L’île de Saint-Pierre , petite , pierreuse
' La chasse aux palombes, dans les grottes de Saint-Antioche , pas 9? pour une partie de plaisir très divertissante. On la fait à la lumière ; on y entre avec rapidité sur de petites barques ou chaloupes , et ces oiseaux , réveillés tout à coup , éblouis ou étourdis par la clarté subite dont ils sont frappés , tombent par centaines dans les chaloupes et dans l’eau , ou vont se prendre dans les filets qu’on a tendus à l’ouverture.
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stérile, et valant moins, sons tous les rapports, que celle de Saint-Antioche , est devenue beaucoup plus importante par les établissements qu’on y a faits, par sa position maritime, et par l’industrieuse activité de ses habitants. Cette île était entièrement déserte et inculte , lorsque le marquis de la Guardia , de la maison de Genovès , à qui ce fief conférait le titre de duc, y attira , et y accueillit , pour la défricher et la peupler , quelques familles génoises établies dans la petite île de Tabarca , sur la côte de Tunis , où elles s’occupaient de fe pêche du corail , et d’oùelles eurent lebonheurd’échapper h la mort ou à l’esclavage , lors de la descente qu’y firent les Tunisiens en 1 744- Cette population, commencée sous les auspices du malheur et de la bienfaisance, s’est accrue insensiblement par le commerce et l’industrie, et par l’arrivée successive d’un certain nombre de familles sardes, napolitaines , siciliennes , génoises et toscanes. Elle monte aujourd’hui à a,5oo personnes.
Le roi Charles Emmanuel , dont le nom s’attache à beaucoup de bonnes idées et de belles institutions , ayant obtenu du duc de Saint - Pierre la cession de tous ses droits , fit élever , au point le mieux situé , un fort près duquel est rassemblée la population de l’île , et qui prit le nom de Carloforte. Ses successeurs , avec l’aide de la commune, ont fait augmenter et compléter les travaux de
fortification , ce qui fait maintenant de Carlo-forte une petite place assez respectable.
Ces mesures de précaution , dirigées surtou tcon tre les Barbaresques , n’ont pas empêché les malheureux habitans de Saint-Pierre d’être surpris, en 1798, par les Tunisiens qui, profitant du peu de surveillance qu’on exerçait dans ces temps de désordre, emmenèrent en esclavage ceux qui n’avaient pu fuir, et les dépouillèrent de tout ce qu’ils possédaient.
L’activité singulière et l’amour du travail, qui caractérisent les habitants de Saint-Pierre, ont réparé les suites de ces désastres. Les tonnares' ou pêcheries de thons , dont ils sont environnés , et dans la direction et l’exploitation desquelles ils sont d’une habileté consommée , leur donnent des bénéfices considérables , et leur fournissent une branche de commerce et d’industrie fort lucrative, à l’époque de la pèche du thon , qui attire dans ce pays une grande quantité d’étrangers, de Naples, de la Sicile, et de la rivière de Gènes. Celle de Calavinagra , qui est au nord de l’ile , est d’un bon produit, quoique inférieure à celles de Porto-Scus, et de l 'Isola piana.
Les habitants de Saint-Pierre ne bornent pas leur
1 II faut diatinguer les tounarrs sardes de nos madragues des côtes de Provence. On donne le nom de tonjiarc à une enceinte de filets que l’on