LA SA KD A I GM K
de la Hollande , lut signé le ix mai 1700, à La Haye.
Louis XIV offrait un appât à l’ambition de ses anciens ennemis , qui entrèrent vivement dans le projet nouveau , et il fît servir à ses desseins secrets, dont le temps devait amener le développement, l’avidité même de ceux qui ne désiraient rien tant que de s’y opposer. Il en fit les instruments de sa politique, et , par un art merveilleux , en même temps qu’il effrayait l’Espagne sur son avenir , il rassurait l’Europe alarmée , et il feignait de penser à diviser le corps de la moriarchie , que son intention était certainement de conserver tout entière à sa maison.
L’idée de partager les états de la monarchie es-r pagnole, après la mort de Charles II , n’était pas nouvelle. La mauvaise santé de ce prince, et la probabilité qu’il mourrait saps enfants, avaient fait naître un pareil projet dès l’année 1688. Le roi de France était convenu du partage avec l’empereur Léopold par un traité signé à Vienne, et déposé entre les mains du grand-duc de Toscane, pour le garder secrètement jusqu’à l’événement de la. succession du roi catholique. Ce traité, resté sans effet, servit d’exemj>le et de modèle à une seconde convention de partage, qui fut proposée parle ministère français, avidement adoptée par le roi Guillaume d’Angleterre et par les Etals-
ANCIENNE ET M O D E H N E . 2 l)
Généraux , et enfin signée à La Haye le 1 1 octobre iGg8.
Ce second traité, qui avait pour but de régler les intérêts alors existants des puissances contractantes, et qui faisait une large part au prince électoral de Bavière 1 , devint sans objet et fut anéanti par la mort de ce jeune prince.
Le traité définitif du mois de mai 1700, le seul qui fut rendu public , avait apporté des changements dans la répartition des lots, suivant que l’exigeaient les circonstances ; il assignait à l’archiduc Charles , second fils de l’empereur , la part qui avait été d’abord donnée au feu prince de Bavière, c’est-à-dire le continent de l’Espagne, les îles Baléares et la Sardaigne , les Indes occidentales et les Pays-Bas ; le dauphin de France devait posséder Naples et la Sicile , les places construites sur la côte et les îles situées dans les eaux de la Toscane , ainsi que la province de Quipuscoa. On donnait Milan au duc de Lorraine , et la Lorraine était annexée à la France. Les Anglais et les Hollandais avaient stipulé leurs intérêts de manière à gagner beaucoup aussi dans ce marché*
Le traité de partage n’était que conditionnel relativement aux avantages qu’il assurait à l’archiduc d’Autriche ; un article séparé portait qu’il n’en
■ Le traité lui donnait l’Espagne, avec les îles Baléares et la Sardaigne , les Pays-Bas et les possessions de l’Amérique.