CHAPITRE UI
Élablissemenl des colonies grecques.
C’est vers l’an du monde 23oo qu’on trouve dans les anciens historiens les premiers indices de l’apparition des Grecs en Sardaigne. lolas , iihA'Iphic/ès , ayant annoncé publiquement le dessein d’y fonder une colonie', alla solennellement consulter l’oracle de Delphes , que les Grecs ne manquaient jamais d’interroger avant de commencer de grandes entreprises , et à qui des hommes habiles dictaient ses réponses. L’oracle, entrant dans les vues poüliques de ceux qui le dirigeaient , encouragea cette expédition, en présagea le succès, et promit une liberté impérissable à tous ceux qui y prendraient part. Jolas vint aborder en Sardaigne avee les Thespiades et un assez grand nombre de familles de l’Attique. Il réunit dans des villages les populations éparses, forma de pietites sociétés de ces pasteurs nomades , propagea parmi eux les arts utiles et le culte A' Hercule, qui passait pour le chef de sa famille , et fonda sur la côte méridionale, vers la place où est aujourd’hui CagUari, une
ville , qui porta après lui le nom de cité A’Iolas, comme le prouvent d’anciennes*inscriptions trouvées à diverses époques. Les habitants d’une partie de nie s’appelèrent /o/!&e/M et donnèrent à leurs plus belles campagnes le nom à* lolées , qu’elles conservaient encore du temps de Diodore de Sicile On décerna à Snrdus les honneurs de la divinité. On célébrait en sa mémoire^ des fêtes solennelles , et sa vénérable image ornait des temples qui lui étaient dédiés.
Les Grecs , attirés par la fertUité de la Sardaigne et par les avantages que sa situation géographique et la sûreté de ses ports offraient à leur commerce , vinrent successivement, dans l’espace de plusieurs siècles , y faire des établissements qui y obtinrent plus ou moins de prospérité , et qui furent le bei^ . ceau d’un grand nombre de petites principautés ou républiques indépendantes les unes des autres, cl qu’on ne vit unies à aucune époque par les liens communs d’une fédération.
On remarque particulièrement dans la nornen* clature qu’en donnent les historiens de l’antiquité, des Locriens , des Rhodiens , des Milésiens , des Lesbiens , des Thraces et des Cypriotes.
’ On vrrra pliu tard la distinction à faire entre les loUnset et les /licrues.
• Un canton de la province de Cagliari porte, aiijourd'liiii mùme, le nom de Curadoria Ji lola.
AKCIEIfME ET MODEENE. ]5
On attribue aux Grecs la fondation de deux villes , Olbia et AgyU ou OgryUé.
Ces colonies grecques, uniquement occupées de leur agriculture et de leur commerce, condamnant à l’oubli ceux des anciens chefs qui n’avaient été que guerriers , divinisèrent ceux qui avaient enseigné les arts utiles à leur nouvelle patrie, comme Sardm , Aristée , lolas; mais ils ne laissèrent aucun monument construit de la main des hommes. Il ne reste d’eux que le souvenir de leurs travaux agricoles , et quelques traces encore siilisistantes de leurs mœurs et de leurs usages.
LA sardaic:he