‹ Histoire de Sainte Roseline de Villeneuve, religieuse chartreuse, et de l'influenceChapitre 16 sur 48 · DE SAINTE R0SEL1NE · texte numérisé non relu

DE SAINTE R0SEL1NE

Dès le commencement de 1261, Jeanne de Villeneuve, recevant la dignité de prieure, put installer à Celle-Roubaud l'essaim de chartreusçs parti du monastère de Bertaud. La direction religieuse de la maison de Celle-Roubaud était attribuée, soit aux pères des chartreux de Montrieux, soit aux chartreux de Laverne, dont le siège n'était qu'à la dislance d'une petite journée démarche; tandis que la vérilable source des chartreuses professes restait le monastère de Bertaud.

Les échanges de prières et de bienfaits entre la prieure de Celle-Roubaud et le châtelain des Arcs, frère de la prieure, les saints exemples, les fervents entretiens de la vénérable sœur étaient faits pour exercer un entraînant prosélytisme sur la famille du château et sur les maisons du voisinage. Le ciel ne préparait-il pas ainsi à Roseline les conseils et les exemples qui devaient la soutenir ou l'encourager?

Pendant que le monastère des chartreuses s'installait, Arnaud II de Villeneuve allait demander une épouse à la famille de Sabran. Sortant d'une famille où la piété était alors florissante. Sibylle de Sabran vint donner un nouvel essor aux aspirations religieuses de la famille des Arcs. Sibylle de Sabran, femme forte devant Dieu, devint la mère de onze enfants, presque tous illustres par leurs vertus et leurs talents.

Portant dans ses entrailles le premier fruit d'une union qui fut si merveilleusement féconde et bénie, Sibylle de Sabran, du fond de son oratoire, demandait à la Reine des anges de protéger Tentant qu'elle allait mettre au monde. Au miliey de son ardente prière, un saint ravissement lui appritiqu'clle enfanterait une rose sans épines, dont le parfum embaumerait la contrée tout entière.

On le voit, tout annonçait une enfant de prédilection, et tout se préparait à la recevoir;... le sanctuaire était prêt et la religion allait l'enlacer de tous côtés par les plus doux liens; les prières des parents avaient obtenu des trésors de grâces pour Tenfant.

Le 27 janvier 1263, douze ans seulement après que la voix

défaillante de Romée de Villeneuve était venue exprimer ses dernières volontés dans le château des Arcs, un événement plus joyeux se passait dans la même demeure : c'était une pelite-nièce de Romée ; la première-née d'Arnaud II de Villeneuve, qui venait au monde : c'était la naissance de celle qui devint plus tard sainte Roseline. Là où la gloire politique de la famille avait reçu sa suprême consécralion par les dernières paroles du grand administrateur de la Provence, la gloire religieuse recevait son inauguration dans les vagissements de la faible fille qui allait conquérir l'amour et les hommages du peuple par la charité et par l'abdication de toutes les jouissances et de tous les privilèges de la grandeur. \

Les dignités et les homieurs de la famille de Roseline donnèrent trop d'éclat à sa naissance pour qu'ils puissent être passés sous silence. L'Église ne fait-elle pas, dans les prières \ de sainte Roseline, un souvenir de ces avantages mondains > pour en tirer une utile leçon ? ces avantages séduisants ne rendirent-ils pas plus éclatant et plus méritoire le sacrifice que fit le jeune cœur de Roseline, lorsque, embrasée de l'a- * mour de son Dieu, elle abdiqua les jouissances et les grandeurs pour se soumettre à la règle qui répugne le plus aux délicatesses et aux infirmités de l'organisation féminine? un chrétien peut-il douter que la dignité de la victime augmente le prix du sacrifice? Si les épreuves de la pauvreté peuvent être acceptées avec résignation par les déshérités de la terre, c'est lorsqu'ils voient les souffrances, les privations préférées aux richesses, aux honneurs par ceux qui en avaient reçu le privilège.

Le père de Roseline, Arnaud II, représentait la branche ainée de Villeneuve en possession des seigneuries des Arcs, de Trans, de Flayosc, d'Esclans, de Lamotte et autres places.

Roseline avait pour grand-oncle de son père l'illustre Romée de Villeneuve, fondateur de la branche de Villeneuve-Vence, et pour onde germain de ce même père^ Hugues RATinoifD, tige de la branche de Villeneuve-Bargemont.

On voit que la naissance de Roseline suivit de près la pé-

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