‹ Histoire de Sardaigne, ou, La Sardaigne ancienne et moderne, considérée dans ses lois, sa topographie, ses productions et ses moeurs (volume 3)Chapitre 76 sur 108 · DIVERSES SUBSTANCES MÉTALLIQUES · texte numérisé non relu

DIVERSES SUBSTANCES MÉTALLIQUES

On n’a trouvé d’étain nulle part en Sardaigne ; mais le hasard a fait découvrir à Oristano du mer-

cure vierge, cl à Ballon de l’antimoine pur , dont on n’a pas su ou dont on n’a pas voulu tirer parti.

Un passage de Pline , déjà cité, nous apprend que les Romains se servaient de l’alun de Sardaigne. Long-temps après eux , on en faisait encore des exportations à l’étranger ; ce commerce a cessé. On r£ connaît même plus qu’une montagne , dont les carrières peu profondes fournissent de l’alun natif cristallisé.

Le sol de l’ile étant couvert de volcans éteints, le voisinage de leurs anciens cratères abonde en substances volcaniques , et en produits de la décomposition des laves, A Narbolia , sur le territoire de Cagliari , est une vieille église , dont la voûte est entièrement construite en pierre- ponce.

On a vu, dans les mêmes régions, et ailleurs, du charbon fossile. On en trouverait davantage , si on en cherchait.

Une galerie, appartenant aux mines antiques, près d 'Iglesias , offre plusieurs piliers, tout parsemés de cristaux de roche , dans une matrice de quartz , ce qui porterait à croire que ce cristal était l’objet de l’exploitation.

On trouve , en plusieurs endroits de l’île , du soufre, du vitriol, des argiles fines ou terres bolaires, et les oxides métalliques, connus dans le commerce et dans les arts sous le nom A' ocres.

La marne-à- foulon y est remarquable par ses ex-*

cellentes qualités. Cette substance , que les naturalistes désignent sous le nom de smectite est, suivant la nomenclature actuelle, une lithomarge grasse et onctueuse , dont on fait un grand usage dans les fabriques d’éloffes de laine, [>our les nettoyer et repomper les huiles nécessaires à leur préparation. Chargée de nilre, soluble dans l’eau , et savonneuse, elle leur donne le lustre et le moelleux, qui en font une des beautés. Celle que possèdent les Anglais leur paraît si parfaite, qu’ils en défendent l’exportation. On n’en connaissait pas dans l’antiquité qui fût supérieure à celle de la Sardaigne ; c’est ce qui fait qu’à Rome l’autorité en prescrivait l’usage aux fabricants d’étoffes de laine de la capitale du monde *.

Nous ne pouvons rien ajouter ici à ce que nous avons dit antérieurement , d’après une autorité respectable , sur la nature et les variétés des roches de la Sardaigne.

On sait à présent quelles masses de granit , de porphyre et de jaspe cette île possède.

Cette dernière matière forme presque entièrement une haute colline près de Basa.

Le porphy re entre pour la part principale dans la composition d’un grand nombre de ses montagnes les plus élevées. Celui des montagnes de la

1 Ce nom exprime U propriété de nettoyer et degraiiser.

■ Vo\. patte 36y.

LA SA H DA IG K E

Nurra est sanguin, moucheté de feld-spath, et contient de petits grenats blancs. Quelquefois il est d'un rouge pâle , et les grenats ont la couleur de la topase. On l’employait beaucoup autrefois en Italie dans la décoration des édifices publics. On croit que les deux belles colonnes de porphyre, qui ornent la façade du baptistère de Florence, ont été tirées de ces montagnes.

Le noyau de la grande chaîne de montagnes qui traverse la Sardaigne dans toute son étendue, et d’une extrémité à l’autre , est une roche primitive de granit, de sorte que cette île pourrait en fournir à l’univers entier. Les Romains en tiraient celui dont ils faisaient un si fréquent emploi , au lieu de l’aller chercher en Egypte , où il n’est pas supérieur en beauté. On ne doute pas qu’ils n’y aient pris les colonnes qui ornent le Panthéon. On voit encore à Santa Reparata, près Longo Sardo , des blocs énormes de celte matière , qui devaient probablement être taillés, et dans la petite île de Larizzo , l’unedes intermédiaires, une colonne colossale ébauchée.

Les Pisans profitèrent de cet exemple , pendant qu’ils étaient maîtres de la Sardaigne. On voit, par les chroniques du temps , que les belles colonnes , qui décorent l’intérieur du célèbre baptistère de l’ise, sont de granit sarde.

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LES MAnBRES.

La Sardaigne possède un grand nombre d’espèce el de variétés de marbres. Bonaria, près de Cagliari , a une carrière de marbre jaune. Ceux de Teulada , de Samug/ieo et du mont Gonari , sont veinés et de diverses couleurs.

A Fiutne Santo , entre Sassari et Porto Torre , on trouve un marbre jaune-pâle , avec des plaques rouges, nuancé de noir et veiné de blanc.

A Bosa et à Casteldoria il est jaunâtre ; à Osilo, à Buduso, à Patada , il est blanc et noir.

On a découvert , dans le siècle dernier , près du village de Silanus , une carrière de marbre blanc, sans veines ni taches, d’une teinte laiteuse , d’un grain fin et serré, qui n’est pas indigne de la main du décorateur ou du sculpteur, et dont on fait usage dans le pays pour des objets d’art Le baptistère de la cathédrale de Sassari , le maître-autel du couvent de Saint-Joseph à Cagliari, les décorations de celui de Bonaria , les escaliers et les chambranles de cheminées d’un certain nombre de maisons , sont en marbre indigène.

Le Sarcidano est riche en albâtres. On en connaltdeux qualités distinctes : l’une jaune , à rubans

' Il y a quelqnes années, la rôtir joignit à un présent dipU.mati pie tingt. deux caisses d'échantillons de marbre du plus beau chois, parmi lesquel 1 se trouvait du vert antique.

ondes de nuances foncées ; l’autre à larges bandes, gris et orange. . .

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