LM OOP
pro<3
^Uix 20
doués de toutes les qualités. Ceux qui en.provum wrrfctntTf isl. <ayoo afisiwfc insrad?
nent , pleins de feu , de vigueur et d quinte , sont
remarquables par Ta sûreté de leurs jambes, et pa leurs formes, auxquelles il n y aurait peut-être
tyfêil IiP$dïff$&S9o suCf* nè^p^iaienlfg^ en gémirai
iSsSitmm bWH iSÆpSrSSA
* < *? «pi ,squorr>
quelquefois une taille un peu plus élever. ,
C’est pour remédier a ees deux défauts1, et pouV
liMA'YVSiè ^^ÀîPn'ScftevSe^ Joie* firent éta-
I»1 i s les liaras ou s’élève la rare nulle et /iria/c^iée. <W(^P^îe1^o^s^n s‘ ' co n t redît ^tî&n^ras itn qu?^
servi de modèle à ceux qu’ont montés les grands
rj u ont mo
ïéudatairos à Cliiararfâme , à ftor'màiï^&lî&norva,
ii i . • i -j . ' A ’
et ailleurs, et qui leur a montre les moyens d obproduits qu«ties> siens?
ceintedemurs et de fossés renferme dès enanips. des bois dt°<üs ea?ixlt(fiuran?es>. *&a on
réûKit' les’’ pl û snliâ ude^e ^les^fî^ ^te^'^nen (s
nu’on peut trou ver' aiixqùyiles'on^nè «fënDëque des
■ , , ... le . . m • « \ .
étalons du meilleur choix, et joignant toutes les
AH CIEHHE BT MODERNE.
qualités requises % l’élégance et à la pureté des formes. Quelques-uns de ces établissements ont importé , pour croiser la race nationale , des chevaux normands; la plupart , et notamment le haras royal , se sont perfectionnés par le mélange du sang espagnol. Les étalons andalous ont été pour la Sardaigne ce que furent pour l’Angleterre les étalons arabes.
Dans les chevaux des haras nobles , les avantages propres à la race sarde , comme la force , l’ardeur et la vélocité , sont relevés par la beauté du corps , et par la hauteur de la taille, qui est assez souvent de quatre pieds dix pouces. Le poitrail , le col ,. la croupe, les épaules, sont dans les proportions les plqs harmonieuses; presque tous ont la tête sèche et menue avec le nez arqué, et tous , sans exception , des jambes d’une finesse rare et admirablement modelées. Ils sont également beaux et bons pour le manège , pour la course , pour la selle , et pour la voiture. Aussi sobres qu’infatigables , ils marchent $ept heures de suite sans s’arrêter, et
en moins de trente heures ils franchissent l’es-
pace de plus de soixante lieues qui sépare Cagliari de Sassari.
Les courses qui ont lieu , en certaines circonstances, dans toutes les communes, notamment danscesdeux villes, etqui seront l’objetd’une mention particulière , peuvent seules donner une idée 11. 55
LA SA HD A IGNE
de la vitesse et de l’ un pet nos itères chevaux s$rd$$. L’audace et M’adresse de ceux qui l,e$ montent1, accrues et développées par la contipuitédçctjs jçqx et de ces exercices prodigieux , sout hipq dignes de rivaliser avec elles. Ce double spectacle est -pp sujet d’élonnement inexprimable ppup -{Le^è^or gers qui en jouissent. q i?yIIl.‘in.Jt09‘!,
Si le cheval sarde possède les plus bpillajajt^q^fr lités de son espèce , il en a aussi, pojur^ifW toutes les vertus. Chez lui le mérite ?Jlp force et , jp beauté ne font nul tort au caractère, ,£6 coursier; si bouillant et si rapide , est le plus^.ocijp detous les animaux domestiques; il n’esfon^l^N^qj^rpi traître ; sa patience est inaltérable; pu enfant lui commande et le gouverne. L’obéixsauce etda dw ceur sont chez lui d’heureux dons dp lanaturc*, et ne sont point achetées , comme aille up^., par ,uu sacrifice; nul cheval, en Sardaigne , neslpçiyéj, par une outrageante opération , de la foçulfè de sp rer produire. L’égalité sur ce point règne, dan* lies trois ordres; c’est le droit eommn n ^e. Jp alqssç rustique, de la race gentille , de la noblesse privilégiée ; et comme l’avidité de Thomas ij’a^upçup intérêt à les en frustrer, le plus humble cqpj pignon des travaux champêtres en jof^, mis^i- hipn que le plus illustre rejeton des harjasjÇéod^u^.et royaux.
Autant a de vitesse legalop des chevaux sardes,
v B t M *il-»ii»n>u wj» *nr -
ancienne et moderne.
autant est commode et douce leur allure habituelle ordinaire , qui est Vanille , qu’on appelle dans le pays portante ÿ- ou , quand elle est un peu moins marquée , portantinli. C’est le pas favori des cavaliers sardes , à qui la dureté du trot paraît insupportable. Presque tous leurs chevaux prennent d:eux-mêmes, par instinct ou par imitation, l’allure rttrtionalèi et quand la nature la leur a refusée , ils les y dressent par le moyen usité de la ligature des ■jartibes. Cette marche d’un cheval sarde , qui va VdmUe, bt faitquatre lieues à l’hpure, sans prendre et sans donner aucune fatigue \ paraissait si agréable au naturaliste Cetti , qu’il la préférait, disait-il, vit celle t/0 la plus légère chaloupe a la 1 voile , ayant veut arrière.
* Le mode d’éducation des chevaux sardes est motive sut- les usages, sur lés mœurs, sur" les localités. Leurs propriétaires et leurs écuyers ont toujours én vue , dans ce qu’ils leur apprennent , "Ou lëS'eôUtàéS ^l 'dofveiW' lefe' Voir' figurer 1 a’vêlc éclat, 'du lés' distances qu’ils auront â franchir sur deS routeS ësCarpées , pierreuses, impraticables 'pObb d’aétééS ijue pour eux , ou l’utilité qlt’ils titërtt,' sb& pobr la chasse dâhs les montagnes , soit ptftlr l’exploitation de leurs biens. Outre la vélo- Citédifgalop, etla régularisât ion du pas de voyage,
’ Ce fait contredit l’observation générale faite par Duffon , que les che* vaux qui naturellement vont l’amble , sont plus faibles que les autres.
5/|8 LA SA l> DAIGNE
qui sont l’objet des soins les plus constants , on
les exerce à s’arrêter subitement lorsqu’ils sont
. i i i v ’in isyinji'.Hit oi>— 'ooyrii,
lances avec le plus de lorce , a pirouetter preci,-
. . . >>1 U'dl.l ■ ..ïwV» "fKÇWvW
pilant ruent , soit a droite , soit a gauche , et a sau-
. , , ./u.v.'M|l > “W 1 <1 «'■.tfücTo
dessus
pour
ter par-dessus des broussailles ou des roc&ets. Aussi
n’est-il pour eux ni difficulté , rÀ obstacle ; pas
, . 1 . •tFMiùrlj.u •jri'.ui;7C3 i;l
île hauteur assez inaccessible, pas de bojs assez . . u i.p mlJnnq i il on îaimi;
épais pour soustraire a la mort le cerf , lp daim ou
Je sanglier. L’usage établi cliez les Sardes de faire
, . ■■••• lu uimJhb, io ta moi o*
se ou rner de nombreux troupeaux dans les patu-
, . . • •* ' > •'•‘•.vi n r «L ob .-dirr.l nui
rages leur rend surtout preneuse la vitesse de
, . l'.i'bPii ■n-nntil'» «sq iittla n
leurs chevaux. Lorsqu un taureau, une’ vache,
• , , ' ‘tvpipiyib Jot/fc orun. fcJ.
une jument s égaré ou s échappé , le proprietaire
ou le gardien du troupeau se met à sa poursuit^,
. r , r- mL /oui » «nOl&Jo
muni d une longue corde, dontil jette avec adresse , . , . ' l'> v . »v» ««MK nob hj)
1 extrpnnle, terminée en nœud coulant, au cou du
m ! r i.jo i iu- inaioloqqG
déserteur , et le ramene ainsi ou il veuj , en afta-
, ’ s mis ;»I> .d iJ-roJ jon Jjimiii
chant 1 autre bout de la corde au pommeau de sa ,, >)'[ < » >c.$iol itbenoiiiaoq
selle. .. ....
'■ V» ’ 1 1 V ■ir’yL<] lu no j-ufiJilim Les qualités naturelles de la rage ttes chevaux
sardes ont depuis bien long-temps fixeX’allmtioA . , , . , j.d ’ür: i. ai/iolpolno b
des législateurs de ce pays , et laùtonte,. a toutes . 'lu) oim «niom ob, oïlô zcq
les époques de son histoire , s est occupep de.les » . ■> , u Jni) ii.zol/tcc /jugAjjJo eil .
entretenir et de les perfectionner. Les. Hisans laii -Mjor Ijku 4li iio ildiio L i;/vhjjugI>
saient des eleves dans les pâturages de la uallura.
( Orfidis ec/uan
anciens souv
mesures qu’ils prirent à ce sujet. La Cnrta de
• >u.noik| , />
i Goôgle
ËjOgu, donnée à la Sardaigne, dans les dernières années dn quatorzième siècle , par la princesse E/eonoir (l 'Arborée , établit des distinctions de classes parmi les chevaux , en prohibe la vente
-rr-ll -">1 ... .... .
aux etrangers, prescrit des revues périodiques de <i,<i ; -ü'UijKdo pi , . ...
la cavalerie nationale , et ordonne aux proprietaires
V)<v,r, ZLi.d ;.(• , * 1
armes de n y paraître qu avec des chevaux entiers
d’une valeur déterminée, ce qui prouve que, dès
**hkI ■»> <‘nyu',r, . . 11 • 1
ce temps et antérieurement , cette branche 1111-
portâute de la riche sse et de l’industrie du pays ,
il . , „ . . . . . 1 J
n était pas étrangère a I administration.
, mu >\,i .ïii ‘j .
La race avant dégénéré sous le régné de Pht-
miJouyniq r>T., ° , .
lippe II, cé prince envoya, pour la restaurer, des
étalons de choix de ses haras espagnols. Les vice-
roi don Alvaro di Madrigal, et le duc de Gandia , iibuuouc , iu».lu<> ^ . . .
appelèrent sur cette matière 1 attention du parle-
-nnr, nu . Jjjov • . - . ,
ment desnJortes, de qui emanerent diverses proi* au nc*juuiiu*j . , • t. i
positions de lois , acceptées par la couronne. L ordre
militaire en fit passer une, dans la session de iGi5,
par latjuelle chaque possesseur de fief est obligé
d'entre tenir a perpétuité un haras, qui ne. peut ÜSlUQl s ..alnotr. . . . * ...
pas être de moins que quinze juments d ente. z;n ob aèqij'jio 1. ■ ,
Les chevaux sardes n ont jias ete toujours cou-
-lli! ti i. L . . . .
damnes a 1 oubli ou ils sont injustement tombes ,
-tnnllr.il J5lf>b pn., iil , , , .
sans avoir pourtant rien perdu de leur mente'. Un ?,otpi. z " m 1 .
en présenta dix-neul d un seul coup au roi Phi-
•vu *
'Ai wvur’v 1. 1
• On pourrait atancer la proposition contraire , et un donner les raisons.
5i)0 1 ' l/À1 SÀRDkiWE 1 ’ ' '
lipfk: II, et i leur beauté 1 fût • admirée rtiêtné et» Espagne. Don Juan d'jfutpick a fie put1 trouver1, dans1 toute l’ Andalousie , üh' ri\*al de sdn éhèV&l sarde. Le roi de Sardaigne, Charles Émnuttmêl III} et le roi de Portugal, s’étant fait1, dans upeidccntfpii particulière, dés cadeaux réciproques jjréiifïë* fit comprendre parmi les siens dix 1 sùpiérbè^téhë^ vaux de; race sarde. Les élèves desbarasdé Paillé* latin o allaient autrefois dé pair i* dans1 les éeütifes royales de Turin , avec lé# p!us; beawx. dhétdfrx normands anglais et andalou». -»t*oé ell .eo-rg Inc?
fl fût un temps où le continent recherchai t'kB chevaux sardes , et en faisait dé# deWiàédés 'fréquentes. On les envoyait à flarcelone, à Gênes, à Rome , et dans le royaume de Naples , qui est à peu près le seul pays , ou l on en lasse venir d’hui. La Sardaigne a perdu, mais pourra recouvrer, si PU le veut» cet article d’expprtatiau.n.qpÂ^ pié jadis, aussi considérable qu avantageux pppfi V, jL’ltalie tire cependant toujours d« c^tp.^jptj par curiosité, ou pour servir fan t$, quelques- u us de cea
d’une petitesse démesurée , que bieq d$A étraug?»^ s’imaginent être la face commune- djlttf
<.f‘uno|'if.q i.' j 'foi-wt’r in -)Vuo-ïi }?n*?
1 Ce ni suppose une raison invraisemblable de la cessation des demandes de l’étranger: c’est , suivant lui, parce qu’on ne peut donner ailleurs aux chevaux sardes une nourriture aussi bonne qtte l'orgpét la*paiffle douce et moelleuse de leur pays. rfl,w **
tpf bidutl», Uonti la taille n’arrive pourtant pas lopjpwsiàtqrçatre pieds; ils n’en ont souvent pas plus, de trois j.el ressemblent, non pas à des moutoas1, comme le dit Prùcope \ car ils en différent Beaucoup par la forme , mais bien plutôt à de grands lévriers. iC’est dans le* montagnes des Barbargiesj, qu’on élève ces chevaux nains , appelés aüfaftp4fr?Mfauûie, qui, dans leurs proportions pxâgups.sént, pleins. d’élégance et de grâce, et qui Q(^ certainement plus de feu et d’esprit qu’ils ne sont gros. Ils sont si làimüers , et si faciles à loger, qqej souvent ils n’ont pas d'sÉutre écurie que le dessus dq üt,de Jeoé maître. ,<•
s t h , nnobrr:^ uv
c i'M :un ,?olq r,/f i»b '•frnn,v' i •; •
Les ânes sardes victime* d’un caprice.dc la nature. — Emplois variés de ce» ''cx^ici^s'iénitcur». — Ilssontl cs porlëuis d’eau et les meuniers du
tijMÿliJO'v. <\c'r? ,!ihi irj r -r*.
natiiré â Une tendance prononcée ?n Sardaigne à driïuYmëi’ lëtf Ibrines des quadrupèdes , et à rapëtis$Br lètor taille. Elle a fait descendre celle du ùhètât à' dé humbles proportions, que l’ane 11e pôkVaitqj^ êtrel’ôbjët de son respect. L’industrie él orit ëonVbattu aVéè succès sa disposition
àÜîégfâdék'lè plus noble des animaux; mais il ne s’est trouvé ni vice-rois économistes, ni parlement
»J* * lfHllUli.lt /.lliUUitl »,*T>bI i»b *1 rtV .J- r!£ • f»lH/ 099f,
•ifi /|)fi -MtMÎIiu T* mol* l»« NJ *,» ||. *,;i ... «J .JÎ Iiu,/*L • . ,*■
} , 3. ) padç des pclilj» chevaux de Vile de Corse , ‘qui sont
pareils pour la taille et la forme. „v,,,
LA SAIIDAI4.SE -'a
de& Cortès,- qui iprieteütt l’àousous lflor protection , et qui songeassent à le>idéfeüdre-coptroi è^ei;>iei
conte© ses caprioeSi ^Vussâi tneiituis üvireeià"elk?uième , ne, é’est- elle rien fefoséiàiceb.égajxtatCe qui est chez les chevaux une exception ,/donta©n s’arra»ge,te3t devenu chez île» ânes une rè^baugénérale ;,deux pieds dix pouces, en faisant 'rtriêqie bonne mesure, telle est leucplud belle lailleuibin M. Je jffu$©na reconn avec tous les naturalistes ancienp.et modernes, que les pays les plus cltatids sont la véritable patrie de cesbonsetntHesanlmauv; «|ue l’ardeur du soleil développe leurs qualités et leurs formes ; que là sculemeii t , ils son t dans cbl état de prospérité physique et morqle,iqui' mon4re tels qu’ils doivent êlrey et il ajonte en pfopises termes qu’ils sont cf autant moins' forts j et H'imtant plus petits, que les climats Sont, jdw) ‘ 1 .
Malgré los «rades de la soionqo* oes anûnaqx . si fiers et si grands en Asie et encAlriqiteyuôù il est vrai qu’ils sont chez eux, et qiiiattéigneot encore six pieds de long et trois pied»' Ut demi -de haut dans les contrées froides et humides de la France et de l’Allemagne, ont, daus JL’ile dç Sardaigne cinq pouces de moins qu’elle n’a de degres de latitude. Voilà une anomalie CàràctéttS^é , iiihe violation manifeste du principe de la -cm .alWn des êlr,es , et des lois de la température. 13 uudsàrxrKJ
Histoire naturelle de l'âne.
l'ill'. il', I. . /UHVlrfn »li «tM
A N C I FNKTB UT.'. H ODE U N K.
11 Malgré cettfc injustice de là1 natupe/i’a*e saéde i> remplit auprès do l'homme iy afreccéflghwion >, dévouementel gailé»M l’otfioa nmfuefcjil semble'avoir •i «lé spécialement destiné', celui de l’aider dans ses o travaux y et d7étre son serviteur le plus asfoidul’iGe sent ies ânes qui sohfc chargés de tous’ les traitssiports j et charrois nécessaires pour lïéOenoTttie^du ménagé leLgpué lesl<hesoihs delà vie. Ils ttumnleWl, <* avdc leurs Tînctions habituelles , ley à'ttribMions -i dévolues en d’autres payp aux mulets , qui manquenl en Sardaigne IV>>ob‘jnli,q oldfilh *?sl J no |r> - La .provision d’eau et la mouture des grains y 1 1 sont exclusivement du département des Ane». Dahs les villes où. les puits et les fontaines sont plaeés -au dehors , et toutes sont dans ce cas • /'excepté vlg/tsûis.y \se\ sont ces porteurs d’eau qm ont remplacé\ les aqueducs des Romains. On a vu ailleurs que ié’e$t-aussi par eux que sont mises en mouitejjiDieati pea f oues armées de vases mobiles qui puij usent , l’eau pouo l’arrosage des potagers et des jàr- .idias du ;Campidano. w ^ool -.1. draq /u ■. •io:>n< r.I oh aobifnnri Jo aobioni- ;“éntnm ?.sl aneb lued
'Cbilldî, tfljâdrfolrfth' fini [WiV
CTh<:nd»rV »ilWI«|foortalraiMpoh des doatàas «des manfun-
'» ifi5” ’■ y*) tformya j50^ fflP'fitoM6* «sbw«wt
charrettes. Les mesuras administratives et surtout Itts préjugés nationaux
i-k'u J id,t (1„c la
procréation et l’enpUt djaqikfoedes m Wet* nlliftîfcntîi U propagation des belles races de chevaux , et en altéreraient la .pureté.
LA SAKDAICKE.n.M A
Le principal métier des ânes en Sardaigne est* ou de pourvoir à l’approvisionnement d’eau , on de suppléer à sa rareté. On n’a pas pu y dans lus vallées et les lieux bas , où les cours d'eau sono faibles et sujets à se tarir , établir des moulins i ù eau , et on n’a pas su profiter de l’exposition des' collines aux vents de mer , qui ne sont jamais en défaut , pour construire des moulins j^ent , dont le mécanisme est même complètement ignoré. Il en résulte que chaque ménage doit s’occuper de
u& fllso awrujJAn roi >nen ronoiry ol ° 1
moudre la farine qu’exige le besoin de sa consommat ion. C’est ici la plus importante partie du rôle que les ânes ont à jouer dans lfintérièii^ de là famille. Chaque habitation de paysan èn &èih(,'pt>ù¥\ le moins , qui tourne constamment la iriétilt , aVéiL une égalité de pas et d’humeur imperturbable. Cè;i meuniers, car c’est le nom qu’on leur dortné(mOlenti), sont traités en tout comme de fidèles domestiques , et comme les meilleurs amis de la maisdh’.'*
Le nombre des ânes est extrêmement multiplié en Sardaigne. Dans les villages un peu populeux l, le cornet à bouquin en appelle au pâturagè dés troupeaux de deux ou trois cents. Mnrmol , à qui liuffcm a fait l'honneur de le citer , dit nhbir 1k 6 réunis en Sardaigne beaucoup d'ânes ‘ sanedges ou onagres *. Cette île où , de temps immémorial ,
1 Vimos grandes tnanadas d’asuos schajcs en Ccrdcna , au tique son pcquenos. Marmoly description de Africa.
ANCIENNE BT MODERNE. 555
le* âuesont fait le même service et mené la même vie qu’aujourd’hui , a été habitée en même- temps par eux et par les hommes , et ils ne s’y sont jamais quittés. Il >esb probable que lé voyageur espagnol aura pris , une compagnie de ces tranquilles serviteurs , à la promenade uj pour: une bande de sauvagestj m < -»n n - t.i ot -u. ’ü':»». -
Jliob , j il“l -lljfu*»*ii . •• • •• ) ■•<> » , JâU:i. 1
li <V:<- . oeufs et les Vaches., rr . ..r, .eu .
Nombreux troupeaux de bœufs et de vaches dans les pâturages de la Sar- -II I tv. : Ki J daigne. Qualité inferieure à 1a quantité.
X»l«' '» 1 if» ' I .'i; «j I ' • t'| ' J’ ‘
JLîtlégislptipo ^t lf industrie qui» par leurs soins pfiuç l’é4ucatiop du cheval , ont lutté avec tant de spcçès conbrp la nature , n’ont pu , avec aussi peu d’incoovéqients que pour les ânes , dont rien ne saurait ^Itérer les bonnes qualités * lui laisser, exercer ,sw;les bœufs et les vaches son penchant .à rapetisser, les espèces. L’amoindrissement et la dé- ! gradation, de cette précieuse race d’animaux sont la can&e principale de la décadence de l'agriculture en, Sardaigne pi la privent de ce : qui a iaitungl des principales branches de sa richesse dans l’antb qnité. Quand Élien représentait cette lie comme couverte de bestiaux nourris daus ses pâturages r , il ftp ( .parlai t , sûrement pas ^d’espèces d’animaux
1 Æliauus. Hist. animal, lih. 16, cap, 34. — :Ui6t. \ar. lil>. i6»cap. i*
■ïluylr,
jdtrt CliétiVës que celles de* autrès pajs Europe, i^insi , c est 1 introduction de ^quelque pratique ViëifeUse", ’alt/tVelbiï ihconnue , 1 qui à réduiHe jjros bdliitt' de ïa Sardaigne à' cet état de'degeu^ation <Ù"ü èït tbmbé1, éV qui est’ si différent £ cetui que d^Weiit lW indiens auteurs.
L étranget voit encore avec^étonntement ungranâ ribrfibré'dé troupeaux de boeufs et de vàcheserraViti sût lès flitncs des' montagnes 'ét dans îes valmwu Sardaigne , comme dansle Uum^de son attlique prospérité agricole; mais sa surprise enano-e Oé n/ltuni . mi^nn eue vau v iriAnn/mt n A*»..
uTr° 1 inclue petitesse et ae la niai<*reiii dè dës aniiiiaüürOn’vdit co'mmu'némeiit (fSfcnls , qiïï'Mt1 pas plus de trois pieds de liîAiV'f armes dé'codnd^ ëhorriics , èflfe't et préiiVé èn' « Œ pe'ut^e d^'îeur débilite1. Des qüiiitàlix et' des vaclies du poids de Jdeux et ctemi s'éVrt presque ke^pliëdddienes .' Cës' dermèSS sëhi poWr'féëôhdes -; quand ëtles i^etVènt ‘èâs’unè' lbfe dâhs' Espace dé défit àhV."Mès défaut 'dé1 la stérili té celui' dé rie donner1 que pelZ? *a«* ' r^lVur
liétttb qùk:ntitéMél'Iait' sani’ saveur'. T^Wrei" dé ’l'ânneb ’/dti Viirprend mêéu^'îé ^‘fne^efef li^irWVèé^qil^on^ en aiicùnll temps 'dans * 1^
Campidario; o fi ‘Ton alwndoé'nè âW'jèdne'fe^ pèù'dè lait qu'ellès distillent.*1 ‘ ' ?T
l 'jÀi
u Te
• ' » , * *r i ✓ TJ ” f
£>//i,a|calculéque , dansas, meilleurs pâtqrpg^, sons fa pirde.du pitre le pl.w «HfiM
température la plus favorable yaqhes pe.pw duiseut en que .année qu’une trenfcqqe
"î1,”1 n(ierd^ Srt/'ï’Wf.
livres de beurre huileux , auxquels lpu£ î^uf^è, Jmmcteucoup de prix ' „ ', ,,,
La oardaigne, est peut-etre, de tous les pays.de;
pâture , celui qui a relativement les plus nombreux.
Mi. / ^.r«nT. iv- ip^ ruo-ii ' *nwr?‘ti iram
troupeaux; mais si c est Je plus nqlieaen .quantité
•J > Vm a) T eiir.fi iyn , r •wiv&otcC knlB JW
numérisé, aucun n est plus pauvre en aualites,
■ ,r* |'l< l’f l^r i Ly dlfiHL,. ) 1 1 )> 1 t ijl 1V( j ^ ' 1 1 1 J TupWlTïrmJt
et en produits effectifs. La viande de bouclierÂç.y
•ni' irJrrjnnor/ /uo/ niu.ijp , yaTürli ”, .1 iïï.iIj
nian^^,rvWetc,onistaipP1.fl 1
seulement pqur^e commerce , pouyl
P®ur r^Jirovisiqnnemept dep bàtimepts étWq^h
n\hS , ?’ie,Yie HW ^rfonsoumvition irl^riçpye, , ^
ra'T pf ? . e,?t . PalPable' , Les A , WMfîr,
me«l (îes)llln^1à ,ai reproduction, de l’espèce ^ •™fë ?. ,},>süffT Ju troupeau, et yjlfc
circonstance solennelle pour que le, lujcep^e
0^n"r!^V^e^reche^hée8-
a(|ujies ; leur petitesse et leur ma^W;^dqi^f(
a fep.ffV ^cllose ce qu’ils peuvent, fpvrwr RW,
lara‘^n,ff ,tKs !l0'nmes- ;Les rigueurs dps ?,4fW efi fVnl mourir bpaucqpp. Le seyviqq dp,
riziculture, qui a besoin de suppléer à la fpr^e. par le nombre, en réclapi^ e^fpp, emplptq,p,l,V$
Ti A SARDAIGNE
qu’ail leurs. On voit c#ttfminémeiU lnUt bceufs 'attelés à une charrette presque vide, lia stérilité des vaches ne remplaçant qu’avec lenteur ce qu’on retranche du troupean , on est bien obligé d’user des plus grands ménagements ; et comtWe il faut trois ans pour obtenir ce que donne une Seule àhnée ailleurs , il s’ensuit qu’on ne peut livJèr'ït la consommation que le tiers de ce qu'elle absorbe dans les autres pays. C’est là ce qur expliqué la disette de viande qui se fait sentir ett Sèrdaigiië, au milieu de tant de bestiaux. l| >
La culture des terres souffre surtout dè1 lit l^blesse et de l’exiguité des boeufs de labour. Une petite charrue , proportionnée à leur taille , él armée d’un soc de huit pouces , trace péniblement sur la terre effleurée un sillon sans profondèàtr. L’homme , mécontent de ce que ces animaux', qii’il croit lui avoir été donnés pour le labourage et pouf sa subsistance , manquent à leur destination , sfëW venge ou s’en dédommage; il leur impose desl travaux auxquels la nature ne les avait point appelés : il en lait des bêtes de somme. On voit 'souvent1; surtout au cap du nord , les bœufs et lès' vàchés marcher tristement sous le Ml des mulets èt dofs ânes , et porter du blé , do bois . et des dètW^eti et fardeaux de tout genre. . i.ui.Wpnii.!
Ici l’homme est manifestement dans son tort . • • • * ainsi qu’il l’est presque toujours dansse9 rapports
ANCIESNB EX MODEUNE. 55g
avec les animaux- Si le bœuf et la vache du S»rde lui refusent les secours et les bénéfices qu’illéur demande , c’esi qu’il leur avait refusé lui-même auparavant la nourriture et les soins qu’ils avaient dfpiit d'en. attendrez Ils manquent de leurs preqûère^ nécessités , la pâture et le gîte. Le proprié* taire du troupeau, ses marchés faits , le livre à un pâtre > qui le chasse devant lui, ét le conduit de nolliue en colline , de valloo en vallon , où il trouve uqp nourriture suffisante, pendant quelques mois de l’année, c’est-à-dire tant que la végétation la lpi fournit. Ce bon temps dure peu : le soleil d’été v^nt tout dessécher et tout brûler; le troupeau nè trouvai bientôt plus sur la terre aride, que des plantes dures ou du chaume. Quand vient le froid , exposés comme ils Je sont à ses rigueurs , la nuit et le jour en plein air , sans étable et sans aliments', ç^ptal heureux animaux meurent ou languissent. On ne connaît pas les prairies artificielles ; on ne fait pas plus de foin , qu’on ne prépare d’abri pour les mots d’hiver. IL est aisé de prouver que tout le mal vient d’une si pernicieuse méthode , qui a fait perdre en Sardaigne à cette espèce de bestiaux les avantages et les qualités qu’on leur reconnaissait dans ^ sfocles passés. Aujourd’hui même, dans le Campidano , les bœufs de labour, qui sont logés en des lieux clos où on les nourrit, pendant l’hiver, de de fèves , ejL.de menus grains, paraissent
56o LA SARDAIGNE
être d’une autre race , tant ils en diffèrent , et sont
aussi forts et aussi beaux que partout ailleurs.
Quelque funeste que soit cette méthode de pâture , il faut convenir que toute autre serait impraticable dans l’état actuel de la propriété , et dans la situation des fortunes rurales. Les troupeaux de chaque commune sont divisés entre nn très petit nombre de propriétaires ; celles des cantons de grand pâturage comptent quelquefois douze ou quinze mille têtes de bétail , qui appartiennent à sept ou huit personnes *. L’une en a trois ou quatre cents, une autre deux mille, une troisième jusqu’à quatre mille. N’en posséder que cent , c’est ne rien avoir. Comment, sur un territoire borné, sous un ciel ardent , nourrir , entretenir , et garder ces troupeaux immenses? où trouver des étables pour loger deux mille animaux , et des greniers pour leurs provisions d’hiver? La division de ce genre de propriétés serait le seul remède au mal existant, tout semblable à celui que Pline accusait d’avoir perdu l’agriculture en Italie J. On a démontré, par des calculs de la plus grande exactitude, qu’un troupeau de trois cents vaches , exploité d’après les bonnes méthodes , donne un produit effectif sept
' La population des communes pastorales est ordinairement dans In proportion d'un sixième, et quelquefois moins , avec le nombre des bêles à cornes. Le village d’Oschiri a t5oo habitants, 4,000 bœufs, et 8,000 vaches.
* Latifundia Italiam perdidcrc. Lib. 18 , cap. V.
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Antiquité de la race et de l’éducation des moutons eu Sardaigne. — Avan-
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habitons des Barbaries,, qui passent pour être le u rs aaScefloan t&directs . sont encore ceux de tues les§araes qui s appliquent le plus et qui s’entendent le mieux à l’ éducation de ces troupeaux. Ils onl l’avantage d’en être presque toujours en même temps les maîtres et les gardiens. Atissîleurs trouii. 56
peaux sont-ils les plus beaux et les plus productifs de l'ile entière. Ils descendent de leurs montagnes , vers la saison rigoureuse , et , à l’instar des bergers espagnols, ils louent des pâturages dans les plaines méridionales, où la température est constamment douce, méthode qui fait que leurs troupeaux sont en plein rapport, l’biver comme l'été.
Les propriétaires sardes regardent ce genre de revenu comme plus considérable et plus sûr que celui des récoltes de la terre.
La brebis sarde, sans avoir tout à fait les mêmes proportions que celles du continent, a tous les signes d’une constitution robuste et d’une santé parfaite.
Un troupeau de brebis donne en ce pays plus de lait qu’un pareil nombre de vaches. On fait de ce lait des fromages salés, qui servent à la consommation journalière et au commerce extérieur. On en exporte chaque année environ 4o,ooo quintaux .
La laine pend en flocons droits et lisses , longs , de six pouces. Chaque sujet en fournit de deux à six livres à la tonte. On fabrique avec cette laine , qui a le défaut d’être un peu dure, parce qu’on ne fait rien pour l’améliorer, des draps grossiers à l’usage des gens de la campagne. Beaucoup d’entr’eux , épargnant les frais de la façon, se font, des dépouilles brutes de l’animal , un habillement
qui est la partie la plus antique du costume national.
Parmi les béliers, il s’en trouve souvent qui ont quatre, et même six cornes. On les croit originairement de race égyptienne.
On a essayé, avec des succès variés, l’introduction des moutons purs d’Espagne et de Barbarie. Le croisement des races a parfaitement réussi.
Comme viande de boucherie, le mouton, de Sardaigne , est d’un excellent goût. On s’en procure aisément pendant toute l’année, mais surtout dans la saison du printemps.'
Des Chèvres.
Existence des chèvres sauvages eu Sardaigne. — Chèvres domestiques eu grand nombre, et leurs produits.
Les chevaux sauvages ont disparu de la Sardaigne; on n’y voit plus d’ânes sauvages, si même on y en a jamais vu ; mais les chèvres indépendantes, les chèvres de la nature, y existent incontestablement. Elles habitent surtout l’ile adjacente de Tavolara, et comme ni les hommes ni les autres animaux ne leur en disputent la paisible possession , elles y prospèrent et s’y multiplient. Ces chèvres sauvages et primitives , dont les chèvres domestiques tirent leur origine, portent, comme ces dernières , la barbe et les cornes , mais elles ont le poil plus court , plus épais , varié des
mêmes couleurs , et sont généralement d’une plus grande taille, qui va quelquefois jusqu’au double. Leur chair, et surtout celle de leurs chevreaux, est d’un goût exquis. La chasse, que l’on ne peut leur faire que bien rarement , est aussi difficile qu’elle est quelquefois heureuse.
Toutes les parties de l’île sont couvertes de troupeaux de chèvres domestiques, auxquelles on n’attache quelque importance que quand ils se composent de plus de trois cents tètes. Le nombre de ces animaux excède de beaucoup celui des habitants. Aucun terrain, aucun climat ne saurait leur convenir davantage; aussi sont-ils d’un excellent rapport, et donnent-ils un produit considérable. On fait , de leur lait , des fromages très estimés, qui sont un objet d’exportation intéressant.
L’analyse du lait des chèvres sardes démontre qu’il a beaucoup plus de corps , et qu’il est plus gras et plus riche en substance caseuse , que le lait des vaches du même pays , de sorte que la médecine pourrait faire l’inverse de ce qui se pratique ailleurs, et prescrire ce dernier comme plus séreux et plus faible. '
11 se fait en Sardaigne une grande consommation de chevreaux , dont la chair est en effet très bonne.
On exporte le poil et les peaux à l’étranger, à l’exception d’une petite quantité qu’on employé dans le pays.
Les montagnards des Barbargies, qui sont les meilleurs bergers de l’ile, en sont aussi les chevriers par excellence.
Les Cochons.
Race de cochons remarquable par ses formes , sa force , scs particularités et qualités naturelles.
Le cochon n’est point, en Sardaigne, cet animal stupide et immonde, que la dégradation de ses appétits et de ses formes rend un juste objet de mépris. Rebelle à la loi du rappel issement des espèces, il est vigoureux, hardi, turbulent, et a le regard fier et assuré. Au lieu de ces énormes oreilles pendantes , qu’on voit aux autres , lgs siennes sont courtes, droites, bien garnies; l’ignoble petite queue, nue et tortue, est remplacée par une queue épaisse et longue, qui ressemble presque à celle d’un cheval. Son corps est couvert de soies qui, sur l’échine, sont dures comme du fil de fer. Dans le Marghine, il porte sous la mâchoire inférieure les deux touffes de poil qui sont l’ornement des boucs. II est solipède dans quelques autres cantons, et notamment dans la Nurra, c’està-dire que, contre l’ordinaire de ses pareils, il a le sabot d’une seule pièce , comme les chevaux et les ânes, circonstance qui est , suivant l’expression de Buffon, une espèce d’exception aux règles générales de la nature.
Les cochons de Sardaigne sont distincts des sangliers, et n’ont pas de défenses; ils ont, avec les différences ci-dessus , les mêmes formes et les mêmes mœurs que les autres cochons domestiques; ils sont, comme eux, de couleurs variées. Il y en peu de noirs; la plupart sont gris et blancs.
Les plus gros et les plus gras sont ceux du Campidano, qu’on nourrit, sous le toit, d’orge et de fèves, et qui pèsent de cinq à six Quintaux'. Les autres, formant de nombreux troupeaux comme le grand bétail, vivent constamment dans les forêts, où le roure, l’yeuse, le liège, et toutes les variétés de chênes, dont elles sont remplies, leur offrent i^ne abondante nourriture.
Leur chair est aussi saine que délicate et de bon goût. Les Sardes, qui manquent souvent de viande de boucherie, en font une énorme consommation. Leurs économistes leur reprochent, pour l’intérêt de la propagation de l’espèce, de n’ètre pas assez modérés dans celle des cochons de lait. Le lard est épais et ferme ; on fait, dans la Gallura et à San Lussurgiu, des salaisons excellentes et fort renommées.
' Les paysannes sardes du Campidano excellent dans l’art d’engraisser les corlions. On en voit , pendant plusieurs heures, à genoux devant ces énormes animaux, qui ne peuvent plus se soutenirâ force d’embonpoint, et n’ouvrent même plus les yeux , occupées à leur faire avaler de l’orge et des feves cuites , sur lesquelles la satiété les fait rebuter.
La réputation des cochons de Sardaigne date d’une haute antiquité. La compagnie des fournisseurs de cochons de l’ancienne Rome (Suariortun) , qui avait l’entreprise de cet approvisionnement, entretenait dans cette île une factorerie protégée par les empereurs1.
Recensement des bestiaux.
On fait tous les ans le recensement des bestiaux : chaque propriétaire est tenu de remettre , entre les mains de l’autorité, la déclaration des animaux qu’il possède , soit dans les grandes , soit dans les petites pâtures et dans les métairies. M. Azuni assure que ce recensement, qu’on appelle la consigne, est toujours au-dessous de la vérité, parceque les particuliers, craignant des taxes sur le bétail, cachent une partie de leur avoir. Le Père Napoli prétend an contraire qu’il est constamment exagéré, et qu’on peut sans risque en déduire près de la moitié.
Quoi qu’il eu soit, l’état suivant, publié plusieurs années avant les révolutions qui ont bouleversé l’Europe, et rapporté comme document officiel par Gemelli , dans un ouvrage fait avec soin et à tête reposée , peut donner une idée approximative de ce que l’île de Sardaigne possède en bestiaux.
Codex Theodos. legum novelUrum. Til. XXXIII.
LA SAKDAIGN E
Bœufs de labour, ou domestiques 97,753
Vaches domestiques 1 0,099
V eaux et genisses domestiques 8,080
Chevaux et juments 66,334
Cochons 1 52 ,471
V aches et genisses de grande pâture. . . 166, 468
Bœufs et veaux de grande pâture 58,770
Chèvres 578,201
Boucs 42,597
Brebis 768,200
Moutons i4ô,5o2
Total. . 1,895,520
Il est plus que probable que les recensements d’aujourd’hui doivent présenter des résultats inférieurs à ceux du relevé ci-dessus , qui appartient à une année de prospérité agricole. Outre que les états de ce genre sont, par leur nature même, sujets à des variations annuelles , il faut ajouter aux fléaux naturels, trop fréquents, une circonstance particulière à la Sardaigne , qui lui a été préjudiciable. Les flottes anglaises de la Méditerranée ont vécu pendant toute la durée d’une guerre maritime d’un quart de siècle , aux dépens des bestiaux de celte île. Une consommation pareille n’a pu que diminuer considérablement le nombre de tètes, sans chance de reproduction, ou de compensation quelconque.
ANCIENNE ET MODERNE. 56g
Le Mouflon.
De tous les quadrupèdes auxquels on fait la chasse en Sardaigne, le Moujlon est le plus curieux, à cause des particularités qui le distinguent, et le plus digne d’une mention spéciale.
Cet animal est YOphion des anciens, que Pline croyait appartenir exclusivement à cette île , et dont il supposait que la race s’était éteinte ' , double erreur qui a été depuis reconnue. Quelques personnes dans le pays prononcent encore Mujion, au lieu de Mujlone, ou Mouflon.
Quelques circonstances de sa conformation et son pelage l’ont fait prendre par les auteurs grecs pour un cerf ou pour un daim. Pausanias , qui a parlé de la Sardaigne sur des ouï-dire, en fait une chèvre sauvage a.
Les naturalistes modernes , observateurs plus éclairés, désignent le mouflon comme un mouton sauvage 3. C’est en effet celui de tous les animaux connus, avec lequel, sauf quelques différences de structure, produites par celle de la manière
' Invcnio apud auctores græcos animal ocrvo minus , et pilo demum ac dente simile , qnod OpUion voeatur. Sardiniam enm tantum ferre solitam ; hoc intcriisse arbitrer... OpUion in Sardiniâ , nec alibi nascitur. Plin. hist. natur., lib. a8, cap. 9, et lib. 3o, cap. 1 5.
* Pausan. , in Phocicis.
1 Ovis Ammon. Linn.
5/0 LA SAllUAIGNK
<le vivre , il a le plus de ressemblance et de rapports.
C’est uniquement la nature et la couleur de son poil qui ont pu le faire comparer , en le voyant superficiellement, ou à un cerf ou à une chèvi'e. Encore trouve-t-on, en soulevant ce poil épais et rude , assez semblable à celui d’une bête fauve , une espèce de laine fine et crépue , qui lui sert de doublure; du reste , toutes les habitudes de son corps , toutes ses formes sont celles d’un mouton de moyenne taille.
Le mouflon a généralement, dans son entière croissance, deux pieds deux pouces de haut. Comme le bélier, il a les cornes placées au-dessus des yeux , creuses en dedans, triangulaires, et finissant en spirale ‘. Les cornes du mouflon , depuis leur base jusqu’à la moitié, sont fort ridées , un peu plus unies ensuite, et plus l’animal a vieilli, plus leur couleur devient d’un brun foncé.
Ce qui distingue le mâle de la femelle , c’est que celle-ci a rarement des cornes, ou que, quand par hasard la nature lui en donne, elles sont peu saillantes, et n’ont pas de courbure.
La femelle , d’ailleurs plus petite , diffère encore du mâle par la couleur du poil qu’elle a entière-
1 Cetti démontre que Lmnie s’est manifestement trompé en classant parmi les chèvres un animal porteur de véritables cornes de bélier ; mais ce grand homme avait déclaré que le moullon lui était inconnu.
AKCIEXNB ET M O D B R N B. 671
ment fauve. C’est aussi ordinairement le fond de la couleur du mâle, plus ou moins foncée; mais il porte , sur chacun de ses deux flancs , une large tache blanche. Chez tous les deux une raie noirâtre, partie de lanuque , parcourt l’échine du dos, et aboutit à une queue de trois pouces , pendante , couverte de crins noirs en dessus , blancs par dessous. Ils ont les narines noires, le museau blanc, ainsi que les oreilles et tout le dessous du ventre, les cuisses et les jambes grises , et la partie antérieure du cou et la poitrine garnie de longs poils en forme de barbe.
Le mouflon porte les oreilles droites , le nez haut et arqué, comme le mouton, et, comme lui, il a le sabot fendu.
La structure intérieure est celle qui appartient aux animaux ruminants. Il a l’estomac composé de quatre cavités, et n’a aucune dent incisive à la mâchoire supérieure. La mâchoire inférieure en a huit , et toutes les autres sont molaires. La vésicule du fiel est volumineuse, comme dans les animaux sauvages.
Le mouflon a , dans l’organe de la voix , St dans la saveur de sa chair , deux points de similitude bien marqués avec le mouton domestique. 11 bêle comme lui, et l’imitation que font de la voix des brebis les chasseurs cachés sous les broussailles , sert à entraîner dans le piège sa confiante inno-
cence. Quant au goût de sa chair, mets fort recherché , c’est celui du mouton le plus exquis.
Une graisse sèche et ferme , de la nature du suif, s’amasse de la même manière autour des reins , mais en moins grande quantité. Il se forme en revanche , dans le premier ventricule, une concrétion d’abord molle , qui se durcit peu à peu , et qui , devenue avec le temps une espèce de pierre, est employée en poudre par infusion , comme un puissant sudorifique.
Le lait de la mouflone est de la même qualité que celui de la brebis, mais elle en donne beaucoup moins.
La ressemblance des goûts et des mœurs indique, non moins que les similitudes matérielleset anatomiques, l’identité d’origine. Les mouflons ne mangent que des végétaux, et ont horreur de toute nourriture animale. Timides à l’excès, et non audacieux et superbes , comme quelques naturalistes les représentent, en parlant, il est vrai , de ceux d’une autre contrée, ils sont effrayés du moindre bruit, et fuient avec une vitesse extrême.
La drainte du danger et leurs inclinations sociales les réunissent en bandes de cent ou cent cinquante, dont le plus vieux ou le plus fort est le chef naturel. Ces petites peuplades ont choisi pour asile les sommets des montagnes les plus élevées , et leurs citadelles sont des rochers inacces-
sibles. Des vedettes sont placées sur les pointes qui dominent un vaste espace de terrain , et un cri d’alarme , à l’approche du danger , en avertit la compagnie, qui, en un instant, se disperse et disparaît.
Ce sont les habitudes sauvages de ces innocents animaux qui, en rendant extrêmement difficile la guerre continuelle que leur fait la férocité de l’homme, les a soustraitsà une entière destruction. La rareté des coups de fusil heureux a donné naissance à cette tradition parmi les chasseurs , que le mouflon, bien que frappé à mort, n’expire qu’après avoir perdu la dernière goutte de son sang.
La vie commune dure depuis les premiers jours du printemps jusqu’à la fin de septembre, qui est la saison des amours. Les mâles , quand elle est finie, se séparent des femelles, dontla vie devient alors moins agitée , jusqu’au mois de mars , époque où presque toutes ces dernières mettent bas , et où ces bordes nomades se remettent en marche.
Quand des rixes particulières viennent troubler ces sociétés pacifiques, quand deux rivaux sont en présence, l’affaire se passe comme dans nos parcs ou dans nos bergeries; on vide la querelle en s’élançant violemment l’un contre l’autre, la tête baissée, et en se donnant ainsi, à plusieurs reprises, des coups furieux.
Quelques colonies de mouflons , débris d’une
ancienne population plus florissante, se sont perpétuées , au milieu des dangers sans cesse renaissants , dans les parties de l’ile dont l’accès est le plus difficile. Le gros de la nation habite le Monteacuto, les hauteurs d’Oliena, l’Ogliastra et les Barbargies. C’est autour du pic de Genargentu qu’on voit quelquefois errerles corps les plus nombreux.
La douceur de mœurs et la sociabilité des mouflons les rendent propres à être facilement apprivoisés. L’eau fraîche et limpide , dont ils ont pris l'habitude dans leurs hautes montagnes , reste toujours pour eux un besoin de première nécessité. Ils vivent dans une parfaite union avec tous les animaux domestiques , et surtout avec les chèvres. Leur gentillesse et leur vivacité les font rechercher. Us reconnaissent leur maître , et le suivent comme les chiens ; mais leur étourderie et leur familiarité sont si grandes , qu’ils entrent partout , brisent tout , et mangent tous les fruits et légumes , ce qui fait d’eux des commensaux fort incommodes.
Buffon regarde le mouflon sarde comme le même animal que Xargali ou stepnié-barani, observé par Gmelin sur les montagnes de la Sibérie méridionale , depuis le fleuve Irtisch jusqu’au Kamtchatka. Ce grand écrivain , et les naturalistes qui ont parlé , après lui , de l’argali et du mouflon , entr’autres MM. Desmareste t Cuvier, les considérant comme
ANCIENNE ET MODERNE. 5y5
identiques , nomment cet animal le bélier sauvage , et reconnaissent en lui la souche , le type original des diverses variétés de nos moutons domestiques.
Cetti , auteur d’un ouvrage élégamment écrit sur l’histoire naturelle de la Sardaigne , examine cette proposition , la combat par des arguments ingénieux 1 , et après s’être demandé si le mouflon est le bélier primitif, duquel proviendraient les races perfectionnées , ou s’il n’est que le mouton dégénéré , il conclut pour celte dernière hypothèse, dont il donne pour principale raison la paternelle prévoyance et la sagesse infinie du créateur.
Il n’accorde pas davantage au Pline français l’identité du mouflon et de l’argali. Les écrivains sardes qui lui ont succédé partagent sur ce point son opinion. Un animal qui, comme celui de Sibérie , suivant Gmelin , a la tête d’un cerf , qui manque de la tache blanche caractéristique aux deux flancs , et quia tant de vigueur et d’audace, qu’à l’âge de trois ans dix hommes réunis osent à peine l’attaquer , ne leur paraît pas être le même que la douce et innocente créature dont on vient de lire la description. Une des objections sur les-
' Buffon , avait cité , comme un des faits prouvant suffisamment l'identité, la production d’un umbro ou métis par l'accouplement du mouflon avec la brebis domestique. On a mené , depuis , l'expérience plus loin : un umbro , accouplé à une brebis , a engendré un autre umbro , ce qui fait voir que ce métis n’est pas infécond comme le mulet. U serait curieux de savoir ce qui proviendrait de l'accouplement de Yumbro avec une femelle métisse.
quelles ils insistent , c’est que l’argali est armé de cornes qui ont quelquefois , en mesurant la courbure , deux aunes de long , et pèsent de trente à quarante livres , sans en excepter mêmeJa femelle , avec quelque différence de volume , tandis qu’on en voit assez rarement à la mouflone pour les considérer comme un jeu de la nature.
En général les Sardes inclinent à croire leurs mouflons différents de ceux qu’on trouve dans quelques îles de la Grèce , et même dans l’île de Corse , quoique ceux-ci soient vraisemblablement des membres d’une même famille, qui ont été autrefois séparés.
Les Cerfs et les Daims.
La chasse est permise à tout le monde en Sardaigne , dans toutes les saisons , et contre toutes les espèces d’animaux. Il n’y a de réserve que pour les petits des faucons , dont la race esta peu près éteinte. Le chasseur sarde trouve dans les forêts et sur les montagnes de son île et des adjacentes , outre les chèvres sauvages et les mouflons , un grand nombre de cerfs et de daims. *
Le cerf est un des quadrupèdes de la Sardaigne qui ont le plus manifestement subi la loi de la dégénération. Il est tel que le dépeint Buffon , ayant perdu la moitié de sa taille , et avec un pelage brun et un bois noirâtre. Un cerf de trois ans n’a ordi-
nairemenl que 28 pouces de hauteur, el 32 de longueur. Les plus gros ne pèsent guère plus de 170 livres. Leurs bois, proportionnés à leur taille, excèdent rarement le poids de 6 ou 10 livres , et chacun d^eux n’a jamais que cinq andouillers tandis que ceux des cerfs du Nord en ont quelquefois jusqu’à onze.
Les Sardes ont long-ternes donné le nom de chevreuils ( crabolus ) , espèce qui leur manque , aux daims , qu’ils ne croyaient pas avoir , et qu’ils possèdent au contraire en grande quantité. C’est le naturaliste Cetti qui les a tirés de cette erreur. Les daims multiplient beaucoup dans cette île , et y sont plus nombreux que les cerfs ; car on en trouve partout , et presque à la sortie de tous les villages. Cette circonstance contredit l’observatioo généralement faite, que les daims sont moins communs que les cerfs , et que ces deux espèces , qui sont ennemies et se fuient, malgré leurs rapports naturels, habitent rarement le même pays.
Le daim de Sardaigne a la même conformation el les mêmes caractères extérieurs que ceux des autres pays de l’Europe. Une seule particularité l’en distingue. Son pelage, fauve-clair sur le manteau, blanc sous le ventre, rayé sur l’échine par une bande noirâtre, est moucheté sur tout le reste du corps de petites taches blanches irrégulières , qui forment en outre une ligne droite parallèle de 11. 37
chaque côté de l’épine du dos. Ces taches disparaissent à la fin de l’automne, en même temps que la couleur du poil devient plus foncée , et ne se font revoir qu’au mois de mai , quand le poil reprend un ton plus clair. Cetti, qui a fafl cette observation ' , l’exprime en disant que le daim sarde, à l’approche du deuil de la nature , s’enveloppe d’un vêtement plus triste, et qu’au retour du printemps, il reprend son habit de fête, et se couvre de fleurs, comme les prés et les champs.
C’est par méprise, que les anciens anatomistes de l’Académie des Sciences de Paris ont donné le nom île biche de Sardaigne à un animal ainsi tacheté , qu’ils ont eu sous les yeux , et qui devait être ou une daine du même pays, ou la femelle de Y axis, cerf du Gange.
Le Sanglier.
L’importance du sanglier, comme but de chasse et objet de consommation , lui mérite une mention à part , et distincte de celle du cochon domestique. Cet animal ne se multiplie dans aucune partie du monde, comme en Sardaigne, triste privilège d’un pays couvert de bois, de terrains en I riche , et dépeuplé. Le nombre des sangliers surpasse encore celui des daims , quelque considé-
' Elle répond à relie de Dauhenton , qui avait dit que le poil du daim, soit uni , soit tacheté, n’est sujet à aucune variation , quel que soit son Age.
Table qu’il soit, et on est toujours assuré d’en abattre, dès qu’on se met en campagne jx>ur en aller chercher.
On chasse le sanglier à force ouverte , pendant le jour, avec des chiens bien dressés 1 , qui vont le lever dans les parties les plus fourrées des bois, où il se tapit pour se soustraire à l’ardeur du soleil. On le surprend aussi au clair de la lune, lorsqu’il sort pour passer d’un bois dans un autre , pour aller s’abreuver à quelque ruisseau , ou jK>ur ravager les moissons.
Le sanglier sarde a subi dans sa taille, si ce n’est dans sa férocité, la loi locale de la dégénération. Les plus gros pèsent 2 5o livres , et les plus formidables défenses n’ont pas plus de trois pouces de diamètre.
Sa chair , qui est d’une excellente qualité , quoique un peu sèche, n’a pas le fumet sauvage qu’on
' Les Sardes élèvent des chiens de chasse d'une finesse d’odorat et d'une vélocité prodigieuses. Leurs lévriers sont remarquables par leur forme et par leur hauteur. On eu voit de deux pieds et demi. On troque quelquefois un lxeuf pour un lévrier de ce genre , et le marché ne parait inégal, ni pour la valeur réelle, ni presque pour les proportions delà taille. Les autres chiens connus en Sardaigne sont les braques et les mâtins. La force et la fidélité de ces derniers en font des gardiens excellents. Leur accouplement avec les femelles de lévriers produit une espèce de métis, qu’on pourrai t appeler la race sarde, et qui réunit les qualités de l'un et de l’autre, étant également propre, quoique â une degré moius éminent pour chaque chose , à garder la maison et le troupeau , à prendre le lièvre, à abattre le sanglier.
Ô8o LA SAItDAIGSE
lui connaît ailleurs ; elle lient le milieu entre le goût du sanglier des autres pays, et celui du cochon. Comme on en lue beaucoup, il s’en consomme presque autant que de viande de boucherie.
Outre cet avantage, qui donne du prix au sanglier, et l’emploi de sa peau pour la chaussure îles villageois, il fournit un médicament à la pharmacopée rustique. On extrait sa vessie , qu’on remplit d’huile, sans la vider, ce qui forme un onguent qu’on dit être un excellent remède contre les blessures.
Les chasseurs sardes ont établi celle loi entre eux : Quand ils tuent un cerf ou un daim , la peau est la propriété commune; si c’est une biche ou une daine , la peau appartient à celui qui a donné Je coup mortel; si c’est un sanglier, la vessie est le prix du vainqueur.
Le Lièvre , le Lapin, le Renard , la Marte.
On chasse les quatre espèces de petits quadrupèdes réunies dans cet article, à cause de leurs peaux et de leurs fourrures, et les deux premiers en outre comme un fort bon gibier.
On trouve des lièvres dans toutes les parties de l’île , et des lapins, en plus grand nombre que partout ailleurs, dans la partie méridionale, où ils multiplient prodigieusement. Un de ses caps et
ANCIENNE ET MODKHNE. 58 1
une de ses îles adjacentes en avaient autrefois emprunté leurs noms ‘
Lorsque les fugitifs de Tabarca vinrent, en 1736, former un établissement, qui a si bien prospéré depuis, à l’ile de Saint-Pierre , les lapins , jusqu’alors ses seuls habitants, y avaient tellement pullulé, que la colonie , pour s’y faire une place, disputée au courage par le nombre, fut réduite à sacrifier sans pitié toute la population indigène.
Le goût bien constaté des lapins [tour le sol et le climat de la Sardaigne a suggéré l’idée, qui v
pouvait être mise à exécution à peu de frais , et qui ne l’a point été, d’en peupler les cinquante îlots déserts et sans rapport, dont est flanquée la grande île. Ces vastes lapinières, qui atteindraient, en peu de temps , un haut degré de prospérité, donneraient, sans nuire à personne, un produit assez important.
Le poil des lapins sardes n’est pas dédaigné dans le commerce; ils tiennent le milieu entre les espagnols et les siciliens; mais il faut doubler le nombre pour obtenir une pareille quantité. En Sardaigne un licvre de six livres est monstrueux , et le géant des lapins n’en pèse pas plus de trois.
La nature , qui s’est plu à rapetisser ces quadrupèdes, n’a pas fait d’exception en faveur des re-
' Caput Cuoiciilariiun , iroula Ctuiicularia.
LA SAKDAlllIS E
nards ; elle les a réduits aux deux tiers delà taille de ceux des autres pays, et*il ne s’en voit guère qui aient plus de deux pieds de long. Il est vrai que leurs méfaits sont dans la même proportion, et qu’ils troublent rarement la paix des poulaillers et des basses-cours. Les bois et les terres en friche leur offrent un trop grand nombre de faciles victimes , pour que leur rapacité ait besoin de s’exposer à courir des risques.
Leurs peaux , dont le poil tire sur le fauve mélangé de noir, à l’exception d’un petit nombre qui l’ont entièrement blanc , comme à la Nouvelle- Zemble . sont livrées au commerce étranger * .
Les meilleures fourrures provenant de cette île sont fournies par les martes, qui ne laissent pas que d’y être assez communes , quoique leur existence dans un pays aussi chaud soit une anomalie La fouine au contraire , qu’on dit être un animal de la même espèce, qui appartient aux pays chauds , et ne se trouve pas dans le Nord , est inconnue en Sardaigne3.
On tue des martes dans tous les bois de l’ile,
1 On a vu quelques fourrures d’un bran noir données par les cbats des bois, qui sont d’anciens fugitifs des lieux habités, ou des déportés de la pitié. On trouve aussi le vrai chat sauvage , rayé de noir sur un fond clair , et plus grand que le chat domestique.
« La marte , originaire du Nord , est naturelle à ce climat ; elle ne se trouve point dans les pays chauds. Buffon. Hist natur. de la marte.
» L’espèce de la fouine est généralement répandue en grand nombre dans
et surtout dans la Gallura. Elles sont de la même taille, et leurs fourrures de la même qualité, que dans les pays où elles sont le plus renommées.
Quoique les martes soient voleuses , et friandes d'oiseaux et de petits poulets , on réussit tellement à les apprivoiser, qu’elles habitent souvent la bassecour ; c’est le loup dans la bergerie. La marte domestique se lie étroitement avec le cliien ; mais avec le chat elle se tient sur la réserve ; il y a jalousie de métier.
La Boccamele.
La nature a donné , comme par exception , la marte à l’île de Sardaigne ; elle lui a donné la boccamele exclusivement et en propre Ces petits quadrupèdes, delà famille des martes, forment une espèce intermédiaire entre celles de la belette et de l’hermine. Cette espèce , connue des anciens , avait été perdue de vue jusqu’à Cetti , qui l’a retrouvée. Les naturalistes modernes avaient inutilement cherché à remplir cette lacune.
Ce petit animal , fort commun en Sardaigne , s’appelle, dans le nord de l’île, donna di muro, parce
les pays tempérés et chauds, et ne se trouve pas dans les pays du nord. liuffon. Hist. natur. de la fouine.
* Il est vraisemblable que la boccamele existe encore dans la Grèce , d’où clic est originaire ; mais on ne l’y a pas cherchée , cl on ne l’a observée que dans l’ila de Sardaigne, où elle en a etc autrefois apportée.
qu’il habile volontiers les trous des vieilles murailles, et , dans la partie méridionale , boccamele, à cause de son avidité pour le miel {bouche à miel).
La boccamele ne saurait être un seul instant confondue avec la belette; elle ne lui ressemble que par la forme générale, comme la petitesse des jambes , la longueur et la courbure du corps ; mais elle en diffère assez par les Variantes de son pelage , par les habitudes et par les mœurs , pour constituer incontestablement une espèce à part.
« La belette a l’odeur si forte , qu’on ne peut la » garder dans une chambre habitée. Elle laisse , » pendant deux ou trois jours , la viande fraîche « se corrompre avant d’y toucher. Elle ne s’appri- » voise pas , et demeure toujours très-sauvage dans » dans sa cage de fer. Elle l’est tellement, que, » loin de s’apprivoiser, elle ne veut pas manger » lorsqu’on la regarde. »
Il ne faut qu’opposer à ce portrait de la belette, tracé par Bufjon 1 , celui de la boccamele, qui n’a rien à y perdre pour sa réputation.
La boccamele n’exhale qu’une légère odeur, qui . n’est pas insupportable, et qu’on peut corriger. Il faut bien , appartenant à l’ordre des carnivores , qu’elle aime la viande ; mais du moins elle la veut fraîche, et elle mourrait plutôt de faim à côté, si
' Hist. iialnr. de la belette.
celle qualité lui manquait. Le miel , qu’on ne peut jamais parvenir à faire manger à l’immonde belelte 1 , est son mets de prédilection. Elle le cherche dans les ruches , qu’elle perce par-derrière , pours’y introduit, en évitant les piqûres des abeilles ; elle s’en gorge , et s’en rassasie.
Nul animal ne s’apprivoise plus facilement : la boccamele est de la maison , dès quelle y entre. En peu de jours elle distingue son maître, le reconnaît à la voix, le suit partout, fait autour de lui mille gentillesses, et ne se lasse pas de jouer avec lui, de le caresser, et de lui lécher les mains. On la régale de lait, de fruits secs, et de sucreries. Les enfants eux-mêmes en élèvent, et s’en font suivre , en leur montrant un morceau de pain , frotté de miel. On voit des femmes qui leur mettent au cou un ruban avec des grelots, et qui les portent sous le bras comme de petits épagneuls ou des bichons.
La boccamele a un cri de colère et de joie , dont elle accompagne ses exercices ou ses mouvements, et par une espèce *le gémissement elle avertit qu’elle veut sortir, bien différente de la belette, qui est toujours silencieuse, et qui ne donne jamois de voix , qu’on ne la frappe a.
Ce joli animal est ainsi dépeint par Aristote ,
' Hist. nal. de la belette.
* Ibid.
sous le nom d'ictis : « 11 ressemble à la belette » par le poil , par la forme, par la blancheur des » parties inférieures , par la malice et l’astuce ;
« il s’apprivoise avec la plus grande facilité, et « fait la guerre aux ruches, dfr il est très avide » de miel »
Les naturalistes ont fait de vains elï'orts pour trouver à la belette, à l’hermine, à la fouine, ait furet, au putois, quelques points de ressemblances avec le portrait de l’ictis d 'Aristote , lequel s’applique avec une fidélité parfaite, avec la plus grande exactitude , à la boccamele , et qui ne s’applique qu’à elle seule.
Ainsi, c’est en Sardaigne qu’a été retrouvée une espèce qu’on croyait éteinte , ou du moins qu’on ne reconnaissait plus.
Les Oiseaux.
La Sardaigne possède toutes les espèces d’oiseaux de terre et aquatiques des autres îles de la Méditerranée ; sa position géographique et l’étendue de ses marais lui en donneultnême quelques-unes de plus.
Nous suivons la division la plussimpleen oiseaux de tenc et en oiseaux aquatiques , nous bornant, comme pour les quadrupèdes, à indiquer ce qui est particulièrement remarquable.
* .-tnsiot. Hisl. oiiidi.
Les oiseaux de terre.
On ne connaît en Sardaigne que trois espèces d’aigles , savoir : le petit aigle, le pygarquc, etl’o/fraie ou aigle de mer. Les deux premières espèces habitent les montagnes de la Gallura, d’Àlès et de Monteacuto, la dernière celles de la Nurra, et le* rochers porphy ri tiques, qu’on appelle colonnes de l’Ile de Saint-Pierre. 11 n’est pas vraisemblable que le grand aigle, ou aigle royal , qu’on a long-temps cherché , y ait jamais paru.
On y trouve trois espèces de vautour , le noir , le blanc, et le vautour barbu, ou doré, qui habile aussi les Pyrénées et les Alpes.
Les faucons et les autours, dont la conservation donna autrefois lieu à des dispositions législatives, et les épen’iers, si nombreux, du temps des Grecs et des Romains, dans l’île de Saint-Pierre, qu’ils lui en donnèrent le nom 1 , sont maintenant relégués dans quelques coins déserts de leurs anciens domaines, où ils vivent condamnés à l’oubli et au dédain.
Tous les autres oiseaux de proie, tous les oiseaux voleurs, tous ceux dont le chant sinistre effraie, pendant la nuit , les imaginations faibles, les corbeaux, les corneilles, les craves , les pies, les
* Hierakon, accqrilnim insula.
geais, les crcsscrelles , les milans , les buses , les hiboux et les chouettes, sont nombreux en Sardaigne, et y sont sédentaires. Les ornithologistes du pays disent .que les coucous n'y sont que de passage.
Le guêpier ( merops apiaster) est un des plus beaux oiseaux qui soient en Europe. Celui des Sardes l’emporte peut-être sur tous les autres par la variété, la disposition , et l’éclat de ses couleurs. Cet oiseau , à qui une bizarre idée des anciens prêtait l’habitude de voler à rebours, vit de la chasse qu’il fait à tous les insectes , mais surtout aux guêpes et aux abeilles.
La Sardaigne possède aussi en abondance une espèce qui passe pour rare , et à laquelle, suivant Buffon } convient le seul climat de la France. Cet oiseau est la petite outaide , ou canepetière , qui est sédentaire daus cette île, où il niche et où il est pris souvent au milieu de l’hiver.
Nulpays n’est plus favorable à la propagation des perdrix ". Les chasseurs en prennent et en tuent, soit au tir,soitau filet, des quantités prodigieuses,
' La Sardaigne doit pourtant céder le pas à la petite lie de Aanfio , l’ancienne Anaphe , dans l’Archipel, où les perdrix , suivant Athénée, avaient tellement pullulé , que les habitants furent sur le point do leur céder la place. Tournrfort, dans son Voyage du Levant, dit que l’on est obligé, encore aujourd'hui , pour empêcher un excès de propagation , d’en enlever les ceu Ci par milliers, vers le temps de Pâques ; ce qui fait la nourriture des habitants, pendant plusieurs jours.
et elles se vendent à bas prix. La perdrix ordinaire est la perdrix rouge ; la grise y est rare.
Les cailles y sont aussi très multipliées , ety sont sédentaires.
La Sardaigne a deux des espèces de grive décrites par Buffon, la draine et la litorne. La draine l’habile pendant toutes les saisons de l’année. La litorne , qui est le tardas piloris des anciens, n’y est que de passage. Ces voyageurs , avertis par leur instinct, arrivent en troupes innombrables, des côtes de la Toscane et de la Romague , au commencement de l’automne, lorsque les olives, les graines du Jentisque, l’arbousier, le génévrier et tant d’autres fruits et baies sauvages , dont les forêts sont remplies , parvenus à leur maturité, leur promettent une abondante nourriture qui les engraisse en peu de temps.
C’est alors aussi que l’homme déclare la guerre aux grives , et que commence la saison de la chasse, qui, jusqu’au moment de leur retraite , vers les premiers jours du printemps, donne un produit extraordinaire. Leur embonpoint et la prospérité les font tomber sans prévoyance dans les filets tendus contre elles de tous côtés. Les chasseurs, qui les y trouvent prises par centaines , leur tordent le cou ; et après les avoir plumées, les font bouillir dans une grande chaudière, sans autre assaisonnement que du sel, les enfilent par le liée , et vont