‹ Histoire de Sardaigne, ou, La Sardaigne ancienne et moderne, considérée dans ses lois, sa topographie, ses productions et ses moeurs (volume 2)Chapitre 24 sur 97 · I. A S A tU) A I G \ r · texte numérisé non relu

I. A S A tU) A I G \ r

frKspayiie à un délacheuienlde Ironpes français»*;., qui le ronduisit aux fronlières d’Italie.

Le principal obstacle à la paix' ayant disparu avec l’homme qui avait si long-temps égaré la politique du cabinet de Madrid , l’œuvre de la pacification • générale avança dès lors rapidement. L’empereur signa sans difficulté sa renonciation formelle aux étals de la monarchie d’Espagne , possédés par le roi actuel , et consentit enfin à tout , aussitôt qu’on eut proposé l’expédient d’engager le duc de Savoie à lui remettre la Sicile en échange de la Sardaigne , que le roi d’Espagne s’obligerait de son côté à céder au duc de Savoir.

^ Le roi d’Espagne , pressé de jouir de cet état de

calme , qui avait fui si long-temps devant lui , donna , le ij février 1720, son accession pure et simple au traité de Londres , en vertu duquel l’Espagne restitua la Sardaigne à l’empereur Charles VI , qui la céda en même temps au duc de Savoie , auquel cette possession conférait le titre de roi.

Un article du traité porte « que le duc de Savoie n possédera l’île de Sardaigne , avec tous les hon - » neurs attachés à la dignité royale , sauf la réver- » sion de cet état à la couronne d’Espagne , dans » le cas où arriverait le manque total de succès - » seurs mâles dans la maison de Savoie. »

On régla les détails de l’évacuation de la Sjr-

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daigne par une convention en vingt-quatre articles, dont un séparé promettait solennellement la conservation et l’observation des lois fondamentales, privilèges , statuts et coutumes du royaume.

En conséquence , don Joseph de Medicis , prince de Olayano , étant passé en Sardaigne , en qualité de commissaire impérial , don Gonzales Chqcon lui remit ce royaume , en exécution des traités , et des ordres du roi Philippe ; et le prince en fit immédiatement la cession et le transport au général Desportes , commissaire fondé de pouvoirs du duc de Savoie , qui prit ainsi possession de son nouveau royaume , le 8 août 1720.

Viclor Amédée , quoique placé désormais au rang des têtes couronnées , ce qui eût contenté une autre ambition que la sienne, était médiocrement satisfait d’un arrangement qui mettait fin aux troubles de l’Europe , dans lesquels il croyait avoir tout à gagner , et plongeait dans un long et profond repos les grandes cours, où s’étaient si longtemps formés les orages. Il fallait s’accommoder d’une île pauvre, dont la civilisation était arriérée, et qui était presque en dehors de la politique européenne. Ce n’était point un théâtre suffisant pour les vastes idées d’un homme toujours prêt à offrir ses secours à ceux qui voudraient les acheter. La Sardaigne lui était à charge sans augmenter son pouvoir. Ses vues étaient alors dirigées vers l’iia-

LA SAnDAIO?(R

lie , et c’est du côté dé la Lombardie , qu’il eût désiré de s’étendre et de s’ag'randir , fût-ce même aux dépens de l’empereur , qui devenait»pour lui , dans le duché de Milan , un incommode voisin.

Dès que la Sardaigne fut totalement évacuée , Victor Amédée en fit prendre solennellement possession , avec toutes les formalités requises , par le baron de Sainl-Remi , qui dès ce moment y résida en qualité de vice-roi et de capitaine-général , après avoir reçu , au nom du roi , le serment de fidélité des états représentant la nation , et de toutes les autorités constituées, serment qui était renouvelé à. chaque installation de vice-roi , avec la clause de la conservation des lois , privilèges et usages nationaux.

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