PROCÈS -VERBAL
Translation des reliques de sainte Rossoline ou Roseline, faite par M. Louis-CharleS'Jean-Baptiste Michel, évéque de Fréjus, le \\ jttin
Louis-Charles-Jean-Baptiste Michel, par la miséricorde de Dieu et la gi^ce du saint-siège apostolique, évéque de Fréjus,
Faisons savoir à tous ceux à qui il appartiendra, que la châsse en bois renfermant la précieuse relique de sainte Rossoline, de l'ordre des chartreuses, placée dans l'église de Sainte-Catherine, ayant soutTert, à raison de la longueur du temps depuis lequel elle y est renfermée, et que les fidèles de la paroisse des Arcs, à laquelle la sainte chapelle appartient, ayant désiré que ladite relique fût enfermée dans une nouvelle châsse, qui a été confectionnée en marbre, avec notre permission donnée, conformément à leur désir, nous nous sommes transporté à ladite chapelle Je
neuf juin de cette année mil huit cent trente-cinq, avons reconnu la relique, et avons permis que la châsse fût retirée de sa place pour y substituer celle en marbre; et, pour plus grande sûreté, avons scellé de notre sceau le Titrage placé devant la châsse, aGn de n'avoir aucun doute sur son identité et son intégrité.
Nous y étant rendu de nouveau cejourd*hui, onze du même mois, après avoir célébré la sainte messe au maître-autel de la chapelle, nous avons Bppelc les personnes les plus âgées du pays, au nombre de sept, savoir :
Joseph Bonhomme, âge de 66 ans ; Clément Thibaud, âgé de 71 ans; Joseph Boyer, âgé de 73 ans; Jean AaylKiud, âgé de lA ans; Jean Pascal, âgé de 76 ans ; Jean-Baptiste Textoris, âgé de 81 ans ; Pierre Guillen, âgé de 83 ans ;
tous de la commune des Arcs, lesquels ont déclaré que la précieuse relique renfermée dans la châsse en bois, est celle qu'ils ont toijgours vue telle qu'elle est ; qu'elle est toujours restée à la même place, savoir : dans la niche creusée dans la muraille de la chapelle, qui est à droite de la porte d'entrée de la chapelle, où elle était fermée par une porte à deux battants; qu'elle n'a jamais été profanée ; et qu'elle est dans le même état dans lequel ils l'ont toujours vue, à l'exception du détriment qu'a pu y causer le laps du temps. La châsse a été ouverte sous nos yeux ; des hommes de l'art, que nous avions priés de s'y rendre, savoir :
Jean-François Liotard;
Antoine-Victor Raybaud;
Romain Porre, chirurgien de la commune des Arcs ;
Bernard-André Aillaud, chirurgien de la commune de Trans;
appelés à reflet de reconnaître l'état dans lequel est la relique, ont reconnu que le corps est entier et les ossements recouverts de leurs téguments desséchés. La relique a été ensuite, toujours sous nos yeux, retirée avec soin de la châsse en bois, et placée dans la châsse en marbre, que nous aTons scellés en deux endroits de notre sceau, le même que nous avons apposé au présent procès- verbal.
Il est à observer que nous avons trouvé dans l'ancienne châsse un procês-verbal rongé en partie, mais avec sceau intact, écrit en latin par le R. P. François de Bashoa, de Tordre des frères mineurs, provincial de la province Saint-Louis, du même ordre, à la date du seize août mil six cent dix-neuf, dans lequel il déclare avoir trouvé le corps entier et sans corruption ; et que nous l'avons remis dans la châsse en marbre, avec le présent, après avoir tiré copie de l'un et de l'autre ; pour lesdites copies être conservées, soit au secrétariat de 1 evêché, soit dans les archives de la fabrique de la paroisse des Arcs, et avons signé ledit procès-veiiKil avec
HM. Joseph-Antoine Dubuy, notre vicaire-général ;
Honoré-Louis Ravbaud, maire de la commune des Arcs;
Marquis Raymond-Ballhasar-Marcellin de Villencuve-Flayosc, demeurant tout près de la chapelle, membre de la famille î laquelle appartenait sainte Rossoline, qui, dans le verbal du R. P. François, est désignée sous le nom de Roseline.
Les hommes de Fart appelés pour reconnaître Tétat de la relique, et les fabriciens de la paroisse des Arcs.
Fait dans la chapelle même de Sainte-Catherine, les jour, mois et an que dessus; savoir : 11 juin 1855.
Suivent les signatures des principaux témoins désignés ci-dessus :
Josepli-Antoine Dubuy, vicaire-général;
Honoré-Louis Raybaud, maire de la commune des Arcs;
Le marquis Raymond-Balthasar-Marcellin de Yilleneuve-Flayosc.
Celle des hommes de Tart :
Jean-François Liotard ;
Antoine-Victor Raybaud ;
Porre et Bernard-André Aillaud.
Ces signatures sont encore suivies de celles de quelques autres témoins, entre autres de celle du fils aine de M. le marquis de Villeneuve-Flayosc, et sont toutes terminées par celle de monseigneur Tévèque de Fréjus, Louis-CharlesJean-Baptiste Michel.
CoUationné conforme à Toriginal enfermé dans la nouvelle châsse, ei dont copie textuelle a été prise pour être conservée dans les archives de révêché de Fréjus.
A Fréjus, le 12 septembre 1835.
I Lodi»-Charlbs, évêque de Fréjus.
Signé : Descosse, chan, iec. gdn. de Véviché,
Copie conforme, le 23 août 1861 .
Comte H. de Villeneuve.
Ailontel saorlléif* contre te rsllqoa éê MJate Bo«*ll»«<.
55. Falsi duo fratres observantes, natione Hispani, hospitio ad S. Catharinae excepti, consilium inierunt, quomodo S. Roselinœ caput in suam portarent regionem. Surgunt ergo média nocte inter horam nodedmam ac duodecimam sutsque cubiculis clam egressi deacenderunt in ecrJesiam, cœperuntque effringere operculum arc», ut ipsam vi aperirent. Hoc dnm tentant, apparuit sancta domesticorum famulorum uni, nomine Petro Te-
* Tiré des rollandistes.
neron Calesensi, sopitoque dixit; vade et vide quid circa me agatur. Experreclus ille, cogitavit nom forte oblitus esset pad)ulam equis praebere ; dum autera intra se délibérât, incertus verane an falsa ea visîo fuisset, pergitque ad stabulum; vidit per fenestram ecclesiae lumen tantum intra capellam S. Antonii Patavini accensum, quasi si tota eodesia arderet. Gum autem ad dictam capellam venisset, reperit ibi duos illos hospites; quorum unus bulgam apertam tenebat; aller manus iutra arcam extracturus inde caput sanctum. Reprehensos ergo de sacrilegis tentalo, absistere CŒpUs coegit} et de re tota guardianum admonuil : qui vehementer increpatos dimisit, ac porro firmius claudi arcam fecil. Ab illo lerapore factum credo, ut nonnihil corruptîonis notetur circa labia, quasi lemerario illo contaclu irreverenler compressa, sicut Boni-Passus prior relatum sibi ab obser^-anlibus asserit.
Chauvetus in suis memoriis notât. Simile quid tentatum a quodam obserrante ipsius Arquensis conventus incola : cui successit, ut ex eodem sacro corpore costam auferret inobsenratus. Yerum cum deinde Romaro profeclus, ipsius pênes se retinendae peteret facultatem, repulsam luHt; jussusque fuit illam consignare R. patri Boyer aliquo publico munere istic fungenti (nos an. kdclxi invenimus Romae agentem Handriarunif et in causa canonizationis martyrum Gorcomiensium procuratorem) is autem censuit con?enire, ut Villanovana; Garlhusiae reliquia illa darelur, ubi etiamnum senratur; sed ita, ut ejus causa, nuHus eo concursus, nullum festum fiât, publice vel privatim.
IteolMrolMs Mur U eôto ▼olée à U ■alnle rellqaa
LETTBE DB M. CAlfBOM, D^AVlGKOH, ABRBSSéE LB 6 MARS ieP6, A M. LE GRAND VICAIRB DE ***,
La commission que vous avez bien voulu me confier de la part de Mgr Tar* chevèque m'a été d'autant plus facile à remplir que je m'en étais occupé plutôt à cause du nom de Roseline que j*ai donné le 51 décembre dernier à ma nouvelle-née. — J'avais passé le Rhône pour compléter sur les lieux mes informations personnelles, lorsque les RR. PP. jésuites de noire ville me firent la même demande que vous, je pense de la même part; car ils m'ont fait dire que c'était sur une lettre de leurs pères de Dijon qu'ils s'occupaient de la chose. Je vous ferai, en vous priant de la transmettre à Sa Grandeur avec mes trés-respectueuses et très-afTectucuses saluta\ lions, la réponse que je leur ai faite hier au soir.
A savoir, que réellement la Chartreuse de Villeneuve, sise à Avignon,
' La côte recherchée vient d*ètre retrouvée par M. Canron au milieu d'autres reliques que le défunt curé de Viileneuve-lez-Avignon avait réunies dans sa ehtmkre. Juin i:m. (H. PS V.)
était autrefois en possession d'une côte de notre sainte ; la seule côte qui eût été enlevée à son corps, grâce au pieux larcin d'un franciscain qui fut contraint, par ordre de la cour de Rome, de la céder à nos chartreux avignonnais : comme vous pourrez le voir aux BoUandistes (2* vol., juin, p. 501). Qu'est devenue celte relique ? je l'ignore ; ce qu'il y a de certain, c'est qu'il n'en existe point trace dans les nombreux reliquaires que Villeneuve possède actuellement de ses anciens chartreux, soit dans ses maisons particulières, soit dans ses églises ou chapelles encore livrées au culte. Chose curieuse, ces reliquaires sont intacts et contiennent des os de toute espèce de saints; mais en lait de saints de l'ordre, ils n'ont rien que la tunique ou le lit de saint Ânthelme de Belley, et un calcul du rein du bienheureux cardinal Albergati, qui mourut de la pierre... Et cependant nous savons qu'ils étaient riches jadis des dépouilles des saints de Tordre, entre autres de saint Hugues, évèque de Lincoln. Où tous ces trésors ont-ils passé? Il semble probable que les derniers chartreux emportèrent ce qu'ils jugèrent être le plus précieux, et comme ordinairement pour des religieux les plus grands saints du paradis sont ceux qui ont été canonisés sous leur habit, il ne me parait pas difûcile d'adm^lre que les nôtres se sont attachés de préférence à sauver les restes des saints de leur institut.
Si la personne qui s'est adressée à cet effet à Mgr Chalandon pouvait savoir le nom du chartreux qui a remis la côte en question, il me serait facile de résoudre le cas, puisque j'ai par devers moi le nom de tous les chartreux qui habitaient Villeneuve au moment de la révolution.
Il y aurait encore im moyen, ce serait la confrontation anatomique de ladite côte, avec une relique authentique de la sainte que possède mon ami M. de Barrème de Tarascon, résidant à Nice , et arnère-neveu de sainte Roseline par sa mère, mademoiselle de Villeneuve Trans. M. de Barrème confierait volontiers à Mgr Chalandon son reliquaire, et la personne qui a la côte ne concevrait aucune crainte aussi à Sa Grandeur qui examinerait et authentiquerait le tout.
Si l'on veut, je me chargerai très-volontiers d'en foire Touverture à M. de Barrème, à la condition toutefois qu'on me donnerait pour ma petite Roseline une parcelle de la côte.
Agréez, etc.