‹ Histoire de Sardaigne, ou, La Sardaigne ancienne et moderne, considérée dans ses lois, sa topographie, ses productions et ses moeursChapitre 12 sur 78 · I.A SARDAIGNE · texte numérisé non relu

I.A SARDAIGNE

La superficie , en y comprenant les îles adjacentes, est d’environ 9,000 milles carrés , qui contiennent i6,3i2,5oo sto/ie/y de terre. Le^ten?/est une mesure sarde de superficie qui se compose de 12Ô pas sur 25 , et équivaut à 5oo toises carrées.

La Sardaigne a l’Espagne à l’ouest , la France au nord-ouest, les états de Gênes au nord , la Toscane au nord-nord-est , les Etats du Pape au nord-est , le royaume de Naples à l’est , la Sicile et Malte au sud-est, Tripoli à l’ est-sud-est , Tunis au sud, et Alger au sud-ouest.

La distance des caps les plus saillants de l’île aux caps correspondants des pays riverains de la Méditerranée est calculée ainsi qu’il suit : du cap Longo- Sardo au cap Saint-Antoine, en Corse , 7 milles et demi ; du meme cap au cap Lardier , près des îles d’Hières , i4o; du cap Libano à Gvita Vecchia, 1 1 0 ; à l’embouchure du Tibre , 1 20 ; du cap Comino à Terracine , i45 ; à la pointe la plus voisine du golfe de Pozzuoli , 180 ; du cap Carbonara à Trapani , i52 ; à Palerme, 180; à Malte, 282 ; du cap Teulada au cap Serrât, dans l’état de Tunis, 100; à la Goulette , 166; du cap Falcone au cap de Creus en Catalogne , 240 ; du cap Caccia à Mahon, 180 ; du cap Pccora au détroit de Gibraltar, 700 ; du cap Carbonara à l’extrémité orientale de la Méditerranée, vers Alexandrctte , environ 1200.

mer qui sépare la Sardaigne des cotes de la

Toscane s’appelle la mer Tyrrhénienne , el celle qui en baigne la partie occidentale , la mer Sarde. On donne le nom de Bouches de Bonifacio au détroit , de 8 milles de large, qui la sépare de l’ile de Corse.

En examinant avec attention les c<jtes respectives de ces deux îles , on est tenté de sc demander si , à une époque reculée , elles n’ont pas été unies el n'ont pas fait une seule et même terre. Tout autorise cette conjecture, qui se rattache à une question bien plus vaste , déjà traitée et débattue souvent , celle de savoir si , dans les premiers âges du inonde , l’espace occupé par la Méditerranée n’a pas été un grand continent, qu’une irruption de l’Océan entre les colonnes d’Hercule, violemment disjointes par un tremblement de terre , a inondé subitement , en ne laissant , pour ainsi dire , surnager dans ce lac immense , que les parties les plus élevées des terrains engloutis , qui restent comme des témoins et des preuves de celte épouvantable convulsion de la nature. Quant à ce qui regarde particulièrement la Sardaigne et la Corse , si quelque chose est éminemment propre à démontrer leur antique union , c’est l’identité , par la forme et par la qualité des terres , des substances , des rochers de l’une et l’autre rive, et de la configulion parfaitement correspondante des montagnes , qui atteste un ancien et affreux déchirement. Les

LA SAHDAIGHB

vestiges de volcans éteints qu’on trouve à l’extréniilé septentrionale de la Sardaigne , fournissent d’ailleurs tous les indices qui peuvent servir à l’explication de ce terrible phénomène.

Ces conjectures , conformes au système développé par M. de Biiffon dans sa théorie de la terre , et auxquelles le seul aspect des lieux donne une frappante vraisemblance , s’appuient sur les observations et les recherches savantes qu’ont respectivement faites à ce sujet, Cetlien Sardaigne, et un minéralogiste français, M. Besson, dans l’ile de Corse.

ATÎCIENNB ET MODERNE.

Page 1