‹ Histoire de Sardaigne, ou, La Sardaigne ancienne et moderne, considérée dans ses lois, sa topographie, ses productions et ses moeurs (volume 2)Chapitre 18 sur 97 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

L’Espagne fait un armement pour reprendre la Sardaigne. — Un débarquement est opéré. — Des nicsiires mal combinées et la trahison du chef de l'expédition la font échouer. — Son mauvais succès donne lieu à dc.s vengeances et à des perséeulions, — L’Espagne est entraînée, comme la Sardaigne , dans de nouvelles calamités. — Philippe P ast oblige d’abandonner Madrid pour la seconde fois. — Vendôme sauve l’Espâgue à Villaviciosa ; Villars sauve la France à Deuain. — Les négociations d’Utrecht amènent la conclusion de la paix générale. — La Sardaigne reste en la possession de la maison d’Autriche. — 1710a 1 7 ifi.

J 710. Dès que l’expcklilion de Sardaigne eut été forinc’lleinent rè.solue dans le conseil de Madrid, on confia la conduite de celte entreprise au duc d’6- ZL'da. On ne savait pas alors qu’il ne cherchait que l’occasion de se venger de l’affront fait à son orgueil dans les événements de Naples * , et on la lui offrit naturellement. On fit passer à Gènes le marquis de Saint-Philifipe , avec le comte delÇasiUlo , afin de se mettre de concert avec le duc, à qui on envoya l’argent et les munitions nécessaires pour trois mille hommes de débarquement.

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Le duc de Medina-Celi , secrétaire-d’état des affaires étrangères et premier ministre , dont la trahison n’avait pas encore été découverte et punie ' , s’étant mis pour cet objet en correspondance directe avec le duc à’IJzeda, pressait en apparence l’exécution de l’entreprise. Ce qui {)araît certain , c’est qu’ils n’étaient pas mieux intentionnés l’un que l’autre , et qu’ils étaient d’accord entre eux,- Le duc àfUzeda ne servait pas le roi de bonne foi ; il tira en longueur l’expédition qu’il était chargé de diriger, jusqu’à ce que la flotte ennemie , qui transportait sept mille hommes à Barcelone , et mouillait à Vado, fût au moment d’appareiller. Il trompa les espérances des Sardes fidèles par ces temporisations étudiées.

Uzeda entretenait une corresjondance suivie avec le comte de Thaim , gouverneur de la Lombardie autrichienne , et avec la comtesse d’ Oropesa ,

’ Philippe V, après la dissolution du congrès de Gertniydemberg , essaya de traiter en particulier arec les Hollandais , auxquels il offrait de céder la Flandre espagnole et le commerce des Indes , s’ils roulaient se détacher de l’alliance, et le reconnaitre. Ces négociations étaient de nature à être tenues secrètes , et cachées surtout avec soin aux cours de Vienne et de Londres. Le duc de Uedina-Celi , qui était chargé de les conduire en sa qualité de ministre des affaires étrangères , eu donna connaissance aux Anglais par le canal de son ami , le marquis Ranuccini , ministre de Toscane à La Haye. On sut tout par quelques lettres interceptées en France. Le duc fut arrêté et conduit au château de Ségorie. Une junte fut nommée pour instruire son procès.

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