‹ Histoire de Sardaigne, ou, La Sardaigne ancienne et moderne, considérée dans ses lois, sa topographie, ses productions et ses moeurs (volume 3)Chapitre 14 sur 108 · SAIU)AIOXK · texte numérisé non relu

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robe prit ce parti. Tous le» autres exercèrent leur emploi sous le comte de Cifuentès , nouveau viceroi , qui venait de prêter serinent en cette qualité , comme sous son prédécesseur.

On jugea , par la nature et l’étendue des récompenses qui furent solennellement tfislribuées , de la part plus ou moins grande que ceux qui en étaient l'objet avaient eue dans la trahison. Le marquis de Villasor fut fait grand d’Espagne, et le marquis de la Guardia obtint le gouvernement des deux caps. Les autres reçurent des promotions ou des grâces proportionnées à leurs services dans la conduite du complot, que venait de couronner un si facile et si brillant succès.

Toute l île se soumit sans résistance, sur urie simple circulaire du nouveau vice-roi. Deux officiers, qui protestèrent contre la reddition de la place d’Alghero, furent envoyés chargés de chaînes à Cagliari. Le gouverneur de Castel-Aragonès fut obligé de se sauver par mer, et d’abandonner le fort aux révoltés. Don Vicente Baca/lar ayant appris cette nouvelle, et voyant que tout le royaume, excepté le lieu où il se trouvait , obéissait à l’archiduc, quitta la Gallura, et s’embarqua pour retourner en Espagne , où le roi, à son arrivée, l’honora, en récompense de sa fidélité, du titre de marquis de Saint-Philippe.

Ce fut ainsi que, sans avoir tiré l’épée et au

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moyen d’une circulaire, l’amiral Lake conquit pour la ruaison d’Autriche le royaume de Sardaigne, qu’on aurait pu conserver, en se donnant seulement la peine de fermer les portes de Cagliari ; mais , comme il n’y avait pas de troupes de ligne, le peuple , très volage de sa nature , put se livrer impunément aux suggestions de ceux qui, par des vues particulières, ou poussés soit par l’anibition , soit par la cupidité , désiraient substituer une nouvelle domination à celle de l’Espagne-

La flotte anglaise, après avoir laissé en Sardaigne le régiment de Clariana, fit voile vers la Sicile, pourvoir si elle aurait de oette île aussi bon marché que de la première. Le marquis de Los Ba/bazès était un homme plus énergique ou plus habile que le marquis de La Jamaïca, et L,ake, cette fois, éprouva un désappointement complet. Il prit la route d’Espagne, et, passant devant Minorque , il fit une tentative plus heureuse sur la citadelle de Mahon , dont il s’empara par capitulation, au moment même du débarquement. Le commandant Duvila , honteux de sa lâcheté, eut le courage de s’en punir lui-même, et’, se précipitant du haut d’une terrasse, il se mit en pièces.

Pendant que l’Angleterre couvrait la Méditerranée de ses nombreux vaisseaux , Louis XIV en armait quelques-uns à Dunkerque, pour essayer, au moyen d’une descente, de rétablir Jacques II

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sur le trône. Cette petite escadre , commandée par le chevalier de Forbin , portait six mille hommes de troupes de débarquement, aux ordres du comte de Gacé, depuis maréchal de Matignon. Elle ne fit que se présenter sur les côtes de l’Ecosse , et n’ayant vu aucun des signaux convenus , parce qu’à force de mauvaises combinaisons et de lenteurs , tout avait été prévu ou prévenu , elle revint au port d’où elle était partie , heureuse d’échapper aux forces supérieures de l’ennemi. Le fruit de l’entreprise fut entièrement perdu.

Il n’y eut- dans le cours de cette année aucune aflaire importante sur le continent espagnol , à l’exception de la prise de Tortose , qui fut enlevée d’une manière brillante par le corps d’armée immédiatement aux ordres du duc d 'Orléans. Ce prince avait réussi à éloigner Bcrvick , et il était devenu en Espagne l’arbitre de la guerre. Il avait pourtant à lutter contre un parti formidable , qui lui suscitait toutes sortes d’embarras , et loi faisait une guerre obstinée; C’était celui de l’ambassadeur de France M. jémelot , de la princesse des Ursins, liée avec lui d’intéréts et d’intrigues , et par conséquent de la reine , dont celte dernière était l'inséparable amie.

Cette ligue avait pour objet de forcer le duc d 'Orléans , qui voulait influencer l’action du gouvernement et se mêler de tout , à se renfermer

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dans les affaires de la guerre. On le traversait dans toutes ses opérations, et il ne pouvait rien obtenir de ce qui lui était nécessaire pour les suivre avec succès , attendu que l’administration des vivres et des munitious de tout genre était dans l’entière dépendance de la princesse et de l’ambassadeur. Il prit Torlose , contre toutes les règles de la prudence et de la guerre , par le seul effet d’une bravoure entraînante, et, pour ainsi dire, malgré les efforts de ces deux brouillons , qui ne voulaient que lui susciter des embarras , lui préparer des revers , et lui faire retirer le commandement de l’armée d’Espagne.

Il semble que ce soit le hasard ou plutôt la Providence qui ait alors conservé ce royaume ; car tous semblaient à l’envi travailler à sa perte. La plus affreuse discorde régnait au palais , et les esprits étaient plus que jamais divisés.^Le duc d’Orléaris , mécontent de la catnarilla, et du parti qui lui faisait une guerre si obstinée , chercha à s’en faire un pour le lui opjtoser. Il avait mis dans ses intérêts plusieurs hommes d’état qui , soit par haine de l’influence étrangère , soit par le ressentiment del’ambitiou trompée, désiraient un changement politique , sans être obligés de se jeter dans les bras de l’Autriche. A la tête de ce parti figuraient plusieurs grands d’Espagne de la pins haute naissance , qui avaient occupé des charges émi-

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