‹ Histoire de Sardaigne, ou, La Sardaigne ancienne et moderne, considérée dans ses lois, sa topographie, ses productions et ses moeurs (volume 2)Chapitre 9 sur 97 · L.V SAHDAUil\E · texte numérisé non relu

L.V SAHDAUil\E

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dresser devant lui une table couverte d’argent , et là, il faisait des enrôlements , et donnait tout ce qu’on lui demandait.

Les rebelles , après avoir ramassé le plus de monde qu’ils purent , se portèrent au palais de la Vicairie , dispersèrent les archives , déchirèrent les registres , et alHchèrent aux portes un manifeste dans lequel on s’efforcait d’exposer les prétendus droits de l’Aulr cl;e sur le royaume de Naples.

Ces événements se passaient pendant la nuit. Le vice-roi ne voulut rien entreprendre avant le jour; mais aux premiers rayons de la lumière , le duc de Popoli , général d’artillerie , eonnu par sa prudence et sa valeur , s’étant mis à la tête de quelques compagnies de soldats et de la partie de ]a noblesse restée fidèle , marcha droit aux séditieux , et fit pointer du canon contre une tour et un couvent, où ils s’étaient retranchés. Il eut bon marché de cette multitude tumultueuse et sans ordre , qui n’opposa guère de résistance , et ne perdit , par conséquent, que peu de monde. Les -uns se sauvèrent par. des portes secrètes , les autres se cachèrent dans les caves. Le souverain légitime , Philippe V , fut de nouveau proclamé. Le prince de Laricha et le baron de Sassinet furent- arrêtés , et quelque temps après envoyés en France , où ils furent enfermés à la Bastille. Sangro eut la tête tranchée. Capecia , réfugié dans une grotte , se

AMCIENNE ET MODERNE. Gl

défendit avec intrépidité contre ceux qui venaient pour Je prendre , et finit par se donner la mort. Sa tête fut apportée à Naples , et plantée sur un poteau. On confisqua les hiems de ceux qu’on n’avait pu arrêter. Ceux qui avaient paru les plus échauffés dans l’attroupement furent pendus ; on fit grâce au reste.

Le danger que cette sédition , quoique promptement réprimée, avait fait courir au royaume de Naples , montra dans tout leur jour les vices de l’administration du duc Aq Médina- Celi. Le duc d’Uzeda, ambassadeur d’Espagne à Rome, qui convoitait la vice-royauté de Naples , fit écrire contre lui au roi de France , par le cardinal de Janson , dans l’espoir de le faire chasser et d’être mis à sa place. Les Napolitains , qui s’étaient servis fort habilement du duc àiUzeda pour éloigner le duc de Medina-Celi , et qui ne se souciaient pas davantage de lui pour les gouverner , parce qu’il ne valait pas mieux, et n’était ni moins dur , ni moins emporté , s’adressèrent directement à Philippe V , pour le prier de ne leur imposer ni l’un ni l’autre comme vice-roi. Philippe se rendit à leurs vœux. Un autre eut la vice-royauté de Naples. Le duc d’iTzedîa resta à Rome. Le duc de Medina-Ceh fut rappelé à Madrid , et on lui donna la présidence du Conseil des Indes.

Egalement trompés dans leur ambition , tous

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