CHAPITRE VIII
L« Romaius font la conquête de la Sardaigne. — Cotte île leur est ctdoc par'un traité de paL\.
Les Romains ne tardèrent pas à voir qu’un pays aussi malheureux était pour leurs armes une proie assurée , et que la Sardaigne ne demandait que l’occasion de secouer un joug aussi accablant. Elle s'olTrit bientôt à la rivale ainsi qu’à la victime de Carthage. Rome, désormais trop resserrée dans les limites de ITtalie , victorieuse à'Hiéron, tyran de Syracuse, maîtresse de la Sicile, tourna ses vues sur la Sardaigne, que sa politique, sa sûreté, le soin de sa grandeur , lui commandaient d’enlever à ses ennemis. Les circonstances lui étaient extrêmement favorables . Le gouvernement carthaginois en Sardaigne était tombé dans le mépris ; les liens de la discipline et de l’obéissance étaient partout relâchés ; tout annonçait une prochaine catastrophe. Des troubles sérieux éclataient à chaque instant; la garnison de Caralis , sous prétexte d’un arriéré de solde , se révolta et massacra ses chefs. De nouvelles troupes furent envoyées de Carthage, pour réprimer les insurgés , à qui elles se réunirent, et qu’elles aidèrent à mettre en croix le général qui les commandait.
LA SAUDAIGIÏE
Rome ne pouvait laisser échapper une si belle occasion d’acquérir une riche province , et de s’assurer une excellente position militaire et maritime en lace et à peu de distance de Carthage. L’expédition de Sardaigne fut décrétée. C’était l’an 4q4 de la fondation de Rome , et sous le consulat de Lucius Cornélius Scipion et de Caïus Aquilius Florus.
L’entreprise parut assez importante pour que le premier de ces deux consuls voulût se charger lui-même de la diriger. Scipion, après avoir fait une descente en Corse , vint débarquer près de Caralis , et, secondé par les mécontents , il attaqua et battit le général carthaginois Hannon, qui resta au nombre des morts , et à qui le vainqueur fit décerner des funérailles. La ville de Caralis et celle d’Olbia furent prbes et saccagées dans cette^ expédition , qui valut aux Romains plusieurs milliers de prisonniers et à leur général les honneurs du triomphe.
La conclusion d’un traité de paix fut le fruit de cette brillante campagne. Les Carthaginois furent contraints de céder aux vainqueurs la Sardaigne et la Corse , et se virent imposer des conditions aussi humiliantes pour leur orgueil qu’aüligeantes pour leur avarice. U leur fallut payer une contribution de 2,200 talents '.
' Crttc smpnic conrspond à prit pr^ à celle de onze millions de notre monnaie.
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