‹ Histoire de Sardaigne, ou, La Sardaigne ancienne et moderne, considérée dans ses lois, sa topographie, ses productions et ses moeurs (volume 2)Chapitre 72 sur 97 · DIVERSES SUBSTANCES MÉTALLIQUES · texte numérisé non relu

DIVERSES SUBSTANCES MÉTALLIQUES

On n’a trouvé d’étain nulle part en Sardaigne j mais le hasard a fait découvrir à Oristano du mer-

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T-A SARDAIGNE

cure vielle, el à BalLiu de rantinioine pur, dont on n’à pas su ou dont on n-a pas voulu tirer parti.

Un pa.ssage de Pline , déjà, cité, nous apprend que les Romains se servaient de l’alun (fe Sardaigne. Long-lemps apres eux, on en faisait encore des ex portations à l’étranger ; ce commerce a cessé. • On ne connaît même plus qu’une monla|me , dont les carrières peu profondes fournissent^e l’alun natif cristallisé.

Le sol de l’île étant couvert de volcans éteints, le voisinage de leurs anciens cratères alxinde en substances volcaniques , et en produits de la décomposition des laves. A Narbolia , sur le territoire de Cagliari , est une vieille église , dont la voûte est qjitièrement construite en pierre-]X)nce.

On a vu, dans les mêmes régions, et ailleurs, du charbon 'fossile. On en trouverait davantage , si on en cherchait. . .

Une galerie) appartenant aux mines antiques, près à' Iglesias f offre plusieurs piliers, tout parsemés de cristaux.de roche, dans une matrice de quartz , ce qui porterait à croire que ce cristal était l’objet de l’exploitation.

On trouve, en plusieurs endroits de l’île , du soufre, du vitriol, des argiles fines ou terres bolaires, et les oxides métalliques, connus dans le commerce et dans les arts sous le nom 6.'ocrcs.

La inarnc-à-foulon y est remarquable par sesex-

AKCItKNE ET MODE UNE.

cellenles^ qualilés. Celte substance , que les naturalistes désignent sous le nom de smectite' est , suivant la nomenclature actuelle, 'une lilhoinarge grasse et onctueuse, dont on fait un grand usage dans l«s fabriques d’élolTes de laine, pour les nettoyer et' reponij)er les liuiles nécessaires à leur préparation. Chargée de nilre, soluble dans l’eau , et savonneuse , 'elle leur donne le lustre et le moelleux, qui en font une des beautés. Celle que possèdent lès Anglais leur paraît si parfaite, qu’ils en défendent l’exporlalion. On n’en connaissait pas dans l’antiquité qui fût supérieure à celle de la Sardaigne ; c’est ce qui fait qu’à Rome l’autorité en prescrivait l’usage aux fabricants d’étolfes de laine de la capitale du monde

Nous ne pouvons rien ajouter ici à ce que nous avons dit anlérieureincnt , d’après une autorité resjxîctable , sur la nature et les variétés des roches de la Sardaigne. , . •

On^ail à présent quelles masses de granit , de porphyre et de jaspe celle île possède.

Celle dernière matière forme presque entièrement une haute colline près de J3osa.

Le |)orphyre entre jwur la part principale «lans la composiijou d’un grand nombre. de< ses mo'nlagiics les plus élevées. Celui des iüo4itagncs de la

' Ct' iiimi cxpi'imi' la [irupiiclc ilc et dégruUsrr.

’ Vo» . itagc 30y.

LA SARDAIGSE

Narra est sanguin , moucheté de feld-spath , et contient de petits grenats blancs. Quelquefois il est d’un rouge pâle, elles grenats ont la couleur de la topase. On l’employait beaucoup autrefois en Italie dans la décoration des édifices publics. On croit que lesdeux belles colonnes de porphyre, qui ornent la façade du baptistère de Florence , ont été tirées de ces montagnes.

Le noyau de la grande chaîne de montagnes qui traversera Sardaigne dans toute son étendue, et d’une extrémité à l’autre , est une roche primitive de granit , de sorte que cette lie pourrait en fournir à l’univers entier. Les Romains en tiraient celui dont ils faisaient un si fréquent emploi, au lieu de l’aller chercher en Egypte*, où il n’est pas supérieur en beauté. On ne doute pas qu’ils n’y aient pris les colonnes qui ornent le Panthéon. On voit encore à Santa Repamta, près Longo Sardo, des blocs énormes de cette matière, (jui devaient probablement être taillés, et/)ansla petite île de Larizzo , l’une des intermédiaires, une colonne colossale ébauchée.

Les Pisans profitèrent de cet exemple , pendant qu'ils éuient maîtres de la Sardaigne. On voit, par les chroniques du temps , que les belles colonnes , (|ui décorent l’intérieur du célèbre baptistère de Pise, sont de granit sarde.

ANCIBMKB ET MODERNE.

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