‹ Histoire de Sardaigne, ou, La Sardaigne ancienne et moderne, considérée dans ses lois, sa topographie, ses productions et ses moeursChapitre 25 sur 78 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Du •^stêlIlC d'impositions. — Contributions ordinaires et extraordinaires. — Ré<iuL>itions.

La Sardaigne était régie par les Romains, sous le rapport de la perception des impôts , comme les provinces les plus favorisées. Cette île avait été, ainsi que la SicUe, assimilée aux provinces d’Italie le plus anciennement réunies, et liées avec la métropole par le plus de relations de voisinage et de fraternité. Ces provinces payaient la dîme de toutes les productions de leurs terres. On les appelait decumane. Elles étaient distinguées par -là des provinces moins bien traitées , qu’on appelait stipendiariœ , et qui payaient un tribut fixe {7>ecügal cerlurn') , indépendant du plus ou moins de prospérité des récoltes. - Les impositions des premières s’appelaient contributions variables ('l’ecligai incertum ). C’était celles que payait la Sardaigne.

Ces contributions , dont le produit était évalué par estimation, étaient affermées, soit à ‘Rome, par le ministère des consuls , soit dans l’üe même ,

JLA SAUDAIOKE

par nn inatpstrat délégué , el les fermiers adjudicataires en versaient le prix en espèces au trésor public. I.es contribuables avaient le choix de payer le fermier en nature , ou de lui compter l’équivalent en argent.

Outre cette dîme, convertie en espèces métalliques, le gouvernen>ent romain exigeait , chaque année, de l’île de Sardaigne, une autre dîme en nature , qu’on appelait la seconde dîme {deciunanum aücrwn) , dont elle s’acquittait en productions de son sol , destinées aux armées ou aux magasins de l’état , et dont on lui payait la valeur à un prix réciproquement convenu.

Dans les cas extraordinaires ou dans les liCsoins pressants, le gouvernement faisait encore, par forme de supplément à la seconde dîme , des réqtiisitioius, (|ui se percevaient en nature, et dont U acquittait le prix en argent Il s’est présenté plusieurs fois des circonstances, comme celle tlont nous verrons tout à l’heure un exemple, où l’on punissait la rébellion, ou ce qu’on appelait ainsi , par des augmentations d’impôts ou par des amendes j)écuniaires ; mais ces mesures étaient accidentelles et temporaires; dans les temps ordinaires, le système d’impositions de la Sardaigne était celui que je viens d'indiquer.

’ Imprratum imptum , rcqiiisilion* payret.

Titï-Livi.

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