‹ Histoire de Sardaigne, ou, La Sardaigne ancienne et moderne, considérée dans ses lois, sa topographie, ses productions et ses moeurs (volume 2)Chapitre 33 sur 97 · II · texte numérisé non relu

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I, A S A II U A h: NE

eaux de leurs puits quoique saumâtres et amères , sont encore moins malsaines que celles-ci , qui dans leur trajet se dénaturent , et acquièrent souvent des qualités délétères. Le défaut de déclivité du terrain ralentit leur cours , les fait séjourner en .roule , elles empêche de se purifier par la célérité du mouvement, condition nécessaire de leur salubrité. Elles se chargent de parties terreuses et minérales , de végétaux et d’animaux morts , qu’elles recueillent sur leur passage, et dont la décomposition , surtout pendant les chaleurs de l’été et de l’automne , les corrompt et y porte les principes les plus nuisibles. Il en résulte quelquefois qu’elles répandent l’infection et les maladies dans les lieux qu’elles parcourent.

On ne saurait attribuer à une autre cSuse le mauvais air qu’on respire sur les bords fangeux du fleuve de Bosa , qui roule lentement un impur limon , d’où s’exhalent des miasmes pernicieux. Il en est de même du fleuve de S. Gavino de Torrès , qui , n’ayant pas de lit, couvre toujours ses Ixirds et le pays qui l’entoure , aux dépens de la santé de ses habitants. Le Tirso , outre les accidents naturels qui lui sont communs avec les autres fleuves de l’île , devient, par quelques circon-

' L'analyse des eaux de puits de Cagliari donne en général, sur deux livres d’eau, un grain de terre calcaire, deux grains de sélénite, et une petite quantité de sel marin.

ANCIENNE ET MODEHNE. * 2gi

Stances qui lui sont particulières , le fléau du pays qu’il parcourt , et dont cependant ses inondations périodiques le rendent, pendant une partie de l’année, le bienfaiteur’. Il est continuellement arrêté dans son cours par des palissades ou écluses que les habitants du pays , qui les construisent , appellent nassargius , et auxquelles ils ne laissent qu’une seule ouverture , pour y appliquer la nasse dont ils se servent pour la pêche. Ainsi "ralenti dans sa marche, il n’a plus, vers la partie basse de son lit, dès qu’il a touché la plaine du Campidano, qui n’a presque aucune pente, que des eaux dormantes' presque toujours débordées, et dont les pluies d’automne viennent encore augmenter le volume, ce qui produit fréquemment de grandes inondations et d’affreuses calamités

' Le père Vital» , dans ses Annales de Sardaigne , répète d’après Marias Niger , et le chevalier Mameli répète d’après tffx , que le fleuve Sarde a requ du fils d’/Ièrcu/e , fondateur de la grande colonie grecque , le nom de Thjrsus , qui veut dire une branche ornée de pampre , de lierre , et d’une pomme de pin, consacrée à Bacchus, comme un emblème de la beauté, de la Iraicheur , et de la fertilité de ses bords.

’ Il est malheureux que le gouvernement sarde n’ait pu continuer et compléter les travaux commencés , il y a quelques années , pour faire encaisser le lit du Tirso , et en régulariser le cours , qu’il faudrait débarrasser de ces appareils de pèche si pernicieux. Il y gagnerait de rendre les inondations plus rares , d’assainir le pays , de faciliter par des canaux la communication des villages et le transport des vivres , et de faire apporter par le fleuve , devenu navigable , les bois de construction , dont sont remplies les forêts de l’inlérieiir.

LA SARDA ir:N e:

L’abaissement bien marqué du sol de l’île , vers le rivage de la mer , a produit , dans plusieurs de ses parties , un assez grand nombre de lacs et d’étangs considérables , dont' la plupart, très poissonneux, sont d’un grand rapport'. Les principaux sont ceux de Cabras , de Santa Giusla et de Sassu, près à' Oristano , et aux portes de la capitale, ceux de Cagliariei de Quarto. On trouve , dans ce même département, les étangs de Palnias , de Porto- PinOj de Sarrabus, et de Tortoli; dans le département de Sassari, ceux de Calago , près à'^lghero et de Platamona , entre Sorso et Torrès ; et dans la Gallura, ceux de Terranova et à' Orosei. Il y en a beaucoup d’autres d’une moindre dimension.

Plusieurs de ces étangs , situés près du rivage , sont convertis en salines naturelles au moyen de la rupture de leur communication avec la mer, et par l’efFet de l’action du soleil, qui absorbe l’eau et opère la cristallisation.

L’île a plusieurs sources d’eaux minérales et thermales , au pied de la montagne de Castel-Doria, de celles du Goceano , à' Iglesias, de PllUicidrOj à Codrongianos , à Marrubiu , à Saint-Antioche, à Fordongianus } où l’on voit encore des restes de bains romains, et à Sardara, qgi est maintenant le seul lieu où l’on ait fait quelques dispositions pour profiter de ce présent de la nature.

* Stagna piscuIcDtû.Mma. Polyhist,)

ANCIENNE ET MODERNE. SgS

Les anciens , qui savaient mieux l’apprécier, ont laissé , non>seulement à Fordongianus , mais à plusieurs autres sources , des vestiges de leurs travaux. Les Sardes d’aujourd’hui , loin de chercher à en découvrir de nouvelles, ce qui serait facile , ont vu se perdre ou se détériorer celles qui étaient connues et fréquentées dans l’antiquité la plus reculée.

f.A SV un A IGNE

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