‹ Histoire de Sardaigne, ou, La Sardaigne ancienne et moderne, considérée dans ses lois, sa topographie, ses productions et ses moeurs (volume 2)Chapitre 61 sur 97 · I-A SAIVDAÏGNE · texte numérisé non relu

I-A SAIVDAÏGNE

pied de la inoulagne de Gonriari, dont la cime esl une des plus élevées de' toute l’ile, et d’où l’on découvre la mer à l’ouest et à l’est. A l’extrême pointe de cette montagne, est un petit plateau , sur lequel on s’est avisé de bâtir une église dédiée à la Vierge, qui est , pour la fête du 8 septembre, l’objet d’un grand concours , et l’occasion d’une espèce de foire. ' ’ ( ‘

Les forêts dont sopt couvertes les montagnes du Doiis produisent une quantité prodigieuse de poires sauvages , qui servent à engraisser des troupeaux de cochons. On y récolte aussi du vin , des châtaignes et des noix. Sa superficie est de 120 milles carrés ; sa {x>pulation d’environ 6,000 habitants.

11. L’arrondissement de Monte Fenv , ainsi nommé de la pointe la plus élevée des montagnes dont il est en partie couvert, contient quatre villages seulement, dont sont importants,

riches et peuplés. Le premier, Santa Lnssurg'm, célèbre en Sardaigne , à cause du genre de ses produits, est situé au pied <fe la chaîne du Linibam, dans une belle vallée , au midi, arrosée par une multitude de sources d’eau excellente, et environné de vignes, de bois ^ et vergers , où l’on récolte beaucoup de noix , de châtaignes et de cerises. Sa princijwle richesse consiste datis le grand nombre d’animaux de toute espèce, et particulièrement de

AÏSCIKNKE ET MODERNE. 4q5

porcs d’une grosseur extraordinaire. I^es jambons, les saucissons, et les salaisons de tout genre de S. Lussurgiu jouissent d’une réputation méritée dans toute la Sardaigne. Ses eaux-de-vie sont d’une * bonne qualité.

Le second village , que l’on nomme Cuglien, est placé au milieu d’un grand bois d’oliviers , qui donnent l’huile la plus fine et la plus- recherchée de tout le pays. Ce village fournit à la consommation d’une partie de l’île , et notamnient de la capitale. Cz/gfe/’i' produit aussi un peu de soie.

L’aspect géologique du canton de Santa Lnssurgiu indique ipanifestemcnt l’existence de plusieurs anciens volcans'. On rencontre partout des masses énormes de laves , de basaltes , et de sùbstances volcaniques très variées , produit des cratères dont on reconnaît les traces sur la plupart des montagnes de cette région. Les cratères de Monte Ferro, de Santa Lussurgiu ei àe paraissent mainte-

nant elFacés; mais on ne peut méconnaître celui du village de Busaqui, appartenant à l’arrondissement voisin , et qui est séparé de la bouche de S. Lussurgiu parle plateau de Ghilarza , tout formé des laves qui en ont coulé. Ce village de Busaqui, bâti dans le fond d’une espèce d’entonnoir, montre claire-

' I.e sol d’aucim pays n’a été plus tourmenté |)ar les KilraiiR, que relui <1« la Sardaigne. On en a compté jusqu’à 70 seulement (l,iiis In p.nrlie de l’ouest et du midi de cette ile. ^

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ment, j>ar la l’orme et la nature de ses roches, ce que ce lieu a été autrefois *.

Lasuperficiede l’arrondissement de Monte Ferre est de 170 milles carrés ; sa population est de g, 000 habitants.

1 2 . L’arrondissemen t de la Plçnargia se nomme ainsi , parce qu’il se compose d’une vaste plaine , ou plutôt d’un f»rand plateau , très élevé au-dessus du niveau de la mer.

Supeijicie : 70 'milles carrés.

Productions naturelles : grains , vins /, fruits , miel en grande quantité , et fromages de lait de vaches , qui passent pour les meilleurs de toute la Sardaigne.

Population : Huit villages , et 5, 000 habitants.

13. On compte dans l’arrondissement de Posa, outre la ville qui lui donne son noni , sept villages existants. Parmi un égal nombre de communes détruites , quelques érudits placent, avec toute apparence de raison , l’ancienne ville de Cornus , sur les ruines de laquelle est bâti le petit village de Padria.'

‘ C^est dans les aubstanccs vulcaniqiioa sorlies du cratère de S. Ijissurgiu, que l’on trouve, comme il a été 'dit plus liant , ces boules é reiiillels* cou centriques , seralilaldes par leur structure à celle d’une rose, cl eiujultves dans une roche de même substance , qui offre l’image ihi toiimoiment de la lave dans son ancien étal de fusion. Mémoire de M. le rhet. de I.a Murmora.

ANCIENNE ET MODEllNE.

Un autre village , du nom de Montersta , qu’on appelle aussi P^iUa de Greci, a servi d’asile à' une colonie de Grecs cat-holiques , qui vinrent l’habiter vers le milieu du siècle dernier. Quoique le village lui-même se trouve dans un site salubre , ces malheureux étrangers , obligés de travailler à la terre dans des lieux bas et dans des vallées > contractèrent le mal de l’intempérie , et périrent tous sans exception. *

Toute celle région a élé anciennement volcanisée. On trouve à Puzzo Maïorey. à Kerênnde des cratères parfaitement caractérisés. Les laves elles jaspes y abondent. On voit près de Posa un, mont presqu’enlièrement formé de cette dernière substance'.

Le Mante. Leon, isolé et taillé à pic , se termine à sa cime par un plateau , sur lequel était autrefois une forteresse.

Ce pays , généralement montueux ,‘cst arrosé , dans ses parties basses et ses vallées , par beaucoup de sources et de ruisseaux qui les fertilisent. Ses produits consistent en gèains , vins , viande et fromages. Les bois épais de ses montagnes sont remplis de bestiaux et de grand gibier.

L’arrondissement de Posa a 180 milles carrés en superficie, et une d’environ 10,000

habitants.

On ne comprend point dans ce nombre la population de la ville de Posa , sa capitale , (jui est

la saudaignk

d’à peu près G,ooo âmes. Elle a changé de place, et se trouve maintenant à deux milles du site de la ville antique , dont elle a gardé le nom , et dont on voit les ruines sur l’autre rive du fleuve , qui s’appelait autrefois le Temus.

Les exhalaisons de cette rivière fangeuse et presque immobile , son défaut d’encaissement qui la fait débordér, l’emplacement de la ville dans le fond d’une vallée fçrmée , où l’air ne peut circuler, font de Bosa un des lieux les plus malsains et les plus dangereux de l’île entière, ^es habitants sont très actifs , très laborieux, et on les voit toujours ert mouvement pour porter , soit par terre, 5oit par^raer, tant à Cagliari que dans les autres parties de l’île, les produits abondants de leur pays, qui consistent particulièrement en huile, lin, figues sèches, et vin de malvoisie d’une qualité digne de leur réputation.

Bosa était, au commencenujnt du douzième siècle, un fief des marquis Malaspina, qui en bâtirent la cathédrale en 1112. Devenue sujette des juges à' Arborée et des marquis A' O rùttano , elle tomba au pouvoir des Aragonais , après l’extinction de cette dynastie , et fut incorporée à la couronne vers la fin du quinzième siècle.

La ville de Bosa n’aanciin édifice rcmanpiable. i4' L’arrondissement de Cahu Ibhas a Go m il les carrés de superficie. ' , ' '

ANClElfrfE ET MODERNE.

Il se compose de cinq villages ; il en avait neuf autrefois.

Il produit du grain, des bestiaux, du vin et des fruits.

Sa population est d’environ 6,000 habitants.

15. Celui de Cnstaval a les mêmes produits à peu près, et, de plus, une assez grande quantité de juments poulinières qui font de bons élèves.

Son chef-lieu , Bonorva , est un riche et gros village, au milieu d’une grande plaine bien cultivée.

La superficie du Costaval est de 45 milles carrés ; sa population est de 5, 000 habitants.

16. Les meilleurs chevaux de l’île de Sardaigne, après ceux du haras royal de Paiililaiino , proviennent de l’arrondissement A’Oppia qui, traversé par le Rio d’Ozieri, et abondant en pâturages, est, sous ce rapport > dans la situation la plus favorable.

' Ardara, qui n’est plus qu’un petit village, l’on des trois dont il se compose , et dont le nombre a été de sept , était autrefois une place importante , avec un château très fort, où les juges du Logudoro faisaient souvent leur résidence.

Superficie : 55 railles carrés.

Population : 3,200 habitants.

17. On récoltait dans le Meilogu une si grande V^^ité de miel , que le canton en a pris le nom : ’ ifi^Él^ilôgu est le pays de miel.

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