‹ Histoire de Sainte Roseline de Villeneuve, religieuse chartreuse, et de l'influenceChapitre 43 sur 48 · AUTRE CANTIQUE · texte numérisé non relu

AUTRE CANTIQUE

Air : Goûlei âmes ferventes.

Venez, peuple fidèle, Accourez au tombeau De la vierge mortelle Qui partout suit l'agneau.

REFRAIK

A l'auguste patronne Qui sourit à nos cœurs.

Tressons une couronne De nos plus4)elles fleurs.

0 rose sans épine Tu parfumes les cieux !

Ton nom, ô RoseUne î Est un nom glorieux.

Dès l'âge le plus tendre Jésus est ton époux; Tu brûles de lui rendre L'hommage le plus doux.

L'humanité souffrante Émeut ton jeune cœur ; Tu cours, impatiente, Sur les pas du malheur.

Vais soudain l'on farrôte, Tu regardes les cieux !

Les pains, sois satisfaite, Sont des lis précieux*.

Frappé de ce spectacle, Ton père est tout surpris ;

Il s'écrie : 0 miracle !

Des fleurs du paradis!

Non, du monde volage Tu n'écouteras pas Le perfide langage.

11 conduit au trépas.

Mais, dans la solitude.

De la loi du Sauveur Tu feras ton étude Et ton plus grand bonheur.

Ta savoures les charmes Du langage divin :

Oh! que de douces larmes Ruissellent sur ton sein I

Modeste violette, Tu voudrais fuir le jour; Ne crains pas la tempête.

Embellis ce séjour.

De la sainte milice Prends le commandement ; Sur toi le ciel propice Veillera constamment,

A ta voix pénétrante, Tous les plus grands pécheurs, En leur âme tremblante Déplorent leurs erreurs.

• Miracle des pains changés en roses et en Us au moment où RoscUne est surprise et aiTêtée par son père, qui lui reprochait ses aumônes excessives.

Coniine le divin maître, L'ami des malheureui.

Tu lais ton bonheur d'être Au milieu des lépreux.

En touchant leurs ulcères, Tu les guéris soudain.

Exauce leurs prières, Étends sur eux ta main.

Armés pour la défense

De la religion,

Les preux, pleins de vaillance.

Appellent Hélion.

Monté sur sa galère, Ton fi^re fend les mers •.

Dieu I soyez-lui prospère...

Las ! il est dans les fers.

Hàte-toi, prends des ailes, Vole le secourir ; Au joug des inûdèles Ta main doit le ravir.

« Seigneur dont la puissance, a Plane au-dessus des eaus, a En toi j'ai confiance, « Prends pitié de ses maux. »

Touché de ta prière.

Le père des chrétiens Va visiter ton frère Et court briser ses liens.

Aussitôt, comme une ombre, Tu glisses sur les flots...

t Que ton séjour est sombre !

« Ami, quel noir cachot I »

« Viens, mettons à la voile, « Retourne en ton pays, c Marie est notre étoile, t Armons-nous de son lis. >

Sans rame ni boussole, Tu le conduis au ])ort; Soudain à ta parole Il s'arrête et s'endort.

Mais bientôt il s'éveille Et dit avec transport :

0 ciel ! quelle merveille !

Je reviens de la mort.

De sa reconnaissance, L'hommage solennel, Avec magnificence Brille sur ton cutel.

Nais avant que la tombe S'entr'ouve sous tes pas.

Tu veux, blanche colombe, T'exiler ici-bas.

Va, médite en silence L'austère vérité :

Elance-toi d'avance Jusqu'à l'éternité.

Puissante protectrice, Accepte nos présents :

A nos vœux sois propice, Nous sommes tes enfants.

Écarte les orages, Féconde nos sillons.

Dissipe les nuages, Fais mûrir nos moissons.

Si, du ciel, la colère Venait fondre sur nous, 0 vierge tutéhiire.

Garde-nous de ses coups.

Sur nous, sainte patronne, Abaisse tes regards ; Vois au pied de ton trône Le bon peuple des Arcs.

Toujours de sa Taiblessc Sois l'espoir et l'appui; Protège- le sans cesse, Intercède pour lui.

Puisse-t-il dans la gloire Te contempler un jour, Et bénir ta mémoire Au céleste séjour.

* Hélion de Villeneuve, dont les descendants honorent encore aujourd'hui la Provence, chevalier de Jérusalem, prieur de Saint-Gilles et ensuite grand maître de nhudes, tomba entre les mains des Turcs vainqueurs et fut miraculeusement délivré par l'entrencise de sainte Iloseline, sa sœur, qui lui apparut dans son cachot, brisa ses liens et le reconduisit en son pays. Ce miracle, attesté par la tradition, est c.té par les bollandistes (11 juin), d'après dom Chauvet, qui a écrit la vie de la sainte chartreuse.

A Tauguste patronne | Tressons une couronne

Qui sourit à nos cœurs, | De nos plus belles fleurs.

HYMNO A SANTO ROUSSOULINO

Atn : De tes enfants reçois l'hommage.

Venez d'aou ciel, troupo angelico,

Secounda-nous de voustrei chanis,

Entounas un divin cantico,

Per Roussoulino de Sabran;

Sur de lyros harmouniousos

Célébras aqueou jouine couar,

Que per de flammes vertuousos

Si consumé jusqu'à la mouar. (bit)

REFBEl)!

Eimablo santo, ô \ierge debounairo,

0 Roussolino, 6 l'espoir lou plus doux I

Oou ciel degnas adressar uno prière,

A voustro voii Diou \a nous rendre buroux. [hii)

Anges sants que émé coumplésenço Avez entoura soun berceou, Quand veillavias sur soun enfance; Per un proudigi tout nouveou, Souto voustro alo tutelairo J.a jouino vierge retrouvé, Leis soins de la plus tendre mère, Que troou leeu la mouar li levé.

Eimablo santo, etc.

Jouino encaro, ei pes de Marie Va si jitar, Mère de Diou Li digue t-il, vias une fîUo Senso mère, siclies la miou.

Aoussi dés Tagé lou plus tendre Per seis admirables vertus, Roussolino poudié prétendre Oou bounheui* dois sants, deis élus.

Eimablo santo, etc.

Ni leis plésirs, ni la richesse,

Ni lou mounde, ni seis apas,

Din lou camin dé la sagesse

Ren pondiez ralenti seis pas.

Ben leeu soun père li destine

La man d'un jouiné et beou segnour :

Nani, respoundé Roussoulino,

Jésus soulet es moun amour

Eimablo santo, etc.

Emé Tagramen de soun pèro, Intro din l'ordre dei chartroux, Dins un superbe monastèro Que n'avien basti seis ayoux.

Mai per sa douçour, sa patienço»

Sei compagnes a leou charma ; Et jouino enca, per sa pnidenço, Vérité de lei gouverna.

Eimablo santo, etc.

Chasteis surs, anges solitairos, Aqueou trésor es pas per vous, Roussoulino es plus per la terro, Lou ciel n'es devengu jaloux.

Graiido santo que din la gloiro Escoutas nouestrei feblei chants.

Accourda-nous forço victoiros Sur lou démoun et lei méchans.

Eimablo santo, etc.

0 pople van, troupo insensado,

Que les d'un jour tan précieux,

D'uno festo sanio et sacrado

Un jour coupable et malhuroux,

D'oou del alumas la coulèro,

Métés un terme à seis faveurs;

Et Diou ben luen d estré un bouan pèro,

Per naoutré a plus que dé rigours.

Eimablo santo, etc.

CANTIQUE POPULAIRE DE SAINTE ROSELlNEi.

C'est la servante de Jésus, Cest notre sainte Rossoline, Fille de la plus noble origine.

Elle n'en relève son tablier.

Le jette sur la mer salée.

Et quand la mer eurent passée, Et vague vague de marcher.

* Variante da cantique chantée par le peuple des Arcs.

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