‹ Histoire de Sardaigne, ou, La Sardaigne ancienne et moderne, considérée dans ses lois, sa topographie, ses productions et ses moeursChapitre 16 sur 78 · CHAPITRE \T · texte numérisé non relu

CHAPITRE \T

T)rpu!ation dos Sardes à Àlrxandre4e-Orand.

Les Carthaginois , pendant une possfôsion de près de trois siècles, ne réussirent jamais à soumettre entièrement la Sardaigne. Ils se fortifièrent dans les principales places , et particulièrement à Caralis (Cagliari), leur ville de prédilection, pour se défendre contre les incursions des montagnards insulaires , qui , de ces retraites inaccessibles , venaient sans cesse porter le fer et la flamme dans leurs établissements.

\joxs(^G Alexandre~le-Grand fut de retour de son expédition des Indes, il reçut à Babjlone des ambassadeurs de presque tous les peuples de l’Afrique et de l’Europe, qui , frappés du bruit de ses exploits et des prodiges de son génie, se précipitaient au-devant de sa domination, et, depuis imités par d’autres en des temps plus modernes, sollicitaient riionneur d’étre l’objet de ses hdules pensées.

On peut présumer , d’après ce qu’on sait du vaste plan conçu par Alexandre , et dont il ne put accomplir qu’une partie , qu’il fût entré dans ses

desseins de se rendre plus ou moins aux vœux de ces peuples ; et alors l’établissement de son système aux lieux qu’envahit depuis l’empire romain , et l’exécution des grandes vues qu’on lui suppose pour le commerce et la civilisation , eussent change la face du monde et les destinées de l’espèce humaine. Mais la mort vint mettre fin aux projets à' Alexandre et aux espérances des nations.

Au nombre de ces députations venues de l’Afrique , de l’Italie , de la Gaulq , de l’Espagne et de la Sicile ,*figurait aussi , selon Justin et Diodore, celle de la Sardaigne. Le chevalier Cossu et quelques autres historiens prétendent que les Sardes, en s’adressant à Alexandre , devaient avoir pour but d’implorer sa protection et ses armes contre les Carthaginois, leurs oppresseurs. Cette conjecture n’est nullement vraisemblable. Ces derniers n’auraient sûrement pas souffert que le peuple conquis envoyât des députés en son nom, pour implorer contre eux l’appui d’un prince étranger. 11 est donc raisonnalde de penser , ou que la Sardaigne prit part à la mission de Babylone en qualité de province punique , à l’instar et par les ordres de Carthage , sa métropole , ou que la députation fut envoyée au riom de la peuplade indigène qui avait sauvé et maintenu son indépendance dans les montagnes de l’intérieur, et qui , peut-être même , occupait une partie de la côte orientale de l’île.

ANCIENNE ET MODERÎJE.

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