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çonnait seulement d’étre partisans de Philippe étaient égorgés sans pitié; on croyait les traiter avec humanité en se bornant à leur donner la mort. Il n’y eut.aucun épouvantable ex<^ auquel la licence ne se portât.
Barcelone, assiégée avec vigueur par lœ Autrichiens et les Anglais , se rendit par capitulation ; c’est dans cette circonstance - mémorable que 1 comte de Peterborough , dont Voliaire a (ait un portrait si (nquant, montra tant de présence d’esprit, de bravoure et de magnanimité. Il sauva la vie du vice-roi ilasco, que le peuple , ameuté au son du tocsin , voulait massacrer , lui donna des moyens d’évasion, et délivra des passe -ports à tous ceux qui voulurent se retirer à Madrid.
Le roi Charles fit grand d’Espagne le comte de Cifuentès et les principaux chefs de la révolte. On vit des nobles qui, pour obtenir des récompenses , eurent la lâcheté de faire valoir des services qu’ils n’avaient pas rendus , ou de se vanter de n’avoir servi avec zèle le dernier gouvernement , que pour mieux le trahir. Le portrait de Philippe fut outragé ; la ville fit brûler les copies des privilèges qu’elle avait obtenus de lui; mais elle eut soin de garder, en cas d’événement, les chartes originales.
I.e comte de Cifuentès mettait l’Aragon en insurrection. On pendait , sans aucune forme de
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procès, les prisonniers que les partis faisaient l’un sur l’autre. Cette manière de faire la ^erre dora environ dix ans.
La révolte, dont les premiers feux araientëté allumés dans le royaume de Valence par des ennemis tant étrangers qu’intérieurs, y faisait tous les jours des progrès rapides. Le comte de Cardona , l’un des principaux personnages du pays , était à la tête des factieux, et il jouissait d’une influence telle, qu’il entraînait presque toute la no- Wesse dans son parti. Les alliés lui fournirent un précieux auxiliaire ; leur flotte avait débarqué sur la cote de Valence, à son passage pour se rendre en Catalogne , un nommé £asset, qui avait la mission spéciale d’exciter la rébellion , de réunir les mécontents, et de mettre le pays en révolte ouverte. Basset, ancien agent d’intrigues, homme sans honneur, sans morale, et sans foi, était un de ces brouillons adroits, qui commencent les révolutions. Possédant la langue du pays, il savait parler aux pa-ssions du peuple, dont il partageait, par son extraction, les goûts, les habitudes et les vices. La promesse de l’abolition totale des impôts lui donna bien vite un grand nombre de partisans parmi les hommes de la campagne. Les gens sans aveu, les contrebandiers, les assassins accoururent de tous les coins de la province. Basset fît proclamer l’archiduc Charles, et , en vertu de la
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patente qu’il en avait reçue, il se fit reconnaître lui-méme comme gouverneur des armées et viceroi. Il supprima toutes les anciennes contributions, ce qui réjouit singulièrement le pays , quoiqu’il fût obligé de fournir aux frais de la guerre , et qu’il payât beaucoup plus qu’au paravant.
Le vice- roi Basset fit son entrée dans la ville de Valence , que la trahison lui avait livrée, à la tête d’un petit corps d’armée, que commandait en second un colonel qui avait déserté avec une partie de son régiment. Le roi Charles ne crut pas pouvoir prodiguer trop de faveurs et de grâces à son illustre représentant; il honora sa mère, vieille femme ipconnue , qui vivait dans l’état abject où elle était née , du titre de marquise , et on lui assura un revenu considérable, pour l’aider à en soutenir la dignité ’.
Le roi n’avait pas assez de troupes pour faire face de tous côtés à ses ennemis , et pour contenir ses sujets rebelles. Le feu de la révolte s’élait communiqué aux trois grandes provinces contiguës de la Catalogne, de Valence et de l’Aragon, et l’année 1706 les vit enlever presque entièrement
' L’enthousiasme était porté à* un tel point d’exaltation , que des prcdicaleurs fanatiques, montrant du haut de la chaire la noble mère du sauveur de la patrie , lui appliquaient ces paroles , adressées dans l’évangile i la Saûite Vierge : Bratus wnter , etc.
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au souverain légitime > à qui , dès le milieu de 1 année suivante , il n’en restait presque plus rien.
Le ministre Amelot et la princesse des Ursins s’emparèrent de la direction des affaires , et l’ôlèrent totalement au cabinet espagnol. Philippe porta la condescendance jusqu’à laisser mettre garnison française dans plusieurs de ses ports et de ses places. Les Espagnols furent offensés de cette marque de défiance, et les alliés y virent une nouvelle raison de s’irriter et de s’in^gner des envahissements de la puissance de Louis Xip~,
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