CHAPITRE IX
Établissement de la domination romaine. — Intrigues étrangères. — Soulèvement. — Lutte de rindcpcndonce contre la conquête.
Bien que Rome, en exécution <le ce glorieux traité, eût pris possession de la Sardaigne, il se passa bien des années avant qu'eUe pût s’en re-* garder comme la maîtresse absolue. Elle n’occupait qu’une partie du littoral , et ses armes n’avaient pas pénétré dans le centre de l’île, qu’habitaient des peuplades sauvages , formées des descendants de tant de colonies venues de Troie et de la Grèce, et de tous ceux que jetaient dans ces contrées iin-* praticables l’amOur du piUage et celui dé la liberté. Les insulaires , jaloux de leur indépendance , - et devenus ennemis de leurs nouveaux hôtes depuis qu’ils étaient leurs sujets, ne voulaient pas plus se soumettre au joug de Rome qu’à celui de Carthage. Cette dernière , qui pendant des siècles avait régpaé sur ce pays sans être jamais troublée par aucune intervention étrangère , y avait consen'é d’anciennes et nombreuses relations , que même sous le nouveau régime , entretenaient soi-
ÔO LA SARDAIGNE
gneusement l’or et l’intrigue. Ce concours de circonstances, aggravées par les vexations inséparables d’une conquête longuement disputée , donna lieu pendant un siècle à des soulèvements continuels , à des révoltes plus ou moins complètement réprimées , mais toujours renaissantes , pendant lesquelles Romains et Sardes , alternativement vainqueurs et vaincus , inondèrent la terre de leur sang , sans obtenir ni les uns ni les autres aucun important résultat. 11 serait fastidieux d’aller rechercher dans les fastes consulaires les détails de ces interminables guerres , qui pendant une longue suite d’années furent pour les Romains le sujet de sérieuses alarmes et de jdies éphémères. Les conquérants furent bien souvent victimes ou de la fureur des habitants ou des fléaux naturels. Deux de leurs expéditions, l’une sous le commandement du consul Spun'us Calvilim , l’autre sous celui de Marcus Pomporùm Matho , furent signalées par les affreux ravages qu’exercèrent dans l’armée deux épidémies consécutives.
ANCIENNE ET MODEKNE.