‹ Histoire de Sardaigne, ou, La Sardaigne ancienne et moderne, considérée dans ses lois, sa topographie, ses productions et ses moeurs (volume 2)Chapitre 21 sur 97 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Administration du cardinal Alberonl. — Maître absolu de l’Espagne , il donne à la politique de cette puissance une impulsion nouvelle. — Sou ambition et son esprit turbulent lui fout mettre toute l’Europe en mouvement. — Alberoni, sous prétexte d’armer contre les Turcs , fait préparer en secret une expédition destinée à reconquérir la Sardaigne. — Un manifeste annonce les motifs de cette entreprise contre l’Autriche. — La Qotte espagnole opère un débarquement près de CSgliari , qu’on assiège,

^t qui capitule après une faible résistance. — Soumission des autres places et de tout le reste de l’ile. — Ue roi d’Espagne est remis en pleine possession de la Sardaigne, et sou autorité est partout rétablie. — Année 1717. •

AWeroni gouvernait l’Espagne Né dans une 1717. basse condition , et prêtre de village , dl s’élalt élevé par sa dextérité , par son talent d’exploiter la ' circonstance, et par le mariage du roi, au plus

' Fils d’un jardinier de Fir^uuola , il fut d’abord jardinier comme sou père, ensuite clerc-sonneur de la cathédrale de Plaisance, intendant de l’évéque de cette ville , et curé de campagne. Le poète Campistron , secrétaire du duc de Vendôme, qui avait suivi son maître en Italie, se ressou' vint qu’ayant été dévalisé par des voleurs , le curé Alberoni lui avait donné un asile , des habits et de l’argent , paria de son bienfaiteur au prince , comme d’un homme qui uou-seiilement excellait à faire la soupe à l'ognon ,

■nais qui avait de plus mic grande intelligence et beaucoup d« ressources

LA SAnDAIGîy E

haut degré de la faveur et du pouvoir. Premier ministre , sans en avoir le titre , depuis que l’affaiblissement de la santé du roi avait achevé de lui ôter le goût des affaires , il dirigeait toutes les branches de l’administration , faisait des réformes dans l’état militaire , dans les finances , même dans l’ordre ecclésiastique , et donnait à la famille royale des confesseurs choisis de sa main. Naturellement impétueux , doué d’une imagination bouillante , sûr d’ailleurs de la faiblesse et dé l’engoûment du roi et de la reine , il exerça une autorité absolue, interdit l’accès du souverain à tout autre qu’à ses créatures , attaqua les attributions ou l’indépendance des tribunaux , et se rendit odieux à toute l’Espagne par son despotisme et par son opiniâtreté .

On ne peut nier pourtant que la secousse qu’il sut imprimer à la monarchie espagnole n’ait rendu un peu 4e vie à ce grand corps convalescent. Mal- , heureusement Àlheroni avait plus d’activité d’esprit pour concevoir de vastes projets , que de sa-

(Uos l’es])rii. Ce fut rori^ne de la fortune A’ jilberoni. Le duc de t'endôme en tira parti, et finit par attacher à sa personne ce prêtre bouffon . dont les contes licencieux et l’intarissable gaîté le divertissaient. Il le fit venir en Espagne, loi procura des pensions , et en fit son agent près de la princesse des Ursint , qui elle-même le fit nommer chargé d'affaire du duc de Parme à Madrid. Lorsque Philippe P voulut prendre une seconde femme , c'est lui qui proposa la fille de son souverain , e’ il fut envoyé h Parme pour conclure le mariage, événemeni qui amena son élévation et la mine de sa protectrice.

ANC1EHME ET HOÜERNE. iGj

gesse et de mesure pour les exécuter. Son ambition étant de jouer le même rôle que Xinu'nès et Richelieu , qu’il se proposait pour modèles , ii voulut parvenir comme eux aux honneurs du cardinalat , que les ressorts qu’il mit en œuvre , ses intrigues, ses tromperies , lui firent obtenir de la cour de Rome.

Dès jilberoni se vit revêtu de la pourpre runiaine , qu’il avait si ardemment souhaitée , il se livra tout entier à l’exécution des projets que lui avaient inspirés les vues de sa poli tique turbulente , le désir de faire du bruit , le besoin de se rendre nécessaire , et peut-être aussi un zèle généreux qui le portait à vouloir réparer les pertes que la • paix d’ülrecht avait fait subir à la monarchie espagnole. Son projet favofi était d’entreprendre de recouvrer le royaume de Naples ou la Sardaigne. Les circonstances en facilitaient la réalisation. Le Grand-Seigneur , au mépris du traité de Carlowitz , et sans autre motif que la nécessité d’occuper au dehors ses janissaires séditieux , venait de déclarer la guerre à la république de Venise. Les Turcs avaient fait une invasion en Morée , et les Vénitiens , surpris à l’improviste , se trouvaient dans unesituation fort alarmante. Le pape, à leur prière, avait décidé le roi catholique à ordonner un armement contre les Infidèles , en lui accordant, pour lui en fournir les moyens, une levée de deux inil-

lions et demi de piastres fortes sur les biens ecclésiastiques des Indes , et de cinquante raille ducats sur ceux du clergé d’Espagne. Une escadre espagnole , commandée par le marquis Mari , sauva Corfou , qu’assiégeaient les Turcs. Alheroni eut l’art de s’en attribuer le mérite , et c’est une des causes qui lui valurent le chapieau de cardinal.

Les Vénitiens avaient besoin de secours plus considérables , et AUberoni les leur avait promis ; mais il oublia bien vite la parole qu’il avait donnée tant au Saint-Père qu’à la république , et ne songea plus qu’à mener à terme et à compléter l’armement qu’il projettait. Il fit partir pour Barcelone un intendant de marine, sur les talents et l’activité duquel il croyait pouvoir compter. En peu de jours , en effet , Une escadre de sept vaisseaux de ligne fut en état de mettre à la voile. Cet armement , à qui on ne pouvait raisonnablement supposer sa destination ostensible , inquiétait plusieurs princes, l’empereur surtout , qui s’en plaignit au régent de France. Celui-ci l’assura qu’il n’avait aucune part à ces préparatifs , ce qui était parfaitement vrai ; car le cardinal répondait imperturbablement, aux interpellations qui luiétaient faites à ce sujet , que l’expédition ne regardait absolument que les ennemis de la chrétienté. Il est certain qu’en Espagne même , à l’exception du roi , de la reine , du duc de Popoli , gouverneur du

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prince des Asturies , et du père Dauberilon , jésuite, confesseur du roi , personne ne savait le véritable objet de cet armement. Le cardinal le cachait même au secrétaire des dépêches universelles , et c’est dans cette intention que presque tous les ordres étaient écrits de sa main.

Le ministre espagnol qui résidait à Gênes donnait fréquemment des nouvelles de ce qui se passait en Sardaigne; le cardinal profitait de ses’ avis, sans lui recommander de les continuer. 11 était déjà informé que le marquis de Jiuii venait de prendre possession de la vice-royanlé de l.i Sardaigne , et qu’on en avait retiré presque toutes les troupes pour les envoyer if Naples, où l’armement des Espagnols faisait craindre une invasion. L’empereur avait aussi ordonné à ses ministres en Italie , et au gouverneur de Milan en particulier, de faire passer des troupes à Manloue , s’ils voyaient débarquer à Gênes un corps considérable qui put menacer la Lombardie ; car on était persuadé à la cour de Vienne que le duc de Parme était nonseulement dans le’secret , mais qu’il était presque même l’auteur de cette guerre , quoiqu’il soit certain qu’il n’en savait absolument rien.

L’Angleterre était fort occupée de l’objet présumé de l’expédition espagnole. La maison de Hanovre venait d’être appelée au trône , et Georges avait jjaisiblemenl succédé h la reine Anne ; mais

LA SAnDAIGKE.

tout portait ombrage au cabinet de Londres ; car , quoiqu’il fût parvenu à faire sortir de France le prétendant, il n’jgnorait pas que les partisans de ce prince sollicitaient les puissances de la ligue du Nord de tourner leurs armes cqntre l’Angleterre. Le roi Jacques avait été bien reçu des princes d’Italie , lorsqu’il se rendit à Pesaro ; aussi les Anglais craignaient-ils que Rome ne fût l’endroit où se préparait l’orage qu’ils redoutaient ; et, comme ils supposaient cette cour étroitement unie avec celle de Madrid , l’expédition mystérieuse leur donnait de vives inquiétudes.

Le roi de Sicile cherchait de son côté à pénétrer, par le moyen de son ministre à Madrid^ la destination de l’armement, parce qu’il n’ignorait pas le mécontentement des Siciliens, et qu’il appréhendait que le pape , avec lequel il était fort mal , ne favorisât cette invasion. Il avertit son vice-roi, le comte Mqffèi , de se tenir préparé à tout événement.

Lorsque tout fut prêt à Barcelone, le roi ordonna au marquis de Leide de s’y rendre sans délai , pour prendre le commandement des troupes destinées à l’expédition. L’escadre fut placée sous les ordres de l’amiral marquis Mari. Elle consistait en douze bâtiments de guerre, et cent de transport portant huit mille hommes dHnfanterie et six cents de cavalerie. Les lieutenants-généraux de l’armée

éXMeniàonJosèd’Armendariz et M. de Grafton. Le comte de Montemar, le marquis de Saint- Vincent, et le chevalier de Leide, servaient en qualité de maréchaux de camp. On avait embarqué cm-*, quante canons de batterie, douze de campagne, et un équipage de siège, avec des vivres et des

munitions pour trois mois.

Alberoni écrivit à GêneS au marquis de Saint- Philippe , pour lui annoncer le but de l’expédition, sur laquelle il lui recommandait le plus profond secret, et lui ordonna, au nom du roi, de se tenir prêt à passer en Sardaigne, dès qu’on aurait nus un vaisseau à sa disposition. Comme le marquis de Saint-Philippe était Sarde , et qu’il avait une parfaite connaissance du pays et de ses compatriotes , le cardinal l’avait cru propre à faciliter la conquête de l’ile. Le roi lui donna une autorité absolue en matière d’administration, et on lui envoya copie des instructions remises au marquis de Leide, dans lesquelles on recommandait à ce dernier de suivre en tout point les conseüs et les directions du marquis de Saint-Philippe.

Aussitôt que l’expédition fut sortie du port de Barcelone, le marquis de Grimaldo, secrétaire-d état des affaires étrangères , fit part aux ministres d’Espagne , dans les diverses cours , des motifs qui déterminaient le roi à reprendre les hostilités contn? la maison d’Autriche, quoiqu’elle fut alors occupée

conlre les Turcs. Il exposait toutes les infractions que l’empereur avait faites à la neutralité de ITtalie, et la mauvaise foi avec laquelle il s’était conduit dans les affaires de la Catalogne ; les secours qu’il avait fournis secrètement aux rebelles de Barcelone et de Majorque, et qui avaient entretenu la révolte deux ans de plus qu’elle n’aurait duré ; les empiétements et abus de pouvoir qu’il s’était permis en Italie; l’outrage qu’on avait fait au nom espagnol, en arrêtant à Milan le grand inquisiteur •qui traversait la Lombardie, sur la foi d’un passe- ])ortdu pape, etd’uneparoledonnéeparunministrr autrichien ; enfin la violation du droit des gens commise dans la personne du chargé d’affaires d’Espagne à Rome, dont on avait saisi les papiers et ouvert les lettres. Sa majesté catholique concluait que l’empereur ayant enfreint le premier les dispositions de l’armistice et les conventions de la neutralité , elle était libre, n'ayant point fait de paix particulière avec lui, de continuer la guerre.

Ce manifeste, répandu dans toute l’Europe par les agents diplomatiques espagnols , eut, suivant les intérêts respectifs et les opinions diverses, ses approbateurs et ses censeurs.

L’empereur se plaignit vivement à Rome , en termes qui semblaient exiger une réparation éclatante. 11 voulait que le pape privât jllberoniàe la dignité de cardinal, et révoquât les bulles accor-

ANCIENNE ET MODERIfE. I7.Î

dées au roi catholique pour la levée du subside sur les biens du clergé, puisqu’on en affectait le produit à la guerre contre une puissance chrétienne , malgré l’intention du saint-siège , qui en- , tendait que ces contributions fussent employées à repousser les' infidèles. Le pape s’emporta contre Alberoni , qui l’avait si impudemment dupé, et lança contre le nouveau cardinal un bref fulminant , que ce dernier eut l’art de soustraire à la connaissance du roi. C’Cst tout Ce que la cour de Rome, dans une position difficile, pouvait faire en faveur de l’Autriche, dont la demande resta sans effet. L’empereur ordonna sur-le-champ qu’on envoyât de la Lombardie et de Naples des troupes en Sardaigne , ainsi que le vice-roi , marquis de Rubi, fen sollicitait, et il résolut d’y faire passer encore de Milan six cents hommes, pour lesquels il fit demander le passage aux Génois , parce qu’on avait dessein de les embarquer à Saint-Pierre d’Arena. On préparait aussi à Naples un détachement de i^uatre cents hommes pour la même destination.

La flotte espagnole était divisée en deux escadres , l’une et l’autre sous les ordres de l’amiral Mari, qui partit sur la première , se dirigeant sur l’île d’Ivica , l’une des Baléares , où il relâcha. La seconde, dirigée par le chef d’escadre don Baldassar de Guevara , longea les côtes de France , et , arrivée la première en Sardaigne , jeta l’ancre

LA SAUDAIGNE

à Pyla, l’un des caps qui forment la baie de Cagliari. L’escadre de l’amiral ne put rallier que vingt jours après, à cause des calmes qu’elle êssuja dans les parages de Majorque, ayant même été obligée de faire deux fois de l’eau à Palma , pour la cavalerie. La division de ne put commencer

les hostilités , parce qu’il était subordonnéà Mari, Ainsi le marquis de üu^/eut tout le temps de se préparer à recevoir les Espagnols. Lorsque les premiers vaisseaux furent signalés , il n’y avait pas encore une seule pièce de canon montée ; le château manquait de vivres , et si , quand Guevara se présenta, il eût opéré son débarquement , Gagliari se serait rendu sur-le-champ, faute de moyens de défense.

Enfin toute la flotte fut. réunie le 20 août. Don Francisco Griruau la suivait avec les galères d’Espagne , qui servirent à protéger le débarquement. Il fut effectué le 22, presque sans opposition, sur la plage de Saint-André , où coule un ruisseau assez considérable. Les troupes de l’expédition s’en trouvèrent fort bien ; car dans tout ce terrain , ^qui est éloigné de deux lieues de la ville , on ne rencontre que des puits d’une eau saumâtre, qui n’est point potable. On était alors dans une saison brûlante , et à l’époque où V intempérie, produite par les exhalaisons des marais et des eaux croupissantes , exerce le plus de ravages , jusqu’à ce que les grandes pluies et les neiges rendent à l’air

ANCIENNE ET MOUERNE.

sa première pureté. Aussi les habitants de Cagliari croyaient-ils n’avoir pas besoin d’autre défense , persuadés que, sans tirer l’épée , les troupes espagnoles périraient par l’effet seul du mauvais air. La ville avait six cents hommes de garnison, commandés par le colonel don Jago Carreras. Beaucoup de seigneurs et de nobles avaient abandonné la place ; mais ceux qui étaient dans les intérêts de la maison d’Autriche songèrent à se mettre en défense, et firent entrer dans la ville les milices du pays, dont une partie était entretenue par don Àntonio Genovès , marquis de la Guardia , gouverneur du cap de Cagliari , homme riche , et partisan déclaré de l’empereur. Il y avait en outre une compagnie de Catalans et de Valenciens, et deux cents hommes de cavalerie.

Les troupes espagnoles marchèrent pour former la ligne, et campèrent sur la pente d’un monticule. Il n’était pas possible d’ouvrir la tranchée, faute de fascines qu’on était obligé de faire venir par mer des environs du cap Pula ; car le pays ne s’étant pas encore soumis au marquis de Leide , qui n’était maître que d’une lieue dç circuit, ses partisans ne pouvaient pénétrer plus avant. Les chemins qui conduisent dans l’intérieur de l’ile étaient occupés par les milices nationales, auxquelles on avait donné de vieux soldats pour les commander. Le plus praticable était défendu par

le château de Saint-Michel, qui esta un demi-mille de la ville, et qui avait été fortifié p»ar les Sardes. L’armée espagnole était trop peu nombreuse pour former une ligne de circonvallation , et le canon de la place ne permettait pas à leurs vaisseaux d’approcher du port ; mais comme la baie est sûre à quinze milles à la ronde , ils y jetèrent l’ancre , et, tandis qu’on débarquait l’artillerie^ les troupes de mariue dressèrent une batterie contre le petit fort de la Darse.

Les Espagnols s’étaient déjà rendus maîtres des couvents de Bonaria et de la Trinité. Leur dessein étant de commencer l’attaque derrière le couvent de Jésus jusqu’à l’église de San-Lucifero , ils s’avancèrent pour battre le bastion de Montserrat et celui de la Zecca, où l’on devait ouvrir la brèche. La place ne pouvait être attaquée que par là, à cause de sa situation, qui la rend très forte. Elle est bâtie sur un rocher fort élevé, dont le château est environné de tous côtés, de sorte que, pour en approcher, il faut auparavant s’emparer <l’un faubourg fortifié qui borde le port, et qu’on ap|>elle la Marine. Le§ autres faubourgs, Stampace et Villa- Nova, ’sont ouverts et séparés de la place, qui, du côté de l’ouest est défendue par un fossé large' et profond, contre lequel on ne peut ouvrir de tranchée, ni former des approches , tant à cause de l’élévation du rocher, que parce que le sol est fort

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pierreux. L’enceinte du château et du faubourg’ est très étendue, et il n’était pas possible d’en* faire le siège dans les règles , la nature du sol ne permettant de l’attaquer que par le côté le plus fort. La place étant d’ailleurs irrégulière*, les ingénieurs ne se conduisaient que par conjecture , et l’on perdait beaucoup de temps. •

Dans la nuit du i3 septembre, on ouvrit enfin le tranchée , sous les ordres du lieutenant -général ^ Armendariz et du chevalier do Leide , maréchal de camp. Cette nuit même arriva , sur le vaisseau qu’on lui avait envoyé, le marquis de Saint-Philippe. Il ne fit point usag^de l’autorité dont le roi l’avait revêtu, afin de ne pas donner d’ombrage aux Sardes ; il se contenta seulement d’aider de ses avis le marquis de Leide dans les objets qui ne regardaient point les opérations militaires. Il écrivit aussitôt des lettres en diverses parties de l’île, et en peu de jours tout le plat pays se soumit au roi , ainsi que les villes, à l’exception de celles qui avaient une garnison et des forts, telles queCagliari, Alghero, et Castel-Aragonès. Tous ceux des gentilshommes qui n’étaient point dans ces villes, prêtèrent serment de fid’élité au marquis de Leide J soit en personne , soit par écrit. Les partisans du roi Philippe tentèrent à Sassari d’arrêter le marquis de Benitès , qui en était le gouverneur. Les auteurs de ce projet étaient le marquis de 5b-

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