut pro

lui disait : « Jamais ta n'as fait de prières qui me fussent aussi agréables que celles-ci ; elles ont pénétré jusqu'au fond de mon cœur. C'est pourquoi je pardonne à tous les péchés que tu as jamais commis de ta vie. » Et la voix lui fit alors l'énumération de tous ces péchés en lui disant : « Je te pardonne tel et tel péché '. » Elisabeth, étonnée, s'écria : « Qui êtes-vous qui me parlez ainsi? » A quoi la même voix répondit : « Je suis celui auprès de qui Marie-Madeleine est venue s'agenouiller dans la maison de Simon le Lépreux ^. » Plus tard, comme elle se désolait de ce qu'elle n'avait pas auprès d'elle son confesseur habituel, le Seigneur lui désigna pour confesseur le saint qu'elle avait spécialement préféré dans son enfance, et qu'elle avait si vivement chéri, saint Jean l'Évang-éliste. L'apôtre de l'amour apparut : elle se confessa à lui avec une mémoire plus fidèle, disait-elle, et une confusion plus grande de ses fautes, qu'elle n'en avait jamais éprouvée aux pieds d'un prêtre : il lui imposa une pénitence, et lui adressa des ex-

qualibet injuria unum gaudium rependere Deus diguaretur. Ibid.

1. Niioquam uUas orationes fecisti sic mihi gratas sicut istœ fuerunt... Penetraverunt istse ad intima cordis mei. Quapropter ego parco omnibus peccatis tuis quœ dixisti vel fecisti toto tempore vitse tuae. Et diaumeraus omnia peccata sua, dicebat : Ego parco tali peccato tuo, etc. Ibid.

2. Ego sum ad cujus pedes venit Maria Magdalena iu domo Simouis leprosi. Ibid.

hortations si tendres et si efOcaces, que ses maux physiques lui en parurent soulagés, aussi bien que les plaies de son âme ^

11 lui fut encore permis de pénétrer par de vives et fréquentes contemplations jusque dans les moindres détails de la passion douloureuse du Sauveur. Une fois, par exemple, qu'elle priait avec ferveur, elle vit intérieurement s'ouvrir devant elle une main resplendissante de blancheur et de lumière, mais extrêmement amaig-rie, ayant les doigts très longs et déliés, et au milieu de la paume une cicatrice profonde ^ ; elle reconnut à ce dernier signe que c'était la main du Christ, et s'étonna de ce qu'elle était si maigre et si décharnée. La voix qu'elle connaissait lui répondit aussitôt : « C'est parce que j'étais épuisé la nuit par les veilles et les prières, et le jour par mes courses à travers les villes et les campagnes pour prêcher le royaume de Dieu. » Elle vit encore le sang épais et trouble qui était sorti du flanc transpercé de Jésus crucifié ^, et s'étonna de ce qu'il

1. Cum esset desolata eo maxime qiiod confessoris copiam non haberet, sumnius pater dédit sibi beatum Johannem Evan^'elistam in coiifessorem., . Miro modo omnium peccatoriim suorum recordabatur et coram ipso magis verecuudabatur quam coram aliqiio de mundo. .. Ibid.

2 Vidit mentalibus oculis aute se maniim candidissimam et pplendidis?imam, sed macileutam : habebatque digitolongos et lu palma magui vuineris cicatricem. Ibid,

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