‹ Histoire de Sardaigne, ou, La Sardaigne ancienne et moderne, considérée dans ses lois, sa topographie, ses productions et ses moeursChapitre 29 sur 78 · L.V SAHDAIGSE · texte numérisé non relu

L.V SAHDAIGSE

et ce luxe étaient à charge à un si véritable et si vertueux républicain ; son premier soin fut de s'en débarrasser. Les courtisans , les flatteurs et les parasites furent congédiés. Il sévit contre l’usure , et chassa les usuriers.

Passionné pour l’agriculture , dont il fît une des principales occupations de sa vie , et , à l’exemple des Serranus et des Cincümatiis , aimant à cultiver la terre -de ses mains, il ne pouvait manquer d’encourager , dans la proyince qui lui était confiée, un art si utile , pour lequel il avait tant de prédilection. Aussi la Sardaigne par\iut-clle, sous son administration, au plus haut degré de prospérité. Caton y fit régner partout l’ordre et la justice, et la gouverna en père de famille. Il ne voulut être accompagné , dans la tournée qu’il fit pour visiter la province , qui se composait, comme on sait, des îles de Sardaigne et de Corse, que d’un seul domestique, qui portait ses vêtements et le vase sacré à l’usage des sacrifices. C’était là , dit Plutarque ^ tout l’équipage et toute la suite du préteur ' .

’ Celte noble simplicité de Calon rappelle un trait à peu près pareil d'un de nos plus illustres contemporaius qui peut supporter ce rapprochement et le parallèle. Lorsque M . Jefferson, président de la république des États- Unis, se rendit à Washington pour y faire l'ouverture du premier eongrès qui se soit tenu dans relte ville, il fit plusieurs centaines de milles à cheval , suivi d’un seul dumMtique, ayant derrière lui tout le liagage dans un porte-manteau. Plusieurs jours se pas.vsèrcnt après son arrivée sans qu'on sdt même où il était. Ce fut par hasard que quelques membres du congios le rencontrèrent dans une petite ehainbrn d’une auberge isolée et de médiocre ajiparence, ini ils cheixbaieut eus-mémes un logement.

ANCIENNE ET MODEREE. * Gl

Un homme si vertueux devait avoir heaucoup d’ennemis ; aussi fut-il dénoncé quarante-quatre fois. Il est vrai qu’autant de foi$ il fut renvoyé absous.

C’est dans sa préture de Sardaigne que Caton fît connaissance avec le poëte Quintus'Ennius , né en Calabre , mais établi depuis plusieurs années dans cette île. Il prit de lui, quoique déjà avancé* en âge ' , des leçons de langue grecque , 'et à l’expiration de ses fonctions de préteur , il le conduisit à Rome avec lui.

Ceux des Romains qui avaiént déjà secoué le joug de l’ignorance , et qui commençaient à s’occuper de la culture des lettres , apprécièrent le présent que Caton avait lait à sa patrie. La présence A'Ennius, homme distingué par la vivacité de son esprit et la richesse de son imagination , donna une heureuse impulsion à la littérature romaine , dans laquelle ce poëte ingénieux s’efforça d’introduire les beautés de la langue grecque. Ennius est le premier des auteurs latins qui ait composé des vers héroïques. Il écrivit , pendant son séjour à Rome, les Annales de la République , et un grand nombre de tragédies , dont il ne reste que des fragments.

' Il avait soivanlc-dix aiw.

LA SAUDAIGîîE

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